Consommer son placenta, c'est tendance

Consommer son placenta, c'est tendance
6 juin 2012

Accoucher, récupérer son placenta, puis le consommer cru ou cuit, sauté avec des oignons et de petits poivrons… ou encore en capsules?

Vous ne rêvez pas, nous en sommes là. 

Les mammifères le font depuis toujours et le phénomène – la placentophagie - a été étudié par de nombreux scientifiques et anthropologues. De nombreux éléments nutritifs seraient contenus là-dedans, ce qui est aisément compréhensible puisque c’est le garde-manger de notre bébé... 

Les mamans qui s’y adonnent soulignent, de leur côté, une incroyable source de fer et de vitamine B12, une augmentation de la production de lait, mais aussi un remède contre la dépression post-partum.

Étrange comme pratique? Peut-être pour bien des mamans, mais de plus en plus s’y adonnent.

La dernière star hollywoodienne à l’avoir consommé n’est autre que la belle January Jones, ex-femme du beau Don Draper dans la série Mad Men. Interviewée par le magazine américain People, la vedette a déclaré avoir une « sage-femme fantastique, qui fait en sorte que je mange bien : des vitamines, du thé », mais aussi, des capsules de placenta. « J’ai d’abord été très réticente, mais en réalité, nous sommes les seuls mammifères à ne pas le faire. »

Cela est devenu une véritable tendance. Un business, même, puisque l’Américaine Jodi Selander a bâti une vraie entreprise qui propose un petit kit d’encapsulation pour une quarantaine de dollars et même un tee-shirt de bon goût, « I love placenta »... 

Sous la terre ou dans l’assiette

Depuis la première fois que j’ai entendu parler de cela, je constate donc que l’idée a fait du chemin. 

Lors de mes deux accouchements en maison des naissances, ma sage-femme a inspecté le placenta comme toute bonne professionnelle (pour vérifier qu’il était bien intact et ainsi qu’aucun morceau n‘était resté dans mon corps), puis m’a demandé : « Veux-tu le conserver? » 

J’avais alors, en discutant, appris que certaines mamans l’enterraient (un rituel assez répandu), tandis que d’autres pouvaient vouloir le consommer. L’usage était donc de toujours le proposer. 

En ce qui nous concerne, mon mari et moi y avons jeté un coup d’oeil intrigué (on ne voit pas un placenta tous les jours!), constatant du même coup que le placenta est un véritable chef-d’oeuvre de la nature. Cela ressemble à un gros steak, assez épais et rond, sur lequel serait dessiné un bel arbre de vie, avec des centaines de vaisseaux sanguins intégrés. 

Je sais que, dans certains hôpitaux, on demande aux mamans si elles veulent voir le placenta. On n’offre pas d’emblée aux parents de repartir avec, mais certains acceptent lorsque les parents le demandent.

Aux États-Unis, en Californie, un récent verdict juridique a imposé aux hôpitaux de le proposer depuis qu’une mère a gagné sa cause, à ce sujet. D’ailleurs, devant la « popularité » de cette demande, ils encadrent rigoureusement le processus pour le rendre le plus hygiénique possible. 

Qu’en est-il de cette tendance au Québec? J’ai tâté le terrain auprès de ma sage-femme, Claudia Faille, qui est aussi présidente du Regroupement des sages-femmes du Québec. 

« C’est un phénomène encore très minoritaire, mais on en entend régulièrement parler. Les patientes se renseignent et s’interrogent. L’une de mes clientes m’a dit récemment qu’elle l’avait mis sous gélules. Cela agirait contre la dépression, sur l’énergie, les émotions », affirme Claudia, elle-même plutôt sceptique à ce sujet.  

Évidemment, du placenta frais et entier à la gélule, il y a quelques étapes de transformation. Claudia explique : « La maman doit se procurer des gélules de gélatine vides, que certaines compagnies vendent en “kit"; puis préparer leur placenta. D’abord le faire bouillir, puis le sécher au four à basse température, puis le broyer en poudre et l’encapsuler. » 

Miam, vous dites? January Jones le conseille à toutes les femmes. D’autres le regrettent, comme cette blogueuse du New York Times qui associe sa période de consommation à une période de mal-être, peut-être psychologique, mais tout de même.

Et vous, vous a-t-on offert de voir le placenta? Auriez-vous aimé le conserver?

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (15)

  1. Claudine 6 juin 2012 à 11 h 19 min
    Je ne suis pas prete a manger mon placenta. Dans une autre vie peut-etre...
    Cependant, je me suis rendu compte, trop tard, qu'a l'hopital, on ne m'a meme pas offert de le voir. Au prochain accouchement, je l'inscrirai dans mon plan de naissance et demanderai de le voir. Par simple curiosite.
  2. marie-h. 6 juin 2012 à 13 h 15 min
    De mon côté, le manger.... NON.. mais je ne trouve pas fou l'idée d'en faire des capsules...
  3. Isabelle 6 juin 2012 à 14 h 42 min
    Le manger non merci...C'est bizarre, mais j'aurai l'impression de manger une partie de mon fils.

    Par contre, j'ai eu la chance d'avoir un médecin extraordinaire lors de mon accouchement et elle a pris le temps de me montrer et de m'expliquer en détail le placenta :) Pour moi, c'était important de voir et de comprendre cet incroyable garde-manger car il a nourri mon fils pendant 9 mois :) C'est très impressionnant!
    Papa a préféré sauter son tour ;)
  4. Audrey 6 juin 2012 à 14 h 54 min
    Ayant accouché à la maison avec une sage-femme, j'ai eu la chance de voir mon placenta et de le conserver. Au départ, je voulais attendre le printemps pour l'enterrer sous un nouvel arbre. Mais finalement, il est encore dans mon congélateur ! Je ne sais pas si je le conserve par paresse ou par admiration pour cet organe qui a si bien sû nourrir mon enfant et m'y relier :-)
  5. Neb 6 juin 2012 à 16 h 55 min
    Pour mon premier accouchement, à l'hôpital, tout s'est passé très vite. Je n'ai jamais remarqué à quel moment le placenta a été retiré de moi, je ne l'ai donc jamais vu... on ne me l'a d'ailleurs jamais proposé.

    Pour mon second accouchement prévu à la maison, la sage-femme doit le laisser dans mon congélateur. J'hésite entre l'enterrer dans le jardin, possiblement sous un arbre, ou encore l'offrir pour le prélèvement de cellules souches.

    Grâce à la naissance de mon bébé, on pourrait peut-être sauver la vie d'une personne! Il me reste du temps pour me renseigner sur les démarches du don...

    Je ne suis pas prête à le manger, mais je comprend que certaines femmes en aient envie... surtout quand on sait toutes les vitamines qu'il renferme, c'est une bonne façon de reprendre de l'énergie.

    Autre possibilité: Le placenta serait un excellent cicatrisant. Le couper en morceaux et le congeler, en ressortir un bout en cas de blessure et se l'appliquer sur la plaie.
  6. vgagnon 6 juin 2012 à 23 h 31 min
    moi je voulais absolument repartir avec mon placenta. et c'est ce que j'ai fait lors de mes 2 accouchements en maison de naissance. mon chum n'a pas voulu que je le mange mais nous l'avons bien examiné et bien qu'impressionnant, ce n'est pas très ragoutant... par contre, chacun a été planté sous un arbuste choisi pour chacun de nos fils. (c'est Ricardo Larrivée qui m'en a donné l'idée) Et les arbustes poussent d'ailleurs très très bien! mieux que ceux qui n'ont pas été planté sur un placenta. alors j'imagine les vertus nutritives. je ne connaissais pas la possibilité d'en faire des capsules par contre.
  7. Anne Marie 7 juin 2012 à 01 h 53 min
    J'ai encore le mien au congélateur...mon intention est de l'enterrer, mais je vis en campagne dans la forêt et il y a beaucoup d'animaux. J'ai peur qu'ils le déterrent et le mangent! Ce quand même une partie de moi! Quelqu'un peut me renseigner lèa-dessus? Merci!
  8. Nathalie F. 7 juin 2012 à 02 h 22 min
    Neb, tu ne pourras pas offrir les cellules souches si tu accouches à la maison, ça se fait à l'hôpital selon un protocole précis, et pas dans tous les hôpitaux...
  9. Marie Charbonniaud 8 juin 2012 à 11 h 17 min
    Merci pour vos commentaires! Ils représentent bien la diversité des approches ...! C'est intéressant.
  10. Eve 8 juin 2012 à 20 h 52 min
    Je suis sincèrement désolée mais je ne suis vraiment pas rendu là dans mon évolution, ni pour le manger, ni pour l'examiner. L'idée de manger mon placenta me ferais penser à ma chatte quand elle a accouché, elle a mangé ses 6 placentas ...... vraiment pas pour moi. POur ma part, je trouve que ces petits détails ( le fait que nous sommes les seuls mammifères qui ne le mange pas) démontre bien que nous sommes pas des animaux. Par contre, je ne juge pas celle qui le conserve ou mange leur placenta en capsule ou de toute autre façon. L'important c'est d'être bien dans le processus mais comme je disais au début, mon évolution mentale n'est pas là. ( Peut-être dans une autre vie qui sait)
  11. Laurie 12 juin 2012 à 21 h 51 min
    Bonjour, je suis accompagnante à la naissance, et je n'ai pas encore d'enfants, mais lorsque j'en aurai je vais définitivement faire encapsuler mon ou mes placenta(s). Jai fait une longue recherche sur le sujet dans le cadre de ma formation d'accompagnante et c'est un organe merveilleux à mes yeux. Si vous être intéressés à lire ma recherche, qui parle entre autres de placentophagie mais aussi de plein d'autres aspects de cet organe, vous pouvez visiter mon blog à l'adresse suivante: http://babillagesaveclaurie.blogspot.ca/search/label/Placenta
  12. Isabelle 13 juin 2012 à 00 h 58 min
    Pour ma part, mon conjoint et moi avons décidé de congeler le placenta et de s'en servir comme engrais lorsque, au baptême de notre fils, nous planterons un arbre fruitier. Cet arbre qui, à son tour, portera des fruits sera signe de fertilité et de vie. Merci la vie!
  13. isabelle 18 juin 2012 à 02 h 27 min
    Pour ma part,mon conjoint est aller jeté un coup d'oeil après l'accouchement mais pas plus....je n'est aucun attachement envers cette organe et juste de penser a le garder il me semble que c'est vraiment bizzare; voire un peu déplacer. Lorseque enfin arrive la naissance de notre petit être cher plus rien de m'inporte que celui-ci...y compris le placenta.
  14. céline 22 juin 2012 à 15 h 21 min
    Je trouve l'idée bizarre. L'idée qui me vient en tête: devrions nous consommer le sang de nos menstruations??Qui est sans doute rempli de matières nutritives? C'est tout de même un organe rempli de sang qui passe par le vagin...À méditer....
  15. Julie 27 juin 2012 à 21 h 08 min
    Mon fils a maintenant 2 ans et demi... et j'ai toujours son placenta dans mon congélateur. C'est ma sage-femme qui m'a proposé de le conserver pour en faire des médicaments homéopathiques, ce que j'ai fait. J'ai donc, un bon soir peu après la naissance de mon fils, examiné et prélevé un échantillon du placenta (filmé par son papa, quelque peu dégouté...!.-)) que j'ai envoyé en labo. J'ai utilisé à plusieurs reprises les petites granules: autant pour moi (moral à plat, fatigue, ruhme, changements hormonales difficiles, stress) que pour mon fils (surtout quand il était bébé..colique, poussé dentaire, petits ruhmes, boutons etc.). J'ai toujours l'impression que ça nous aide.
    Comme nous habitons dans un logement sans jardin, je l'ai gardé au congélateur dans l'espoir un jour d'avoir un petit coin de verdure pour l'y enterré, sous un arbre, signe de vie. Nous venons d'acheter un petit jardin à deux pas de la maison (nous vivons en Europe depuis plusieurs années) où enfin je pourrai l'enterré et où mon fils pourra le voir pousser et où lui, pourra grandir et jouer à ses côtés.

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