Le poisson: les réponses à vos questions

Le poisson: les réponses à vos questions
26 mai 2012

Q : À quel âge puis-je introduire le poisson dans l’alimentation de mon enfant et par lesquels commencer?

R : À moins de contre-indications, vous pouvez offrir du poisson à votre enfant quelques semaines après avoir introduit la viande dans son alimentation, c’est-à-dire peu après l’âge de 6 mois. Commencez par des purées de poissons au goût plus doux, comme l’aiglefin, le tilapia, la goberge ou la sole. Puis, proposez-lui du poisson de mer, comme le flétan, le merlu ou la plie; ou des poissons de pêche sportive, comme le saumon, l’alose savoureuse, le grand corégone, l’omble de fontaine ou la truite (sauf le touladi).

Offrez-lui d’abord de petites quantités, soit environ 1 c. à thé (5 ml), puis augmentez progressivement la portion. Un bébé a besoin de plusieurs jours pour apprécier un nouvel aliment. On vous suggère donc d’attendre 3 jours avant d’intégrer un nouvel aliment dans son menu. Aussi, s’il souffre d’allergie, vous pourrez en connaître la cause.


Q : Comment faire aimer le poisson à mon enfant?

R : Souvent, le poisson est perçu négativement par les enfants qui bouderont devant leur assiette garnie de savoureux morceaux de saumon. Mais, il est possible de modifier les préférences alimentaires et de développer le goût des enfants pour le poisson par diverses expériences. Voici quelques « trucs » pour les aider à aimer le poisson :

  • Exposition répétée et persévérance : cela peut prendre plusieurs fois avant que l’enfant apprécie vraiment le poisson. Il est donc important de servir du poisson à plusieurs reprises, même s’il est rejeté lors de la première occasion. Certains aliments peuvent nécessiter jusqu’à 15 présentations avant que l’enfant commence à apprécier le mets. Plus l’enfant est en contact avec le poisson, plus il y a de chance qu’il l’aime.
  • Offrir un environnement chaleureux et sans pression : optez pour un environnement favorisant l’exploration des goûts. En effet, plus un enfant sera contraint à manger du poisson, moins il l’appréciera et l’acceptera. Il faut donc suggérer aux enfants de goûter aux mets présentés, sans toutefois les forcer à en consommer. En toute circonstance, il faut laisser l’enfant libre de manger ou non un aliment; vous pouvez lui suggérer d’y goûter, mais éviter de le forcer.
  • Donner l’exemple : les enfants apprennent par imitation. Ainsi, un enfant sera beaucoup plus porté à goûter du poisson si une personne significative, tel un ami, un frère ou une sœur ou un parent mange et apprécie ce même aliment.

Afin de mettre toutes les chances de votre côté pour qu’il apprenne à aimer le poisson, il faut le lui offrir en le nommant correctement. Il faut que l’enfant soit en mesure d’associer un goût à un poisson : du tilapia, ce n’est pas de la sole, ni du saumon. Alors, ce soir, on mange du tilapia... et non « du poisson ».

Choisissez de préférence des filets de poisson ou des darnes à découper en cubes et à servir avec une sauce. Écrasez le poisson et mélangez-le avec de la purée de pommes de terre pour faire une brandade ou des boulettes assaisonnées d’une sauce tomate. Mélangez le poisson avec des légumes à gratiner au four. Faites des lasagnes ou des spaghettis en remplaçant la viande par du poisson.
Voici quelques recettes qui satisferont toutes les papilles, celles des petits comme celles des grands :


Q : À partir de quel âge est-ce que je peux commencer à donner du poisson cru et des sushis à mon enfant?

R : Certaines personnes ne devraient pas consommer de poisson cru ou partiellement cuit, parce qu’elles courent un risque accru de contracter une maladie d’origine alimentaire. Les enfants de moins de 2 ans font partie de ce groupe. En effet, leur système immunitaire n’est pas encore suffisamment fort pour lutter convenablement contre une éventuelle toxi-infection alimentaire.
Certaines précautions sont nécessaires si vous offrez du poisson cru à votre enfant.

  • Lavez-vous bien les mains avec du savon avant et après avoir manipulé le poisson.
  • Conservez les poissons crus au réfrigérateur et ne les laissez pas plus de 2 h à température de la pièce.
  • Conservez les poissons crus 2 jours maximum.
  • Le nombre de restaurants et comptoirs à sushis a explosé au cours des dernières années. N’hésitez pas à vous informer de la fraîcheur du poisson et évitez d’acheter vos sushis à l’épicerie. La meilleure façon de s’assurer de manger des sushis frais est de les faire soi-même.
  • Indiquez à votre poissonnier que vous désirez consommer le poisson cru. Il vous dirigera vers ses arrivages les plus frais.


Q : Quels sont les bienfaits du poisson pour la santé de mon enfant?

R : Le poisson fournit aux enfants une foule d’éléments nutritifs précieux, comme des protéines de haute qualité, du fer, de la vitamine D et des acides gras oméga-3.

Les acides gras oméga-3 retrouvés dans le poisson (DHA) sont les matériaux de base du cerveau. Comme le cerveau de l’enfant atteint sa taille adulte à 5 ans ou 6 ans, le poisson constitue un aliment important de son alimentation.
Pour une bonne dose d’acides gras oméga-3, choisissez des poissons gras, comme le saumon, le hareng, le maquereau, l’anguille, la sardine, la truite saumonée, l’alose et la lamproie.

Bien qu’aucun aliment ne puisse, à lui seul, rendre une personne en santé, consommer plus de poisson constitue un moyen de contribuer à l’amélioration de votre santé et de celle de vos petits mangeurs. Il est facile d’avoir un régime alimentaire comportant plus de poisson. Commencez lentement en consommant du poisson au lieu d’un autre type de repas chaque semaine. Une fois cette routine établie, augmentez le nombre de repas de poisson à 2 par semaine.
Planifiez les repas pour vous assurer de consommer au moins 2 portions de poisson chaque semaine. Selon le Guide alimentaire canadien, une portion de poisson est de 75 g, 2 ½ onces ou ½ tasse.


Q : Est-ce que le poisson pané est bon pour la santé?

R : Évitez les poissons frits ou préfrits dans un bain d’huile. Les produits panés commerciaux renferment environ 60 % de poisson et 40 % de panure. Leurs valeurs nutritives sont donc différentes de celles des produits non panés. Ils contiennent notamment beaucoup moins de protéines et sont plus salés en plus de contenir de mauvais gras. Vous pouvez cependant faire votre panure maison. Choisissez un filet de poisson frais ou décongelé et enrobez-le tout simplement de farine de blé entier, de flocons d’avoine, de semoule de maïs, de noix hachées, de céréales à déjeuner émiettées du type flocons de maïs ou de blé entier, etc. Saisir le poisson dans la poêle avec un peu d’huile. Et voilà, le tour est joué!


Q : Est-ce vrai qu’il faut éviter de consommer du pangasius?

R : Le pangasius, poisson-chat du Mékong ou Basa, est un poisson omnivore d’eau douce d’élevage dont l’essentiel de la production provient de l’Asie du Sud-Est. Ce poisson à chair blanche sans arêtes, d’une texture fine et d’une saveur peu prononcée est très apprécié par les enfants.

L’aquaculture peut se faire dans des étangs artificiels ou des cages flottantes dans le Mékong. Ces deux techniques ont un impact sur la qualité de la chair. Les poissons élevés dans les étangs sont souvent nourris avec des moulées maison faites à partir de poissons de rebut, c’est-à-dire de petits poissons non consommés par l’homme. De plus, les étangs peuvent être fertilisés avec des restes animaux et, souvent, plusieurs espèces de poissons s’y côtoient.
Le Mékong, lieu d’élevage du pangasius, est pollué, mais il faut aussi tenir compte de la capacité de chaque espèce de poisson à accumuler ces substances. À cet effet, des études indiquent que le pangasius ne compterait pas parmi celles qui accumulent le plus de toxines. Il se comparerait notamment au saumon, à la truite ou au tilapia.

D’autre part, des inquiétudes sont également soulevées quant à la gestion des pêcheries en Asie du Sud-Est. Il existe peu de contrôle et de lois réglementant les techniques de pêche dans cette partie du monde. Malgré tout, plusieurs organismes scientifiques, dont le très crédible Seafood Watch, considèrent le pangasius comme une bonne alternative, principalement parce qu’il a un très bon potentiel pour l’aquaculture. Toutefois, si les impacts environnementaux causés par l’aquaculture du pangasius empirent, ce dernier serait considéré comme un choix à éviter.

À titre informatif, l’aquaculture ayant lieu aux États-Unis est contrôlée de façon beaucoup plus sévère qu’en Asie. Le poisson-chat (ou silure) provenant de l’aquaculture américaine est considéré comme un meilleur choix.
Renseignez-vous auprès de votre poissonnier quant à la provenance du poisson qu’il vous offre.


Q : Quels sont les risques concernant l’ingestion de mercure lorsque mon enfant consomme du poisson?

R : Le poisson est la principale cause de contamination au mercure pour l’humain, c’est vrai. Mais ne vous alarmez pas trop vite : pour minimiser la quantité de mercure dans votre assiette, il suffit de bien choisir les poissons à cuisiner.

En règle général, plus un poisson est gros et âgé, plus il risque de contenir des quantités notables de contaminants. De plus, certains poissons prédateurs qui se situent au haut de la chaîne alimentaire, donc qui mangent beaucoup d’autres poissons, peuvent en contenir davantage. Il s’agit du thon frais ou congelé, du requin, de l’espadon, de l’hoplostète orange et de l’escolier. Quant au thon pâle en conserve, les poissons utilisés dans ces produits sont généralement plus jeunes et plus petits. Ils contiennent donc beaucoup moins de mercure que le thon relativement plus gros et plus vieux qui est vendu frais ou congelé.
Santé Canada donne des consignes de consommation aux Canadiens en suivant de près les taux de contaminants chimiques dans les poissons. Les nutriments contenus dans le poisson sont particulièrement bénéfiques pour les enfants. Cependant, ces derniers devraient limiter la consommation de poissons prédateurs aux quantités suivantes :

  • les enfants âgés de 1 an à 4 ans peuvent consommer jusqu’à 75 g par mois de ces poissons;
  • les enfants âgés de 5 ans à 11 ans peuvent consommer jusqu’à 125 g par mois de ces poissons.

Pour en savoir plus sur les poissons qui devraient être consommés modérément en raison de leur teneur en contaminants chimiques, consultez la page de Santé Canada.

Par ailleurs, les poissons d’eau douce issus de pêche sportive ou récréative peuvent contenir des contaminants chimiques. Au Québec, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs a développé le Guide de consommation du poisson de pêche sportive en eau douce. Les recommandations issues de ce guide sont basées sur plusieurs facteurs, notamment l’espèce du poisson, sa taille (petit, moyen, gros), le lieu où il a été pêché et sa teneur en mercure. En fonction de ces facteurs, un nombre maximum de repas par mois à ne pas dépasser est alors recommandé.


Q : Avec la surpêche actuelle, quels sont les poissons à éviter pour privilégier une pêcherie durable et responsable?

R : Plusieurs experts et organismes sonnent l’alarme : de plus en plus d’espèces de poissons sont menacées. Avec les problèmes qu’occasionnent la surpêche, certaines méthodes de pêche et l’élevage de poissons, il devient de plus en plus difficile de faire des choix santé et écologiquement responsables.

Heureusement, différents outils peuvent vous aider dans vos choix, par exemple des sites Web fiables et indépendants qui disposent d’une mine de renseignements. Au Canada, l’organisme SeaChoice propose une liste de produits de la mer classés en meilleur choix (vert), préoccupations (jaune) et à éviter (rouge). Les poissons susceptibles de présenter des taux élevés de substances dangereuses comme le mercure et les BPC sont également identifiés.

Vous pouvez poser 3 questions à votre poissonnier. Le poisson vient de quelle région? Quand a-t-il été pêché? Comment a-t-il été pêché? Peut-être qu’au début, il ne saura quoi vous répondre, mais plus vous insisterez, plus il s’informera de son côté et offrira des poissons issus de pêche durable.


Notez que les nutritionnistes d’Infocuisine ne répondront pas à de nouvelles questions dans cette page, mais qu’il vous est toujours possible de les contacter par le site Web de nospetitsmangeurs.org.

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Commentaires (1)

  1. 11 mars 2013 à 11 h 00 min
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