Mon enfant grandit-il bien?

Mon enfant grandit-il bien?
Par , Omnipraticienne
25 avril 2012

Je cède souvent à l’anxiété lorsque j’observe Fiston Senior, pesant à peine plus que son sac à dos, si frêle à côté de ses amis!

Pourtant, la croissance est un processus dynamique irrégulier. Il n’y a qu’à constater comment les enfants grandissent d’un coup pendant les vacances! La croissance varie selon l’âge, le sexe, la génétique, etc. De 5 % à 10 % des enfants présenteront un retard pondéral à un moment ou l’autre et, pourtant, ce ne sont que 5 % d’entre eux qui seront victimes d’une véritable maladie entravant leur croissance.

C’est pourquoi il est si important de prendre du recul et ne pas se lancer dans des tests et analyses multiples.

Les bonnes courbes de croissance?

Depuis 2010, les instances canadiennes ont entériné les courbes de croissance de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), plus représentatives que celles anciennement empruntées au Center for Disease Control and Prevention (CDC) américain.

Les courbes permettent d’observer la croissance de façon longitudinale, et non ponctuelle. Elles prennent en compte le rythme physiologique, comme le ralentissement de la croissance après 2 ans. Mais encore une fois, il s’agit d’une moyenne, et non de normalité. Les courbes ont été conçues en se fiant aux enfants de 6 pays, nés à terme, exclusivement allaités, de mères non fumeuses. Les prématurés, le potentiel génétique et les spécificités ethniques ne sont que quelques-unes des variables qui n’ont pas été incluses, mais dont notre gros bon sens doit tenir compte! Que votre enfant passe du 95e au 85e centile est plus inquiétant que s’il suivait le 15e centile depuis la naissance.

Les bonnes mesures?

Une feuille de courbe de croissance s’apparente à une étourdissante toile de Spider-Man. Pourtant, il est important d’être précis : un demi-millimètre trop à droite et toutes les données sont faussées. D’un rendez-vous à l’autre, c’est donc important d’utiliser le même instrument, voire le même évaluateur. 

La qualité de la balance est importante. Votre médecin devrait privilégier la balance romaine (avec le balancier à bouger) à la balance électronique, pas toujours fiable. Elle doit être bien calibrée, à 10 g près. Un enfant doit être pesé en culotte, un bébé nu (au risque de se faire arroser par un pipi soudain).

Pour mesurer la taille, même si ça épargne la patience de l’enfant et la tolérance du médecin, utiliser le papier de la table de consultation ou le cadre de porte n’est pas adéquat. On devrait utiliser l’infantomètre, une échelle graduée horizontale sur laquelle glisse un angle droit (comme pour mesurer les pieds dans les magasins de chaussures).

La taille des parents

« La pomme ne tombe jamais loin du pommier » : la taille est un trait héréditaire. Moi-même, je déplore que Fiston me semble bien loin du 1,80 m et 85 kg de Papa, mais j’oublie que je mesure un laborieux 1,60 m et pèse entre 40 kg et 50 kg. (Je ne vous révélerai pas mon poids quand même!) La taille cible théorique d’un enfant est la moyenne des tailles des parents, plus ou moins 6,5 cm selon le sexe. Cinq pour cent des enfants ont une taille inférieure au 5e centile et cela à cause d’une petite taille chez l’un des parents ou même des grands-parents! Mais l’ensemble des déterminants génétiques est trop complexe pour prévoir le potentiel de croissance réel d’un individu : il n’y a pas de règle absolue!

Bref, la question « Mon enfant grandit-il bien? » est beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît. Quelques otites, une allergie aux protéines bovines, un reflux gastro-oesophagien et même des épreuves psychosociales (un deuil, une séparation, etc.) peuvent influer la croissance d’un enfant!

 Et chez vous, comment grandit-on?

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
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