L'allaitement et le sommeil des mamans

L'allaitement et le sommeil des mamans
28 mars 2012

Les bébés allaités, entend-on souvent, se réveillent plus souvent la nuit et dorment moins. Les mamans qui allaitent seraient, du même coup, plus fatiguées. Qu’en est-il de la réalité? Des chercheurs se sont penchés là-dessus, particulièrement entre la 2e et la 12e semaine après l’accouchement. L’étude est publiée dans la revue Pédiatrics.

Ils ont étudié les différentes phases de sommeil des mamans qui allaitent ou non, la fragmentation de leur sommeil, leur sensation de fatigue objective et subjective, leur temps total de réveil nocturne, même la qualité et la profondeur de leur sommeil. 

Résultat? Ils n’ont pas trouvé de différences, en ce qui concerne la quantité de sommeil, entre les mères qui allaitent exclusivement, celles qui donnent le biberon ou même celles qui combinent les deux. De façon certaine, affirment-ils, celles qui optent pour le biberon n’ont pas de meilleur sommeil. 

En particulier parce que, même si les mamans qui allaitent se réveillent plus souvent que les autres, elles se rendorment plus vite - sous l’effet soporifique de la prolactine – et, puisqu’elles allaitent parfois couchées, cela facilite encore plus leur rendormissement. La prolactine aurait même un effet sur la qualité « reconstructrice » du sommeil de la maman, en plus d’avoir un effet hypnotique sur le bébé.

Les mères qui donnent le biberon, quant à elles, seraient davantage exposées à la lumière et l’activité physique à cause de la préparation de ce biberon. L’étude, par contre, n’a pas analysé la situation où c’est le papa qui donne le biberon la nuit, ce qui devrait a priori être bénéfique au sommeil de la mère. Il y en a peut-être parmi vous qui pourront en témoigner. 

Des expériences différentes

Pour ma part, je ne peux témoigner que des effets de l’allaitement sur mes nuits. Et je dirais que les expériences ont été aussi différentes et variées que le sont mes trois enfants aujourd’hui! 

Tandis que ma première m’a réveillée plusieurs fois par nuit jusqu’à ses 9 mois (avec des phases de nuit complètes de 3 à 6 mois, quand même), mon fils, lui, n’a plus jugé bon de me réveiller à partir de 6 semaines. Il dormait comme une marmotte jusqu’au petit matin ou, du moins, s’il se réveillait, il devait se rendormir tranquillement contre sa doudou sans réclamer à boire. 

La troisième a été un mélange des deux : de très belles nuits à partir de 2 mois, puis de petits retours en arrière à l’occasion d’un rhume ou d’une faim passagère, comme tous les bébés. 

Évidemment, les réveils de nuit ont des explications beaucoup plus complexes que la simple faim. Et les raisons de bien ou mal dormir, pour la maman, dépassent largement la question du sommeil de bébé. L’absence de stress et la confiance, notamment, jouent sans aucun doute sur la qualité de notre sommeil. La possibilité de faire des siestes et de s’assoupir durant la journée, aussi. 

Quoi qu’il en soit, je n’ai pas été étonnée d’apprendre que, au bout du compte, il y avait peu de différence quant au manque de sommeil entre les mamans qui allaitent et celles qui donnent le biberon. 

Et vous, quel est votre avis là-dessus?

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
Tous les billets de l'auteur

Commentaires (13)

  1. Julie 28 mars 2012 à 13 h 56 min
    Pour répondre à mme Charbonniaud, j'ai donné le biberon à notre petit loup et le papa s'est aussi levé la nuit pour le nourrir. Je peux dire que je n'ai pas connu cet état d'épuisement perpétuel que m'ont raconté diverses jeunes mamans, et comme je ne suis pas du monde quand je ne dors pas, ce fut salutaire pour tous! Mon garçon a fait ses nuits à deux mois.
    Je crois qu'une prise en charge des repas de bébé de concert avec le papa est 100% positif pour le sommeil de la maman. Je parle ici de mon expérience personnelle et ne porte aucun jugement sur les autres mamans; j'apprécierais avoir droit au même respect dans les commentaires qui suivront.

  2. Jennifer 28 mars 2012 à 14 h 49 min
    Je n'ai pas connu non plus cette fatigue intense, cet epuisement constant et pourtant j'allaite exclusivement mon fils et celui ci a presentement 7 mois. Il a commencer a faire ces nuits vers 2mois et demi et c'est une vrai marmotte ! Avant cela je faisais simplement des siestes en meme temps que lui.

    Je suis d'accord avec Julie, quand on a le papa qui s'implique que ce soit pour les biberons, prendre soin de la maison ou autre cest selon, on se sens moins "pousser" a vouloir tout accomplir seule en plus de soccuper de notre enfant. Et du coup on a pas se sentiment de fatigue extreme.
  3. Neb 28 mars 2012 à 16 h 05 min
    J'ai connu et connais encore très bien cet épuisement perpétuel. J'allaite mon garçon encore aujourd'hui à ses 17 mois. Jusqu'à son premier anniversaire, il se réveillait pour téter toutes les heures, parfois encore plus fréquemment (pendant l'angoisse de séparation notamment).

    Puis, tout doucement, la fréquence s'est améliorée. À ce jour, en général, il se réveille toutes les 2 heures... mais il arrive parfois qu'il me fasse la surprise d'un 3h :)

    J'ai passé plusieurs nuits debout à tenter de l'endormir et le déposer dans sa bassinnette, le papa a également tenté sa chance... Nous avons très rapidement mis en place le cododo, ce qui me facilite encore aujourd'hui énormément la vie. Les réveils sont beaucoup plus courts et l'endormissement pour tout le monde est plus simple.

    Effectivement, il n'y a pas que la faim! Si ce n'était que ça, il aurait fait ses nuits avec la diversification. S'il se réveille encore si souvent, c'est pour combler un besoin émotionnel. Je suis convaincue que le biberon n'aurait rien changé quant à la fréquence de ses réveils... au contraire, je serais encore plus épuisée de devoir me lever toutes les fois.
  4. Eve 28 mars 2012 à 22 h 34 min
    Moi j'ai donné le biberon à mes deux enfants. Je peux affirmer que j'ai été connu l'épuissement avec mon premier. Aujourd'hui je peux affirmer que ça n'a rien avoir avec le biberon mais bien parce que j'étais très stresser ( sans même m'en rendre compte). J'étais incapable de me rendormir après les biberons que ce soit moi ou mon mari qui lui donnait j'étais incapable de dormir. Avec moi deuxième, j'étais beaucoup plus calme et moi stresser, j'ai donc réussit à me rendormir plus rapidement après les bouteilles malgré que celui-ci a fait ses nuits beaucoups plus tard que mon premier. Donc je suis bien d'accord pour dire que le biberon ne fait pas en sorte que les enfants dorment plus facilement et plus rapidement.
  5. Roxanne 1 avril 2012 à 11 h 27 min
    Mon allaitement n'a pas fonctionné. À 3 semaines tout était fini. Même avec beaucoup d'aide, ca ne fonctionnait pas. Bébé avait beaucoup maigri et était très déshydraté. Ma fille a donc eu quelques biberons, et ca lui a sauvé la vie parce que je n'avais pas du tout de lait. J'ai ensuite pris du dompéridone et j'ai pu tirer mon lait... à temps plein jusqu'à 1 an et 1 fois par jour jusqu'à 15 mois. J'ai toujours mal dormi, meme avant d'avoir un enfant. Même si ma fille a fait ses nuits à 3 mois, moi je ne dormais pas et c'était rendu de l'insomnie chronique. Je me posais la question à savoir si c'est le fait de tirer mon lait qui m'empêchait de dormir ou si c'était le dompéridone. Dès que j'ai arrêté de prendre ses pilules et donc arrêté de tirer mon lait, j'ai pu mieux dormir. Est-ce le dompéridone qui cause de l'insomnie?
  6. Nancy 2 avril 2012 à 15 h 21 min
    J'allaite toujours mon petit garçon de 8 mois et je tire mon lait le midi au bureau. Il ne boit pas beaucoup à la garderie (il m'attend). Il se reprend la nuit à deux reprises (onze heures et quatre heures). Jusqu'à 6 mois, il faisait des nuits complètes, mais à cause d'un gros rhume, on est retourné en arrière. À cela, il faut ajouter le phénomène d'angoisse de séparation. Je dois avouer que l'on s'habitue à se réveiller la nuit. Le secret : il faut se rendormir au plus vite après (plus facile à dire qu'à faire). Des fois, je suis tellement «zombie» et sur le pilote automatique que j'ai l'impression que j'ai dormi en l'allaitant dans la chaise berçante. J'ai l'impression d'avoir passé une très bonne nuit et je suis très en forme le lendemain.
  7. Marie Charbonniaud 2 avril 2012 à 17 h 45 min
    @Roxanne: quelle volonté! J'ai beaucoup de respect pour de telles démarches. Mais je ne peux pas vous répondre sur les effets du dompéridone, que je ne connais pas. Une bonne pharmacienne saurait sûrement répondre à cela.

    @ Nancy: j'aurais presque pu écrire votre commentaire! Car c'est ce que j'ai vécu aussi: aller allaiter au radar,sans parler ni ouvrir les yeux, puis retomber instantanément dans son sommeil... cela m'a permis d'être en forme malgré mes réveils nocturnes!

    merci pour vos commentaires les filles!

  8. Marie-Claude Paquet 2 avril 2012 à 19 h 15 min
    Je suis tellement d'accord avec l'effet de la prolactine. J'ai beaucoup de difficulté à m'endormir d'habitude, mais dès que j'allaite en moins de deux je m'endors. C'est salutaire puisque mon petit coeur se réveille plusieurs fois par nuit pour boire - mais c'est davantage pour se rassuré...je tente de me déculpabiliser parce qu'il ne fait pas ses nuits. Cela dit, même si j'allaite qq fois durant la nuit, je ne sais pas pourquoi, j'ai de l'énergie le jour.
  9. Anne Marie 4 avril 2012 à 21 h 21 min
    @Neb:
    je te soutiens! J'ai vécu la même chose avec ma fille. Allaiter aux heures la nuit, quelle défi! Et oui le cododo m'a aussi sauvé la vie. Ma fille a aujourd'hui 2 ans et 4 mois, elle s'est sevrée naturellement il y a une dizaine de jours (j'en serais triste mais je suis à nouveau enceinte!). Pour la nuit par contre, j'ai mis mon pied à terre autour d'un an et 11 mois. Vers cette âge, il est possible de négocier plus avec l'enfant. Par exemple: pas de tétée avant le levé du soleil, ou avant que papa ne se lève pour le travail, ou ce qui convient selon chaque cas. J'ai dû essuyé quelques larmes, mais j'ai tenu ma fille dans mes bras et continué le cododo pour ne pas trop la "brutaliser" dans le processus. Et je dois dire que derrière ces besoins ultra intenses se cache une personnalité assez extraordinaire, un langange très déveleppé pour on âge et une indépendance précoce à certains niveaux. Je referai pareil avec mon 3e bébé, ça en vaut le coup. Je me suis rarement sentie fatiguée, grâce au cododo.

    Ne pas lâcher! Et, pour s'encourager et mieux comprendre notre enfant aux besoins intenses, je conseille de lire des livres du Dr William Sears (Éditions Ligue La Leche).

    Bonne tétée!
  10. Nathalie 8 avril 2012 à 03 h 56 min
    J'ai allaité ma fille jusqu'à 19 mois (sevrage dû au retour au travail entre autre). Papa ne s'est jamais levé la nuit (il fait de l'apnée sévère et dort TRÈS dur)... elle a commencé à faire ses nuits presqu'à 2 ans... jusqu'à minimum 1 an, elle buvait aux 1h30 environ... j'ai tjrs endormi ma fille au sein et fait du co-dodo/partage du lit... donc je dormais souvent en allaitant... au moins elle n'avait qu'à se tourner vers moi et se "brancher"... une chance, ça m'a sauvé !

    j'étais tellement heureuse de pouvoir lui donner le meilleur de moi-même et que j'étais la seule à pouvoir lui donner ça, que je n'ai jamais ressenti cette fatigue dite perpétuelle...

    je recommencerais n'importe quand :))
  11. Andréanne 11 avril 2012 à 16 h 19 min
    J'ai allaité ma fille jusqu'à 11 mois et demi, mais elle a commencé à prendre du lait 3,25% dès 9 mois occasionnellement. Elle a fait ses nuits à 10 mois seulement. Je ne lui donnais pas de biberon la nuit, trop compliqué et ça me réveillait trop. Donc, papa n'a pas pu m'aider vraiment. Je l'avoue, j,étais extrêmement fatiguée à la fin. Je n'en voyais pas le bout et ne voulais pas user de techniques drastiques pour mettre fin aux tétées nocturnes. Même si ce n'était pas un besoin de faim, je voulais combler son besoin. Même si elle avait pris des biberons et que papa lui avait parfois donné la nuit, ça ne m'aurait pas aidé pour la fatigue, car j'ai tellement le sommeil léger que c'est certain que je me serais réveillée quand même et qu'il m'aurait été plus difficile de me rendormir. Allaiter ne me prenait pas de temps et ma fille se rendormait facilement. Je ne faisais pas de cododo, je me levais pour aller l'allaiter dans une chaise bercante dans sa chambre. Peut-être que le cododo aurait aidé pour ma fatigue mais ce n'était pas une situation qui aurait été faisable, car ma fille aime vraiment dormir dans son lit et moi à l'aise dans le mien. Étant de nouveau enceinte, et très fatiguée, je crois que ma production a baissé et a entraîné un sevrage plus précoce que je ne l'aurais cru mais qui s'est très bien passé. Je n'ai aps senti que je privais ma fille de qqchose auquel elle tenait mordicus. Elle prend super bien le biberon avec ses mains comme une grande et nous lui donnons collé-collé. Voilà !
  12. Claire 30 avril 2012 à 14 h 12 min
    J'ai allaité seulement les premiers mois, en fait, tant que c'était plaisant et agréable. Beaucoup de mal à faire des siestes dans la journée et notre fils se réveillait deux à trois fois par nuit. Heureusement son papa prenait régulièrement le relais: j'allaitais le bébé et lui s'occupait de lui faire faire un rot et de le recoucher. Et là, quand c'est le deuxième ou troisième réveil et qu'on est épuisée, on se dit: Ouf!
  13. Grandi 2 juin 2012 à 04 h 09 min
    Um amigo meu levou um golpe de uma fe1brica de camisas, ele fez o desgin e passou pra eles e ate9 hoje enrolam ele para paga, isso que ele nem cobrou quase nada.

Partager