Élever bébé à l'américaine ou à la française?

Élever bébé à l'américaine ou à la française?
28 février 2012

Son livre a créé un véritable « buzz » médiatique chez tous les intéressés du « parenting » (parentage ou éducation des enfants), et en lisant le titre, vous comprendrez pourquoi. 

Bringing up Bébé : One American mother discovers the wisdom of French Parenting. Traduction libre : Élever Bébé : Une mère américaine découvre le royaume du parentage français

Élever un bébé à la française, est-ce si différent qu’à l’américaine? Oui, nous dit Pamela Duckerman, qui offre un petit résumé de son livre dans le Wall Street Journal

Ici, pas question de tapes et de fessées, comme on caricature trop souvent les parents français. Dans ce livre, et tous les commentaires qu’il déchaîne, on dirait plutôt que le style old-fashioned français pourrait bien être un exemple à suivre pour les parents américains.

L’idée de ce bouquin lui est venue il y a 6 ans, en France, où elle vit toujours. Sa fille avait alors 18 mois et, en famille, ils sont partis en vacances. Or à chaque moment passé au restaurant, un constat revenait : tandis que sa propre table ressemblait à un champ de bataille, les petits Français se tenaient bien, heureux, mangeant même leurs légumes et leur poisson, relève-t-elle avec humour.  

À partir de là, elle a ouvert l’oeil sur les autres différences. Au parc, en famille, dans le salon. Oui, il y a vraiment de subtiles différences, bien au-delà de l’heure du repas. Tout cela déboucherait même sur une atmosphère de vie de famille totalement différente.

« Quand des amis américains nous rendent visite, les parents passent la plupart de leur visite à régler les querelles de leurs enfants, aidant leur trottineur à faire le tour de l’îlot central, se mettant à terre à construire des villages de Lego... Quand les Français nous rendent visite, les adultes prennent un café et les enfants jouent joyeusement ensemble. » 

Les Français, résume-t-elle, réussissent à s’investir après de leurs enfants sans devenir obsessifs. Et même si le parent moyen français a globalement les mêmes valeurs que le parent américain moyen – il s’applique à communiquer avec ses enfants, à lui faire découvrir la nature, à lui lire des livres, à l’emmener au musée – il assume cependant qu’il peut être un très bon parent sans être constamment au service de son enfant, sans culpabilité. 

Avec beaucoup d’humour, mais de réalisme, voici certains points anecdotiques qu’elle relève :

  • En France, on peut encore avoir une vie d’adulte, même si on est parent! La soirée, en particulier, c’est le temps des parents. Si les enfants veulent y assister, ils s’occupent par eux-mêmes. 
  • Les enfants saventjouer par eux-mêmes. Que ce soit à la maison, au parc, chez les amis. Non pas parce que leurs parents ne jouent jamais avec eux, mais parce qu’ils acceptent très bien les limites de ceux-ci. En conséquence, les enfants ont aussi plus de libertés, et c’est une bonne chose. 
  • Le salon, ce n’est pas une salle de jeu. Les chambres des enfants, par contre, sont leur zone de liberté totale.
  • Le petit Français ne grignote pas toute la journée. Il a trois repas et une seule collation, à 16 h (le goûter). Pour le reste? Il attend. La patience, une valeur trop souvent oubliée ici, qu’il s’agisse de repas ou de jeux. 
  • Au repas, on n’est jamais obligé de tout manger. Par contre, on demande aux enfants de goûter à tout. Du coup, les petits Français mangent de tout. Même des crustacés, du fromage qui sent mauvais ou des choux de Bruxelles. 
  • Un « non », c’est un Non. Elle écrit : « L’autorité est l’un des éléments les plus impressionnants de l’éducation à la française, et sans doute l’un des plus difficiles à maîtriser », relevant que ses amis français ont une autorité « calme et facile » qu’on ne peut qu’envier. 

Du coup, celle qui est aujourd’hui maman d’une fille de 6 ans et de jumeaux de 3 ans, l’affirme: « Les Français sont loin d’être parfaits, mais ils ont des secrets qui fonctionnent et nous reflètent un problème actuel en Amérique du Nord. Celui de l’overparenting, de l’hyperparenting, des parents-hélicoptères, ou encore, de la kindergarchy (domination des enfants) », écrit-elle. 

Une généralisation? Sûrement. Mais comme dans beaucoup de généralisation, il y a sûrement du vrai.

L’expérience française et québécoise

Moi qui vais régulièrement voir de la famille en France, je sais que c’est (presque) le seul endroit où je peux prendre un long apéritif avec des parents pendant que les enfants jouent plus loin. Pourquoi? Parce qu’on leur a gentiment ordonné d’aller jouer plus loin. Même chose à l’heure du souper. Ils veulent souper avec nous? Oui, s’ils se tiennent bien, puis s’ils demandent l’autorisation de quitter la table pour aller jouer, entre le fromage et le dessert. Il est 22 h et ils n’ont que 4 ans? Ce n’est pas grave si un samedi soir, ils se couchent plus tard. Pour résumer, je ressens là-bas un mélange d’autorité et de laxisme contrôlé. C’est un art de vivre à la française. Cela n’a rien de scientifique, mais n’importe quel Québécois peut le ressentir.

Ici, dans la même situation? On aurait probablement couché les enfants avant et lu leur histoire ou on aurait devancé notre souper d’adultes à 18 h pour qu’ils soupent avec nous, sans pouvoir aligner trois phrases. Bien sûr, je caricature, mais n’y a-t-il pas une part de vrai?

Au final, s’il y a un French style (plus old-fashioned) et un American style (l’hyper-parent), croyez-vous que nous, les parents québécois, sommes un mélange des deux? 

En vous priant de résister à des attaques chauvines, j’attends vos commentaires avec hâte!

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (11)

  1. Sigolène 28 février 2012 à 14 h 53 min
    C'est un peu des stéréotype sur le modèle de la Famille bourgeoise française de l'ancien temps....

    Vu de Marseille la famille française c'est un assortiment de solutions qui varient en fonction des parents.

    On a aussi
    - Les peres boivent l'aperitif tranquille, pendant que la mere courent après les minots (mot local pour enfant)
    - Les parents abandonnent toute vie sociale
    - Le joyeux desordre jusqu'a 22h mais c'est pas grave
    - On couche les enfants après l'apéritif et on fait notre repas.

    Chez nous c'est un mix de tout ça : Les enfants sont capable de jouer seul, les mamans surveillent plus alors que les papas sont à la cool, on essaie de les coucher plus tard que d'habitude mais avant qu'ils deviennent penible, et ils ont le droit de picorer mais c'est aussi parceque ce n'est pas très souvent.

    Après c'est vrais on est rigide sur certains points (les formules de politesse, se tenir bien à table) et on valorise certains comportements dont l'indépendance.
    A priori cela convient a tout le monde. Mon fils de deux ans bientôt adore dire "Marchi madame", "Aurevoir doteur" mais aussi lire et jouer aux lego tout seul dans sa chambre....
  2. anne 28 février 2012 à 18 h 40 min
    C'est très vrai ayant été élevé en suisse,je me souviens que quand mes parents recvaient à soupé on s,occupait (seule) et oui on devait demandé pour quitté la table .Ici c'est différent .
  3. Myriam 29 février 2012 à 13 h 12 min
    Je suis maman d'un petit garçon de 2 1/2 ans et d'un petit de 9 mois... je lis tout ça avec scepticisme. Le gazon a toujours l'air plus vert chez le voisin (ou plus jaune chez les americains!). Chez moi, l'heure du souper est un marathon, c'est un 5 à 7 intense! J'ai beau chercher toutes les nouvelles astuces pour rendre ce deux heures moins intenses mais il faut se rendre à l'évidence; peu importe la culture, un petit de 9 mois qui a faim va pleurer, un petit de deux ans qui ne veut pas manger sait très bien qu'on ne pourra pas le nourrir de force. Moi je mange toujours froid; le temps de monter les assiettes, les amener, aller chercher le lait que j'ai oublié, la guénille parce que mon petit dernier lance son lait ou régurgite, mon plus vieux qui rechigne devant son assiette (sauf si c'est des pâtes!), ou qui pose 15 questions en 1 minute, mon mari qui perd patience... etc... le souper est souvent un capharnaum! Avoir de la visite pour souper? un gros NON MERCI! je pensais que c'était moi qui ne savait pas m'organiser mais non, là j'arrête de me culpabiliser, c'est tout simplement la réalité actuelle. Bien sur nous pourrions souper plus tard (les enfants sont couché et dorment à 19h) mais nous même dormons à 20h30! Nous l'avons fait une fois de souper après 19h, à 21h il y a avait encore de la vaisselle à laver, mon mari et moi étions exténués (oui mon mari fait la vaisselle, le ménage, donne les bains etc...) ne pensez pas que c'est parce que je fais tout toute seule! Et on a souvent des commentaires (désagréables) de personne (ayant eu des enfants il y a très longtemps) que nous devrions recevoir plus souvent, que nous devrions sortir plus souvent, que nous devons nous garder du temps pour notre couple et BLABLABLA... je crois qu'il y a un temps pour chaque chose, nos enfants vont grandir et quand ils auront 3 et 5 ans ce sera surement autre chose mais pour le moment c'est ainsi. Mais, dites-moi, j'ai un livre intitulé "Petits tracas et gros soucis d 1 à 7 ans" de Michel Albin, édité à Paris... faut croire que les petits français aussi donnent du fil à retordent à leurs parents de temps à autres! ;)
  4. Jessica 1 mars 2012 à 09 h 48 min
    Je suis française, j'ai un fils de 3 ans et j'habite dans le Nord de la France. Chez nous les nordistes, l'accueil est roi mais je ne dois pas être comme les autres (et je rejoins Myriam sur ce point) en semaine, je ne reçois quasiment jamais. Je suis trop crevée… je passe chercher mon fils chez la nounou à 18h… mon mari arrive à 18h30. Ensuite, je fais la cuisine pendant que lui fait la toilette du petit (ou vice-versa)… on mange à 19h00 (plus ou moins). Par contre on mange tous ensemble, je ne conçois pas le repas de mon fils d'un côté et nous de l'autre. Peut-être à cause de mes origines italiennes. Le repas se partage et je pense que c'est une bonne base à l'éducation alimentaire et sociale. On sort de table vers 19h30-19h40 (c'est encore une fois très aléatoire, en fonction des négociations avec notre fils). On se pose (on essaye du moins) devant la télé tous les 3 (tout en pliant la lessive, débarrassant la table, nourissant les chats,brefs les petites corvées)avant d'envoyer notre fils au lit à 20h30. Généralement, je le suis 1h00 après tellement je suis fatiguée. Comment voulez-vous recevoir ?

    En revanche, je rejoint un peu le livre sur ce point :
    - le week-end, nous recevons de temps à autre et les enfants mangent soit avant nous, soit ensemble sur la petite table de salon auquel j'ai ajouté de petites chaises à leur taille. Ils restent entre eux, ont le droit de se lever, de grignoter et de se rassoir à leur guise pendant que nous, les parents profitons de notre repas tout en aillant un oeil sur les petites bêtises ou disputes succeptibles d'intervenir.
    - ils ont le droit de se coucher généralement quand tout le monde est parti… c'est exceptionnel ce jour là.
    - ils jouent ensembles et sans les parents
    - De temps en temps, mon mari et moi souhaitons nous garder un temps pour nous devant la télé à regarder un programme intéressant (et non violent). Si notre fils souhaite être avec nous, il devra s'accomoder de ce que l'on regarde ou s'occuper seul (tout comme quand je nettoie le sol, je l'envoie jouer dans sa chambre).
    - Pour les 3 repas par jour et la collation, je suis ce procédé car moi-même j'ai été élevée comme ça.
    - Mon fils mange de tout et j'insiste pour qu'il goûte avant de me dire quil n'aime pas. Il n'est pas obligé de finir son assiette et s'il n'a vraiment pas faim, il ne mange pas (mais n'aura rien en échange). Je n'ai jamais eut de conflis à cause des repas… il régule son appétit seul (certains jours il picore, d'autres il dévore).
    - Il doit aussi savoir se tenir convenablement à table. Ne pas crier, ne pas jeter sa nourriture. Mais bon je dois bien avouer qu'il ne peut pas rester assis de longues heures à table comme dans certains restos. Du coup on va souvent dans des endroits avec des jeux pour les gamins.
    - Par contre, il peut décendre de table à la maison quand il a vraiment fini.

    Voilà c'était juste mon expérience… et non Myriam, les enfants français ne sont pas parfaits loin de là… comme aucun autre sur la planète. Je n'aime pas non plus les clivages, rassure toi !.
  5. HBLL 2 mars 2012 à 12 h 44 min
    BOnjour,

    Je suis québécoise et je pense que ce texte reflète une certaine réalité, celle du overparenting de notre société. Mais je tenais à dire que chez moi, il n'est pas rare que les enfants jouent seuls. Quand les enfants jouent dehors dans ma rue, il n'est pas rare non plus de voir tous les petits mousses ensemble et les parents de leur bord, à jaser ensemble. Le vendredi, en été, on a parfois une tite bière à la main! Bien sûr, il faut intervenir de temps à autre pour les chicanes ou autre, surtout avec les plus jeunes.

    Le même phénomène s'observe dans les grosses familles qui se voient souvent ou avec des couples d'amis qui se voient souvent. Quand un enfant se trouve dans un environnement qu'il connaît ou avec des jeunes qu'il connait, c'est plus facile de quitter les bras de maman et papa... Ce n'est pas aussi naturel avec les gens qu'ils voient 1-2 fois par an... Je pense donc qu'au lieu de vouloir imiter une culture qui n'est pas la nôtre - celle des francais qui est loin d'être parfaite! - on - nous les parentss - devrait plutôt faire d'aller vers l'autre et entretenir des liens durables avec des proches. On devrait montrer nous-même l'exemple à nos enfants.
  6. Eve C 5 mars 2012 à 02 h 46 min
    C'est jamais noir ou blanc. C'est sur que la fin de semaine nous sommes plus tolérants sur l'heure du souper et du coucher. Je ne peux pas laisser mes enfants se coucher tard la semaine quand il faut se lever à 6h00 le matin! Mes enfants jouent aussi seuls. Et je joue avec eux! Les deux sont, à mon avis, très important. Mais c'est certain qu'avec des invités c'est différent! De toutes façons, les enfants n'ont généralement pas envie de rester assis avec nous bien longtemps!
    Il faut aussi préciser qu'il y a une ÉNORME différence en fonction de l'âge des enfants. J'ai une fille de 4 ans qui se tient généralement bien à table et qui s'amuse facilement toute seule. Mais j'ai un bébé de 18 mois qui lance systématiquement sa nourriture par terre, qui crie à table et qui réclame son lait sans dire svp... Mais elle est en voie d'apprendre! C'est seulement souvent moins agréable quand on a de la visite.
    Bref, quelle que soit la culture et les méthodes, il y a du bon et du moins bon. Tout est une question d'équilibre!
  7. MPier 5 mars 2012 à 16 h 23 min
    Je trouve l'idée intéressante d'aller voir ailleur et de glaner ce qui est pertinent au développement de notre fille. Donc, oui à ce livre, mais avec modération. Il m'intéresse pour l'enrichissement qu'il peut m'apporter. Par contre, j'ai l'impression que ce sera encore un livre au discours très prescriptif, tel la plupart des ouvrages grands publics sur l'éducation des jeunes enfants: Superbaby, Baby whisperer, Baby hearts, minds et signs, Guide des mamans débutantes, etc.

    Je suis d'accord avec Eve C: c'est une question d'équilibre. Alors tant mieux si ce livre peut être un peu constructif.

    Je suis moins d'accord avec l'idée de véhiculer le clivage culturel français vs. américain ou encore celui old fashioned vs moderne. Pourquoi encore une fois sembler vouloir faire table rase sur l'ensemble de savoir accumulés dans le domaine de la petite enfance? L'éducation et la psychoéducation sont des sciences évolutives et l'on devrait d'avantage le voir ainsi. C'est probablement la raison pourquoi le titre du livre et les débats qu'il a amené me dérangent un peu.

    Comme je l'ai mentionné, je vais lire ce livre. Je le parcourrai d'avantage en ayant en tête qu'il représente d'avantage une épice ajoutée à mon style parental qu'une révolution.

  8. Marie Charbonniaud 5 mars 2012 à 16 h 31 min

    @ MPier: Tout à fait d'accord. Pour ce que j'ai parcouru de ce livre, il y a beaucoup de généralisations.


    Je connais pleins de français dont les enfants n'écoutent pas plus que les nôtres et... moi-même d'origine française, ma petite de 2 ans et demi boudent les légumes et les fruits frais sans que mon éducation "à la française" n'y fasse rien!


    Il y a donc, évidemment, des universalismes chez l'enfant qui dépassent les frontières.


    Mais je trouvais intéressant de vous livrer ce débat qui anime un peu la "blogosphère".


    Comme vous, je lirai ce livre avec du recul. Il y a des choses à prendre et à laisser. Mais il y a du vrai, même dans la caricature. C'est juste amusant, et c'est en tout cas comme ça que je souhaite que ce blogue soit pris! Pas trop au sérieux!

  9. Isabelle 5 mars 2012 à 16 h 36 min
    Je seulement qu'on ne doit pas tenter de tout controler dans la vie de nos enfants. Oui, la semaine c'est différent, toujours un peu a la bourre, le souper, le bain, le dodo et les enfants qui ne se réveillent pas s'ils se sont couché plus tard la veille. Toutefois, pourquoi pas un souper libre le vendredi? Chez nous, on avait le droit de manger se que l'on voulait (pas extrême quand même: des bonbon et des chips ne sont pas un repas). Moi ce que je préférait c'était des oeufs avec du bacon ou encore des crèpes, pour souper oui. Les enfants adorent. Et un samedi pyjama de temps en temps: pas de bain, pas de sortie, maman et papa restent eux aussi en tenue d'intérieur, pas de vaisselle et pas de lessive. Il faut un minimum de capharnaum des fois. Les enfants ont besoin de pouvoir rien faire et choisir ce dont ils ont envie.
  10. Emilie 6 mars 2012 à 02 h 05 min
    Je trouve que nous sommes bombardés d'information à savoir quelle est la meilleure façon d'élever nos enfants. Je m'efforce en tant que maman d'une fillette de 18 mois d'être le plus cohérente possible dans ce que j'exige de ma fille. Je m'efforce aussi de me respecter en tant qu'individu. N'aller pas dire que je suis égoïste! Je crois que si je trouve que ma fille devrait être couchée à 19hrs pour que je puisse passer un temps à moi pour me ressourcer et bien soit! Si je n'ai pas envie de jouer avec elle et bien elle doit jouer seule. C'est en se respectant que nos enfants apprennent nos limites et que nous devenons cohérents dans notre parentage, français ou américains... Donc en bref si un parent se sent bien dans la version américaine et bien tant mieux pour lui et il sera sûrement très cohérent envers son enfant.
  11. ouaz 12 mars 2012 à 08 h 09 min
    Il est intéressant de remarquer les différences éducationnelles entre les cultures.
    J'avais entendu une fois que les enfants français étaient plus patients que les enfants américains. Cela reste néanmoins très relatif car je pense qu'il s'agit d'une variante qui dépend entre autres du caractère des enfants, de l'éducation des parents, du niveau social et en dernier lieu de l'environnement.
    Pour reprendre d'autres cultures, le modèle maghrébin est très différent du modèle occidental qui englobe le français et l'américain. Au Maroc en particulier, les membres de la famille ne mangent pas dans des assiettes séparées, sauf pour les plats qui le nécessitent, ce qui apprend à l'enfant le partage, la patience et la propreté (il ne joue pas dans l'assiette et doit manger ce qui se trouve devant lui), les enfants ne dorment souvent pas seuls mais partagent leur chambre avec la fratrie. Les parents s'investissent auprès de leurs enfants mais leur apprennent l'autonomie. Les disputes entre enfants sont souvent mal tolérées, surtout devant les parents ou les invités, et les enfants apprennent à gérer leurs conflits seuls. En général on ne sort pas de table non plus avant que tout le monde ait fini mais il n'est pas nécessaire de demander la permission pour s'en aller. Les mots vulgaires sont absents tant dans la bouche des enfants que dans celles des parents et lorsque les adultes discutent, souvent les enfants jouent dans leur chambre. En revanche pour les repas, bien qu'il y ait les 3 principaux repas par jour, on ne laisse jamais un enfant avoir faim et s'il réclame avant l'heure du repas, on lui donne une petite collation ou un fruit en attendant le moment de manger.
    Cependant tout les modèles comportent des + et des -, mais étant moi-même issue d'une famille a la double culture, j'ai appris à composer et à prendre le meilleur de chaque et à créer ma propre recette.
    Il n'en reste pas moins qu'il ne faut pas s'enfermer les uns les autres dans des clichés clivants car il n'existe pas UN modèle par culture ou par pays mais DES modèles différents selon les familles.

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