Les allergies: les réponses à vos questions

Les allergies: les réponses à vos questions
19 février 2012

Q : Qu’est-ce qu’une allergie alimentaire?

R : Une allergie alimentaire est une réaction exagérée du système immunitaire à la suite de la consommation des protéines d’un aliment en particulier. Le corps reconnaît alors ces protéines comme des ennemies du corps et se met à les combattre, ce qui déclenche les réactions indésirables. Les protéines provoquant une réaction allergique sont appelées allergènes.

Les 10 allergènes les plus courants au Canada sont :

  • les arachides;
  • le blé;
  • les fruits de mer (poisson, crustacés et mollusques);
  • les graines de sésame;
  • le lait de vache;
  • les noix;
  • les oeufs;
  • le soya;
  • les sulfites (substances naturellement présentes dans les aliments et dans les organismes ou utilisées comme agents de conservation);
  • la moutarde.

La liste des allergies ne se limite pas qu’aux allergènes cités ci-dessus. En effet, comme expliqué plus haut, une allergie peut se manifester à l’égard de n’importe quel aliment renfermant des protéines.

Q : Comment savoir si mon enfant a une allergie alimentaire?

R : Les réactions allergiques peuvent se déclencher rapidement à la suite d’un contact avec l’allergène (dans les 30 minutes) ou à retardement (jusqu’à 2 ou 3 jours). Le temps alloué avant le déclenchement d’une réaction allergique varie d’une personne à l’autre et en fonction de la gravité de l’allergie.

Les symptômes d’une allergie alimentaire sont toujours reliés à la consommation de l’aliment allergène. Ils sont très nombreux et variables. En voici des exemples :

  • Peau : démangeaisons, rougeurs, urticaire, chaleur, enflure, éruptions
  • Yeux : démangeaisons, larmoiements, enflure, rougeur
  • Nez : écoulements, éternuements, congestion, démangeaisons
  • Gorge : enflure, serrement, modification de la voix et des pleurs, difficulté à avaler
  • Estomac-intestin : nausées, vomissements, douleurs ou crampes, constipation, diarrhées
  • Poumon : toux, étouffement, essoufflement, respiration difficile, sifflement, voix rauque
  • Coeur et circulation : couleur pâle ou bleutée, pouls faible, palpitations
  • État de conscience : vertige, étourdissement, perte de connaissance

Les signes avant-coureurs ainsi que la gravité et l’intensité des symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre, et parfois d’une crise à l’autre chez la même personne. Ainsi, il est possible que de très petites quantités d’allergène déclenchent une importante réaction et vice-versa.

Lors de réaction très grave, aussi nommée anaphylaxie, plusieurs systèmes peuvent être atteints dans les 2 h suivant le contact avec l’allergène. S’il y a chute de pression, la vie de la personne est en danger. Il s’agit alors d’un choc anaphylactique.

À la suite de l’apparition de signes ou de symptômes, il est important d’agir rapidement et de déceler la ou les causes, puisque certaines allergies peuvent évoluer rapidement. L’épinéphrine est le traitement à administrer en cas de réaction allergique grave. Les décès associés à des réactions allergiques sont presque en totalité dus à un délai trop long avant l’administration de l’épinéphrine. Sachez aussi que l’administration d’épinéphrine ne présente pas de risque sérieux pour la santé.

Pour conclure à une allergie alimentaire, un diagnostic médical est nécessaire. Il permet d’exclure d’autres problèmes de santé qui se manifestent souvent par des symptômes semblables, comme lors d’intolérances alimentaires. Consultez votre médecin ou un allergologue afin qu’il examine votre enfant.


Q : Mon enfant est allergique aux arachides : doit-il éviter toutes les légumineuses?

R : Non. Bien que l’arachide soit une légumineuse, il n’est généralement pas nécessaire d’éviter de consommer d’autres légumineuses. Cependant, dans 5 % à 10 % des cas, une personne allergique à l’arachide sera également allergique à une autre légumineuse (ex. pois chiche). Dans ce cas, il est possible qu’elle doive exclure de sa diète toutes les légumineuses.


Q : Ayant deux parents allergiques, quels sont les risques que mon enfant développe des allergies alimentaires?

R : Lorsqu’un membre de la famille (parents, frère ou sœur) ou plus est atteint de n’importe quelle forme d’allergie, que ce soit une allergie alimentaire ou un simple rhume des foins, le risque que l’enfant développe une allergie augmente.
Lorsqu’un des parents est atteint d’une allergie, le risque que l’enfant en souffre aussi est de 30 % plus élevé et peut aller jusqu’à 80 % si les deux parents souffrent d’allergies.

Toutefois, le type d’allergie n’est pas héréditaire. Ainsi, le fait que la mère soit allergique aux poissons ne fait pas en sorte que l’enfant aura nécessairement ce même type d’allergie. Il pourrait développer une allergie alimentaire à n’importe quel aliment ou une allergie non liée aux aliments.

Q : Mon bébé est à risque d’allergie (son père et moi avons des allergies). Dois-je attendre avant de lui faire manger des aliments?

R : Non. Comme le système immunitaire prend un certain temps avant de se développer après la naissance, plusieurs experts étaient portés à croire qu’en introduisant des aliments complémentaires (solides) trop tôt dans l’alimentation du bébé, cela pouvait augmenter ses risques de développer des allergies. Aucune preuve scientifique n’a permis d’établir ce lien. Même si un aliment est introduit tardivement, cela n’empêchera pas une allergie de se manifester.

Il n’est d’ailleurs plus recommandé d’attendre à un âge donné avant d’introduire des aliments allergènes dans l’alimentation de son enfant même s’il est à risque d’allergie. L’introduction plus tardive de ces aliments ne servirait qu’à contourner momentanément l’apparition de l’allergie. Vous pouvez donc introduire les produits laitiers, les œufs, les arachides, les noix et les crustacés en même temps que les autres aliments.

Pour l’introduction de tout nouvel aliment, commencez par offrir à votre petit mangeur une petite quantité de l’aliment à la fois, soit 5 ml. Vous pourrez par la suite augmenter les quantités graduellement si vous n’observez pas de réaction particulière chez votre enfant. Il est également suggéré d’attendre 3 jours avant d’intégrer un nouvel aliment dans son menu. Ainsi, s’il présente une allergie, vous pourrez en connaître la cause et modifier sa diète en conséquence.
L’allaitement exclusif jusqu’à l’âge de 4 mois a démontré un effet préventif contre les allergies alimentaires. L’introduction trop hâtive – avant 4 mois -  ou même trop tardive des aliments complémentaires chez le bébé aurait un impact sur le développement des allergies alimentaires.

Q : Est-il possible qu’une allergie alimentaire disparaisse avec le temps?

 R : Certaines allergies alimentaires déclenchées en très jeune âge ont tendance à disparaître avec le temps. Encore une fois, les mécanismes d’action favorisant la diminution de ces réactions allergiques sont inconnus et l’âge de disparition peut varier d’un enfant à l’autre. La disparition de l’allergie alimentaire n’est pas assurée. Il est donc recommandé de suivre en tout temps les procédures habituelles pour éviter les réactions allergiques.

L’intolérance aux protéines bovines, par exemple, qui apparaît très tôt dans la vie de l’enfant, a tendance à disparaître après l’âge de 1 an dans environ 80 % des cas.
Malheureusement, les allergies aux noix, aux arachides, aux poissons et aux fruits de mer semblent habituellement permanentes.

Q : Pourquoi y a-t-il davantage d’allergies alimentaires de nos jours?

R : Plusieurs hypothèses sont véhiculées quant aux facteurs qui expliquent l’augmentation des cas d’allergies alimentaires. Il est cependant difficile d’affirmer avec certitude la cause de cette situation.

  • La théorie de l’hygiène : il s’agit, à l’heure actuelle, de l’hypothèse la plus acceptée par la communauté scientifique.
    L’exposition précoce aux bactéries et aux microbes permettrait aux enfants de se construire un système immunitaire plus fort contre les agresseurs externes. Avec le degré d’hygiène actuel, les experts pensent que l’hyperaseptisation pourrait expliquer en partie l’augmentation de la prévalence d’allergie.
  • L’environnement et la pollution : la fumée et la poussière seraient également des éléments mis en cause dans le développement d’allergies alimentaires.
  • L’évolution de la consommation alimentaire : il semblerait que les modifications de notre alimentation (la préparation des aliments et la transformation des produits de consommation, des produits s’éloignant de plus en plus de leur composition naturelle), influencent la prévalence des allergies alimentaires.

Selon une récente étude parue dans le Journal of Allergy, les allergies alimentaires seraient plus fréquentes au sein des familles hautement scolarisées. D’après cette étude, les parents plus scolarisés auraient davantage tendance à aseptiser l’environnement de l’enfant et à retarder l’introduction d’aliments potentiellement allergènes dans l’assiette de leur enfant, ce qui pourrait augmenter la prévalence des allergies. De plus, ceux-ci seraient plus aptes à reconnaître les symptômes d’une allergie alimentaire et consulteraient plus souvent un médecin le cas échéant, ce qui permettrait de diagnostiquer davantage les allergies.

Encore une fois, il existe très peu de données permettant de conclure à un éventuel lien entre l’augmentation du nombre de cas d’allergies alimentaires et les facteurs mentionnés ci-dessus.


Q : À partir de quel âge peut-on faire passer un test d’allergie à un enfant?

R : Les tests cutanés d’allergie peuvent être effectués très tôt après la naissance. Toutefois, la justification et l’interprétation du test doivent être faites avec prudence par un allergologue qui pourra faire un diagnostic approprié en évaluant le degré de confiance du test et en tenant compte des observations cliniques.

Un résultat de test négatif n’exclut pas une allergie alimentaire. De même qu’un résultat positif ne garantit pas un diagnostic d’allergie. À noter que si l’enfant n’a jamais été exposé à l’arachide, c’est-à-dire s’il n’en a jamais mangé, que la mère n’en a pas consommé lors de la grossesse et de l’allaitement et que son environnement en est exempt, le test cutané sera négatif, mais cela ne veut pas dire qu’il ne développera jamais l’allergie. Comme il n’a jamais été exposé à l’allergène, son corps n’a pas eu le temps de produire les anticorps qui provoquent des réactions allergiques. Ce sont ces mêmes anticorps qui réagissent lors des tests cutanés et qui donnent des résultats positifs ou négatifs au test, selon le cas.


Q : Comment se forme une allergie alimentaire?

R : Les allergies alimentaires ne sont pas présentes à la naissance. Elles se développent habituellement à la suite de la première consommation ou du premier contact avec un allergène. Lors de cette phase de sensibilisation, le corps crée des anticorps contre les protéines de l’aliment allergène sans toutefois déclencher de réaction. Toutefois, lorsque l’enfant consommera l’allergène de nouveau, il y aura apparition de symptômes.

Dans certains cas, et particulièrement pour les allergies aux poissons et aux fruits de mer, l’allergie tend à se développer tardivement, voire à l’âge adulte, même si la personne a déjà été exposée à plusieurs reprises aux aliments concernés. Quoi qu’il en soit, si un enfant a mangé à plusieurs reprises un aliment, les risques qu’il soit allergique sont grandement diminués. Toutefois, cela ne veut pas dire qu’il ne développera jamais une allergie à cet aliment.


Q : Comment différencier une intolérance d’une allergie alimentaire?

R : Contrairement à l’allergie alimentaire, une intolérance ne fait pas réagir le système immunitaire, mais consiste plutôt en une hypersensibilisation alimentaire. En effet, les intolérances alimentaires n’impliquent pas de protéines alimentaires, mais plutôt des sucres alimentaires, comme le lactose présent dans le lait.

L’intolérance alimentaire apparaît à la suite d’une déficience d’une enzyme digestive, à une intoxication alimentaire, ou à toutes autres intolérances telles qu’aux médicaments, à l’alcool, aux agents de conservation, etc.
L’intolérance demeure sans danger pour la vie de l’enfant, mais peut provoquer d’importants malaises physiques. La consommation d’une portion de grosseur normale est le plus souvent nécessaire avant de ressentir les symptômes occasionnés par l’intolérance.

Une intolérance alimentaire se manifeste le plus souvent par des troubles gastro-intestinaux variables d’un enfant à l’autre, comme :

  • des ballonnements, des flatulences;
  • des douleurs, des crampes abdominales;
  • des vomissements;
  • de la diarrhée;
  • de la constipation.

Il est important de mentionner que l’intolérance au lactose est très rare chez les enfants de moins de 2-3 ans. Lorsque le lait pose problème à cet âge, il s’agit la plupart du temps d’une allergie alimentaire nécessitant un évitement strict de toutes traces de produits laitiers.

Les manifestations, l’intensité et la durée d’une intolérance varient beaucoup. Les symptômes peuvent en effet se manifester dans les minutes qui suivent l’ingestion ou n’apparaître que quelques jours plus tard. De manière générale, les malaises sont proportionnels à la quantité ingérée.


Q : Existe-t-il des livres de recettes sans allergènes pour les personnes aux prises avec une allergie alimentaire?

R : Oui. Il en existe plusieurs! En voici quelques-uns :

  • Déjouer les allergies alimentaires, de Marie-Josée Bettez et Éric Théroux. Éditions Québec Amérique
  • Desserts et autres gourmandises sucrées, de Marie-Josée Bettez.. Éditions Québec Amérique
  • De l’allergie aux plaisirs de la table, par l’Association québécoise des allergies alimentaires
  • Peut contenir des traces de bonheur, de Julie la Rochelle et Jean-Sébastien Lord. Éditions de L’Homme
  • Les gourmandises de Vera : croquer sucré sans danger, de Vera Zakher

Pour plus d’information concernant les allergies alimentaires, il est possible de s’adresser à l’Association québécoise des allergies alimentaires (AQAA). Une nutritionniste de l’AQAA répondra à vos questions si vous téléphonez au 514 990-2575, poste 204.


Notez que les nutritionnistes d’Infocuisine ne répondront pas à de nouvelles questions dans cette page, mais qu’il vous est toujours possible de les contacter par le site Web de nospetitsmangeurs.org.

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Commentaires (1)

  1. Lyse M 20 février 2012 à 17 h 56 min
    Merci pour cet article est vraiment très intéressant et très détaillé (je l'ai trouvé grâce à Déjouer les Allergies)
    J'ai aussi décidé de consacrer des billets sur le mécanisme des allergies et les réactions possible sur mon blog, en faisant un focus particulier sur les légumineuses car je fais partie des 5 à 10% des cas allergiques à d'autres légumineuses !
    Cordialement,
    Lyse M.
    www.vivreavecdesallergiesalimentaires.fr

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