Jusqu'où iriez-vous pour protéger la vie de votre bébé?

Jusqu'où iriez-vous pour protéger la vie de votre bébé?
26 janvier 2012

Quel acte fou - ou héroïque - serais-je prête à commettre pour défendre un de mes enfants? C’est la question que je me suis posée à la lecture de ce fait divers, en début d’année. 

Une jeune maman américaine de l’Oklahoma a opté pour la solution extrême lorsque deux individus ont tenté de s’introduire chez elle, le 31 décembre vers midi. Quand elle a réalisé qu’ils s’apprêtaient à entrer, elle est allée placer son bébé de 3 mois en sécurité dans une chambre, a barricadé la porte avec son canapé, a attrapé son fusil puis a appelé le 911, en demandant du renfort et surtout l’autorisation de tirer, au moment où ils entreraient. 

La conversation a duré 21 interminables minutes, pour se finir ainsi : « Je ne peux pas vous dire quoi faire, mais faites ce que vous avez à faire pour protéger votre bébé. » Un jeune homme armé d’un couteau est entré, puis elle a tiré, tuant l’intrus. 

« Ce n’est pas une décision facile à prendre, mais c’était lui ou mon bébé. Et ça n’allait pas être mon bébé. Il n’y a rien de plus dangereux qu’une mère avec son enfant », a déclaré la femme de 18 ans aux médias, quelques instants après. 

Aux États-Unis, comme on le sait, le droit de défendre sa propriété et celui de légitime défense sont absolus. L’histoire s’est donc finie sous les applaudissements de sa communauté et, évidemment, de Sarah Palin

Mais cela m’a rappelé quelques histoires (moins extrêmes) que j’ai vécues ou entendues. Par exemple ce jour où un automobiliste s’est mis à accélérer pendant que -enceinte jusqu’au cou de mon premier enfant - je traversais une rue de Montréal. En voulant l’éviter, j’ai trébuché et suis tombée au milieu de la chaussée. Sous mon gros manteau, il n’avait probablement pas vu à qui il s’adressait. 

Mon mari s’est alors transformé en un personnage que je ne connaissais pas encore. Rugissant un « T’es pas malade, toi?! », il a dégainé un violent coup de pied dans le capot. Le type, deux fois plus large que lui, est sorti de sa voiture, mais heureusement, des passants ayant assisté à la scène se sont interposés avant que la situation ne dégénère. Le chauffard - et son capot défoncé - est reparti aussitôt. 

À cet instant précis, j’ai eu l’impression que rien n’aurait pu résister à sa tempête. La colère montante s’était canalisée dans ce coup de pied, et n’eut-ce été une réaction violente du chauffard, la suite aurait pu être bien pire. « Je confirme que tu l’as, l’instinct de survie envers ta progéniture », ai-je blagué pour détendre l’atmosphère. 

Mon amie Carrie s’est aussi surpassée le jour où, en camping sauvage dans les Rocheuses, elle a repoussé un couguar qui lorgnait son bébé avec appétit. 

« J’étais seule avec mon bébé, car mon père et mon mari étaient partis chasser. C’était le matin, il faisait beau, je faisais ma vaisselle et ma fille était assise sur sa couverture. Puis à travers les herbes hautes, j’ai aperçu un couguar à une dizaine de mètres, tapi en position de chasse, les yeux braqués sur elle », m’a-t-elle déjà raconté. « Mon sang n’a fait qu’un tour. Je l’ai mise dans son lit-parc, j’ai attrapé mon fusil de chasse et j’ai tiré en l’air en hurlant. On aurait dit une folle! Le couguar a continué à me regarder, impassible, puis a rebroussé chemin. Cela m’a traumatisée pour plusieurs jours », m’avait-elle raconté. 

Autant vous dire que, juste à l’imaginer tirer en l’air en hurlant, j’étais pliée en deux (de rire). Mais la situation est effrayante, je vous l’accorde. 

Vous, vous est-il arrivé de vous surpasser pour protéger ou secourir votre bébé? Avez-vous déjà senti monter un nouveau type d’adrénaline, dans des circonstances qui auraient été autrefois presque banales?

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (10)

  1. Marâtre Joyeuse 26 janvier 2012 à 13 h 50 min
    Oui, ça vient tout naturellement.

    Je suis une personne d'ordinaire toute calme, j'accorde beaucoup d'importance au civisme (au mien, du moins). Mais quand depuis que j'ai mes beaux-fils, avant d'avoir ma fille, je peux me transformer en lionne!

    Depuis le début de l'année scolaire, j'enseigne à mon grand de 6 ans à traverser la rue. (Nous habitons Montréal.) Quand des automobilistes ne font pas attention, je les engueule! Rien de grossier, (je reste moi, quand même), mais je "prends le droit" de crier "Heille, il y a un ENFANT qui traverse!"

    Ça n'a rien à voir avec l'intrus ou le cougar, mais c'est un exemple de la vie quatidienne qui montre la transformation qui s'opère en nous, malgré nous, quand on a des enfants.
  2. Marie Charbonniaud 26 janvier 2012 à 17 h 50 min
    @ MJ: Oui, très vrai! La rage envers les automobilistes, ça ne m'épargne pas non plus ;)
  3. Johanne Couture 26 janvier 2012 à 19 h 37 min
    Il y a environ 1 an et demi, je faisais une promenade avec mon bébé et je suis arrivée à une intersection où je voulais traverser. Une auto arrivait plus loin, il y avait un stop, alors j'ai commencé à traverser. La femme dans son Range Rover vert n'a jamais arrêté ni même ralenti et est passée à peut-être 1 mètre de la poussette, elle regardait ailleurs et ne m'a jamais vu. En plus, c'était à côté d'une école primaire! J'étais complètement sous le choc! Si j'avais pu lui parlé, ou plutôt lui crier dessus, ça n'aurait pas été beau!

    Encore aujourd'hui, chaque fois que je vois une auto de cette description, je ne peux m'empêcher d'y repenser avec une rage indescriptible. Et maintenant je ne prends plus pour acquis que les gens vont s'arrêter à un stop.
  4. Anonymous 26 janvier 2012 à 19 h 43 min
    Votre blogue me rappelle que nous avons été victime d'une entrée par infraction dans notre domicile pendant la nuit, lorsque nous dormions. À ce moment, j'étais enceinte de notre premier enfant! Le plus perturbé a été mon mari qui, pour nous défendre, n'aurait pas hésité une seconde à faire le pire... or au Québec, s'il avait commis un meurtre, la Loi n'aurait pas été aussi clémente envers lui qu'aux E-U et le Tribunal ne reconnaîtrait probablement pas son geste comme de la légitime défense car le jeune voulait «seulement» voler et non s'en prendre à nous! Mais comment voulez-vous que l'on réagisse lorsque nous tombons face à face avec un intru la nuit dans notre demeure? Avons-nous vraiment le temps de voir quelles étaient ses intentions? NOn, on protège ceux qu'on aime immédiattement, (même un enfant à venir) et c'est un geste louable et inné!


  5. Stéphanie 26 janvier 2012 à 20 h 11 min
    Lorsque mon garçon avait envrion 14 mois, je l'ai perdu de vue pendant environ 3 secondes au centre d'achat. À cet instant, je me suis mise à paniquer et à crier son nom partout dans la halte-bouffe. Une vraie folle! Je m'imaginais que quelqu'un l'avait kidnappé. Finalement, il était sorti de l'aire de jeux par le mauvais côté et le temps de déposer son manteau sur la chaise, je ne le voyais plus. Heureusement, 1 minute plus tard, je le serrais dans mes bras non sans avoir eu l'air de la mère indigne qui perd son enfant. Aussi, je sens toujours monté l'agressivité envers les automobilistes qui voit le virage à droite sur feu rouge comme une obligation et non une option, surtout lorsque je souhaite traverser la rue et que j'ai bien sûr, pesé sur le bouton pour le passage piéton. Non mais, il me semble que je suis évidente au coin de la rue avec ma poussette ROUGE!
  6. anonyme 26 janvier 2012 à 21 h 35 min
    Ça rapelle des souvenirs... Il y a plusieurs années, je promenais ma fille, alors âgée de 2 mois, en poussette sur la rue St-Laurent, à Montréal. A l'approche du viaduc Rosemont-Van Horne, j'aperçois à quelques mètres de moi sur le trottoir un jeune homme visiblement intoxiqué qui sort de sa poche une arme à feu et la tient dans ses mains en nous regardant arriver. Les secondes se sont figées et j'ai vu défiler une tonne d'images devant mes yeux. J'ai choisi de poursuivre ma route et non de m'immobiliser, en le regardant droit dnas les yeux. Je ne sais pas ce qu'il y avait dans mes yeux à ce moment, mais j'espère qu'il a senti la colère et la détermination à ne pas me laisser intimider et à protéger mon enfant qui m'habitaient. J'ai passé à côté de lui (et de son arme) au même pas, puis je l'ai dépassé et j'ai continué ma route. Quand les 200 interminables mètres de ce trottoir m'ont permis de tourner sur une autre route, j'ai sauté sur mon cellulaire et composé le 911... J'ai rapporté ma fille à la maison et je me suis écroulée ensuite.
  7. Marie Charbonniaud 26 janvier 2012 à 22 h 52 min
    @ Stéphanie: En perdre un de vue, ça m'arrive encore de temps en temps, quelques dixièmes de secondes, et mon coeur se fige! La dernière fois, dans le couloir de ma petite piscine municipale. Même si l'accès à la piscine est impossible, des milliers d'images improbables défilent dans ma tête!

    @ Anonymous: alors celle-là, c'est quelque chose! Juste à vous lire mon sang se glace aussi!!!!!!
  8. Marie-Claude 27 janvier 2012 à 13 h 31 min
    Ouf quelle histoire anonyme....Je suis une nouvelle maman et j'estime que je pourrais devenir une guerriere tres tres dangereuse pour proteger mon enfant. Quand je lis vos histoires, je m'emporte interieurement. Est-ce que j'irais jusqu'a utiliser des supplices comme dans les sept jours du talion, je ne sais pas
  9. Marilyne 31 janvier 2012 à 18 h 42 min
    Mon fils n'a que 11 mois et jusqu'à maintenant je n'ai jamais vraiment craint pour sa sécurité (dieu merci!). J'ai beau être un personne gentille, je sais que si ça se produit un jour je pourrais devenir très très agressive! Juste de lire les histoires des autres, ça me fait m'imaginer ce que je ferais si la même chose m'arrivait...
  10. Jessica Rivard 19 février 2012 à 20 h 14 min
    Quand mon fils avait 2 an et ma fille 10 mois, mon chum est parti travailler 1 mois à l'extérieur de la maison. J'étais donc seule à la maison avec deux bébés. Durant la nuit à un moment où j'étais profondément endormis, l'alarme de feu se met à sonner. J'ai carrément "jumper" tellement haut dans les aires et je me dirige dans le corridor en courant en pensant seulement à mes enfants. Je me retrouve fasse à fasse devant les 2 portes de chambres de mes 2 enfants et mon coeur battait tellement vite, l'adrénaline était au maximum, et je me suis retrouver devant le dilemme: Dans quel chambre j'entre en premier?????? ( ce qui voulait aussi dire; qui je sauve en premier?mon gars ou ma fille)

    Ça a durée à peine quelques interminable secondes, mais assez pour me traumatiser. Finalement j'ai ouvert la lumière, Ne voyant pas de fumée et ne sentant pas d'odeur suspecte, je descends au rez-de chaussée et finalement c'était une fausse alerte. J'ai eu la peur de ma vie; pas besoin de vous dire que je n'ai pas été capable de me rendormir cette nuit là et que cette terrible question m'a trotter et me trotte encore dans la tête.....
    Ça a été la dernière fois depuis que mon chum est parti travailler à l'extérieur et je me suis jurer que si ça avait encore à arriver d'être seule durant une nuit avec mes enfants, j'irais coucher chez mes parents ou un membre de ma famille ou bien j'appelle quelqu'un pour qu'il vienne passer la nuit chez nous, car cette histoire m'a vraiment faite peur; surtout que depuis j'ai un troisième enfant; le plus vieux à maintenant 3 ans et demi et le plus jeune 5 mois.

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