Quand les premières minutes avec bébé nous sont volées

Quand les premières minutes avec bébé nous sont volées
16 janvier 2012

On a toutes l’envie instinctive et irrépressible de serrer contre nous notre bébé naissant, même s’il est mouillé et visqueux. La nature a d’ailleurs bien fait les choses : 50 cm, c’est tout juste la longueur idéale de cordon pour ramener ce petit être vers notre poitrine, avant de le lui couper. 

Mais quand les circonstances médicales s’imposent et nous retirent notre bébé à peine sorti, l’angoisse monte. Au moment où notre corps est au summum de ses endorphines et que l’hormone de l’amour (l’ocytocine) a tout fait pour préparer un coup de foudre, la froideur des directives médicales nous rabat cette magie d’un revers de la main. 

Doit-on se battre? Argumenter? Résister? Pour la plupart des mamans qui ont vécu une telle séparation, et avec qui j’en ai parlé, notre extrême vulnérabilité rend presque impossible toute négociation. 

Quand c’est une question de vie ou de mort (par exemple une insuffisance cardiaque devant être monitorée), bien sûr, cela ne se discute pas. On se persuade de cette nécessité et cela contribue à apaiser notre chagrin, à la suite de ces premières minutes volées. 

Mais quand la justification est médicalement discutable, c’est là que les regrets amers s’installent, quelques jours après la naissance et parfois même des années durant. À cause d’une pesée et un bain trop hâtifs, à cause d’une mise sous couveuse non nécessaire, une maman peut garder cette séparation douloureuse longtemps dans son cœur, de même que le regret de n’avoir pas questionné, ni assez insisté. 

Pourquoi une importance si grande, accordée par les mamans à ces premières minutes? Parce que la maman le sait, instinctivement, que ce sont des minutes cruciales pour réconforter son bébé, encore sous le choc de sa brutale sortie. Des minutes importantes, aussi, pour lui donner ses premières tétées. 

Le contact peau à peau

Une récente étude, publiée dans le Biological Psychiatry, confirme combien ce contact maternel précoce est important. Elle rappelle que la séparation devrait être évitée autant que possible – une habitude propre aux sociétés occidentales – en raison du stress que cela cause au nourrisson. 

Les chercheurs ont notamment comparé les rythmes cardiaques et la qualité du sommeil de nouveau-nés âgés de 2 jours à peine, selon qu’ils étaient en contact peau à peau avec leur mère ou à côté d’elle dans une bassinette. 

Résultat : l’activité cardiaque était 176 % plus élevée et le sommeil 86 % moins paisible en cas de séparation d’avec la mère, en comparaison à un contact peau à peau. Les résultats sont d’autant moins surprenants qu’en recherche animale, commente l’auteur de l’étude, on utilise couramment la séparation maternelle pour créer du stress chez le nouveau-né, et ainsi mieux analyser les dommages sur son cerveau! 

Le contact peau à peau aurait donc d’indéniables avantages, conclut l’étude, ce qui ouvre maintenant la voie à d’autres recherches pour comprendre cette fois-ci pourquoi

Je sais aussi que lorsqu’une mère doit subir un traitement médical et qu’elle est privée de ces premières minutes magiques, elle peut en souffrir beaucoup par la suite. L’histoire de cette maman le prouve bien.

Certaines d’entre vous ont-elles vécu cette situation et pourraient-elles en témoigner?

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (45)

  1. Cindy 16 janvier 2012 à 14 h 29 min
    J'ai vécu une séparation de la sorte à la naissance de ma fille, j'ai dû avoir une césarienne de dernière minute sans être en urgence, la petite se portait bien. Lorsque les médecins l'on sortie de mon ventre et qu'il me l'ont présentée, j'était attachée à la table d'opération, je n'ai donc pas pu la toucher, et me tourner était impossible, je ne l'ai à peine aperçu d'un oeil! Je pleurais aux médecin que je voulais la voir, que je ne l'avait pas vu! J'en pleurait tellement! Ils me répètaient, calmez-vous madame! Pour finalement m'endormir avec je ne sais trop quoi pour que je me calmes... Je n'ai vu et toucher ma fille qu'à 3 hrs du matin! J'ai accouché à 8h52 le soir. Ils avaient peur de me réveiller, puisque j'était épuisé, donc je n'ai pas pu l'allaiter tout de suite... J'ai su quelques jours plus tard que ma famille avait eu l'occasion de la toucher avant moi, cette douleur je la ressent encore aujourd'hui. Qu'on ne vienne pas me dire que j'ai eu tort de vivre cet émotion! De plus, j'ai eu beaucoup de difficulté à faire garder ma fille pour sa rentrée à la garderie, encore plus de m'en séparer ne serait-ce qu'une journée pour avoir un peu de repos! Cet séparation à l'accouchement, n'a pas dû aider à mon angoisse de séparation aujourd'hui! Heureusement, ma fille, elle, n'a aucune difficulté à être seule avec d'autres personnes.
  2. Anne-Christine 16 janvier 2012 à 17 h 26 min
    Moi j'ai été chanceuse, dès que ma fille est née ils nous l'ont laissé pour le peau à peau et la première têtée. C'est ce que prône l'hôpital où j'ai accouché (Pierre-Boucher, à Longueuil) et j'en suis bien contente! C'était un moment magique.
  3. Maude 16 janvier 2012 à 17 h 49 min
    Dans mon cas, ma poulette se portait très bien... c'est moi qui n'allait plus. Après près de 4h30 de poussées et sans avoir mangé depuis près de 24 heures, je n'avais même pas la force d'ouvrir les yeux... Dès que j'ai pu la prendre, j'ai fait de grosses chutes de pression à cause de mon hémorragie. Le lendemain, le médecin est venu me dire que je ne pouvais l'avoir avec moi, dans ma chambre, que si quelqu'un d'autre s'y trouvait car j'étais trop faible, que j'allais avoir besoin de transfusions... Même pendant sa première semaine de vie, je ne m'en suis pas beaucoup occupée car j'étais tout simplement trop faible! Une chance qu'elle a un papa formidable et une super grand-maman cette cocotte!!
  4. Geneviève 16 janvier 2012 à 18 h 06 min
    La séparation à la naissance... 2 fois plutôt qu'une de trop!
    À ma première fille, elle a eu une détresse respiratoire après 2 minutes de vie. La naissance a été épuisante pour elle, après 2 heures de poussée, la césarienne d'urgence s'en venait dû au ralentissement cardiaque du bébé et perte de conscience spontannée pour moi. Elle a dû être prise en charge par les inhalothérapeutes et j'ai pu la prendre après 3 heures de vie. Pour moi, c'était la fin du monde à ce moment, car en plus, elle n'a bu au sein que 24 heures après sa naissance, 24 heures où elle a dormi environ 22h. J'ai toujours été amère de n'avoir pu la prendre plus tôt, mais mon conjoint était auprès d'elle pendant tout ce temps et je n'y pouvais rien puisqu'elle avait besoin de soin.
    En mars dernier, après seulement 3 heures de contractions et 10 minutes de poussée, j'ai donné naissance à ma deuxième fille qui m'a été déposée dans la bras quelques secondes à peine avant de m'être enlevée pour être observée par l'inhalothérapeute à cause du méconium dans le liquide amiotique. Je la voyais, elle était là, tout près, toute rose, puis comme ma première, elle est devenue blanche à vu d'oeil en quelques secondes alors que moi, je partais en hémoragie... Code bleu, fichu code bleu... j'ai entendu ce code et 12 personnes, voir plus, sont entrées en courant, 4 pour ma fille, les autres sur moi: l'une tassant mon chum dans le coridor pour lui expliquer et le rassurer, un autre qui me fait une intraveineuse d'urgence dans un bras puis dans l'autre, mon bébé qui part, tout se bouscule. La doc,très maternelle, me rassure, me confirme que ma fille respire maintenant bien, mais qu'elle fait une pneumonie méconiale de naissance. Nous sommes à trois heures de route de Montréal et la doc m'annonce que ma fille partira dans la nuit(J'ai accouché à 19:16) en ambulance avec une équipe qui descendra de Ste-justine pour venir la prendre. Mon chum était convaincu que ce serait la crise de nerf, car je ne pouvais pas la suivre immédiatement. 2h00 du matin, les yeux dans l'eau, je la vois partir et ce n'est que 12 heures plus tard que je pouvais la revoir au royal-victoria, mais je n'ai pu la prendre que 36 heures après sa naissance, avec tout ses fils branchés de partout, certains en intraveineuse, d'autres en électrode. Je vous garantie que 9 jours plus tard, quand tout ces fils ont fini par disparaitre(pendant seulement 9 heures) j'ai pleuré et je l'ai collée, mais je garderai toujours ce sentiment de manque dont vous parlez dans votre article!
  5. Annick 16 janvier 2012 à 18 h 39 min
    J'ai eu une césarienne qui n'était pas d'urgence. Je ne me souviens plus si pour mon premier garçon, j'ai pu le prendre un peu mais ce dont je me souviens, c'est qu'il a fallu une éternité après que je sois de retour de la salle de réveil pour qu'on me le ramène dans ma chambre. Je n'ai jamais compris pourquoi, alors qu'il n'avait aucun problème de santé, il a fallu que j'attende au moins 2 heures pour l'avoir. J'envoyais mon chum à la pouponnière qui revenait bredouille. Je regrette aujourd'hui de ne pas avoir exigé qu'il me soit amené rapidement.

  6. Marie-Claude 16 janvier 2012 à 19 h 04 min
    J'ai accouché à Ste. Mary dans l'ouest de Montréal. Une hôpital amie des bébés, à ma première césarienne, j'ai pu prendre bébé en salle de réveille! Soit 15 minutes après sa naissance. À ma deuxième césarienne, j'ai prendre mon bébé tout de suite après qu'elle est été sortit!! Vraiment j'ai "adoré" mes expériences d'accouchement par césarienne à cette Hôpital!
  7. Chantal 16 janvier 2012 à 19 h 20 min
    J'ai accouché par césarienne d'urgence de ma fille à midi-onze un beau samedi de mai 2010 à l'HMR. J'ai à peine pu la voir 30 secondes (plutôt sa tuque qu'elle-même en réalité) avant qu'elle ne quitte pour la pouponnière. Mon conjoint l'a suivi. Je me suis retrouvé en salle de réveil sans ma fille pendant 4 heures. C'était terrifiant.

    Je me souviens que je dormais mais que je me réveillais en sursaut régulièrement en cherchant ma fille. Les infirmières ont bien appelé leur collègue de la pouponière au moins 4 fois pour me rassurer. Puis elles m'ont dit que quand je ne serais plus étourdit j'allais pouvoir monter... très malhabille de leur part. 2 minutes plus tard je n'avais plus d'étourdissements. Du moins, dans la version officielle !!

    J'avais bien dit à mon conjoint, avant l'accouchement, que si il devait y avoir une césarienne personne ne devait avoir le droit de toucher a ma fille a part lui. Étrange présentiment. C'est lui qui a fait le peau-à-peau avec elle pendant près d'une heure. Et ma belle-mère était arrivée à la chambre avant moi... j'étais contente de ma prémonition.

    Ce moment me manque cruellement et je sais qu'il en est de même pour ma fille. Je suis toutefois heureuse que son père en ait profité.

    A ma naissance qui a été prémarturée et de toute urgence, ma mère n'a pas pu me prendre avant de longues semaines et j'ai toujours été persuadée que ça avait brisé le lien possible entre nous. (Lien qui s'est reconstruit avec la naissance de ma fille.)

    Je ne savais pas qu'après une césarienne on pouvait prendre le bébé en salle de réveil. C'est très bien noté pour la prochaine césarienne prévue en août prochain.
  8. Marie Charbonniaud 16 janvier 2012 à 19 h 31 min
    @ toutes les mamans: Merci mille fois pour vos témoignages qui me touchent beaucoup! Ils confirment que le lien mère-enfant doit être respecté au maximum.. et confirment aussi que le personnel médical sous-estime nos besoins à ce niveau. S'ils étaient dans notre tête, ils mettraient tout en oeuvre pour nous coller à notre bébé! Bravo aux rares équipes qui le font, car je sais qu'il y en a.
  9. Chantal 16 janvier 2012 à 19 h 35 min
    J'ajoute que j'ai vécu un moment de rattrapage 1 ou 2 jours après la naissance de ma fille. Elle était sur moi, dans le lit d'hopital très tôt un matin. Tout à coup je l'ai regardé et je me suis mise à pleurer d'émotion, comme si je réalisais a ce moment là qu'elle était bien là, qu'elle existait. Ca a bien du durer 10 minutes... Moment magique à retardement.
  10. Josée 16 janvier 2012 à 19 h 36 min
    J'ai accouché suite à un "stripping du col" trop hâtif... j'étais à 38 semaines, dilatée à 3 cm déjà... je n'en pouvais plus d'attendre... mon médecin m'a proposé cette procédure... j'ai accepté... Résultat: mes eaux ont crevées directement dans le bureau du médecin, ce qui est, paraîtrait-il, assez inhabituel. D'habitude le stripping du col fait en sorte que le travail se déclenche dans les 48h environ. On s'est donc rendu directement à l'hôpital mon chum et moi!

    Vu que mes eaux étaient crevées et que je n'avais aucune contraction, ils ont dû les provoquer... l'enfer! Je me suis mise à faire de la fièvre, le coeur de ma petite chouette s'est mis à battre un peu trop vite. Ils ont dû la sortir avec les forceps pour ne pas qu'elle s'épuise trop longtemps pendant la poussée... Elle est sortie, j'ai vomi, je n'ai pas pu ni la voir, ni la prendre... Après quelques minutes, le temps que je me remette, ils me l'ont donnée. J'étais émue, oui, mais tellement épuisée. Après quelques autres minutes, j'ai dû dire à mon chum de prendre notre fille parce que je sentais que j'allais perdre connaissance. J'ai fait quelques chutes de pression les heures suivant mon accouchement, j'étais complètement amorphe, je ne pouvais pas la prendre, ni l'allaiter, ils ont dû lui donner du lait en préparation pour son premier boire. Ma pauvre petite était épuisée elle aussi!

    Ma fille a 9 mois aujourd'hui et c'est l'amour fou entre nous deux, mais les 2-3 semaines suivant mon accouchement ont été très difficiles émotionnellement pour moi et quand j'y pense aujourd'hui, j'ai encore de travers dans la gorge le fait que j'aie été trop pressée d'accoucher et je me dis que si j'avais attendu que le travail se déclenche de lui-même, les choses se seraient mieux passées, à leur rythme et j'aurais pu profiter à fond de ma fille pendant ses premières minutes de vie! Ça me manque encore aujourd'hui...
  11. Vanessa 16 janvier 2012 à 19 h 39 min
    Moi j'ai eu une césarienne d'urgence et quand ils l'ont sorti, ils sont tout de suite aller la laver et lui enlever ses sécretions car elle en avait vraiment beaucoup, dû au fait que j'avais perdu mes eaux sans savoir quand. Et en plus, elle avait 2 tours de cordon, qui étaient mêlés entre eux... Ca donc pris (une éternité) un bon 10-15 minutes avant qu'ils viennent me la montrer sur le coin de l'oeil avant d'être obligé de la monter dans un incubateur pour la mettre sous les lampes (car sa température était trop basse). En plus du temps à attendre en salle de réveil avant de pouvoir monter dans notre chambre, ce fut une heure la plus longue de ma vie! J'ai été presque 24h à ne pas pouvoir l'avoir avec moi quand je voulais car elle était encore "sous surveillance". J'ai trouvé ca horrible... en plus que mon conjoint n'a pas pu entré dans la salle d'opération, la petite a été laissé seule... =(
  12. vanessa 16 janvier 2012 à 19 h 44 min
    @Josée : Même si le travail s'était fait par lui-même, ca ne veut pas dire que ca se serait passé autrement. Je ne crois pas que ce soit le fait du stripping et de l'accouchement légèrement prématuré qui a fait que tu fasses de la fièvre et tout... Ne t'en veux pas pour ca, on y est pour rien... C'est hors de notre contrôle ce qui se passe lors d'un accouchement!
  13. Naathalie 16 janvier 2012 à 19 h 48 min
    Je comprend ce que vous dites mais pour être das le dinais médical, lorsque ces une césarienne, il est pénal et même prudent De ne pas vous le faire Prendre..
    C'est surtout pour votre bien car ce n'est paas banale. Aujourd'hui c une des plus grosse opération. Je sais qque cest pas Plaisant car je lai vécu mais c'est neccessaaire.
    Xxxxxx
  14. Jessica 16 janvier 2012 à 19 h 55 min
    Enceinte de mon premier... je suis émue aux larmes....
  15. Annie 16 janvier 2012 à 19 h 57 min
    À l'accouchement de mes jumelles, j'ai subi une césarienne d'urgence sous anasthésie générale à cause d'un syndrôme HELPP. Mon chum, de l'autre côté de la porte pleurait de rage de ne pouvoir assister à la naissance de nos filles. Ni moi, ni lui n'avons été témoin de leurs premières minutes de vie. J'ai vu mes filles en photo après mon réveil aux soins intensifs. Je ne les ai vues que 24 après et allaitées à 72h de vie. La douleur est encore vive quand je me rappelle ma mère me disant, entre deux doses de morphine: "Ce qu'elles sont belles tes filles!" Quand moi-même je ne les avais pas encore vues...

    Aujourd'hui, mes filles sont en santé et moi aussi. "C'est tout ce qui compte", me répète tout le monde... Mais ma blessure est toujours là. Quoi leur répondre aussi, lorsque du haut de leurs 6 ans, elles veulent savoir si elles ont crié, ouvert les yeux ou gigoté en sortant de mon ventre... seul Dieu le sait. Tout ce que j'ai comme notes étant leur APGAR et la réponse maladroite de mon médecin de famille qui me dit ne pas voir d'autres observations à ce sujet dans mon dossier d'accouchement.

    L'histoire se poursuit avec moins d'horreur à mon 2e accouchement pour mon garçon. Ne voulant pas être prise dans toute la bureaucratie et obligations médicales, j'ai tenté un AVAC avec une sage-femme à l'hôpital (ne pouvant pas accoucher en maison de naissance à cause de ma 1ere césarienne). Après 3h de poussée, avec tout le kit entièrement naturel!, la SF a dû me transférer au gynéco de service pour manque de progression. Alors branle-bas de combat, mon cas d'AVAC par-dessus le marché et ayant réveillé le gynéco à 3h du matin, on m'a imposé une autre césarienne. Cette fois, j'ai hurlé mon exigence d'avoir ma SF et mon chum à mes côtés en TOUT TEMPS. Je ne voulais pas rater les premières minutes de vie de mon garçon, qui m'a été placé tout emmailloté à côté de ma tête malgré mes bras attachés. Il a hurlé comme un petit loup et avait les yeux grands ouverts. J'en ai pleuré de l'entendre ainsi! C'est mon chum qui a fait le peau à peau, et ma SF qui a noté toutes les observations des premières minutes de vie de notre fils.

    Je suis maintenant enceinte de mon 4e enfant. Je l'attends avec impatience pour le début avril. Je n'ai pas le droit d'avoir un suivi sage-femme à cause de mes 2 césariennes. Mon médecin de famille est ouverte à tenter un autre AVAC. Serai-je obligée de me battre pour que les premières minutes de vie de ma petite fille nous soient confiées à nous, les parents? La seule bataille que j'ai envie de livrer est celle d'accoucher le plus naturellement possible, comme toutes les femmes de ce monde l'ont fait depuis la nuit des temps. Suis-je exigente? Non.

    Je suis tout simplement une femme et une mère qui a conçu, voulu, et porté ses enfants avec tout l'amour du monde. Ce n'est pas un droit mais simplement le cours normal de la vie d'être la première personne à pouvoir toucher son enfant avant même qu'il respire pour la première fois...
  16. Caroline 16 janvier 2012 à 19 h 59 min
    J'ai accouché par césarienne après un parcours du combattant :) Je n'étais tellement pas préparé que je n'ai pas compris que le bébé que je voyais passer était le mien!!! Non mais ca va drôlement vite pour faire une césarienne. Ensuite on a posé ma fille sur ma poitrine environ 1 minute mais je n'étais pas confortable et j'avais peur qu'elle tombe, en plus je ne la voyais presque pas, j'ai demandé qu'on la reprenne.

    Mais si j'avais su que je passerais 4 heures en salle de réveil sans elle, j'aurais essayé d'en profiter bien plus. Heureusement papa était là pour elle...

    Je comprend le principe de la salle de réveil mais il me semble qu'on ne devrait pas nous séparer dans un tel moment. Je trouve qu'on nous a privé d'un très beau moment à vivre en famille et c'est regrettable.

    Dans mon scénario à moi je devais accoucher en maison de naissance et tout devait aller comme sur des roulettes...J'avais pas de plan B. On peut dire que j'étais mal préparé à vivre mon accouchement :)

    On a finalement passé 6 jours à l'hôpital car j'ai eu des problèmes de santé, j'ai pleuré comme une madeleine pour partir à chaque jour. Mais 10.5 mois plus tard, je ne pense plus à la douleur, ni au fait que rien ne s'est passé comme prévu, mais je reste avec une impression d'un rendez-vous raté car on m'a rien expliqué. Quand j'ai demandé qu'on reprenne ma fille, je croyais que j'allais la retrouver quelques minutes plus tard et non quelques heures plus tard. En salle de réveil je ne me souvenais même pas de ce qu'elle avait l'air et pendant 4 heures je ne savais pas où elle se trouvait et comment elle allait... Triste.
  17. Mélissa 16 janvier 2012 à 20 h 08 min
    Dans mon cas, j'ai eu des contractions intenses durant 3 jours, mais qui ne fesait pas le travail. Ils m'ont finalement provoqué et j,ai commencé à faire de la fièvre et le coeur de ma petite augmentait. Ils m'ont laissé faire 2-3 poussé et elle ne passait pas dans le bassin et tout ça c'est finalement terminé en césarienne d'urgence. Avec tous les médicaments je n'étais plus trop consciente de ce qui se passait. Je me rappel vaguement qu'on est venu me la montrer, mais je voulais seulement dormir et je l'ai à peine regardé. Elle ne reprenait pas bien ses couleurs et l'ont mis à la pouponnière pour l'observer. quelques heures plus tard, je me sentais mieux, mais comme je ne pouvais me lever et que ma fille était toujours à la pouponnière, je n'ai pas la prendre que 15h plus tard. Quand je l'ai pris, je n'avais pas la sensation de prendre ma fille, mais seulement un bébé. Ça m'a pris un bon 2 semaines avant de pouvoir me dire que c'est ma fille et ça grace à l'allaitement. Heureusement, durant les premières heures son papa était près d'elle et lui a donné mon lait que j'avais sous-tiré. Mais pauvre lui il ne savait plus avec qui rester.

    Mais j'aurai toujours ce manque de la tenir dans mes bras les premières minutes de sa vie.
  18. Marie Charbonniaud 16 janvier 2012 à 20 h 32 min
    @ toutes: vos commentaires sont magnifiques. Quelles forces, ces mamans!

    @ Annie: magnifique projet que vous poursuivez, d'accoucher le plus naturellement possible après deux césariennes. Je vous comprends aussi que lorsque vous entendez "la santé, c'est tout ce qui compte", vous soyez à des années lumière de ces perceptions.
    C'est comme dire à quelqu'un qui souffre d'une séparation "Tu sais, il y en a d'autres qui vont mourir du cancer, alors relativise". Ces mots, bien courants, ne servent à rien. Oui, il y a des mamans qui ne peuvent pas avoir d'enfants, il y en a d'autres qui ont des enfants handicapés et tous ces vécus sont terribles. Mais cela ne minimise pas d'autres souffrances, aussi futiles peuvent-elles sembler d,un premier abord.
    On est ici dans le domaine des émotions et tout cela est bien trop personnel. Quand on vit sa souffrance, on est seul à la vivre. Personne n'est obligé de "relativiser" de relativiser en pensant à la santé nationale, la misère du monde, etc.
  19. Isabelle, Montréal 16 janvier 2012 à 20 h 57 min
    Oui, c'est triste et difficile... Même que j'ai l'impression ne pas avoir vécu ce qu'est un accouchement et c'est un deuil qui n'est pas encore tout à fait fait, 4 ans plus tard... Après 43 heures de travail où ça ne dilatait pas, il a fallu faire une césarienne d'urgence pour cause de détresse fœtale. Une césarienne sous anesthésie générale... Je n'ai pas vu mon fils naître... Quand on me l'a apporté quelques heures plus tard, j'étais trop dans les vapes pour le prendre et l'allaiter, je m'en souviens à peine... J'ai fait sa connaissance le lendemain... Au moins, j'étais certaine qu'on ne m'apportait pas le mauvais bébé, il ressemblait à son père comme 2 gouttes d'eau !
  20. Audrey 16 janvier 2012 à 21 h 35 min
    J'ai un petit garçon de 6 mois, et je fais partie de celles qui n'ont pas eu la chance de tenir leur enfant à sa naissance. J'ai eu une grossesse en or et l'accouchement c'est très bien déroulé. Seul bémol ? Lorsqu'il est venu le temps de percer la poche des eaux, il n'y avait pratiquement plus de liquide...c'est alors que l'infirmière nous explique que notre bébé aura probablement beaucoup de secrétions et qu'ils devront utiliser l'aspirateur avec le très long tuyaux. Jusque là, tout demeure gérable, mais finalement à son arrivée 3 et même 4 aspirations ne suffisent pas...C'est alors qu'après n'avoir vue que le dos de mon bébé qu'il m'a été enlevé pour être conduit aux soins intensifs. J'ai ensuite été laissé a moi même complètement traumatisée pendant les 2 hrs les plus longues de ma vie. (papa avait dû suivre et rester avec bébé). Bien qu'on m'ait informé de son état, rien ne pouvait combler l'immense abîme qui venait de se creuser en moi. Quand j'ai pu aller le voir, ce fut un autre choc, celui d'un petit être sous incubateur branché de tous les côtés! Puisqu'il était sous oxygène ce n'est qu'au bout de 4 jours que j'ai pu le prendre et le serrer contre moi. Bien entendu rien n'était plus pareil, mais quel soulagement j'ai eu! Quel enfer ça été pour mon conjoint et moi, heureusement aujourd'hui tout va bien, mais il est évident que mon coeur de jeune mère en reste avec une cicatrice. Déjà, je ne peux m'empêcher de penser à la naissance de nôtre prochain enfant, les premiers instant avec lui ou elle seront aussi précieux que tout l'or du monde pour moi!
  21. Pascale 16 janvier 2012 à 23 h 20 min
    Le petit coeur de #3 ralentissait juste avant sa naissance. On lui a administré de l'oxygène à la naissance pendant qu'elle était sur moi. Avec le stress et l'inquiétude, je n'ai pas profité des premiers moments comme pour ses frères. Mais sans m'y attendre, j'ai en quelque sorte recréé ce moment une semaine plus tard en prenant mon bain avec mon bébé encore tout mou. J'ai pu faire la paix :)
  22. mélyssa 17 janvier 2012 à 00 h 02 min
    Mon garcon est né a 33 semaines. je l'ai eu sur moi le temps qde lui regarder à peine le visage, et ensuite il était en détresse respiratoire. Nous l'avons regardé pendant 5 jours à travers l'incubateur, tellement impuissants. Il allait bien mais devait rester oxygéné. ce fut les 5 jours les plus longs de ma vie. se retrouver seule dans sa chambre apres son accouchement, je ne l'ai pas digéré encore....
  23. Gabrielle 17 janvier 2012 à 01 h 07 min
    Mon premier est né par césarienne de dernière minute, après 2h de poussée dans une tentative d'accouchement naturel en siège. On me l'a montré une seconde - je me rappelle parfaitement d'avoir vu ses grands yeux, mais rien d'autre. Je ne l'ai revu que plusieurs heures plus tard. Je l'ai allaité, semble-t-il, mais je n'en garde aucun souvenir, puisque j'étais complètement dans les vapes. J'ai longtemps souffert de cette séparation - encore aujourd'hui, j'en parle avec des trémolos dans la voix, et il a deux ans et demie.
    À mon deuxième, j'ai eu un suivi en maison de naissance et je voulais tenter un AVAC, mais à 41 semaines et 6 jours, je n'avais toujours pas de contractions, alors on m'a fait une césarienne élective (quoi que le mot élective implique un choix, et je n'en ai pas vraiment eu, à mon avis!!!). J'ai décidé d'accoucher dans un autre hôpital, ami des bébés, et on m'a tout de suite mis mon bébé sur la poitrine dès qu'il est né. L'infirmière a même fermé les yeux quand j'ai sorti mon bras droit de son attache pour pouvoir le tenir. Pendant qu'ils me recousaient, je l'ai allaité! Il avait moins de 5 minutes de vie! Ça m'a fait beaucoup de bien, de vivre cette naissance un peu moins ''raide'' que la première.
  24. Geneviève 17 janvier 2012 à 01 h 50 min
    Mon fils est né à 26 semaines et je n'ai pu le tenir dans mes bras que 7 semaines après l'accouchement et seulement pour quelques minutes puisqu'il est rapidement tombé en détresse respiratoire. Cinq ans plus tard, je ressens encore toute l'angoisse qui m'a habité pendant ces longues semaines. Je demandais constamment quelles seront les conséquences de cette séparation forcée sur son développement, sa personnalité, notre relation, sa santé, etc. Est-ce qu'il a besoin de moi? Est-ce qu'il sait/sent que je suis sa mère? Est-ce que ce petit être que je n'ai jamais senti contre moi est mon enfant? J'ai tout fait pour compenser ce manque: tirer mon lait pendant 3 mois pour le nourrir puis l'allaiter, participer le plus activement possible à tous ces soins, être présente à "son chevet" le plus longtemps et le plus fréquemment possible, etc. Aujourd'hui, j'ai un petit garçon magnifique, qui ne manque certainement pas de confiance en lui et avec qui j'ai une relation merveilleuse. Les premières minutes de vie d'un enfant sont primordiales et elles aident certainement à baisser le niveau de stress du bébé et de la maman en plus d'aider au développement d'un attachement sécure qui suivra l'enfant tout au long de sa vie mais, quand l'on a pas le choix, il est difficile de vivre l'angoisse des conséquences de cette privation en plus de la terreur de voir son enfant malade. Il faut assurément aider les parents à diminuer l'inquiétude qu'ils éprouvent face à cette situation et à se déculpabiliser par la même occasion.
  25. Encore une maman 17 janvier 2012 à 02 h 42 min
    Nous venons tout juste de fêter le premier anniversaire de Pitchounette. Sa naissance fut "rock n' roll" (comme le disent les médecins) et malgré les différentes tentatives de la docteur à la maternité, j'ai dû accoucher par césarienne d'urgence. N'ayant pas eu le temps de recevoir une épidurale, j'ai eu une anesthésie générale. Un an après, je n'ai absolument aucun souvenir de la première fois que j'ai tenu Pitchounette dans mes bras. Mon chum me raconte cet instant magique avec plein d'étincelles dans ses yeux, mais je ne me rappelle de rien. Je suis consciente que la naissance de ma petite fille n'a pas été difficile par rapport à d'autres parents. J'ai mis au monde un bébé en santé, et c'est ce qui compte le plus. Néanmoins, j'ai parfois l'impression d'avoir manqué une étape cruciale dans la vie de ma petite fille. Personne n'y peut rien : le corps médical a été plus que parfait. Je suis de ceux qui voient les choses du bon angle : Pitchounette et son papa ont pu vivre un merveilleux moments en contact peau-à-peau. Pour bébé #2 (si la nature nous fait ce cadeau), j'espère pouvoir me "rattraper" et surtout j'essaierai de prévoir un appareil photo pour immortaliser ce moment !
  26. Marie Charbonniaud 17 janvier 2012 à 03 h 17 min
    @ toutes les mamans: MERCI !!

    Tout cela m'indique qu'il y a là dessous un vrai sujet, un vrai débat qui nous anime: les premières minutes avec notre enfant. Et plus largement, l'intimité et le controle des conditions de sa naissance. Vraiment émouvant de vous lire.

    J'en profite pour passer un APPEL A TOUTES: accepteriez vous, celles qui le désirent, me communiquer vos courriels afin que je puisse evtnuellement vous joindre, en vue d'un article? Mon courriel: mariecharbonniaud@videotron.ca

    Encore merci.
  27. Martine 17 janvier 2012 à 04 h 16 min
    Je lis vos témoignages et j'en ai les larmes aux yeux. La vie m'a fait cadeau de 2 merveilleux enfants mais surtout de 2 beaux accouchement alors je me compte chanceuse et ne suis convaincue que vous avez des liens d'attachement très fort avec vos enfants vue ce que vous avez vécus :)
  28. Julien - Père-de-famille.fr 17 janvier 2012 à 10 h 35 min
    Notre petit bonhomme est arrivé avec 5 semaines d'avance et ses premiers jours ont été particulièrement mouvementés. Ces moments séparés ont été extrêmement difficiles à gérer car beaucoup de nouveaux sentiments venaient se bousculer... Le peau à peau avec maman a été très court suite à sa naissance et nous en parlons encore beaucoup comme un moment paradoxal de joie immense (il est né!) et de frustration (il n'est pas là).
  29. Julie 17 janvier 2012 à 14 h 35 min
    Hier, j'ai vu un documentaire, diffusé à Télé-Québec, sur les nouveau-nés qui se retrouvent aux soins intensifs en néonatalogie à l'Hôpital de Montréal pour enfants. On y voit justement une mère qui après des semaines peut enfin prendre son enfant dans ses bras. Un reportage très intéressant surtout grâce à l'infirmière d'expérience que l'on suit à travers son quotidien à l'hôpital. Pour les dates de rediffusion : http://www.telequebec.tv/emissions/soinsintensifs/episode.aspx?idCaseHoraire=102735731
  30. Rachel 17 janvier 2012 à 15 h 01 min
    Je suis tellement chanceuse - j'avais toujours des sentiments très fort à propos de ce sujet, mais j'ai eu deux accouchements à la Maison de Naissance (de l'Ouataouais) - ou j'avais la chance d'accoucher naturellement, et de serrer mes deux filles precieuses dans mes bras immédiatement. Les deux ont commencé à téter un ou deux minutes après leurs naissances. Les sage-femmes, voyant clairement que moi et mes filles allaient bien chaque fois, nous (mon mari et moi) ont laissé seuls afin de profiter de ces premiers moments magiques. Quand elles sont revenus dans notre chambre un petit peu plus tard, pour péser le bébé etc, elles ont été bienvenues, on parlait et riait ensemble, car on a vécu chaque grossesse ensemble avec eux.

    Je ne peux pas dire à quel point mes sages-femmes ont rendu mes expériences positifs - j'espère que le Québec continue d'établir les maisons de naissance.

    (Veuillez excuser mon français si il y a des erreur - je ne suis pas franco!)

    Rachel :)
  31. Julie 17 janvier 2012 à 15 h 25 min
    A mon premier, j'ai eu une césarienne d'urgence après 41h de travail, dont 38 sans péridural, mais souffrant (bébé postérieur). Mon col n'a jamais bouger a plus de 1+ de toute ce temps. Tout allait bien pour bébé avant la péridurale, ensuite, tout est aller mal. Il a été en détresse foetal, son petit coeur ne remontait plus. J'étais a 42 SA, il y avait du méconium lorsque ma médecin a rompu les membranes(étrangement, selon mon dossier opératoire, liquide claire...), trop de travail encore à faire pour son petit coeur.

    J'ai pleurer quand on nous a acconcer la césarienne et j'ai demander a mon conjoint de choisir le bébé s'il le fallait et de ne pas lui en vouloir. Pauvre lui...

    Dans la salle opératoire, l'anestésiste m'a attacher les bras, mais rudement et à accrocher mon catétaire, ce qui m'a fait mal, en plus, trop serrer. Une gentille infirmière me là desserer en attendant l'arriver de mon conjoint.
    Je me souviens que j'avais froid et peur. On me préparait déjà alors que mon conjoint n'était pas là.

    Puis, on m'a mis un tube dans le nez avec le l'air, je n'étais pas préparer a ça et j'ai mal respirer, je me suis étouffer. Je ne pouvais plus arrêter de tousser, j'avais envie de vomir. On m'a dit que j'allais pas vomir, mais ce n'était pas ce que moi je ressentais. J'ai réussi a m'empêcher de tousser le temps de sortir bébé. Puis j'ai paniquer, je ne voulais pas vomir. L'anestésite m'a donner un calmant et j'ai perdu connaissance.
    Je ne me souviens pas si j'ai entendu mon bébé pleurer et la seule image qui me reste, c'est son petit bras mauve sur la table a coté.

    Plus tard, je me suis réveiller dans ma chambre (pas de salle de réveil a Lasalle), papa était en peau a peau avec bébé, notre accompagnante l'avait installer (lui avait aussi montrer a changer une couche), je ne sais pas combien de temps j'ai dormi.
    Je me souviens m'être taper dans le visage pour me réveiller, je voulais mettre mon bébé au sein tout de suite. Mon conjoint m'a dit plus tard qu'une infirmière m'a demander de me calmer où j'aurais un autre calmant. J'en est pas souvenir. Ensuite, j'ai fait 3 appel téléphonique pour annoncer la nouvelle et j'ai essayer de le mettre au sein, mais ça ne fonctionnait pas. Finalement, c'est mon accompagnante qui là mis a mon sein pendant que dormait a nouveau.

    Par la suite, j'ai dormi. Je me souviens qu'une infirmière m'a mis bébé tout envelepper sur moi durant la nuit parce qu'il était froid. Mais ça a prit du temps avant de comprendre ue je ne pouvais pas le réchauffer parce que j'avais bien trop froid moi aussi. Aucun peau a peau. Je n'y est même pas penser, bébé passait son temps dans le petit lit a coté et y dormait. Je le prennais pour changer sa couche et l'habiller. J'étais heureuse d'avoir mon bébé, il était tout pour moi. Mais j'étais comme déconnecter.
    Une fois a la maison, ça c'est replacer. Quelques semaines plus tard, j'ai penser a essayer de faire du peau a peau après avoir relu mon plan de naissance. Mais j'étais maladroite et mal placer. j'ai laisser tomber.
    Je me suis mis a vivre pour mon bébé. Même le quiter 1h était vraiment difficile pour moi.
    C'était un bébé intense, insécure. Le portage m'a sauver. J'ai pu le déposer pour la première fois plus de 5 minutes sans crise a 7 mois.
    Il a commencer la garderie a 9 mois, ça été tellement difficile pour moi. J'en pleurais d'angoisse. La séparation a été difficile. D'autant plus qu'il a pleurer tous les matins de 9 mois a 2 ans.

    L'allaitement aussi a été très difficile parce que je n'avais pas de soutient et ne savais pas où aller en cherche. J'étais dépasser. Je l'ignorais a l'époque, mais j'avais un fort réflexe d'éjection et une production monstre! Ça rendait l'allaitement au sein très difficile, bébé se décrochait tout le temps, s'étouffait et vomissait. Après 3 mois a ma battre jour et nuit, j'ai décider de tirer mon lait et de lui donner au biberon, ce que j'ai fais jusqu'à 9 mois où j'ai manquer de lait (depuis ses 6 mois, il avait aussi du lait commercial). Ça été un autre deuil difficile à faire : deuil de la grossesse parfaite (je l'ai passer angoissée, donc je la concidérait comme raté), deuil de l'accouchement (raté puisque césarienne) et deuil de l'allaitement.

    Mon 2e, pour moi il était hors de question d'avoir une autre césarienne. J'étais prête a me battre comme tout le système pour les empêcher de m'interdire l'AVAC. J'ai eu une place avec une sage-femme et j'ai choisis d'accoucher chez moi.
    Ma grossesse à été calme et belle. Par contre, mon suivit sage-femme a été cahotique jusqu'à ce que mes 2 sage-femmes quittent et soit remplacer par 2 autres.
    Le travail a commencer de façon très différente de mon premier. Mon premier, les contractions sont arriver doucement, dans le dos et se sont ensuite accentuer. Cette fois, c'était dans mon ventre avec une sensation désagréable de douleur menstruel. J'ai détester ça. En plus, je n'arrivais pas a les calculer. Je suis aller prendre un bain et c'est vite devenu insuportable, j'étais aux 3 minutes. Je me souviens m'être dit que ce n'est pas comme ça que ça devait se passer. A un moment, j'ai accepter que mes membranes soient rompu, il y avait beaucoup de méconium, donc j'ai été transférer par prévention a l'hôpital.
    Une fois a l'hôpital (arriver 15 minutes avant la naissance), j'ai dillatée de 5 à 10 cm en moins de 5 minutes. Je me suis mis a pousée (en fait, mon corps poussait tout seul). Son petit coeur décélerait, donc le médecin à décider d'installer la ventouse et j'ai du accepter "parce que ton bébé ne va pas bien". J'ai poussée 2 minutes, 2 poussées et il est sorti. Mon conjoint est arriver dans la chambre alors que la ventouse était déjà installer, un peu plus et il manquait l'accouchement. En tout, 5h, de la première contraction à la naissance.
    Ils m'ont dit d'aller chercher mon bébé, je ne sais pas comment j'ai fais, mais je suis aller le chercher et je l'ai déposer sur mon ventre. J'ai dis que je ne voulais pas que le cordon soit couper, mais ils m'ont dit que mon bébé n'allait pas bien et qu'il fallait donc le couper. J'ai accepter malgré la douleur que ça me procurait, un autre deuil. J'ai vu que c'était un garçon (un 2e garçon) au moment où ils me l'enlevait. J'étais très inquiète parce que je ne l'entendais pas pleurer. Il a du être réanimer (oxygène + massage) parce qu'il était en état de choc du a sa naissance trop rapide. Il c'est vite et bien repris.
    Avec le recule et mes connaissances mainetant, je suis perçuadée qu'il n'étais pas nécéssaire de couper le cordon et de me l'enlever. Ils auraient pu le réanimer dans mes bras et lui laisser l'oxygène provenant du cordon, ce qui l'aurait aider.

    Ils me l'ont ramener 10 longues minutes plus tard (il était juste a coté sur une table chaude, mais si loin). Mais il n'avait déjà plus cet odeur particulière que tout le monde m'avait parler et que je tenais tant a sentir et il était "nettoyer".
    Le 48h que j'ai été forcer de passer a l'hôpital (pas eu le temps d'avoir toute les doses d'antibiotique (strep B) pendant l'accouchement trop rapide, donc mon bébé devait être sous observation 48h), je l'ai passer coller en peau a peau avec mon bébé. Hors de question de le mettre dans son petit lit.

    Mais l'accouchement a été tellement violente, rapide et la coupure avec mon bébé si brusque, que j'ai eu beaucoup de mal a créer un lien d'attachement avec lui. Une fois a la maison, je l'ai déposer dans sa balançoire et j'ai ressenti du soulagement parce qu'il acceptait d'y être déposer. Ça prit un bon 2 mois avant que le lien soit vraiment créer. Je m'en occupais de façon automatique, je ne lui parlais pas vraiment ou a peine. C'est le jour où il m'a fait son premier sourire que le lien d'attachement c'est fait entre nous. Par contre, il est beaucoup plus attacher a son papa qui a beaucoup plus intéragit avec lui dès le début, ce même passer 1 an.

    Je crois que je vais longtemps garder en moi toutes ses petites et grandes blessures.
  32. Karine 17 janvier 2012 à 17 h 32 min
    De mon côté, je dois vous dire qu'il a des hopitaux où ca se passe très bien. J'ai sorti de la salle d'opération (dû à la césarienne avec mon bébé dans les bras jusqu'à la salle de réveil. Il était sur ma civière durant le trajet jusqu'à cette salle. Et mes 2 autres césariennes c'était papa qui l'avait dans les bras parce que j'étais trop faible mais quand même, ils ne nous ont jamais quittés.
  33. Marie 17 janvier 2012 à 22 h 26 min
    Ayant eu une césarienne d'urgence également et comme ma fille avait fait un méconium dans mon ventre, dès qu'elle a poussé son premier cri...ils l'ont donner en toute hâte au médecin. Je n'ai même pas eu le loisir de la voir quelques secondes par dessus le drap bleu..il me semble qu'ils auraient pu la lever vite pour que je la vois toute fraîche sortie de ventre. Quand elle est revenue près de moi, elle avait déja une tuque et elle était toute emmaillotée. Heureusement, mon médecin a demander si je désirais allaiter, alors comme j'ai répondu oui, ils ont baissé ma jaquette sur ma poitrine, et ils ont déshabillé la petite. Ils me l'ont installé en petite boule sur ma poitrine et mon cou, et m'ont détaché une main que je la serre contre moi. Ça durer a peine 3 minutes.... et je n'ai revu ma fille que 2heures plus tard... Même si j'ai eu un peu de peau a peau avec elle.... ce fut les 2 heures les plus longues de toute ma vie.
  34. Marie Charbonniaud 18 janvier 2012 à 01 h 51 min
    @Julie: Un merci tout special pour cette immense contribution! j'espere que vous l'avez sauvegardee, car c'est en soi un livre de souvenirs!

    @Rachel: Un beau temoignage aussi qui souligne le travail magnifique accompli en maison des naissances. Cela me rappelle exactement la naissance de mes deux derniers, a la MDN de Pointe Claire. Le moment de communion a été respecté de la même façon: à peine notre bebe posé sur le ventre et le cordon coupé, nous sommes allés sur notre lit et les sages femmes sont sorties, nous laissant tous les trois. Les soins et pesées de routine sont venus un bon 10 minutes plus tard. Bien sur, elles s'assurent avant que le bebe reagit normalement a la sortie. Tout cela est très contrôlé, sans en avoir l'air. C'est tout ce qu'on veut. De la discrétion et de l'intimité. je sais que certains hopitaux font des efforts en ce sens aussi.

    merci a toutes pour ces beaux vecus, pleins d'amour et de bon sens...
  35. veronique 18 janvier 2012 à 15 h 30 min
    J'ai eu une grossesse parfaite et un bel accouchement aussitot le bebe sorti je l'ai eu a peine quelques secondes et puis il me l'on enlevé puisqu'il etait en detresse respiratoire il avait avaler beaucoup de liquide et est nee avec une pneumonie donc il sont parti avec je l'ai vue 45 minutes plus tard parceque j'ai insister il y a avait un 5 personnes autour a s'occuper de lui et a lui parler il y avait meme une infirmiere qui lui chantait des chansons puisqu'il pleurait bcp et moi je regardais tout sa sans trop comprendre...c'est moi qui aurait du etre a ses côtés pour le rassurer.
    ensuite il sont partis a l'hopital maisonneuve rosemont moi j'ai du attendre le lendemain pour aller le rejoindre je l'ai pris 32 heures plus tard avec tout les fils ce qui rend la chose difficile pour un premier contact je l'ai allaiter seulement, puisqu'il devait se reposer. Se vide va longtemps rester il a maintenant 6 mois c'est un bébé anxieux. Je suis reconnaisante des soins opportés et il le devait cependant j'aurais aimé être mieux compris . j'espère qu'a mon prochain bébé j'aurai la chance de vivre ses premiers moments si important.
  36. Angélique (France) 19 janvier 2012 à 09 h 35 min
    J'ai eu une césarienne d'urgence avec anesthésie générale. Je n'étais pas du tout en travail quand je suis partie en salle d'opération. Mon bébé était en détresse lors d'un monitoring de controle. J'ai "apercu" mon fils 1h apres l'accouchement avant de partir en salle de réveille. J'ai pu le prendre dans mes bras 3 longues heures après sa naissance lors de mon arrivée dans ma chambre. Les sages femme n'ont pas proposé à mon mari le peau à peau. Elles l'ont lavé et habillé aussitot apres les soins.
    Je garde un très mauvais souvenir de l'accouchement. J'aurai tellement aimé faire du peau à peau... J'ai eu du mal a créer un lien avec mon fils. Je ne suis pas retourner dans une maternité depuis, meme pour voir mes copines! Je n'aime pas parler de mon accouchement c'est encore tres douloureux.
    Heureusement l'allaitement y a remédié. Et chaque instant ou il était contre moi c'était magique!!
  37. sarah 20 janvier 2012 à 06 h 42 min
    j'entame ma 36 eme semaine de grossesse, et ce point capital m'a tant fais peur au tout début que je n'en dormais pas la nuit. jusqu'à ce que je rencontre une sage-femme de la maternité ou je vais accoucher, première de france à avoir reçu le label "ami des bébés". une aubaine car nous venions d'emmenager dans la région.
    elle m'a expliqué que je pourrais choisir ma position de travail, d'accouchement, et que sauf urgence médicale, j'aurai immediatement mon bébé en peau à peau pour les 2h de surveillance médicale en chambre de naissance (remarquez que le terme utilisé n'est pas "salle d'accouchement"!!) que tous les soins qui seront faits ensuite le seraient en ma présence, ...
    et que je recevrai toute l'aide pour mettre en place l'allaitement maternel...
    j'en suis toujours à appréhender le besoin d'une éventuelle cézarienne, je ne le supporterai pas! mais ce n'est pas dans la politique de l'établissement de procéder à la "facilité" s'il n'y à pas un reel besoin médical, ce qui m'a rassuré aussi car j'estime, tout comme eux, qu'une naissance est ce qu'il y a de plus naturel au monde et que la sur-médicalisation d'un acte purement physiologique est totalement inutile.

    merci à ceux qui ont tout compris, et qui se battent contre ces usines à bébés qui ne respectent ni les besoins de l'enfant, ni ceux de la mère.
  38. Joanie 20 janvier 2012 à 15 h 40 min
    J'ai eu mon garçon environ 20 minutes sur moi. On me l'a enlevé parce qu'il commençait à faire son méconium (ça dérangeait personne sauf eux apparemment). Tant qu'à l'avoir enlever de sur maman, ils font les test.... Coeur bat trop rapidement, hop! dans un incubateur pour le surveiller. En lisant l'article, je suis vraiment fâchée. Personne comprennait parce que son rythme cardiaque avait été parfait tout au long de l'accouchement, ça s'est gâté quand ils me l'ont enlevé. Comme il n'avait rien, on est parti au bout de 3 jours et demi. Mais ça me fâche de savoir que si on me l'avait laissé sur le ventre plus longtemps, j'aurais pu dormir avec mon bébé dans la chambre, l'allaiter à partir du jour 1 (parce qu'on ne voulait pas, ça aurait pu augmenter son rythme cardiaque) et SURTOUT, le ramener à la maison après 48h. Au prochain bébé, si ça se reproduit, ils ont besoin d'une raison vraiment importante pour me l'enlever!
  39. Stéphanie 20 janvier 2012 à 19 h 24 min
    @Sarah Autant, je trouve que l'on procède trop facilement à des césariennes autant je trouve que les discours comme les vôtres sont exagérés. Ça culpabilise les mères qui ont eu des césariennes dont je suis. Ce n'est pas non plus la fin d'un monde. Il faut arrêter de démoniser les accouchements à l'hôpital. C'est la réalité de la plupart des femmes. En vous disant que vous ne supporterez pas une césarienne, vous vous mettez en situation d'échec parce que on ne peut jamais prévoir. Césarienne ne veut pas dire nécessairement échec, ça peut aussi vouloir dire la vie. Si le taux de mortalité à la naissance a diminué depuis 60 ans, ce n'est pas pour rien non plus. Oui, j'aurais voulu des accouchements plus naturels mais je n'envie pas pour autant la femme qui a été en travail pendant 30 heures en maison de naissance pour finir à l'hôpital en salle d'opération. Des histoires comme ça, j'en ai entendues plusieurs.

    Les hôpitaux ne sont pas non plus des usines à bébés. Ils répondent à la demande, c'est tout. Les personnes qui y travaillent, infirmières, préposés, médecins, sont des personnes dévouées qui ont des années d'expérience et qui les mettent au profit des mamans. Ils ne vous renvoient pas à la maison quelques heures après l'accouchement (ce n'est pas plutôt ça la définition d'une usine à bébés?) et vous aident si vous avez des problèmes avec l'allaitement. Notre système de santé est plein de lacunes, mais on ne peut pas dire qu'il néglige les femmes enceintes.
  40. Hélène 21 janvier 2012 à 22 h 42 min
    Loin de moi l'idée de minimiser ce que vous racontez. Le lien avec notre enfant, dès ses premiers instants de vie est ce que toute future mère souhaite le plus ardemment. Enceinte, nous chérissons cette pensée et nous avons toutes hâte de serrer notre bébé dans nos bras. Or, il arrive que des circonstances font en sorte que nous ne pouvons accueillir ce bébé tant attendu.

    Certaines mères sont dans l'incapacité et refusent de prendre leur nouveau-né à la naissance. Elles se sentent infiniment coupable et ont l'impression de rejeter leur bébé. Ce fut mon cas. J'avais bien mentionné que je souhaitais avoir mon fils en peau à peau dès sa naissance. Il est né par forceps. Ce fut excessivement douloureux. J'ai eu l'impression de me faire arracher les entrailles. Quand ils m'ont posé mon fils sur la poitrine, j'étais tellement exténuée et j'avais tellement mal que je n'étais pas capable de le prendre et de le réconforter. J'ai donc demandé à ce qu'on me le retire. Les discours sur la naissance que l'on entend partout ne nous préparent pas à ça. On DOIT le prendre, on DOIT faire du peau à peau, on DOIT l'allaiter le plus rapidement possible sinon nous sommes de mauvaises mères. La pression est énorme.

    Je me suis donc sentie immensément coupable d'avoir "rejeté" mon fils à sa naissance. J'en ai parlé à mon médecin. Heureusement qu'elle était là. Faire des accouchements est son métier et elle m'a réconforté. Beaucoup de femmes, telle que moi, ne peuvent pas accueillir leur enfant à leur premier instant pour toutes sortes de raisons. Mais, on n'en parle pas. Ce n'est pas la mode de parler de mère en difficulté émotive au moment de la naissance. Nous devons toutes êtres au summum de l'extase de ce moment supposément bucolique. Ce n'est pas le cas pour nous toutes. Si ça vous arrive, ne vous sentez pas coupable. Mon fils, je l'adore!
  41. Isabelle 22 janvier 2012 à 05 h 57 min
    J'ai accouché de mes 2 enfants par césarienne et je, oui, j'ai été privé dans un sens des premières minutes avec mon enfant... Mais, d'un autre côté, je ne n'avais pas eu de césarienne pour la naissance de mon premier enfant, je serais probablement morte et le bébé aussi... Cette situation aurait fait qu'il n'y en aurait pas eu de petite famille heureuse ni de deuxième bébé. La vie nous permet de passer beaucoup de bons moments de qualité avec nos petits amours par la suite... alors, ne faisont pas un drame des premières minutes. Oui, avoir pu coller mes enfants dès leur naissance aurait été magique et oui, j'aurais bien aimer vivre ce moment... Mais ce n'était pas possible. J'ai profiter le plus possible des minutes où mon bébé était collé à mon visage afin que je puisse le voir et le sentir. Ensuite, c'est mon conjoint qui a prit le relais auprès du bébé et j'étais contente qu'il en soit ainsi. Nous bénéfissions de 9 mois d'intiminté avec notre bébé en formation... Pourquoi pas laisser au papa quelques heures d'intiminté avec son nouveau poupon. De plus, je suis certaine que les liens se tissent de manière importante entre papa et bébé durant ce temps... Après tout, nous retrouvons notre joli trésor quelques heures après sa naissance, plus reposée et état (après la salle de réveil)... car, faut se l'admettre, la médication donnée lors de la césarienne nous affecte...
    Je suis en vie et je peux profiter pleinement du temps avec mes 2 enfants... Ça vaut tellement plus que les quelques minutes "ditent volées!!!" Dans mon cas, ce sont des années qui m'ont été données!!!
    Merci à toute l'équipe de l'Hotel Dieu de Lévis, vous êtes merveilleux!
  42. Marie-Josée 22 janvier 2012 à 20 h 40 min
    Arrive bien sûr un moment ou nous devons rationnaliser les mauvaises expériences vécues...tout le monde est sain et sauf et c'est le plus important...ce n'est pas toujours le cas...et vraiment je me considère chanceuse.

    Malgré tout, il substitera toujours une grande rage en moi, le processus de deuil est loin d'être terminé. J'ai l'impression que l'attitude des gens présents lors de cette séparation joue sur beaucoup sur la façon que l'on a vécu cette déchirure.

    Je suis arrivée pour mon premier accouchement sereine et voulais le tout naturel. J'ai eu la grande chance de vivre le travail dans toute sa douleur et sa grandeur...jusqu'à pousser pendant plus de trois heures. Ça s'est terminé à mon grand désespoir par une césa d'urgence...je n'étais plus zen du tout en entrant en salle d'op...c'était la panique totale.

    J'ai entendu un membre de l'équipe dire à ce que je suppose être une étudiante...ça c'est les plus beaux moments auxquels tu vas assister!!! (on se rapelle de tout hein?) Aie...je tremblais de partout...le médecin parlait de sport, s'est mis à crier, j'étais attachée, je ne voyais rien, je suis myope...et non je n'ai pas vu le bébé qui était à plus d'un mètre quand ils me l'ont montré et HOP partit avec mon conjoint. Tant mieux si d'autres trouvaient ça BEAU!!!

    Heureusement mon homme a partagé ce moment avec ma petite chérie. On n'avait pas envisagé ce scénario. J'ai vomis ma vie et tout le monde s'en fichait. Je me suis retrouvée en salle de RÉVEIL avec une seule envie DORMIR...J'ai allaité ma fille quelques heures après...Une infirmière a tourné le couteau dans la plaie en venant me chercher pour le bain...Ah ok j'avais pas lu ton dossier tu peux pas te lever...

    Finalement j'ai eu d'énormes complications qui m'ont empêché de m'occuper comme j'aurais souhaité de ma princesse mais j'ai pu la garder avec moi à l'hôpital car je l'allaitais (sacré saint-allaitement!)...ce qui nous a beaucoup rapproché. Sous morphine...après des scans...pas grave je voulais ça naturel au départ mais...

    À ma deuxième je voulais plus que tout un AVAC...la nature en a décidé autrement pour cause de placenta prévia recouvrant. J'ai demandé à accoucher dans un milieu ou je pourrais allaiter en salle de réveil (pour le contact peau à peau, la rencontre plus que l'aspect nourricier). Je ne voulais pas non plus essayer de réparer l'autre venue...De combler le manque...c'était une autre histoire.

    Lorsqu'elle est arrivé ils ont pris la peine de bien me la montrer même si elle était dans un état inquiétant...Toute grise, pas un son...je ne comprenais pas trop...finalement elle a crié et j'ai recommencé à respirer moi aussi...elle était trop pâle à leur goût et devait aller en néonatalité pour des tests...

    L'infirmière l'a déposé sur moi en salle de réveil...j'ai voulu la mettre peau à peau elle m'a dit gentiment STOP elle quitte tout de suite...J'ai souri et ils l'ont amené. C'était ok...pour son bien...je n'ai pas à redire. Mais on se sent tellement vide...seule...et le conjoint qui se ballade entre la mère et son poupon...Pas évident non plus j'imagine....Dès qu'il venait me voir je le retournais voir MA FILLE...On se sent tellement impuissante...Mais bon...Merci au papa!

    J'aurai je crois toujours un pincement au coeur en écoutant ou voyant des récits ou images de naissances heureuses...mais je continue d'avancer et je suis drôlement bien accompagnée!

    Je me demande pourquoi on idéalise tant que ça un événement sur lequel on a si peu de contrôle? La débarque n'en est que plus brutale...
  43. Marie Charbonniaud 24 janvier 2012 à 14 h 51 min
    Gros merci Marie-Josée pour ce récit... On a l'impression d'y être, à vos côtés!
  44. Hélène 26 janvier 2012 à 02 h 14 min
    J'ai eu une première grossesse parfaite et j'ai travaillé presque jusqu'à la fin, puis j'ai dû être alitée pendant les dernières semaines suite à un décollement placentaire. Finalement, notre petite est arrivée à 41 semaines et quelques poussières, avec tous ses morceaux et en parfaite santé. Malheureusement, l'accouchement s'est terminé en hémorragie importante et je n'ai pu tenir ma fille que quelques minutes à sa naissance, moi qui attendais ce moment depuis si longtemps. Elle est partie avec papa au module bébé pendant qu'on tentait de stopper l'hémorragie et de me remettre sur pied. Je ne réalisais pas la gravité de mon état à ce moment et je ne pensais qu'à ma petite fille, si loin de moi après seulement quelques heures de vie. Nous qui avions passé les 9 derniers mois en symbiose... Finalement, tout est rentré dans l'ordre et j'ai pu la prendre contre moi quelques heures après sa naissance. Le début de l'allaitement a été plutôt difficile, notamment en raison des complications médicales que j'avais vécu... mais je me suis battue et j'ai réussi à allaiter ma fille pendant 13 mois. Lors de chaque allaitement, elle s'endormait sur moi et restait ainsi pendant plusieurs minutes. Je "rattrapais" le temps perdu... Nous avons créé un fort lien d'attachement et aujourd'hui, j'ai une belle petite fille en santé et épanouie, ricaneuse et toujours de bonne humeur. Elle vit toutefois des moments importants d'insécurité, et je demeurerai convaincue toute ma vie que cette situation est reliée au fait que je n'ai jamais pu la prendre en peau à peau dès sa naissance... Je me suis longtemps sentie coupable de ne pas avoir pu la prendre contre moi lors des premiers instants...

    Ma 2e grossesse et mon 2e accouchement se sont déroulés de façon parfaite... et j'ai donné naissance à une 2e belle petite fille en santé. Et cette fois-ci, on me l'a mise en peau à peau dès ses premières minutes de vie et ce, pendant plus d'une heure... Elle est aujourd'hui âgée d'un an et c'est une petite fille calme et enjouée. Elle est aussi très colleuse, et ce n'est pas qu'une question de tempérament... Depuis qu'elle est toute petite, elle se colle contre moi pour se réconforter et se calmer, probablement parce que ses premières minutes de vie ont été bien vécues. Merci à la vie de m'avoir permis de vivre ces beaux instants qui, j'en suis sûre, ont mis un baume sur ma plaie...

    En lisant toutes les histoires ci-dessus, je me considère néanmoins très privilégiée suite à mes 2 accouchements. Le sentiment de culpabilité est loin derrière et je rêve déjà au prochain moment où je tiendrai un autre petit être si fragile contre moi.

    Un seul conseil pour les futures mamans... si le peau à peau est impossible avec vous pour quelques raisons, pensez au papa... Si nous l'avions su lors du premier accouchement, j'aurais peut-être ressenti moins de culpabilité à ne pas avoir pu prendre ma petite fille dès ses premiers instants... et papa aurait sûrement mieux vécu les premières heures de vie de notre fillette !
  45. Mylène 23 mars 2012 à 17 h 59 min
    Ouf, cet article me fait du bien. J'ai accouché par césarienne planifiée de mes jumelles car les deux étaient en siège. Je les ai vu du coin de l'oeil durant 30 secondes et elles sont parties. Ensuite j'ai été malade en salle d'opération alors ils m'ont donné des médicaments par intaveineuses et je ne me souviens pratiquement de rien de la soirée... J'étais préparée à ne pas les voir tout de suite, mais c'est vraiment pire que ce que je croyais. J'ai pu en voir une environ une heure après et je l'ai allaité, mais je n'en garde aucun souvenir a cause de la médication. L'autre avait des problème respiratoire donc je ne l'ai vu que plus tard dans la nuit, encore là les souvenirs sont extremement flous... Je crois qu'il devrait parler de ça avec les femmes avant de donner n'importe quel médicament. J'aurais de loin préféré avoir des nausées et me souvenir de ma premiere rencontre avec mes filles. De plus pendant plusieurs mois j'avais de la difficulté à en parler et je ne comprenais pas moi-meme pourquoi je me sentais si triste. Mes filles ont 8 mois aujourd'hui et je commence à faire la paix avec tout ça en me disant que la césarienne était pour leur bien et qu'elles sont en santé.

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