Les petits oublis

Les petits oublis
10 janvier 2012

Dernièrement, j’ai croisé une maman qui pleurait à chaudes larmes parce qu’elle avait perdu son petit garçon dans la foule. Elle était en colère contre lui, mais surtout contre elle-même. Elle avait oublié de l’attacher dans sa poussette et parlait avec quelqu’un, le dos tourné. Son petit en a profité pour prendre la poudre d’escampette. L’épisode n’a duré que quelques minutes, mais cela a permis aux secondes de se transformer en éternité. Quand j’ai déposé son fils dans ses bras, elle en a pleuré de joie. Elle répétait : « C’est de ma faute, c’est de ma faute. » On a beau faire de notre mieux, quelques fois notre mémoire dérape malgré nous. Ça m’est arrivé plus d’une fois.

La première fois, ma fille avait environ 5 mois. Mon dos ne pouvant plus supporter son poids dans le porte-bébé, j’avais investi dans une belle grosse poussette avec de belles grosses roues. J’avais appelé une de mes amies pour une opération promenade et magasinage. Dès que nous avons mis les pieds dans la boutique, j’ai réalisé que ce n’était pas très pratique de me déplacer dans un si petit espace avec ma super poussette. J’ai donc laissé ma fille s’autogazouiller des mots d’amour devant un grand miroir pendant que je fouinais non loin d’elle. Quand je suis sortie quelques minutes plus tard, ma copine m’a demandé si je n’avais pas oublié quelque chose. Ma fille était restée à l’intérieur. J’étais tellement habituée de la porter contre moi que j’étais persuadée qu’elle était là! 

Quelques années plus tard, l’hiver battait son plein et je marchais en direction de l’autobus avec ma seconde fille alors âgée de 6 mois bien installée dans mon porte-bébé dorsal (au diable, la poussette!) Il faisait un froid de canard. Ma petite, pourtant bien emmitouflée dans sa combinaison de neige, poussait des petits cris. Probablement à cause du vent glacial qui balayait son visage. Heureusement, l’arrêt était juste au coin de la maison. Une fois sur place, j’ai sautillé pour me réchauffer et, machinalement, j’ai attrapé ses petits pieds qui pendaient dans mon dos... littéralement, horriblement, honteusement. En sentant ses petits doigts de pieds dans mes mains, j’ai réalisé que j’avais complètement oublié de lui enfiler ses bottes!

L’été dernier, au moment de récupérer ma petite dernière à la garderie, son éducatrice me raconte en pouffant de rire que ma fille a été particulièrement joyeuse toute la journée. Elle me la décrit tournoyant sur elle même avec sa robe, sautant dans les airs et virevoltant en riant se souciant peu des autres. À l’heure de la sieste, intriguée, elle s’est penchée vers elle pour percer le secret de son bonheur. Le sourire jusqu’aux oreilles, ma fille lui a murmuré à l’oreille : « Z’ai pas de culotte! » 

Mon fils non plus n’a pas été épargné par mes honteux oublis. Avant les vacances, de retour chez moi après une course rapide, j’écoute mon répondeur et j’entends : « Bonjour, ici le secrétariat de l’école. Pourriez-vous apporter la combinaison de neige de votre fils? Sinon il ne pourra pas sortir à la récréation... et aussi ce serait bien de lui apporter sa boîte à lunch, car il n’en a pas. » Le pire, c’est qu’en courant vers l’école avec sa combinaison dans un bras et sa boîte à lunch de l’autre, j’ai pensé machinalement : « J’espère qu’il a un caleçon ».

Et vous? Je vous en prie, dites-moi que ça vous arrive aussi de petits oublis!

Catherine Goldschmidt
Je suis une drôle de maman qui adore dénicher ou inventer des jeux simples et peu coûteux pour amuser les enfants.
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Commentaires (6)

  1. Mylène 11 janvier 2012 à 01 h 43 min
    Machinalement, presque chaque soir lorsque je quitte la garderie avec mes filles, je réalise, tout juste avant d'ouvrir la porte, que je ne leur ai pas mis leurs bottes (ou leurs sandales en été)... C'est immanquable, dans le brouhaha du ramassage de doudous, de la contemplation des dessins de la journée, du "oui, oui, ma chérie, mets tes mitaines, il fait froid..." je fini par oublier les bottes !
  2. Julie 11 janvier 2012 à 19 h 20 min
    Ça fait 3 ans et je n'arrive pas encore à en rire. Nous étions dans l'édifice du 1000 de La Gauchetière en direction de la patinoire. Mon chum et moi marchions devant nos deux garçons de 3 et 6 ans (à ne pas faire, je sais). Lorsque je me suis retournée, il manquait mon garçon de 3 ans. Panique totale. Mon chum et mon aîné se sont mis à courir à sa recherche. Moi, j'étais paralysée et complètement hystérique. Dans ma tête, ma vie avait basculé: j'étais devenue la maman d'un enfant kidnappé. je me souviens d'être entrée dans un magasin et d'avoir demandé d'appeler la police. Mon garçon n'était nulle part.

    Il y avait bien la porte battante très lourde qui menait vers le train et le métro, mais impossible qu'il ait pu la pousser. C'est pourtant de là qu'il a émergé quelques minutes plus tard, accompagné d'une agente de sécurité. Tout calme... Il avait même descendu les escaliers et se dirigeait paraît-il vers le métro.

    Même s'il a 6 ans aujourd'hui, lorsque je le perds des yeux ne serait-ce qu'un quart de seconde dans un espace public, la panique se lit sur mon visage. Et les 3 autres membres de la famille se moquent gentiment de moi.
  3. Catherine Goldschmidt 11 janvier 2012 à 19 h 42 min
    @ Mylène ahhhhhhh, les maudites bottes!
    @ Julie Je panique juste à te lire alors je comprends très bien que tu n'en ris toujours pas 3 ans plus tard. Je suis pareille. C'est plus fort que moi.
  4. Mamanou 16 janvier 2012 à 15 h 51 min
    Le pire qui m'est arrivé jusqu'à présent est d'avoir oublié mon enfant à la garderie. Mon conjoint et moi avions inversés nos responsabilités. J'allais rarement le chercher après le travail. J'ai donc pris mon temps. Quand, je suis arrivée, chez moi, j'ai réalisé qu'il n'y avait personne à la maison. Je me suis rappellée que mon conjoint faisait des heures supplémentaires et j'avais oublié d'aller chercher mon petit à la garderie.

    La gardienne était furieuse (avec raison), mais heureusement, il était en sécurité.
  5. Eve 19 janvier 2012 à 17 h 33 min
    En lisant ce recis je ne peux m'empêcher de pleurer. J'imagine la peur que cette maman a eu. Lorsque je vais magasiner, c'est ma phobie de perde mon enfant par distraction. Tellement que lorsque mon conjoint part avec mon fils, je lui dis je sais combien de fois de ne jamais quitter des yeux notre trésor. Mon fils qui a seulement 3 ans me dit lui même maintenant qu'il ne veux pas me perdre tellement je lui ai rappeller souvent de toujours rester avec moi sinon il pourrait me perdre. Je crois que je suis un peu folle mais bon j'assume... S'il fallait .... je m'en voudrais pour toujours. Et pourtant dieux sait comment les enfants sont rapides et malheureusement une distraction est si vite arrivé.
  6. Jacqueline 30 janvier 2012 à 15 h 08 min
    Ça fait bien 45 ans de ça...ouf! mais, partie en bateau prendre un tour,
    avec mes deux autres enfants...ma petite dernière étant couchée, je l'ai complètement oubliée...ce n'est que rendue au resto, un 15 minutes plus tard, que je me suis rendu compte et là, quelle panique. Une fois à la maison, je constate que la petite dors toujours...Merci mon Dieu!

    Aujourd'hui, arr.-gr.-mère, je n'arrive pas a oublié l'incident et je suis toujours aux aguets quand je garde les petits....ouf! Je comprends les jeunes mamans...
    Merci pour votre site...

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