3 conditions pour respecter la faim

3 conditions pour respecter la faim
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste
28 novembre 2011

La faim des enfants varie d’une journée à l’autre. C’est un phénomène qu’on reconnaît généralement, comme parent. Mais fait-on tout ce qu’on peut pour aider nos enfants à respecter leur faim? C’est une chose de les aider à reconnaître leur faim. Encore faut-il faire en sorte qu’ils puissent être en contact avec leurs signaux de faim et de satiété.

Pour favoriser l’écoute des signaux et réduire les excès, il y a au moins 3 conditions gagnantes :

1- Manger lentement et bien mastiquer

L’estomac et le cerveau des petits (et des grands) sont connectés… avec une connexion basse vitesse. On dit qu’il faut environ 15-20 minutes après le début du repas pour se sentir rassasier. Si votre enfant vide son assiette en moins de 10 minutes, il peut encore avoir une impression de faim et chercher à manger davantage. Bref, quand il mange vite, son corps n’a pas le temps de lui dire qu’il en a assez qu’il a déjà trop mangé.

Bien mastiquer permet non seulement de ralentir la cadence, mais aussi de mieux savourer les aliments et de diminuer les risques d’étouffement.

2- Aucun divertissement

La télévision, les consoles électroniques, un livre ou même le labyrinthe à jouer sur la boîte de céréales détournent l’attention des enfants de leur assiette et de leur ventre. On peut comparer cela à un téléphone qui ne sonne pas fort; ils doivent être attentifs s’ils veulent entendre les signaux que lui envoie son estomac.

Manger devant la télévision incite à manger plus, car on mange par automatisme. Un enfant risque ainsi de manger, manger, manger, jusqu’à ce que son assiette soit vide. C’est la pénurie de nourriture qui dicte la fin du repas plutôt que la conscience d’avoir assez mangé.

Malgré les méfaits, manger devant la télévision demeure très répandu. Environ 45 % des enfants de 2 à 12 ans prennent leur repas du soir devant un écran, selon l’enquête québécoise Tout le monde à table. Un résultat qui porte à réfléchir…

3- Pas de pression

C’est un sujet que je ramène souvent à l’ordre du jour parce que les pressions à manger sont plus fréquentes qu’on le pense. Elles sont parfois insidieuses et peuvent par exemple se manifester par un « bravo, tu as tout mangé » ou prendre la forme d’un dessert qu’on sert uniquement si l’enfant vide son assiette. Après lui avoir fourni un bon repas et installé à la table en notre compagnie, la quantité de nourriture qu’il avale est entre ses mains… ou quelque part entre son ventre et son cerveau!

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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Commentaires (5)

  1. Nathalie 1 décembre 2011 à 18 h 40 min
    Beaucoup de conseils pour les enfants qui tendent à trop manger ... et pour ceux qui ne mangent pas suffisament aux repas ? Que conseillez-vous pour ceux qui voudraient manger une collation à toutes les heures ?
  2. Marisa 2 décembre 2011 à 18 h 40 min
    Ici aussi, j'ai plutôt affaire à un appétit d'oiseau. Comme c'est difficile pour une maman de voir sa petite toucher à peine le bon repas qu'on s'est donnée la peine de cuisiner. Je me répète que ça va passer, qu'elle n'a pas besoin de plus parce qu'elle ne se plaint pas d'avoir faim après les repas, qu'elle est en bonne santé et pleine d'énergie ! Tsé, elle repousse son assiette de gâteau ou me redonne un biscuit à moitié mangé lorsqu'elle sent les signes de satiété ;-) Je suis fière de constater qu'elle n'outre-mange pas mais on dirait que je m'ennuie du temps où elle me redemandait une 2e assiette !
  3. Stephanie Cote 6 décembre 2011 à 02 h 17 min
    Il faut éviter adopter des habitudes de collations à toutes les heures. C'est un cercle vicieux, car l'enfant n'aura jamais faim aux repas. Il faut porter attention à la collation qui précède le repas: est-elle rapprochée du repas et pourrait ainsi couper l'appétit? Est-elle volumineuse? L'enfant boit-il avant de manger ou peu avant le repas? Il faut surtout évaluer les habitudes alimentaires dans leur ensemble, en évitant d'accorder toute l'importance à un repas.
    Ce n'est pas facile, car comme parent, on veut s'assurer que notre enfant mange bien et suffisamment. N'oublions pas que c'est un travail d'équipe: l'enfant décide la quantité. Accordez de l'importance à la qualité du repas, et aussi à l'ambiance. Le reste suivra...
    J'écrirai bientôt un billet sur les petits mangeurs, je crois comprendre que ça intéresse plusieurs parents!
    D'ailleurs, n'hésitez pas à me proposer des sujets, c'est toujours très inspirant.
  4. julie 9 décembre 2011 à 15 h 23 min
    je travail en nutrition milieu et pédiatrique et je vois beaucoup de familles dont les jeunes enfants boivent trop de lait... Il y a beaucoup de conséquences a cela et ce serait intéressant d'en discuter je crois...
  5. Marisa 10 décembre 2011 à 01 h 41 min
    Je viens de voir le nouvel article, merci ! Je suis certaine qu'il intéressera plusieurs autres parents.

    Comme vous le dites, il faut lâcher prise (pas facile !). Ma fille mange très bien le midi à la garderie, souvent 2 portions. Je ne lui donne ni collation ni breuvage avant le souper. Et je ne lui offre rien pour compenser après le repas si elle n'a pas beaucoup mangé (sauf en cas de maladie, de rhume, elle a droit au régime yogourt, fruits et jus ;-)

    Le seul changement apporté : retarder l'heure du souper. Comme cela, elle joue plus longtemps et son appétit est plus grand au moment de servir.

    Son appétit d'oiseau, c'est un changement auquel je m'adapte. Bébé, elle était très dodue et gloutonne et maintenant c'est une petite fille toute délicate et mince ! On va devoir conserver le siège d'auto jusqu'à la maternelle avant qu'elle n'atteigne le poids indiqué pour les rehausseurs !

    Au plaisir de vous lire,
    Marisa

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