Une radiographie: quand est-ce nécessaire?

Une radiographie: quand est-ce nécessaire?
Par , Omnipraticienne
16 novembre 2011
Votre enfant a-t-il déjà passé une radiographie? Ou peut-être même un « scan » (le trou de beigne dans lequel on s’allonge et qui permet d’avoir des images en 3 dimensions)? On est d’ailleurs souvent obligé de le recommencer parce que Fiston a bougé ou Gamine a pleuré...

Ces extraordinaires technologies modernes permettent de poser un diagnostic et entamer un traitement rapidement. Dans certains cas, elles sauvent des vies.

Aux États-Unis, chaque année, 7 millions de « scans » sont effectués sur des enfants. En Amérique du Nord, en moyenne, un enfant aura subi 7 procédures radiologiques avant l’âge de 18 ans. Et 40 % des enfants auront au moins eu une radiographie ou un « scan » avant l’âge de la majorité.

Mais sont-elles toujours nécessaires? Si votre médecin soupçonne une pneumonie, a-t-il toujours besoin de faire une radiographie pour la confirmer? Si votre enfant est tombé sur la tête, faut-il systématiquement faire un « scan » cérébral? (Je réponds d’ailleurs à cette question dans mon blogue Et si le ciel vous tombait sur la tête?)

Les questions à poser au médecin

Parents et médecins doivent discuter et se poser les questions suivantes lorsque vient le temps de faire un test d’imagerie :

  • L’examen physique du médecin n’est-il pas suffisant?
  • Est-ce que ce test est vraiment approprié pour l’état de votre enfant? Peut-on avoir la réponse à nos doutes autrement? Un test en imagerie nucléaire ou une échographie (qui n’émettent pas de radiations nocives) ne ferait-il pas l’affaire?
  • À combien de tests radiologiques l’enfant a-t-il été exposé jusqu’à présent? 
  • Peut-on se limiter à une partie du corps précise? À une dose réduite?

L’exposition aux radiations

Pourquoi se poser ces questions? À cause des radiations.

Il est vrai que la part d’exposition médicale aux radiations est relativement faible. L’exposition naturelle cosmique compte pour 3 à 3,5 mSv annuellement (mSv est l’abréviation de « millième de sievert » et sert à mesurer l’exposition à la radioactivité ainsi que ses effets nocifs sur le corps).  En comparaison, la radiographie dentaire délivre 0,0005 mSv; et la radio pulmonaire, 0,01 mSv. Le « scan » abdominal projette de 1 à 30 mSv. 

Le seuil exact à partir duquel les radiations sont dangereuses n’a pas été clairement défini. Des études parues dans le New England Journal of Medicine déterminent qu’il y a un risque accru de cancer à partir de 150 mSv. Elles estiment que 2 % des cancers chez nos voisins du Sud sont attribuables aux radiations.

Les enfants, particulièrement vulnérables

C’est surtout l’effet cumulatif que l’on craint. Plus on est irradié, plus le risque est grand. De plus, la radiation est  « irréversible ». Or, la peau et les organes des enfants sont en pleine croissance et donc particulièrement vulnérables aux mutations cancéreuses et aux maladies systémiques de toutes sortes. Par ailleurs, les différentes procédures radiologiques ne sont pas adaptées à la taille des enfants, qui reçoivent la même quantité de radiations qu’un adulte pour une masse musculaire bien moindre. Finalement, un enfant a de longues années de vie devant lui... suffisamment pour éventuellement développer d’un cancer qui n’aurait pas eu le temps d’apparaître chez un adulte. 

Comme toute chose en médecine (et dans la vie!), il faut peser les pour et les contre, et si l’imagerie médicale est sans conteste un atout incontournable, il faut toutefois l’utiliser à bon escient!

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
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Commentaires (4)

  1. Catherine 17 novembre 2011 à 22 h 26 min
    Et bien en médecine vétérinaire, comme même une radiographie n'est pas à la portée du budget de tous nos clients (et le scan et la résonnance c'est encore pire), il nous arrive souvent de diagnostiquer une pneumonie avec un stethoscope seulement. 999 patients sur 1000 s'en portent très bien. Nous pouvons toutefois échapper quelques maladies plus rares (pneumonies fongiques, métastases, ect). Je pense parfois qu'on prend un peu trop de précautions en médecine humaine... Un scan parce qu'un enfant est tombé avec son casque en patin... J'ai déjà vu ça... Les gens ne sont pas assez informés des risques de ces examens, et votre billet est très intéressant!
  2. chatelain 24 novembre 2011 à 10 h 34 min
    rayons ionisants voir les recommandations ASN IRSN HAS CIPR
    ETC de quoi etre tres inquiet : pour mon enfant qui a recu
    5 radiog thorax face: 2 radiog thorax profil;1 radiog cavum face 1 radiog cavum profil ; scan sans produit: scan avec injection : un interminable mitraillage l'horreur et ce en quelques semaines. enfant de 4 ans 2005 a l'epoque des faits
    scan TOTAL 89 IMAGES
    j'aipeur que les blessures soient irreversibles.Brulures dermato
    secousses nerveuses; douleurs musculaires etat inquietant
    je lis( l'hopital malade de la rentabilite )
    Doit-on laisser faire ???????
  3. caroline 29 novembre 2011 à 01 h 28 min
    Qu'en est-il des radiographies chez le dentiste. À quel âge doivent-ils en prendre?
    Mon dentiste m'a dit qu'il m'obligera à faire faire des radiographies à mon garçon à son prochain rendez-vous... Est-ce normal?
  4. Marcelle 15 février 2013 à 15 h 34 min
    Merci pour ces infos. Dans les cas quand c'est vraiment nécessaire, est-ce qu'il y a un traitement de radiologie à Montréal qui est le plus sûr? Les risques sont vraiment effrayants!

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