Pas facile de changer ses habitudes

Pas facile de changer ses habitudes
12 octobre 2011
Depuis que je suis devenue maman, je répète à mes enfants ce que ma propre mère me disait quand j’étais haute comme 3 pommes : « Finis ton assiette sinon pas de dessert! » Ou encore : « Mange une dernière bouchée ». Or, j’ai appris de la plume de Stéphanie Coté, notre super nutritionniste, et de la voix de plusieurs autres que je faisais fausse route. (Honte à moi, à toi aussi maman et à mamie aussi, tiens!)

Les recommandations de ces professionnels (la nourriture ne doit pas être un objet de récompense et notre enfant sait mieux que nous s’il a faim ou non) m’ont convaincue de changer mes habitudes pour le bien-être de ma progéniture. Je me suis donc empressée de mettre en pratique ma nouvelle façon de penser.

L’enfer!

D’abord, mon homme m’a regardée d’un air bizarre. Ensuite, quand j’ai dit à mes enfants qu’ils pouvaient avoir du dessert même s’ils n’avaient pratiquement rien mangé,  mon ado a confirmé tout haut ce que l’air de mon homme disait tout bas : t’es folle!

Subitement, mes enfants se sont mis à ne plus avoir faim du tout après leur première bouchée (sauf les jours de pâtes) et à ne plus vouloir manger que du dessert! Du coup, je leur ai fait des pâtes tous les jours en variant les accompagnements, ce qui m’a permis de voir la portion qu’ils étaient capables d’avaler naturellement. Quand j’ai recommencé à cuisiner des plats qu’ils n’aimaient pas (légumes, poisson, etc.), j’ai quand même insisté pour qu’ils mangent la moitié de leur portion, sinon ils n’auraient rien avalé. Pas par manque d’appétit, mais par dégoût. Et quand mon fils m’a lancé, un matin, qu’il n’avait pas faim, j’ai refusé de le laisser partir à l’école le ventre vide. C’était et cela restera non négociable. Depuis, j’y vais donc un peu au cas par cas et je m’adapte en essayant de faire preuve de bon sens.

Résultat : même si j’oblige encore mes enfants à manger lors de certains repas, je ne suis plus obsédée à l’idée qu’ils finissent leur assiette. J’ai appris à vivre avec la fluctuation de leur appétit (et du mien aussi par la même occasion). Même mon homme a fini par s’habituer. Au moins, côté dessert, nous avons complètement arrêté de le brandir comme objet de récompense. Ils y ont droit systématiquement. Tout un changement, je vous jure.

Ce virage à 90 degrés n’a pas été facile à négocier et lutter contre de vieilles habitudes alimentaires ancrées dans ma famille depuis des générations a connu et connaît encore des hauts et des bas. Nager contre notre propre courant est loin d’être naturel, mais on y arrive, un jour à la fois. Faut juste y croire.

Et vous, avez-vous déjà vécu ce genre de situation?

Catherine Goldschmidt
Je suis une drôle de maman qui adore dénicher ou inventer des jeux simples et peu coûteux pour amuser les enfants.
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Commentaires (10)

  1. Gervaise 12 octobre 2011 à 14 h 56 min
    Moi je ne disais pas ça à mes 3 enfants quils auront du dessert !!premierement il a + 20 ans...je navais pas les moyens davoir du dessert sur la table tous les jours, mais une belle pomme pour moi etait plus important quun dessert.
  2. Lucie 12 octobre 2011 à 18 h 39 min
    Moi ,par contre je n'ai jamais brandis le dessert comme une menace ou une récompense. Il n'y a pas souvent de dessert et quand il y en a....c'est une fin de repas, un spécial.Pour moi ,c'est plus le genre: <> Quand la portion est résonnable et correspond à l'appétit de notre enfant,je ne vois aucune raison qu'il ne termine pas son assiette et d'en jeter le contenu,à moins bien sûr qu'il n'ait plus faim.S'il n'a plus faim pour ce qu'il y a dans son assiette ,il n'a plus faim ,point à la ligne. Alors,pourquoi se forcer à prendre autre chose ?
  3. Maude 12 octobre 2011 à 18 h 40 min
    Rien que le mot à table me nourissait, jusqu'à l'adolescence! Chaque repas était un combat pour ma mère et pour moi, c'était pire que les devoirs! À 12 ans, ma mère répétait à chaque repas "ah, ben, j'en ai encore pas fait assez!".
    Avec mes enfants, ils mangent ce qu'ils veulent, du moment que ce ne soit pas des cochonneries et que je ne doivent pas refaire un repas. Mais, il n'y a pas chips, pas de boissons gazeuses ou sucrés pas de jus, pas de biscuits, etc. C'est juste des fruits des légumes, du yogourt et ce que j'ai préparé. Que des trucs nourrissants, quoi!
    Mais, quand c'est plus l'heure de manger, c'est plus l'heure, il faut attendre le prochain repas.
    Et ça marche!
    Quand les parents ont de bonnes habitudes alimentaires, c'est plus facile à gérer,. c'est sûr!
  4. Marie-Eve 12 octobre 2011 à 23 h 32 min
    Ma mère et mon père faisaient pareille !! :-S
    J'avais pensé que je ferais comme eux, mais non.
    Mon fils de 15 mois nous fait clairement comprendre qu'il n'a plus faim... Les seuls desserts ici sont des fruits. Mes amies me trouvent un peu too much, mais bon, j'imagine que ça va changer avec les années.
    Donc mon fils a un fruit après chaque repas, qu'il ait mangé ou pas (appétit ou pas le goût).

    Ma belle-soeur a une façon de faire que j'aime bien. Si les enfants veulent un dessert sucré, ils doivent avoir mangé la moitié de leur assiette et un fruit avant. S'ils n'ont "pas faim" pour ci ou ça, eh bien, pas de dessert sucré :-)
  5. Catherine Goldschmidt 14 octobre 2011 à 12 h 42 min
    J'ai la dent sucrée et j'adore faire des tartes, des gâteaux avec mes enfants alors forcément le dessert avait des airs de trophée. Je ne le brandis plus comme récompense et j'en fais moins. Ils en ont une petite part quoi qu'il arrive. Idem pour les fruits. Eux, de toute façon, on en mange tout le temps, le matin, aux collations ou dès que les enfants ont des petits creux. Ils adorent ça, surtout mes filles.
  6. Julie, La m&#232;re calme 15 octobre 2011 à 22 h 51 min

    Quel sujet délicat ici! C'est tellement difficile d'être sur la même longueur d'ondes... et d'être constant pour les trois mousses!


    Au secours!


    Je potine!


    www.la-mere-est-calme.com


    (en ligne dimanche!)

  7. Anne Marie 16 octobre 2011 à 02 h 27 min
    Chez moi c'est un peu comme chez Maude, dans le sens qu'il n'y a que des aliments nutritifs et naturels. Je cuisine tout et ainsi je contrôle tout ce qui a dans les assiettes. Mon truc: j'établis à l'avance le menu: crudités, repas principal avec salade, fruits. Et je présente le tout comme un seul élément. Chacun prend ce qui lui convient dans tout ça. Zéro conflit. Il faut savoir lâcher prise! J'ai remarqué que lorsque j'ignore complètement ce que les enfants se mettent dans la bouche, ils mangent mieux. Pas nécessairement de tout, tout le temps, mais l'harmonie règne. Et il faut faire une moyenne sur plusieurs jours, ils équilibrent leur menu tout naturellement. Si je vois qu'ils ont tendance à se bourrer de pain ou de pâtes (et rien d'autre), je les évite sur la table pendant un jour ou deux, et leur sert de ce "qu'ils ont besoin sur le plan nutritionnel" d'une façon qu'ils aiment. Mon conjoint n'accepterait jamais que je le force à manger, alors mes enfants ont également le droit d'être traité avec respect et dignité.

    Petit truc pour sucrer les desserts sans sucre: je fais un délicieux gâteau aux pommes en remplaçant le sucre par du concentré de jus de pomme (100% jus) surgelé, décongelé et un peu de sirop d'érable et j'obtiens un délicieux dessert qu'on déguste à l'occasion, soupé pas soupé!

    Autre truc sucré santé: la bonne vieille fondue au chocolat. Une montagne de fruits et une soirée spéciale où les enfants sont telllllement reconnaissants! Aucun remord!
  8. Catherine Goldschmidt 16 octobre 2011 à 11 h 54 min
    Au secours! comme tu dis lamere calme mais je trouve la façon de faire d'Anne Marie vraiment intéressante. Merci beaucoup pour tes trucs. Ça me donne de bonnes idées.
  9. Marie Neige Lavigne 18 octobre 2011 à 03 h 42 min
    Je suis de celle pour qui la vie n'aurait pas la même couleur sans le chocolat, et mes merveilleux souvenirs d'enfance sont ponctués... des desserts de grand-maman! J'ai trois filles, dont des jumelles. Une des jumelles a définitivement la dent sucrée et l'autre se fout royalement du dessert! Je voue une admiration sans borgne à celles qui disent n'avoir AUCUN sucre à la maison, mais jamais j'en serais capable. Bien sûr, fruits et légumes sont présents quotidiennement et pas les desserts. Quand j'étais enfant, ma mère a tenté la stratégie zéro sucre. Résultat: je me levais la nuit pour trouver du sucre et je finissais soit avec une boîte de Jell-o en poudre ou une bonne grosse cuiller de sucre raffinée. C'est pour ça que sur ma table, les biscuits ont tout leur droit d'existence.Et les tartes aux pommes de mon amoureux sont les meilleurs au monde. Et non, nous ne sommes pas gros!!!Juste vraiment épicuriens je crois!
  10. Catherine Goldschmidt 18 octobre 2011 à 10 h 37 min
    Marie Neige...nous sommes jumelles!!!!

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