En situation d’urgence, où placer vos enfants?

En situation d’urgence, où placer vos enfants?
17 août 2011

Une maison de répit, pour familles en état d’urgence? 

À l’heure où certains parents ont du mal à protéger leurs enfants contre eux-mêmes (affaire Guy Turcotte…), où l’épuisement des nouveaux parents tourne parfois en dépression post-partum nocive pour le bébé, et où l’on sait que les mots peuvent faire autant de mal que les fessées, une maman monoparentale (Josée Fortin) a eu une belle idée : ouvrir une maison de répit où les parents pourront laisser leurs enfants quelques heures, voir quelques jours, en cas de situations d’urgence où ils doivent s’occuper d’eux-mêmes. 

En effet, à qui confier ses enfants lorsqu’on est au bord d’un gouffre (financier, médical, psychologique, etc.) et que l’on n’a ni grand-parent, ni voisins sympatiques, ni généreux amis pour nous aider?

Josée Fortin elle-même en a fait les frais : « J’étais très malade, ma famille est à Québec, et je n’avais personne autour de moi pour m’aider. Je me souviens que j’ai appelé le CLSC pour leur dire : je ne suis même pas capable de me faire cuire un oeuf! Mais ils ne pouvaient pas s’occuper de mon garçon! », raconte-t-elle.

La « maison Kangourou » qu’elle imagine devrait ouvrir dès que le local sera trouvé. Elle l’espère composé d’une vingtaine de chambres, idéalement à Montréal, près d’un métro; et pour la faire fonctionner, une quinzaine de bénévoles (infirmières à la retraite, stagiaires, etc.), 24 h sur 24. Ce serait flexible et facile d’approche. 

Les parents devront quant à eux payer de 15 $ à 50 $ la journée (ou de 5 $ à10 $ de l’heure), selon leur salaire.

Aujourd’hui, la seule porte de sortie qui s’ouvre pour les parents en demande d’aide urgente est le CLSC, mais beaucoup de facteurs peuvent les freiner. « Parfois, les gens ont peur d’aller au CLSC parce qu’ils craignent d’être signalés à la DPJ, dit-elle. Et au CLSC, il faut ouvrir un dossier pour commencer des démarches. Mais quand on est en détresse, on n’a pas forcément le temps ou la force d’aller ouvrir un dossier. Et parfois, les problèmes sont passagers. Ce qu’on veut, c’est éviter que les gens craquent. On veut protéger les enfants », a t-elle expliqué à la presse. 

L’idée est vraiment intéressante. 

En ce qui me concerne, le besoin ne s’est jamais présenté, car j’ai la chance d’avoir mes beaux-parents sur la rue d’à côté. Et des voisins plus que sympatiques. Mais tous les parents sont loin d’avoir cette chance, surtout dans les milieux vulnérables et isolés. 

Avez-vous déjà vécu des périodes où l’aide est venue à manquer? Que ce soit pour une petite dépression, un épuisement professionnel, des problèmes d’allaitement qui nous mettent à terre?

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (6)

  1. Roxanne 17 août 2011 à 15 h 34 min
    J'adore l'idée!!! J'en aurai probablement besoin un jour. Lors de ma 1re grossesse, j'ai vomi en moyenne 5 à 10 fois par jour pendant les 4-5 premiers mois. Je ne gardais ni eau ni nourriture. Après avoir beaucoup maigri et après avoir perdu toute énergie vitale que me restait-il ? Rien. J'étais comme morte, couchée à ne même pas avoir d'énergie pour me lever, me brosser les dents, rien. J'ai été hospitalisée à quelques reprises pour me réhydrater... Mais à ce moment je n'avais que moi à m'occuper donc personne ne dépendait de moi. Par contre, si je veux un 2e bébé, comment survivre et m'occuper de ma fille en même temps. Mon conjoint part de la maison 3-4 jours de suite par semaine sans revenir le soir ni la nuit pour son travail. Quand il est là ca va bien mais s'il n'est pas là, que faire ? Nous n'avons pas de famille dans les environs... Donc vers qui se tourner alors ?

    J'adore l'idée. Elle sera ou cette maison ? Dans quelle ville ? Peut-on avoir plus de détails ?
  2. Lisette Falker 17 août 2011 à 17 h 28 min
    Outre les services d'écoute, de références, d'accompagnement, de milieu de vie et de soutien à l'allaitement maternel (pour ne nommer que ceux-ci car les activités et services qu'on y retrouvent sont nombreux et variés!), plusieurs maisons des familles dans les différentes régions du Québec offrent aussi des services de halte-garderie ou halte-répit aux parents ayant ces besoins, un service variant d'une heure à une journée complète... les intervenants de ces organismes communautaires famille ont aussi souvent une entrée privilégiée auprès des intervenants du réseau de la santé, ce qui peut faciliter l'accès à des services pour certains parents qui hésiteraient à communiquer directement avec leur CLSC. Rappelons que les maisons des familles s'adressent à toutes les familles, peut importe leur condition économique ou sociale, et sont des milieux de vie sans jugement.

    Lisette Falker, coordo.
    Action Famille Lavaltrie
  3. Marie Charbonniaud 17 août 2011 à 17 h 39 min
    Merci Lisette pour ces précisions, c'est très apprécié

    @ Roxanne: Malheureusement cette maison Kangourou n'est pas ouverte encore. Je crois que la responsable du projet est encore en attente de subventions et surtout d'un lieu. Mais le projet est au point depuis plus d'un an et devrait se réaliser sous peu.
  4. Eve C 20 août 2011 à 00 h 37 min
    Je vis en campagne à 600 km de ma famille et la pluspart de mes amis. Oh que je comprend!!! Il faudrait de ses maisons partout!! Et les maisons de la famille sont d'un bon support mais pas quand les parents ont besoin de se retrouver un peu ensemble une soirée une journée de fin de semaine, car, ici du moins, les heures d'ouverture sont sur les heures de travail! C'est vraiment quand on a des enfants qu'on se rend compte que notre famille est très loin!!!
  5. Vicky 20 août 2011 à 05 h 01 min
    This article ahecievd exactly what I wanted it to achieve.
  6. Mélanie 29 août 2011 à 07 h 50 min
    Bonjour,
    Étant moi-même intervenante à la DPJ, je peux vous dire que des maisons de la sorte ce serait souhaitable dans toutes les régions du Québec, d'ailleurs en région il n'y a pas tous les services (comme les maison des familles, par exemple).
    C'est très dommage pour les enfants lorsque les services arrivent dans leur vie APRÈS que les parents aient été dépassés par la situation. Beaucoup de gens n'ont pas de réseau de soutien, donc lorsqu'ils vivent des difficultés personnelles et/ou familiales, et bien la situation peut dégénérer rapidement, et ce sont malheureusement souvent les enfants qui en font les frais...
    J'espère que ce service voira bel et bien le jour!

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