Les mauvaises habitudes… des parents

Les mauvaises habitudes… des parents
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste
15 août 2011
Comme parents, on éduque nos enfants au mieux de nos connaissances. Cela dit, de nos meilleures intentions découlent parfois des actions inappropriées... Certaines attitudes et pratiques risquent de nuire plus qu’aider les enfants à développer de bonnes habitudes alimentaires. En voici deux premières, parmi les plus répandues. Mon prochain billet poursuivra sur le même thème. 

Mon enfant n’aime pas ça

« Ne lui sers pas de carottes, elle n’aime pas ça. », « Tu n’as pas une autre collation? Il ne mange pas de bananes. », « On ne fera pas de quinoa pour le souper, on a déjà essayé et il n’a pas aimé ça. »

Il ne faut jamais tenir pour acquis qu’on connaît tous les goûts de nos enfants. Comment pourrait-on le faire quand ils sont capables d’adorer un aliment une journée et le refuser catégoriquement la semaine suivante? Les enfants sont parfois des girouettes quand il est question d’alimentation. C’est normal, ils sont en plein apprentissage et développement.

Apprécier des aliments découle parfois d’un long processus. Ce serait une erreur de s’arrêter au premier refus. Comme c’est une erreur de répondre pour l’enfant, car vous ne saurez jamais s’il veut changer d’idée et tenter une aventure gustative. Cette attitude pourrait au contraire conforter l’enfant dans son dédain et annuler toutes les possibilités d’y goûter de nouveau.

Par ailleurs, vous pourriez être surpris du changement d’attitude de votre enfant lorsqu’il est en compagnie d’autres personnes. Il suffit qu’il soit en présence d’un adulte ou d’un enfant qu’il aime ou admire particulièrement pour avoir envie de l’imiter. C’est ainsi qu’un petit bonhomme va soudainement aimer les bananes parce qu’il en partage une avec son parrain, et qu’une petite fille va goûter des carottes cuites parce que sa grande cousine, elle, elle adooooore ça!

Promettre une récompense s’il mange

Il n’a pas touché aux légumes dans son assiette. Sa maman brandit devant lui la boîte de biscuits en lui promettant qu’il en aura dès qu’il aura mangé son brocoli.

On veut tous que nos enfants mangent des légumes et autres aliments « bons pour leur santé ». Ce qu’on a tendance à oublier, c’est que les obligations n’ont rien de séduisant. Au contraire, quand on présente les légumes ou autres aliments comme une épreuve à franchir pour mériter un privilège, on renforce la perception négative à leur égard. La meilleure façon d’amener un enfant à manger divers aliments est d’en manger en sa compagnie. Ne pas insister, mais plutôt démontrer notre appréciation desdits aliments avec des commentaires positifs. Bref, il faut essayer d’être non seulement un modèle positif, mais idéalement un modèle enthousiaste. N’oubliez pas que plus vous serez convaincus, plus vous serez convaincants!

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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Commentaires (5)

  1. Chantal 16 août 2011 à 14 h 12 min
    Je suis tout à fait d'accord!! C'est arrivé souvent que ma fille de 3 ans ne voulait rien d'autre après son repas que des biscuits ou autres sucreries alors que je lui proposait des fruits ou du yogourt. Mais dès que je m'installais à table avec mon bol de yogourt, c'est drôle, elle était la première à venir piger dedans avec sa cuillère, et finalement, elle le mangeait au complet....influence, influence ;-) !!
  2. Élyse 16 août 2011 à 14 h 36 min
    Mon petit dernier est très difficile à faire manger. Même si mon mari et moi mangeons de tout il suffit que l'un ou l'autre de nos deux autres enfants ne mange pas quelque chose pour qu'il fasse pareil. A trois enfants je trouve ça très difficile et frustrant de préparer les repas et les collations car je sais qu'il y en aura toujours un qui fera la moue.... J'aimerais tellement que les repas soit plus agréable, mais je crois que ça n'arrivera jamais.... Car l'un n'aime pas tel légume et l'autre c'est autre chose qu'il n'aime pas. Que dois-je faire si je veux pouvoir avoir de bon repas pour la santé qui plaisent à tout le monde ?
  3. Geneviève 16 août 2011 à 20 h 50 min
    C'est tellement vrai ! Il ne faut pas baisser les bras et s'avouer vaincu au premier refût. Présenter les aliments de façon créative dans l'assiette. Moi j'ajoute des aliments que ma fille rafole avec tout ce qu'elle aime moins ça l'aide à découvrir de nouveaux aliments.
  4. Eve C 20 août 2011 à 00 h 30 min
    Je suis totalement d'accord de ne pas laisser tomber au premier refus et je suis aussi contre le fait de préparer un repas différent pour un enfant difficile, chez-moi ou ailleurs. Évidemment, je connais les goûts de mes enfants et, si je sert un légume qu'elles n'aiment pas, j'en met moins et je prépare aussi un légume qu'elles aiment.
    Mais.... à mon avis, un peu de motivation ne fait pas de tort! J'ai de très petites filles, qui ont peu d'apétit (sauf pour les cochonneries!!). La règle chez nous c'est que si t'as plus faim pour tes légumes, t'as plus faim pour du dessert (fruits ou yogout, occasionnellement des sucreries). Je n'exige pas que l'assiette soit vide, mais qu'elles aient mangé raisonnablement (plus de 2 bouchées!). Et s'il y a un légume nouveau ou qu'on mange pas souvent qu'elles rechignent à goûter, elles ont droit à un petit lait au chocolat si elles y goûtent. Généralement après quelques fois elles mangent le légume sans récompense.
    C'est peut-être mal, mais sinon, elles ne l'essaient pas, même avec tous les encouragements du monde!!
  5. Stephanie Cote 31 août 2011 à 17 h 34 min
    Merci pour vos commentaires, témoignages et trucs.

    @Elyse. C'est vrai qu'il est parfois difficile de contenter tout le monde, mais je vous décourage de préparer plusieurs repas pour plaire à chacun! Les goûts se développent et les enfants apprendront à aimer plusieurs aliments au fil du temps. Si vous ne pouvez pas forcer vos enfants à manger ni à apprécier les aliments, demandez-leur de respecter les goûts des autres ainsi que votre travail de "cuisinière". On a le droit de ne pas tout aimer, mais dans ce cas, on se tourne vers les aliments qu'on apprécie dans notre assiette et on garde nos commentaires négatifs pour soi. Les plus grands doivent prendre conscience de leur influence sur les plus petits. C'est une piste... Gardez espoir!

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