Les desserts: les réponses à vos questions

Les desserts: les réponses à vos questions
31 juillet 2011

Q : Quel est l’impact de servir du dessert à mon enfant?

R : Avant de s’attarder aux desserts en soi, il faut parler de la manière de les offrir. Pour beaucoup d’adultes, le dessert est considéré comme une récompense. C’est la gâterie qu’on s’offre à la fin d’une dure journée ou pour se féliciter d’être allé s’entraîner. Le dessert est aussi la récompense que plusieurs d’entre nous offrent à leur enfant pour avoir terminé leur assiette. Toutefois, il faut essayer de changer cette perception et surtout éviter de transmettre aux jeunes enfants l’idée que le dessert est un prix à gagner quand on passe l’« épreuve » du plat principal. Au contraire, si le dessert est prévu au menu, votre enfant doit y avoir droit, qu’il ait fini son assiette ou non.

De plus, le dessert est un complément, soit nutritif, soit sensoriel ou encore les deux, au repas. Et, bien qu’il puisse parfois inciter à la gourmandise, le dessert omniprésent a quelque chose de rassurant qui peut, au contraire, prévenir certains excès. En effet, il signifie à votre enfant qu’il peut refuser un dessert s’il est repu et que l’occasion se représentera d’en manger. Après tout, un bon dessert, c’est avant tout un dessert que l’on mange avec appétit, quand on a encore faim!

Des études ont démontré que le goût pour le sucré est inné. L’introduction du dessert dans l’alimentation de votre enfant doit commencer avec des desserts nourrissants, car si vous commencez précocement par les desserts sucrés, l’acceptation d’aliments nourrissants pourrait être plus difficile à intégrer, notamment à cause de leur goût ou de leur texture. Il est donc préférable de retarder un peu l’introduction de desserts sucrés (gâteries) afin de lui faire découvrir les aliments plus nourrissants d’abord.


Q : Est-ce qu’un fruit peut être considéré comme un dessert?

R : Tout à fait. Les fruits demeurent le dessert nourrissant par excellence pour une bonne partie de l’enfance. À partir de 9 mois, vous pouvez varier un peu en intégrant progressivement les produits laitiers (yogourt, fromage frais aux fruits, lait glacé maison, yogourt glacé maison) et, quelques mois plus tard, alterner en incluant des desserts comprenant des produits céréaliers (muffin maison, pain aux bananes, etc.). Le fait d’ajouter de la variété permettra à votre enfant de continuer à apprécier les fruits. L’idéal est de ne pas en abuser et de varier la présentation, tout en continuant à lui en offrir.

Les fruits frais peuvent notamment prendre la forme d’une salade, d’une trempette ou d’un smoothie, sans oublier toutes les possibilités de les utiliser dans des carrés aux fruits, des croustades, des poudings au riz ou au lait, etc.

Les fruits, le yogourt, les desserts au lait, les muffins maison et les gâteries sont compatibles avec une alimentation saine. Tout est une question de fréquence et de quantité. Préférez les desserts nourrissants tout en laissant place de temps en temps aux desserts un peu plus sucrés. L’équilibre alimentaire n’est pas compromis lorsque quelques desserts sucrés par semaine viennent compléter un menu autrement nourrissant. Les desserts, nourrissants ou sucrés, contribuent aussi à l’équilibre voulant que tous les aliments soient permis.


Q : Mon enfant me demande souvent une deuxième portion de dessert, est-ce correct de lui en redonner?

R : Limitez-vous à une portion de dessert pour tous les membres de la famille. Votre enfant doit apprendre que si le dessert est inclus dans une bonne alimentation, en revanche, on ne se nourrit pas de dessert. Que votre enfant ait vidé son assiette ou non, la portion reste la même. Encore faim ensuite? Deux options : il peut terminer l’assiette inachevée qui n’était pas très loin ou attendre la prochaine collation à l’heure prévue. Pour montrer l’exemple, si vous êtes gourmands, attendez que les enfants soient couchés avant de vous servir une deuxième portion de gâteau.


Q : Mon enfant pense déjà au dessert avant même d’avoir commencé son repas principal. Est-ce inquiétant?

R : Il est normal que votre enfant ait hâte au dessert puisqu’il a une attirance innée pour le goût sucré et un dégoût pour l’amertume depuis sa naissance. Ce dégoût aurait pour rôle de protéger le corps en évitant l’ingestion d’aliments toxiques. Malheureusement, ce refus du goût amer fait en sorte que plusieurs légumes et autres aliments peuvent être mis de côté au cours de son enfance. Le dessert devient alors beaucoup plus attirant à cause de son goût sucré.

Comment gérer cette situation?
Expliquez à votre enfant que le dessert est un complément au repas et qu’il ne doit pas perdre de vue que le plat principal est le mets le plus important. Comme mentionné plus haut, on ne se nourrit pas de dessert. On ne peut pas punir un enfant d’avoir cessé de manger parce qu’il se gardait volontairement une petite place pour le dessert plutôt que de repousser les limites de son appétit. Si, à vos yeux, votre enfant arrête prématurément son repas, demandez-lui son degré de faim (petit creux, satisfait, plein, trop plein) et s’il juge que sa faim sera assouvie avec une portion de dessert. Le cas échéant, il ne repousse pas les limites de son appétit et c’est très bien ainsi. S’il juge que non, alors le plat principal (et non une 2e portion de dessert) sera de nouveau offert.


Q : Durant l’été, à quelle fréquence puis-je offrir des desserts glacés et à quoi correspond une portion?

R : Il existe une panoplie de desserts glacés dans les congélateurs des épiceries et des dépanneurs. On en trouve en portions de 100 calories, sans sucre, sans sucre ajouté, allégé en gras, sans gras, etc. Peu importe ces appellations, les meilleurs desserts glacés contiennent des ingrédients naturels (lait, crème, eau,  fruits ou purées de fruits) ainsi qu’une liste d’ingrédients assez courte. Évitez les desserts glacés contenant des édulcorants, tels que l’aspartame, le sucralose ou le sorbitol. Le sorbitol peut causer des ballonnements et de la diarrhée dès qu’on en ingère 10 g. Il est même déconseillé aux femmes enceintes et à celles qui allaitent. Pour ce qui est des autres édulcorants, ils entretiennent le goût pour le sucre, sans être associés à une prise énergétique. À la longue, la consommation d’édulcorants risque de rendre difficile la régulation interne des besoins et apports énergétiques.

Une portion de crème glacée, de lait glacé ou de sorbet correspond à 125 ml (1/2 tasse), soit l’équivalent d’une demi-balle de tennis. Pour ce qui est des bâtonnets ou des sucettes glacés du commerce, un seul suffit. Les versions « mini » sont aussi un bon format pour les enfants.

Les crèmes glacées faites à partir de crème ont souvent un apport en calories plus élevé. Si vous ne mangez de la crème glacée que de temps à autre, le choix d’un produit à base de vraie crème se justifie. Si vous offrez fréquemment des desserts glacés du commerce, d’autres options sont disponibles, comme le lait glacé, qui est moins gras que la crème glacée. Les sorbets ne contiennent généralement pas de gras, mais ils ont souvent une teneur en sucre plus élevée. Vous pouvez aussi préparer vos versions maison en mélangeant lait, yogourt, purée de fruits, jus de fruits ou tofu soyeux. C’est simple et efficace contre la soif causée par les grandes chaleurs, tout en étant économique et nutritif.

Les desserts glacés du commerce devraient être consommés occasionnellement, mais il peut y avoir des semaines durant l’été où la demande est plus forte. Dans ces cas, ne soyez pas inquiets, ce n’est pas quelques desserts glacés de plus par semaine qui compromettront l’équilibre alimentaire de vos enfants. Encore une fois, tout est une question de fréquence et de quantité.

Q : À partir de quel âge puis-je donner des desserts au chocolat à mon enfant?

R : Il n’existe pas de lignes directrices ciblant un âge en particulier pour l’introduction du chocolat. Votre bon jugement et la culture dictent la plupart du temps l’âge d’introduction. Dans son blogue, Stéphanie Côté disait que vers 18 mois à 24 mois, les enfants sont prêts à découvrir le chocolat.

Outre le goût très apprécié du chocolat, un autre aspect à considérer en lien avec son introduction est son contenu en caféine. Pour les enfants de 12 ans et moins, Santé Canada recommande un apport quotidien maximal en caféine de 2,5 mg par kg de poids corporel. Selon le poids corporel moyen de l’enfant, l’apport maximal recommandé en caféine  est de 45 mg pour les enfants de 4 ans à 6 ans. Bien qu’il fournisse un peu moins de cet excitant que le café, son effet est tout aussi stimulant!

  • 175 ml (3/4 tasse) de café au percolateur fournissent 74 mg de caféine
  • 30 g (90 ml) de cacao fournissent 72 mg de caféine
  • 30 g de chocolat non sucré fournissent 59 mg de caféine
  • 30 g de chocolat mi-sucré fournissent 18 mg de caféine
  • 30 g de chocolat au lait fournissent 7,5 mg de caféine


Q : J’hésite à offrir des desserts sucrés au repas du soir, car je crains que mon enfant soit trop agité en soirée.

R : Le mythe associé au fait que le sucre rend les enfants hyperactifs a la couenne dure! Contrairement à la croyance populaire, les études ont démontré que le sucre ne rend pas les enfants hyperactifs. C’est ce qu’indiquent plus de 12 études scientifiques solides : les sucreries ne sont pas responsables des troubles comportementaux des enfants normaux et n’aggravent pas les symptômes de ceux qui souffrent d’hyperactivité.

C’est l’environnement et le contexte dans lequel ces desserts riches en sucres sont offerts qui seraient plutôt les coupables. Si les desserts sont offerts rarement, il est probable qu’un enfant devienne excité à l’idée de manger ce type de dessert... à n’importe quelle heure de la journée! D’autres situations peuvent aussi exciter l’enfant, comme une fête, la visite d’amis ou de grands-parents, l’anniversaire d’un proche, le temps des Fêtes, etc.

Cela dit, on vous conseille de ne pas servir de desserts au chocolat en soirée. La petite taille des enfants et la lenteur à laquelle leur corps élimine la caféine font qu’ils sont généralement plus sensibles que nous, ce qui pourrait gâcher leur sommeil.


Notez que les nutritionnistes d’Infocuisine ne répondront pas à de nouvelles questions dans cette page, mais qu’il vous est toujours possible de les contacter par le site Web de nospetitsmangeurs.org. Le prochain thème sera celui du jus; préparez vos questions!

Nos petits mangeurs
L'alimentation de vos enfants vous préoccupe? Voici les conseils personnalisés des nutritionnistes de Nospetitsmangeurs.org.
Tous les billets de l'auteur

Billets sur le même sujet

Commentaires (2)

  1. Santé, bonheur et prospérité: des souhaits aliment 1 janvier 2013 à 06 h 06 min
    [...] [...]
  2. 4 mars 2013 à 08 h 17 min
    [...] [...]

Partager