Après les vols sans fumée, les vols sans enfant?

Après les vols sans fumée, les vols sans enfant?
27 juillet 2011

 Au mois de mars dernier, je m’interrogeais avec vous sur le phénomène des gens qui ne tolèrent pas les pleurs de bébés, par exemple dans les avions, les restaurants, etc. 

Je réagissais notamment aux écrits d’une journaliste, qui se prenait à espérer que les bébés soient, un jour, interdits dans certaines classes d’avion. 

Eh bien, dans certains pays, c’est chose faite! 

La compagnie Malaysia Airlines, qui facture ses allers simples 5 000 $ entre Kuala Lumpur et Londres, vient d’interdire sa première classe aux bébés dans ses Airbus A380 et ses Boing 747. Selon les dirigeants, de trop nombreux clients prétendaient ne pas pouvoir dormir à cause de pleurs d’enfants. 

Pour ou contre? Visiblement, la mesure pourrait faire des petits puisque, depuis quelques années déjà, selon le Daily Mail, des voyagistes demandent à des compagnies comme British Airways ou Virgin Atlantic d’offrir des vols « sans enfant » (des child-free flights : avouez que cela sonne drôlement!).

La compagnie low cost Ryanair a également décidé de créer des vols sans enfants sur certaines lignes à haute fréquence, à partir d’octobre prochain. 

« Quand on en vient à parler d’enfants, nous aimons tous les nôtres, mais nous préférerions clairement éviter de devoir supporter les petits monstres des autres quand on voyage », explique la direction de Ryanair, qui précise que la moitié des clients de Ryanair sont prêts à payer plus cher leurs billets d’avion pour ne pas avoir à supporter les rejetons des autres passagers. 

C’est une réalité. Plusieurs sondages l’ont dit. Celui fait par Skyscanner (un site comparatif de vols) démontre que 6 personnes sur 10 sont favorables à des sections familiales dans l’avion, tandis que 2 sur 10 aimeraient voir des vols réservés aux adultes. 

Et savez-vous quoi? Certains parents seraient pour, eux aussi. Après tout, ils disent que ce sera bien plus agréable de se retrouver entre parents plutôt que de côtoyer des personnes exaspérées. Car cela est très stressant pour les parents, aussi. 

Le projet aurait d’autres avantages. En 2007, une représentante démocrate au Congrés américain a déposé un projet de loi pour obliger les compagnies à créer des sections familiales pour protéger les jeunes yeux des films parfois violents que l’on peut voir à bord (un vrai débat aussi, je l’admets). 

Quoi qu’il en soit, aux États-Unis justement, ce n’est pas demain la veille qu’il y aura des child-free flights. L’Air Transport Association, qui représente les principales compagnies américaines, vient de se prononcer contre. 

Interrogé récemment par le New York Times,  son porte-parole commente : « C’est une industrie qui travaille fort pour être profitable. Aucune compagnie ne se risquera à décourager quelqu’un de prendre un vol plutôt qu’un autre. » 

Quant à la section « famille », il ne semble pas plus optimiste. « Que ferait-on des passagers qui disent : Je veux m’assoir devant, mais mon fils veut rester avec ma famille? Et comment gèrerait-on les substitutions de dernières minutes, quand il faut remplacer une famille de 12 par une famille de 6? » 

Vouloir séparer les passagers serait, en plus, une belle pente glissante. « Y a-t-il vraiment quelqu’un qui souhaiterait, un jour, être assis au sein de la section “Obèses”, par exemple?  Et pourquoi pas dans la section des aînés? », ajoute-t-il. 

Finalement, assure-t-il, cela concerne une minorité. Ouf, doit-on y croire?

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (1)

  1. Loryn 20 août 2011 à 22 h 00 min
    I'm relaly into it, thanks for this great stuff!

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