Contre Dora, on ne fait pas le poids!

Contre Dora, on ne fait pas le poids!
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste
14 mai 2011
« Maman, je veux! »

Je ne me souviens pas où c’était ni pourquoi. Au magasin de jouets, pour un toutou? À l’épicerie, pour une gâterie? À la pharmacie, pour les bonbons « judicieusement » placés à côté de la caisse? Je ne me souviens plus de l’endroit ni de l’objet de la requête, mais je sais que mes enfants devaient avoir environ 2 ans. C’est du moins à cet âge que la majorité des enfants font leur première demande de consommateur, selon une conférencière entendue récemment dans le cadre du colloque Surdose médiatique et santé des jeunes. Que dis-je? À 2 ans, ce n’est même pas encore « je » veux, c’est « ze » veux!


Vous en êtes sûrement conscients, à 2 ans, vos petits exercent déjà un pouvoir d’achat. Un pouvoir d’influence, du moins. Une influence qui se chiffre à plusieurs milliards de dollars chaque année. Eux, ils n’en sont pas conscients. Et ils sont encore moins conscients de l’effet de la publicité. Il faudrait d’abord qu’ils comprennent que la publicité et les émissions de télé sont distinctes de la réalité. Difficile quand Dora et Babouche leur parlent comme à des amis!

C’est en partie pour les protéger de leur naïveté et de leur innocence qu’au Québec, la Loi interdit la publicité à but commercial aux enfants de 13 ans et moins. Une chance, parce qu’avec 25 h d’écoute de télé chaque semaine (la moyenne, selon les statistiques), les dommages seraient encore plus grands. Déjà que la surdose médiatique est considérée comme un facteur contribuant à l’obésité...

La Loi ne protège pas parfaitement et immunise encore moins nos enfants contre le marketing alimentaire. Une étude ontarienne publiée en 2010 laissait entendre que les jeunes Québécois étaient tout autant exposés à la publicité alimentaire que leurs compatriotes ontariens. La différence est que les messages publicitaires s’adressaient moins directement à eux.

Outre les publicités auxquelles ils sont exposés durant les émissions « pour toute la famille » et les affiches extérieures, il y a aussi les figurines qui dictent leurs choix chez McDo et les images de leurs héros favoris sur des « collations aux fruits » – des bonbons, oui – à l’épicerie. Indirectement, et malgré tous les efforts que vous faites pour conférer de bonnes habitudes alimentaires à vos petits mangeurs, Dora, les princesses de Disney, Flash McQueen, Woody et compagnie influent d’ore et déjà leurs choix et leurs préférences.

Essayez-vous de leur résister?

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
Tous les billets de l'auteur

Billets sur le même sujet

Commentaires (11)

  1. Milali 14 mai 2011 à 14 h 47 min
    Chez nous, notre puce de 3 ans nous fait mangé du Hello Kitty à toutes les sauces !! On cède à juste mesure, pour lui faire plaisir sans que cela devienne un dû !! Elle le sait d'ailleurs qu'il ne faut pas trop insister.
  2. isabelle 17 mai 2011 à 02 h 11 min
    À leur anniversaire, mes garçons (et leurs amis) ont eu droit aux friandises Dora. En vacances, en camping, on mange parfois des céréales sucrées ou colorées...mais ça s'arrête là. Pour ne pas les «priver» de leur personnages préférés omniprésents dans les magasins, les pyjamas ou les verres pour enfants sont ce qu'il y a de mieux à mon avis. Utiles en plus et dans le verre, on peut mettre du lait ou de l'eau !

  3. Francine 18 mai 2011 à 06 h 17 min
    Nous sommes des parents indignes. Nos enfants nous récitent par coeur les annoncent entendues pendant leurs heures contrôlées d'écoute d'émissions pour jeunes. Nous leur disons simplement que ce n'est pas parce qu'ils le disent à la télé que c'est vrai. C,est un processus continuel par contre!

    Maintenant, les 2 plus vieux font l'éducation de la plus jeune. Ils sont devenus plutôt critiques. En auront nous fait des enfants blasés avant leur temps?
  4. Julie 18 mai 2011 à 14 h 54 min
    oui on en achète, mais modérément... ma fille ayant 2 ans et demi, elle se contente souvent de traîner quelque chose quand on va à l'épicerie... je m'excerce simplement à ce que ce ''quelque chose'' soit une boite de céréale, de craquelin ou le mieu pour la santé en évitant les allées cochonneries de l'épicerie!!! c'est tout une organisation!! :)

  5. Sophie 18 mai 2011 à 15 h 31 min
    J'ai trouvé la solution: je fais mon épicerie en ligne sur iga.ca quand les enfants dorment!
  6. Stephanie Cote 18 mai 2011 à 18 h 24 min
    Plusieurs solutions pour ne pas perdre (complètement) le contrôle: j'aime ça!
  7. MarieN 21 mai 2011 à 00 h 14 min
    Ici, nous avons la chance de pouvoir faire nos courses au marché public. Aucune chance d'y retrouver un panier de zucchinis Dora...
  8. Eve 21 mai 2011 à 17 h 40 min
    nous aussi on achète parfois des "cochonneries" mais je tente toujours d'opter pour le "moindre mal". Pour les personnages, on opte plus pour les t-shirt, les livres, les auto-collants de récompenses et autres objets. J'essaie le plus que possible de dissocier les personnages de l'alimentation. À ce jour ça semble fonctionner! je croise mes doigts!
  9. Mena 27 mai 2011 à 02 h 09 min
    Wow! Great thniikng! JK
  10. mélanie 29 mai 2011 à 13 h 16 min
    J'essaie aussi d'éviter toutes les friandises mais plus ils vieillissent, plus ils sont en contact avec ces produits et plus ils en réclament. Si on voit cette fameuse crème glacée de Dora avec ma fille, malheureusement, je lui ferai certainement plaisir... Pourtant, j'essaie tellement de lui donner de bonnes habitudes alimentaires. J'ai une pensée bien utopique mais je rêve du jour où les friandises (100% sucre et autres produits sans aucune valeur) seront illégales... un peu comme la drogue!
  11. Stephanie Cote 30 mai 2011 à 18 h 29 min
    Mélanie, je crois que les friandises peuvent avoir une (petite) place dans la vie des enfants sans ruiner tous nos efforts à bien les nourrir. Les interdits sont attirants, vous savez, ce ne serait pas mieux de les interdire! Offrez-en à l'occasion sans vous culpabiliser...

Partager