Une chambre d’enfant ressemble aussi à ça

Une chambre d’enfant ressemble aussi à ça
13 avril 2011

Vous arrive-t-il, parfois, de regarder un documentaire humanitaire en vous disant : « Et si j’étais née dans cette famille-là, dans ce pays-là… » J’avoue que cela m’arrive. Soit en pensant à moi-même (j’aurais pu naître là-bas, au Japon, près de cette usine atomique), soit en regardant mes 3 petits amours (les chanceux d’être nés ici).

Quand j’ai découvert le projet du photographe James Mollison, auteur du livre Where the children sleep (Où les enfants dorment), cela m’a replongée intensément dans ces pensées. Mais cette fois-ci, en y mettant des images.

Ce photographe, né au Kenya, diplômé en Angleterre et installé actuellement en Italie, a parcouru le monde entier durant 2 ans pour ce projet. Il a photographié des enfants, mais aussi leur chambre.  

Juste avant que vous ne cliquiez pour aller en voir des extraits, je vous en dis un peu plus sur le contexte de ce projet. 

Quand son laboratoire créatif, Fabrica, lui a demandé un projet lié aux droits de l’enfant, James Mollison a pensé... à sa propre chambre d’enfant. À combien elle était significative à ses yeux; combien elle reflétait ce qu’il était, mais aussi ce qu’il était devenu.

Alors, il s’est dit que photographier des chambres d’enfants, dans toutes sortes de circonstances et toutes sortes d’endroits, était certainement une manière de les faire parler d’eux-mêmes.

Il a donc photographié beaucoup de chambres et d’enfants, mais pas n’importe comment. D’un côté, il a photographié leur chambre (sans eux), et de l’autre, ces enfants seuls, devant un fond parfaitement neutre. « Mon idée était que les chambres reflètent le contexte culturel et matériel des enfants - ce qui les distingue les uns des autres, inévitablement - tandis que les enfants, eux, apparaîtraient dans un portrait individuel, symbolisant ainsi leur égalité naturelle », explique-t-il sur son site.

Cela donne un résultat foudroyant de vérité et d’humanité. Avec des images qui parlent d’elles-mêmes, comme le font si bien les photographies talentueuses. On ne voit qu’une chambre et, pourtant, on a l’impression de connaitre l’enfant, sa famille, son pays, ses misères et ses petits bonheurs. Vous découvrirez ainsi la chambre de Ndira, Népalaise de 7 ans, qui travaille à la carrière de granit de la région depuis qu’elle a 3 ans. 

Celle de Roathy 8 ans, qui vit dans la banlieue de Phnom Penh, au Cambodge. Sa maison se trouve sur une immense décharge d’ordures et son matelas est fabriqué à partir de vieux pneus.

Ou encore celle de Jasmine, 4 ans, qui vit dans une grande maison du Kentucky. Sa chambre est pleine de couronnes et d’écharpes qu’elle a gagnées dans des concours de beauté.

Chacun semble le reflet de sa société, même si on a du mal à se dire que ce sont des enfants « moyens », plutôt des extrêmes... Mais on comprend pourquoi ce livre est tout autant destiné à des enfants, intéressés aux conditions de vie de leurs semblables partout à travers le monde, qu’à des adultes amateurs de photographie et de réflexions sociales.

Une internaute, dont je lisais le commentaire, a reproché à la série photographique d’être très « clichée ». Je cite : « Le Palestinien est sans doute terroriste, le juif obèse et sa chambre effrayante, les petits Chinois avec leurs affiches de mao, les enfants américains armés, les Africaines excisées, les Brésiliens dans les favelas... »

Ce n’est pas faux. Mais la base n’en est pas moins réelle et cette richesse de contrastes est saisissante, je trouve.

Et vous?

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (3)

  1. Sandra 17 avril 2011 à 18 h 58 min
    Merci, merci. Je vous adore madame Charbonniaud. Ces photos sont magnifiques et extrêmement touchantes. Vous avez le don de nous présenter des sujets qui nous obligent à réfléchir.
  2. Marie Charbonniaud 18 avril 2011 à 14 h 55 min
    Vous êtes adorable Sandra, merci à vous! Cela me touche beaucoup!
  3. Bobbe 26 mai 2011 à 11 h 37 min
    That's the best aneswr of all time! JMHO

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