L’intelligence se joue (en partie) dans l’assiette

L’intelligence se joue (en partie) dans l’assiette
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste
20 février 2011

Il y a quelques semaines, j’ai acheté une boîte de céréales Froot Loops pour une chronique à la télé. Et j’ai ramené la boîte chez moi. Je ne sais pas pourquoi je ressens le besoin de justifier la présence de Froot Loops dans mon garde-manger! Bref, ce matin, ma fille me demande « des céréales de couleurs » pour déjeuner. Je n’ai pas eu le temps de prononcer un mot que son petit frère de 2 ½ ans lui a lancé : « C’est pas un déjeuner, c’est du dessert », avant de poursuivre, à mon intention : « C’est vrai, hein, maman? »

Benjamin a raison, je refuse que les Froot Loops fassent office de petit-déjeuner. Tout au plus, j’accepterais de les mélanger avec des céréales plus nourrissantes. Mais comme le message « ce n’est pas un déjeuner » leur est déjà rentré dans la tête, je ne veux pas semer la confusion. Même si mon conjoint me glisse à l’oreille : « On en a bien mangé quand on était petit et on n’est pas mort... »

Il a raison lui aussi. Mais on est peut-être moins intelligent qu’on pourrait l’être cependant!

Eh oui. Semble-t-il que l’alimentation durant la petite enfance aurait un effet sur notre intelligence. C’est du moins ce qu’ont observé des chercheurs de l’Université de Bristol en Angleterre. Les enfants âgés de 3 ans qui mangeaient plus de gras, de sucre et d’aliments transformés ont vu leur quotient intellectuel diminué à 8 ans, contrairement aux enfants qui avaient une alimentation plus équilibrée riche en fruits, en légumes et en pâtes alimentaires.

Ce n’est pas fou, quand on sait que le cerveau se développe à une vitesse folle durant les 5 premières années de vie. Il exige des matériaux spéciaux et beaucoup d’énergie (calories). C’est pourquoi on parle de l’importance des oméga-3 provenant des poissons gras (saumon, maquereau, hareng, truite, etc.) et du lait entier jusqu’à au moins 2 ans. 

Par ailleurs, la petite enfance est une période charnière dans l’acquisition de saines habitudes. Ce que les enfants apprennent et développent comme habitudes très tôt dans leur vie les suivra de nombreuses années. Mieux vaut donc partir du bon pied! Leur QI et leur santé future en dépendent.

L’idée de jeter la boîte de céréales-bonbons me traverse l’esprit. Et puis non. On parle d’une boîte en 5 ans. Mais on va tout de même manger du saumon pour souper. Juste pour être sûr.

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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Commentaires (5)

  1. Rocksand 21 février 2011 à 12 h 53 min
    Mon fils de 7 ans fait ça, mélanger des céréales, sa propre idée. Il mélange des cheerios avec des céréales de fibres style All Bran ou Alpen. Il adore. Une bonne façon d'apporter une petite touche santé à des céréales qui le sont moins! D'ailleurs quand il était plus jeune, pour éviter les dégâts de lait, je lui mettais des yogourts aux fruits dans ses céréales. Il mange très santé et j'en suis très heureuse. Il aime de tout et goûte à tout. Ça repose, avec la grande qui n'aime rien et rouspète sur tout ;)
  2. Cath Gosse 23 février 2011 à 11 h 38 min
    Chouette cet article transmis par une amie ! J'ai créé un spectacle qui s'appelle la géante à croquer et qui est basé sur le thème de l'alimentation. J'ai apprécié votre démarche, sauf que... votre saumon, s'il n'est pas bio est bourré d'antibiotiques et de métaux lourds !!! Préférez le hareng, le maquereau et la sardine qui restent encore à peu près sauvage !
    Merci pour l'étude que vous citez.
    Portez vous à merveille !
    La Gosse
    site : lagosse.net
  3. Elise. 24 février 2011 à 00 h 36 min
    Parlant d'Omega-3 et d'intelligence: Est-ce que la consommation de graines de lin moulue favorise le développement du cerveau chez l'enfant pendant la grossesse? Si oui, quelle quantité recommandez-vous! Félicitations Stéphanie pour votre excellente chronique!
  4. Anonymous 24 février 2011 à 13 h 39 min
    Est-ce que les variables tel que le niveau socio-économique, les valeurs et méthodes éducatives, éducation des parents etc. ont été contrôlées? Parce que sinon je trouve qu'on saute vite aux conclusions!

    Et si l'alimentation était plutôt en lien avec la façon dont les parents voient le parentage? L'alimentation pauvre un symptome?
  5. Stephanie Cote 24 février 2011 à 14 h 59 min
    @Cath Gosse. C'est vrai qu'il est difficile de choisir quel poisson manger quand on tient à la fois compte de la valeur nutritive, de la contamination possible et des enjeux environnementaux. Néanmoins, il semble établi que les avantages à manger du poisson gras régulièrement sont supérieurs aux risques potentiels liés aux contaminants. Cela dit, vous avez raison, il y a d'autres poissons que le saumon qui méritent notre attention!

    @Elise. Les oméga-3 durant la grossesse contribue au développement du cerveau du foetus. Sur ce plan, les oméga-3 des poissons (EPA et ADH) sont beaucoup plus intéressants que ceux des graines de lin. Cela dit, il n'y a aucun inconvénient à manger des graines de lin moulues tous les jours (1 c. à thé ou à soupe).

    @Anonymous. Vous avez raison de dire que l'alimentation n'est pas le seul facteur qui affecte le QI. Mais elle fait partie de l'équation. Sans oublier que le statut socio-économique et les méthodes éducatives des parents ont leur part d'influence sur les habitudes alimentaires.

    Merci pour vos commentaires! N'hésitez pas à me faire des suggestions pour d'éventuels sujets.

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