Votre régime a un impact sur vos enfants

Votre régime a un impact sur vos enfants
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste
9 janvier 2011

« Maman, tu t’es toujours trouvée grosse. Tu aimerais retrouver ton poids d’il y a 20 ans, mais te souviens-tu qu’il y a 20 ans, tu te trouvais trop grosse? On t’a toujours entendue parler de tes fesses trop larges, de ton ventre trop mou, de tes grosses cuisses, de ta supposée culotte de cheval. Tu étais la seule à te voir comme ça. Tu n’as jamais été satisfaite de ton corps et tu as toujours cherché à perdre du poids, sinon parlé de régimes ou de produits amaigrissants. Une chance qu’on est des gars, parce que si on était des filles, on aurait probablement juste ça en tête nous aussi. »

Voilà ce que deux fils avaient à dire récemment à leur mère qui parlait (encore) de sa silhouette, des hors-d’oeuvre qui faisaient grossir et de la bûche qu’elle ne se donnait pas le droit de manger. Et vous, quel type de femme êtes-vous? Quel genre de mère et surtout de modèle êtes-vous?

En cette période de résolutions, si votre intention est de perdre du poids, réfléchissez bien à votre façon d’y parvenir. En plus d’avoir de possibles effets néfastes sur votre santé physique et mentale, s’ils sont mal équilibrés les régimes amaigrissants risquent d’avoir un impact négatif sur vos enfants. Vos filles, en particulier.

Comme parent, vos gestes, vos attitudes et vos paroles ont beaucoup d’influence sur vos enfants. Plusieurs études révèlent que les filles dont les mères s’imposent des restrictions alimentaires ont plus de risque d’adopter des comportements similaires. Les enfants sont sensibles aux messages que véhicule, directement ou indirectement, un parent qui accorde une grande importance à l’apparence et qui, de surcroît, est insatisfait de la sienne. La confiance en soi de nos enfants se bâtit tôt. Leur relation avec la nourriture et leur corps est également très malléable.

Avez-vous une perception négative de votre image corporelle? Êtes-vous trop préoccupée par votre poids? Si vous vous reconnaissez dans les affirmations suivantes, il y a des possibilités que la réponse soit oui. En prendre conscience est un début pour que ce ne soit pas le cas de vos filles…

  • Vous vous pesez toutes les semaines (ou plus souvent).
  • Vous aimeriez porter une ou deux tailles plus petites de vêtement.
  • Vous faites de l’exercice par obligation et non par plaisir.
  • Votre objectif, quand vous faites de l’exercice, est de brûler des calories.
    Vous pensez très souvent à la nourriture.
  • Vous vous sentez coupable quand vous mangez des sucreries, des pâtisseries ou autres gâteries.
  • Vous êtes insatisfaite de votre corps.

Je n’ai rien contre l’idée de perdre du poids si nécessaire. SI nécessaire. Mais pas n’importe comment et, surtout, pas tout le temps. Il n’y a qu’une seule méthode saine éprouvée : modifier progressivement ses habitudes alimentaires et devenir physiquement plus actif. Rayer le mot « régime » de son vocabulaire. Adopter un nouveau mode de vie… et y prendre plaisir!

Quel est le plus gros défi? Perdre du poids ou penser un peu moins à son poids?

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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Commentaires (5)

  1. Emilie Dansereau-Trahan 10 janvier 2011 à 16 h 45 min
    Merci pour ce beau billet plein de sensibilité. Il est vrai que souvent les troubles de l'image corporelle se transmettent de mère en fille et qu'il importe donc de prendre conscience du pouvoir des mots et des gestes sur nos enfants. Dans ce cas-ci, il s'agit du poids, mais c'est vrai pour plusieurs autres choses aussi.
    Toutefois, vous terminez en mentionnant que le seul moyen de perdre du poids, c'est de changer graduellement ses habitudes de vie et d'être physiquement actif. J'ajouterais l'importance d'adresser cette soufrance qui accompagne l'image que l,on a de nous-même lorsque celle-ci est négative car cette perception de nous influence plusieurs de nos comportements. Sans l'adresser, nous risquons de plonger dans le changement des habitudes de vie comme nous plongeons dans un régime.
    Merci encore.
    Émilie
  2. sandy 11 janvier 2011 à 04 h 10 min
    Merci,pour votre rubrique,je suis une mere typique,décrite ci-haut,mais mon cas est maladie appelée anorexie et c est tres difficile de s en sortir...mon garcon de 11 anns me repete souvent etmange mamaman,ce serait mon plus beau cadeau...mais comment y parvenir....Aujourd hui mon gars me dit: woah!maman tu es trop maigre, maman. ca c est un cas extreme il faudrait que tu manges un peu plus et tu vas etre encore mince mais NORMALE...Et il rajoute; pourqoui tu veux etre mince maman? allez, avoue,c est pour te faire remarquer, je vous jure que cette remarque m a fait un choc dans mes neurones on dirait qu il avait touché le point exact de ma sensibilité,a vouloir avoir une restriction face au manger....j avais besoin de plus d attention et de soutien,de compréhension mon cercle social étant limité,je suis une personne introvertie a qui pouvais-je avoir confiance pour me désalterer l esprit....Devrais-je écouter mon fils ....
  3. Stephanie Cote 12 janvier 2011 à 01 h 56 min
    Merci pour vos commentaires.

    Effectivement Émilie, les changements ne se font pas seulement sur le plan alimentaire, mais aussi sur le plan psychologique. C'est un point très important que vous soulignez.

    Sandy, vous êtes très consciente de votre problème, comme l'est votre fils, et vous gagneriez à demander de l'aide. Vous vivez une détresse, mais il est possible de vous en sortir. Je vous suggère de vous adresse à l'organisme "Anorexie et boulimie Québec", aussi connu sous le nom de ANEB. Voici le site web, où vous trouverez de plus amples informations et coordonnées: anebquebec.com Bon courage.
  4. Nathalie 12 janvier 2011 à 01 h 59 min
    La vérité sort de la bouche des enfants Sandy...
    Votre mot me touche beaucoup. J'ai connu des filles très proches de moi étant aux prises avec ce grave problème... J'en connais une entre autre qui a repris de saines habitudes de vie et qui EST clairement plus HEUREUSE aujourd'hui. C'est difficile, je sais. N'hésitez pas à consulter pour vous faire aider. Vous n'êtes pas seule... Bonne chance.
  5. Rocksand 22 janvier 2011 à 19 h 30 min
    Alors que nous parlons de plus en plus du problème de l'obésité, nous avons tendances à oublier ceux qui voudrais se sortir de cette image de minceur idéale. Je mesure 5'8 et toute ma vie j'ai pesée 20 livres en dessous de mon poids "santé". Combien de fois j,ai entendue "Ah! Tu est chanceuse, tu peux manger n'importe quoi, t'engraisseras pas". Ça m'énerve! Comme si il n'y avait que le poids! Et la santé elle? Plus mince ne signifie pas plus en santé, nous avons les mêmes problèmes que les obèse mais "a l'envers". Anémie, carence, faiblesse, chutes de pressions. Aucuns plaisirs. J'ai bien tenté d'engraisser, en vain. Alors maintenant je privilégie surtout une alimentation et un mode de vie saine. Ya que ça de vrais en fait. Alors c'est ce que je tente d'inculquer à mes enfants. Un esprit sain dans un corps sain! Il faut oublier les "Barbies" de revues, de quoi nous rendre fous bien plus qu'autre chose! Vous me direz, "Elles sont partout!" Oui mais.. sommes-nous obliger de les regarder? :) Lorsqu'on réussies à se désintoxiquer des revues modes, des talk-show de star et tout le bataclan, ça soulage l'esprit, je vous en passe un papier!! D'autant plus qu'il n'y a rien de plus beau et de plus sexy qu'une femme bien dans son corps, peu importe ce corps. Être sexy n'est pas une allure, c'est une attitude :)

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