Lait maternel à partager

Lait maternel à partager
5 novembre 2010

Sur le site d’Héma-Québec, l’organisme qui gère déjà la banque de sang de la province, on trouve cette information : « Projet de banque de lait maternel à l’étude ». 

Depuis longtemps, en effet, l’idée de banques de lait maternel circule. 

Déjà nombreuses en Europe - l’Association européenne des banques de lait comprend 155 centres dispersés dans 23 pays -, elles permettent essentiellement de nourrir les bébés prématurés et de multiplier leur chance de survie, mais aussi de nourrir d’autres bébés, surtout sur besoin médical de leurs mamans. 

Selon une recherche publiée en décembre dernier dans le Journal of Pediatrics, le lait maternel diminuerait des deux tiers les risques d’entérocolite nécrosante, très difficile à traiter et souvent fatale pour les prématurés, puisqu’elle détruit leurs muqueuses intestinales.

On sait aussi que le lait maternel protège les prématurés - et tous les bébés - des infections aux voies respiratoires ou des infections gastro-intestinales. 

Bref, ces raisons font que de nombreux médecins attendent cela depuis longtemps et que la Fondation d’Héma-Québec a décidé d’investir 66 000 $ pour voir comment cela serait possible, à quel coût, etc. Après cela, quelle que soit la décision d’Héma-Québec, il faudra l’accord du ministère de la Santé. 

En attendant, il est drôle de lire les réactions de certaines blogueuses, mais surtout des mamans, à ce sujet. 

Parmi les lectrices de La Presse, par exemple, la plupart semblent prêtes, avec plaisir, à donner leur lait tout comme elles donnent leur sang. Dans le sens inverse, elles sont a priori moins à l’aise avec l’idée de donner à leur bébé un autre lait maternel. 

Cela se comprend, bien sûr, si elles peuvent elles-mêmes allaiter. Mais si elles ne le peuvent pas? 

Sur un autre blogue, une lectrice raconte comment elle avait mal réagi lorsqu’une amie de son mari lui avait gentiment proposé d’offrir son propre sein à son bébé, lorsque cette première lui a dit qu’elle allait probablement abandonner l’allaitement pour donner du lait artificiel. Ce à quoi une autre lui répond que les mamans d’autrefois ne se posaient même pas la question, avec leur nourrice attitrée... 

D’autres expliquent que, si elles imaginent mal faire téter directement leur bébé à un autre sein, elles seraient par contre favorables à lui donner du lait maternel anonyme, étiqueté et pasteurisé, acheté à une banque. 

Comme dit l’une d’entre elles, « ce n’est certainement pas pire que de donner le lait d’une vache anonyme! » N’est-ce pas?

Personnellement, la seule fois où j’ai dû jeter mon lait congelé, cela m’a un peu tordu le coeur. Alors, je n’hésiterais pas à faire don du mien, si j’en avais l’occasion lors d’une future grossesse. Quant à acheter celui d’une autre, si j’étais malade par exemple, pourquoi pas? Si les conditions sont irréprochables, je préfère une maman anonyme à une vache anonyme. Surtout que, paraît-il, les laits maternels sont mélangés pour maximiser la teneur en vitamines. Mais je conviens que c’est très personnel... et qu’il me faudrait sûrement un temps d’adaptation (...d’acceptation?).

Enfin, dernier problème : rémunérer ou pas les donneuses?

La plupart des mamans semblent prêtes à l’idée de donner gratuitement, estimant même qu’un tel acte ne peut qu’être bénévole, tout comme le don de sang. 

L’organisme Nourri-source est du même avis, mais allume une autre lanterne : si nous laissons des entreprises lucratives s’emparer de ce marché, comment être sûr de l’utilisation de notre lait à des fins honorables? 

Je les cite : « Comment ne pas se questionner sur le désir effréné de l’industrie de toujours présenter un produit qui se "rapproche de plus en plus du lait maternel"? Comment ne pas penser que l’industrie n’essayera pas de standardiser ou de "breveter" certaines substances du lait maternel? Et si des gens qui peuvent se payer le luxe d’acheter le lait du lactarium privé pour leurs nourrissons, que se passera-t-il pour les parents qui n’ont pas les moyens? »

La solution serait donc claire : il faut que ce soit un organisme indépendant et non lucratif qui prenne ce projet sous le bras. 

Pour Nourri-Source, l’enjeu est même urgent. « Il est difficile de comprendre le manque de dynamisme du réseau de la santé face au rétablissement du projet des banques de lait/lactariums au Canada. Attendons-nous que des intérêts financiers s’emparent de "l’or blanc" au Canada? Ou bien souhaitons-nous que, pour le bien de tous, le lait maternel puisse servir à ces bébés moins fortunés par la vie (et dont les mères n’ont, malheureusement, pas pu ou pas voulu allaiter)? »

Quant à vous, les mamans et les papas, ces projets vous évoquent quoi?

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
Tous les billets de l'auteur

Commentaires (21)

  1. isabelle 5 novembre 2010 à 12 h 48 min
    Lorsque j'ai entendu la nouvelle dans les médias, j'avoue que j'étais un peu surprise de l'existence de ces banques de lait maternelle.

    Je suis moi-même mère d'un bébé née prématurément, et pour avoir vécu les soins néo-natal et intensif, je comprends l'importance primordiale de l'allaitement pour ces bébés. J'ai eu la chance d'être assez en forme pour tirer mon lait et le donner à mon bébé. Son rétablissement et sa forme actuelle sont peut-être dû à l'énergie que j'ai investi pour lui donner mon lait. Et oui, il mettre un ''bost'' dans notre lait maternelle pour augmenter les vitamines et les calories.

    Je dois aussi avouer que je si j'avais accoucher à terme, je n'aurai peut-être pas allaiter mon bébé. Par contre, dans les circonstances, et en voyant ce si petit être minuscule, l'interrogation ne se posait même pas, je devais le faire! c'Est le seule chose que je pouvais faire pour mon bébé!

    Mais, si j'avais été malade? Si les conditions de mon accouchement aurait été si difficile que j'aurai été incapable de produire du lait, mon bébé aurait eu de la préparation. Mais si une banque de lait maternelle aurait existée, je crois que j'aurai demandé qu'on lui donne le lait maternelle d'une mère anonyme. Connaissant les bienfaits de l'allaitement, et dans les circonstances de la prématurité, je voulais tout faire pour que mon bébé retrouve la santé rapidement, et que surtout je puisse la ramener à la maison!

    Mais, je peux comprendre que donner le lait d'une autre peut rester une question délicate, car c'est un aspect très personnel chez chacune.
  2. Liliputienne 5 novembre 2010 à 13 h 48 min
    Je trouve l'idée très séduisante pour améliorer la santé des bébés prématurés. Je donnerais mon lait n'importe quand, de façon bénévole, afin d'aider un autre bébé à grandir ! C'est un geste aussi altruiste que celui de donner du sang. Avec un organisme comme Héma-Québec, tout serait fait selon les règles de l'art. Les femmes qui hésitent peuvent toujours se tourner vers les préparations pour nourrissons. C'est un choix et c'est la beauté de l'affaire ! De plus, avec la hausse des naissances prématurés à venir, fécondation in vitro oblige, ce serait le bon moment de se lancer dans un aussi beau projet.
  3. Cynthia 5 novembre 2010 à 17 h 29 min
    j'avoue que moi aussi jai ete surprise de voir cela dans les medias. Par contre l'idée est tres bonne. Je le ferais moi aussi mais par contre pour pouvoir donner du lait il faut allaiter en meme temps..Cest du temps a investir....et de plus est-ce quil pourront (filtrer) le lait pour etre sur quil ni ai pas de maladie transmise au bebe. Pour ne pas se retrouver avec un scandale comme avec le sang. Est-ce quils vont renumerer les meres car nous savons que beaucoup de mere nont pas un gros revenue en conge de maternite...comme moi qui est mere celibataire cela pourrait me donner un coup de main tout en aidant un enfant dans le besoin...il y a beaucoup de questions a repondre avant mais oui cela reste une tres bonne idee!
  4. maman de jumeaux 5 novembre 2010 à 21 h 48 min
    Mes jumeaux sont nés 4 semaines avanr eur temps. J'ai essayé de les allaiter pendant 3 jours mais faute d'avoir eu ma montée de lait, j'ai dû arrêter. Ils ont été nourri avec une formule de lait commerciale et ils ont grandi parfaitement. Ils ont maintenant l'âge de 2 ans et ils n'ont jamais été malades. Même si cette banque de lait maternel avait existé, je n'y aurais pas eu recours. Oui, je reconnais les bienfaits de l'allaitement, mais n'oubliez pas que plusieurs d'entre nous avons été nourris à la formule et nous n'avons pas été malades pour autant. Nous avons grandi sans ce lait maternel. Je n'aurais pas voulu que mes jumeaux reçoivent du lait maternel d'une autre femme. Ce n'est pas un essentiel comme le sang !
  5. Joanie 6 novembre 2010 à 02 h 05 min
    Je trouve que c'est une bonne idéé, pour les femmes qui sont dans l'incapacité d'allaiter et qui ont des bébés prématurés par exemple comme dans le lait commercial il n'y a pas d'anti-corps, le lait maternel reste la meilleure option. Quand j'ai accouché je désirais allaiter et comme j'ai eu un bébé prématuré ce désir s'est renforcé et on (mon conjoint et moi) a travaillé fort pour donné ce qu'il y a de mieux à notre petit amour et on a bien réussi, mais ne pas y être parvenu et qu'une tel option nous aurait été offerte, je crois bien que nous l'aurions envisagé. Pour ma part j'ajouterais que je n'hésiterais pas a donner mon lait si ça peut aider un enfant qui en nécessite.
  6. Catherine 7 novembre 2010 à 00 h 51 min
    Je ne suis pas certaine d'être pour ou contre ces banques de lait maternel...

    Pour: Parce que partout, c'est dit que le lait maternel est ce qu'il y a de mieux pour le bébé. S'il y a des mères qui ne peuvent pas allaiter leurs bébés, tandis que d'autres on des "trop-plein" de lait, pourquoi pas ??

    Contre: Si le lait qui se trouve dans les banques de lait maternel proviendrait de donneuses anonymes, comment celles qui auraient besoin d'en acheter pourraient être certaines que ces donneuses sont en santé?? n'ont pas de maladies qui se transmettent dans le lait?? ne fument pas ?? Etc. ??

    Par ailleurs, si ce projet vient à voir le jour, il faudrait avoir un moyen de s'assurer que le lait qui provient des banques servirait à nourrir les bébés des mères qui ne PEUVENT pas allaiter et non pas des mères qui ne VEULENT pas allaiter, parce que si ces mères ne veulent pas allaiter, pourquoi les donneuses se forceraient pour le faire à leurs places ???

    Pour ce qui est de vendre son lait maternel, les hommes ne sont-ils pas rémunérés pour leur sperme ???
  7. Hugo 7 novembre 2010 à 14 h 59 min
    Mon conjoint et moi-même avons adopté un petit bébé via le programme banque mixte à Montréal il y a un an. Nous aurions été plus qu'heureux d'avoir la chance de pouvoir donner du lait maternel à notre bébé au lieu des préparations commerciales. De plus, je ne vois vraiment pas pourquoi les parents, ayant les moyens, n'auraient pas à payer pour avoir la chance de profiter d'une telle banque. En faisant payer les parents ayant les moyens, la future banque de lait maternel pourrait offrir plus de services à plus de familles dans le besoin.
  8. Marie Charbonniaud 7 novembre 2010 à 22 h 01 min
    Bonjour!
    Merci les fille pour vos commentaires!
    En fait, à celles qui s'inquiètent des maladies qui pourraient se transmettre, j'ai entendu dire que c'était aussi fiable que pour le sang. Chaque maman donneuse devra remplir un questionnaire et de toutes façons les échantillons subiront une forme de test, tout comme le sang. Cela va être irréprochable. Mais je suis pas mal sûre que les maladies ne passent pas du tout comme dans le sang.
    @Hugo: Les utilisateurs de lait auraient à payer, bien sûr. C'est les donneuses qui ne seraient probablement pas rémunérées, car cela pose des problèmes éthiques. Mais c'est un point qui va sûrement se discuter.
    @Maman de jumeaux: le lait maternel, ce n'est peut-être pas aussi "essentiel que le sang", comme vous dires, mais cela sauve des vies chez les prématurés. Ce n'est pas rien!
    Merci et à plus!
    Marie
  9. Nahia 8 novembre 2010 à 17 h 53 min
    Bonjour!
    Je suis française et très étonnée que les banques de lait n'existent pas au Québec.
    Voilà comment cela se passe ici, les mamans donnent autant qu'elles souhaitent au Lactarium. Ce lait ainsi récolté est retraité, puis distribué dans les cliniques et Hôpitaux.
    C'est gratuit pour tout le monde. Les mamans qui ne peuvent pas allaiter ne payent pas le lait maternel, c'est pris en charge par notre Sécurité Sociale. En revanche il va en priorité aux prématurés ou aux bébés qui ont une intolérance au lait . D'ailleurs j'ai appris récemment par une amie qui donne son lait, que une fois le lait traité, il est lyophilisé donc distribué sous forme de poudre. C'est très très encadré, le lait subit plusieurs tests bactériologiques pendant tout le processus, le lait distribué est 100% sain.
    Malheureusement il n'y a pas assez de donneuses...
  10. Marie Charbonniaud 8 novembre 2010 à 19 h 51 min
    Vraiment intéressant, merci Nahia! Je leur fais confiance, à Héma-Québec, et à la lumière de ce que vous expliquez, j'espère que cela va se faire.
  11. Maryse 8 novembre 2010 à 22 h 42 min
    Moi j'ai demandé si je pouvais donner du lait lorsque j'étais à l'hôpital. J'étais certaine que ce type de banque existait déjà... Je n'hésiterais pas pour donner de mon lait et si j'ai des problèmes je n'hésiterait pas en en utiliser...
  12. c.. 9 novembre 2010 à 01 h 20 min
    Je donne présentement mon lait pour aidé une autre maman je trouve que les banques de lait aurais du etre mise sur pied il y a longtemps
  13. Marie Claude 9 novembre 2010 à 01 h 24 min
    Je produisais énormément de lait et je devais en exprimer souvent à cause d'un réflexe d'éjection trop fort. J'en avais accumulé de grandes quantités dans mon congélo, en prévision du jour où mon bébé cesserait de boire au sein. Puis, nous avons appris que notre bébé souffrait d'intolérance à la protéine bovine et que donc, il ne pourrait boire tout ce lait... Cela m'a fait mal au coeur de jeter tout ce lait et j'aurais été plus qu'heureuse de pouvoir le donner à une banque de lait maternel! De plus, si je n'avais pu allaiter, j'aurais été très heureuse que mon bébé, né avec un retard de croissance, puisse bénéficier tout de même des bienfaits du lait maternel.
  14. Sandra 9 novembre 2010 à 19 h 35 min
    Il était temps qu'on mette sur pied un tel systeme!

    Je n'ai pas pu allaiter ma petite a cause d'un accouchement tres difficile. Si on m'avait proposé le lait d'une autre maman, je l'aurais choisi plutot que de prendre du lait commercial.

    Toutefois, AUCUNE autre maman aurait donné le sein a mon bébé!!! Je n'aurais pas toléré une telle scene!!! Autre temps, autres moeurs!!! S'il est vrai qu'il existait des nourrices avant, on ne connaissait pas toute l'importance du lien d'attachement et du bounding mère-enfant!!!!

    Quel horreur!!! Peut-etre que certaines réagiront mal a mon commentaire, mais je trouve qu'il y a quelque chose d'indécent au fait qu'une femme donne le sein a un enfant qui n'est pas le sien...

    Ce geste en demeure un tres intime... Tout comme celui de prendre son bain avec son enfant, ou de dormir nu avec celui-ci. Selon moi, seuls les parents peuvent avoir ce lien avec un poupon.
  15. Mélodie 10 novembre 2010 à 01 h 17 min
    Je suis toujours surprise d'entendre des mères dire qu'elles n'ont pas pu allaiter. Pas voulu, d'accord, mais pas pu? L'allaitement est même parfois possible pour les femmes qui adoptent grâce à un médicament! Il faut savoir s'entourer.
  16. Sandra 10 novembre 2010 à 01 h 30 min
    Mélodie, renseignez-vous davantage. Certaines femmes ne peuvent pas allaiter. Cessez de ne vous fier qu'a la ligue LA LECHE.

    Pour ma part, AUCUNE montée laiteuse pendant 6 jours. Mon bébé serait mort de faim si je ne lui avais pas donné du lait maternisé.

    Par ailleurs, je ne voulais pas que nourrir mon enfant soit une source de douleur et d'inconfort. Donc, je l'ai nourri avec tout mon amour et ma chaleur avec du lait maternisé.

    Il faut savoir s'adapter.
  17. marie 10 novembre 2010 à 01 h 54 min
    J'ai eu un bébé prématuré dernièrement et je devais tirer mon lait. Mon congélateur est plein et j'ai même dû en jeter car j'ai une très bonne production. J'aurais bien aimé qu'il existe une banque de lait et ça me m'aurais fait plaisir de le donner... Mon bébé va mieux et je peux l'allaiter alors je ne sais pas ce que je vais faire avec tout ce lait!

    j'espère que ce projet va fonctionner!
  18. nathalie 11 novembre 2010 à 14 h 35 min
    oui oui oui
    vite vite vite
    je veux en donner !
    Des l'hopital lors de l'accouchement j'ai eu le gout d'en donner
    j'en ai pour 2 bb, c est sur !
    je suis prete en m'en tire chaque jour...
  19. Éloïse 11 novembre 2010 à 18 h 33 min
    Mélodie, si vous saviez comme Sandra a raison!
    Ce genre de commentaire est extrêmement blessant et complètement erroné.
    Je pensais comme vous avant, et pourtant, je n'ai pas pu allaiter. Et j'ai eu toute l'aide qu'on peut espérer.
    Maintenant, je fais attention à ce que je dis et je parle de mon expérience pour que moins de femmes se sentent coupables (et tellement triste) de ne pas pouvoir allaiter. Au moins, mon expérience a servi de leçon aux marraines d'allaitement qui m'ont épaulée. Elles sont maintenant mieux préparées à soutenir les mamans dans mon cas.
    Si cela avait existé, j'aurai sans doute choisi du lait d'une autre maman au lieu de la préparation pour nourrisson, surtout pour les premiers mois. Il ne faut pas oublier que ces préparations sont bien mieux formulées qu'auparavant et que si elles ne remplacent pas le lait maternel, elles sont quand même excellentes sur le plan nutritionnel.
  20. Véronique 12 novembre 2010 à 18 h 26 min
    Mélodie... que c'est triste de lire de tel propos. Si vous saviez combien de larme j'ai versé en essayant d'allaiter ma fille. Mon corps n'a simplement pas voulu. Je suis atteinte d'un syndrome appelé "Syndrome des ovaires polykystiques" et j'ai dû avoir de l'aide pour tomber enceinte. Lorsque j'ai accouché, aucune monté laiteuse, pas une goutte de lait, à peine quelques gouttes de colostrum donné à la cuillère.

    Même avec dompéridone 4 fois par jour, fenugrecque 3 fois par jour, Metformin 3 fois par jour, je produisais à peine assez de lait pour un boire sur trois. J'ai vu 3 marraines d'allaitement dont une spécialiste en lactation et 2 médecins. Je devais complété tous mes boires avec un DAL (dispositif d'aide à l'allaitement) et je pleurais en allaitant mon enfant car c'est très difficile moralement de constater que notre corps n'arrive pas à faire ce qui est vu comme "normal, naturel et facile" par les autres. C'est à force de lire des commentaires comme les vôtres qu'on se sent moins "normalement femme" et qu'on vit l'abandon de l'allaitement comme un échec cuisant.

    Pour en revenir au sujet principal... je suis pour la banque de lait mais je ne sais pas si je me serais tourné vers ce service. Je vie maintenant bien avec ma réalité (celle de ne pas POUVOIR allaiter exclusivement) et je crois que de devoir donner le lait d'une autre femme à mon enfant tournerait le couteau dans la plaie à chaque fois... Ce serait un pensez-y bien. La douleur de l'échec est peut-être encore trop présente pour avoir un opinion éclairé sur le sujet.
  21. Mélodie 16 novembre 2010 à 00 h 52 min
    Je suis vraiment désolée d'avoir blessé toutes les mamans qui ont essayé d'allaiter leur bébé en vain. Je pense m'être mal exprimée. Je tenais seulement à souligner que notre entourage, parfois, ne nous soutient pas suffisamment et en vient vite aux conclusions qu'il vaut mieux arrêter et donner le biberon. Tous les commentaires qu'on peut entendre, tous les gens qui nous découragent comme si c'était plus normal de donner le biberon que d'allaiter. Heureusement, de mon côté, qu'il y a eu nourri-source et ses marraines d'allaitement qui comprenaient mon choix, me soutenaient, m'ont expliqué comment traiter le muguet de mon bébé mieux que le pédiatre!

    Je connais le syndrôme des ovaires polykystiques, je sais que des femmes n'ont pas envie de tirer leur lait et de prendre de la dompéridone pour maintenir leur production, et c'est correct! Ce que je dis, surtout, c'est que les femmes n'ont pas toujours le support dont elles auraient besoin quand elles choisissent d'allaiter. Je suis pour le libre choix, croyez-moi!

Partager