Vendre en porte-à-porte à 5 ans? Non merci!

Vendre en porte-à-porte à 5 ans? Non merci!
30 septembre 2010

Est-ce une tradition des banlieues nord-américaines, la vente en porte-à-porte de nourriture pour financer des projets scolaires? (Ce qui expliquerait que, en tant qu’Européenne, je n’ai jamais vu ça.) Ou est-ce une mode tellement récente, chez les tout-petits, que je ne la connais pas bien encore?

Certes, j’ai déjà été sollicitée par des ados, d’écoles secondaires, pour financer un voyage au Chili ou je ne sais où. Mais par des enfants de 5 ans, jamais.

Je vous pose la question parce que je me suis trouvée bien embarrassée, la semaine dernière, devant la petite feuille transmise par l’école de ma fille dans sa « pochette-facteur ».

Cette petite feuille proposait de participer à la campagne de financement pour la Fondation de l’école, afin de financer de futures activités « spéciales » pour nos enfants (on ne sait pas lesquelles). Pour cela, on nous invitait à choisir quels produits on avait envie de faire vendre par nos enfants : Des chocolats? Du café équitable? Des biscuits apéritifs?

Les produits sont fournis aux familles par « mallette », d’une valeur de 90 $. Rien de moins. Donc, en résumé : on achète une mallette (remplie de chocolat, de biscuits, etc.), on vend son contenu à 3 $ l’unité, en porte-à-porte, puis on rapporte gentiment les sous à l’école.

Mais je me pose la question : combien de parents d’enfants de 5 ans, nouvellement inscrits en maternelle depuis 2 semaines, acceptent de faire vendre ces choses en porte-à-porte par leur enfant, ou même au sein de leur entourage, pour le compte de son école?

Quel message donner à son enfant, qui part pour sa tournée : « Sois une bonne vendeuse, ma fille, comme ça tu auras de belles activités à l’école? Comme ça, tu seras bien vue par les professeurs? » Ou encore : « Comme ça, tu vas ramasser plein de sous… même s’ils ne sont pas pour toi? »

Bien sûr, le papier laissait une certaine forme de choix. Il y était écrit :

« Non, je ne désire pas participer à l’opération de financement. »

« Je préfère contribuer par un don en argent (minimum 50 $ ). »

Bizarrement, seule la deuxième option avait un carré pouvant être coché. Pas de carré à côté de la première. Du coup, j’ai consulté mon mari, puis j’ai entouré, trois fois plutôt qu’une, la première phrase.

Personnellement, je n’arrive pas à adhérer à ce principe de campagne de financement pour une école publique, par des enfants de 5 ans. Même de 7 ou 9 ans. 

Je donne volontiers à des adolescents qui nous aident concrètement, par exemple en nous aidant à faire des emballages-cadeaux, au bénéfice du scoutisme ou de la Croix-Rouge.

Mais je ressens un profond malaise à me servir de mes propres enfants à titre de démarcheurs commerciaux, et finalement, à se servir de leur sourire et de leur naïve gentillesse, même si c’est pour une bonne cause. C’est ainsi, pour le moment. Peut-être que ça changera…

Euh… suis-je une extra-terrestre?

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
Tous les billets de l'auteur

Commentaires (11)

  1. Mylène 30 septembre 2010 à 19 h 23 min
    La mode des campagne de financement doit être nord-américaine... puisqu'il y a 25 ans, je faisais moi-même du porte-à-porte pour financer les projets de mon école primaire !!! Par contre, à 5 ans mes parents m'accompagnaient de maisons en maisons... Aujourd'hui, c'est au tour de ma fille de 5 ans d'entamer sa campagne de financement... mais plutôt que de faire du porte-à-porte, nous irons visiter la famille et les amis et solliciterons leur aide ! Je ne vois pas le problème à participer au financement d'une école, de nos jours, toutes les organisations le font (club de gym, équipe de soccer, etc...). Et c'est une leçon de vie que l'on donne aux enfants... ça leur apprend que l'argent est difficile à gagner et ils doivent être polis et courtois lors de leur sollicitation. Et probablement qu'ils se feront dire non à quelques reprises lors de leurs tournées, ce qui n'est pas mauvais en soi !!!
  2. Ariane 1 octobre 2010 à 22 h 16 min
    J'ai fait beaucoup de porte-à-porte dans mon enfance pour financer mes activités scolaires. C'était une grande source de stress pour moi, et les refus parfois brusques des gens ont fait du mal à mon estime de moi qui était déjà déficiente. A posteriori, je consid;re que ce n'était vraiment pas une bonne idée. On voulait nous responsabiliser, mais dans mon cas cela n'a fait que m'apprendre trop tôt que responsabilité rime avec stress et rejet.
  3. SoniaG 1 octobre 2010 à 23 h 22 min
    Quand j'étais petite, j'ai dû le faire plusieurs fois (macarons, chocolat, etc.) et je DÉTESTAIS ça... Ma fille a dû le faire l'an dernier, à 4 ans, pour financer son club de gym. J'ai partagé le contenu de la mallette (90$) avec une autre maman, et nous avons toutes deux mis notre famille à contribution... Je suis d'accord avec les arguments de Mylène sur la leçon de vie, mais parce que j'ai tellement haï ça quand j'étais petite, je vais repousser un peu le moment où elle fera la sollicitation elle-même.
  4. Sophie 2 octobre 2010 à 13 h 12 min
    Tellement d'accord avec toi! On met beaucoup de pression aux parents pour le financement, et sur les enfants aussi, et je trouve que c'est inadmissible. Je refuse à chaque fois. Mon enfant ne fera jamais de porte-à-porte, ça, c'est sûr et certain!
  5. Marie Charbonniaud 2 octobre 2010 à 20 h 21 min
    Tellement contente de vous lire, les filles! Donc c'est loin de faire l'unanimité, c'est clair...Et pourtant, un véritable business se fait autour de ça... c'est triste.
  6. Anne Marie 3 octobre 2010 à 01 h 52 min
    Premièrement, je trouve ça écœurant et je considère même cela comme une forme d'abus. Deuxièmement, les enfants ont-ils besoins de ces activités supplémentaires? Leur temps d'enfant n'est-il pas déjà sur-structuré et sur-organisé comme ça? (je fais un peu référence à votre article "Si on allégeait leurs journées, plutôt que l'inverse?") Vous avez bien fait de refuser!!
  7. Nathlie Tremblay 12 octobre 2010 à 18 h 58 min
    Bonjour,

    Je suis une maman qui s'inquiète de cette activité. Un enfant du primaire, en principe, ne gagne pas un salaire. Je me questionne, à savoir, en vertu de quel principe, doivent-ils contribuer à ces multitudes de campagnes de financement?

    Les parents ont le devoir de s'interroger et de se faire entendre sur ce sujet.

  8. Joëlle 13 octobre 2010 à 17 h 33 min
    Je me rappelle quand j'étais jeune, me rendre et cogner à la première porte, j'avais une trouille terrible... mais une fois que la porte s'ouvrait, j'étais bien obligé de parler! Après j'étais tellement fière d'avoir réussi à faire ça toute seule! Je me sentais forte, j'étais capable de vaincre ma timidité et passer par-dessus le trac.

    Ce qui m'embête par contre, c'est comme tu dis Marie: "...un véritable business se fait autour de ça... c'est triste." Avec mes yeux d'adulte, ce que je vois maintenant ce sont des entreprises de chocolat/café/savon/etc qui se servent indirectement (ou assez directement!) de mineurs pour les faire travailler à vendre leurs produits... Et qu'en plus, des enfants c'est tellement "vendeur"... parce qu'on est comme obligé de l'acheter le chocolat de notre nièce même si on en n'a pas besoin et que bien franchement on le trouve pas bon!

    So on tient à ces activités de financement... pourquoi les enfants ne créeraient-ils pas eux-mêmes le produit à vendre? (ex: calendrier (objet), souper-spaghetti (activité), moitié-moitié (financement) etc...)
  9. Joëlle 13 octobre 2010 à 17 h 58 min
    Erreur sur mon dernier message!
    SI on tient à ces activités de financement... pourquoi les enfants ne créeraient-ils pas eux-mêmes le produit à vendre? (ex: calendrier (objet), souper-spaghetti (activité), moitié-moitié (financement) etc...)
  10. Sandra 10 novembre 2010 à 01 h 47 min
    Je ne comprend pas qu'on puisse accepter ce principe. J'ai 37 ans, et je n'ai jamais fait de porte a porte en tant qu'enfant. Adolescente, oui, justement pour financer un voyage...

    Peut-etre parce que j'ai grandi dans un quartier peu favorisé de Montreal... Les valeurs y sont-elles différentes qu'en banlieue???

    LES ENFANTS N'ONT PAS A FINANCER QUOI QUE CE SOIT!!!! VOYONS DONC!!!!

    Ils ont bien d'autre chose a faire... Comme s'amuser, apprendre par le jeux, comprendre les regles de société petit a petit...
  11. Sylvie 11 novembre 2010 à 22 h 59 min
    Parfois, nous sommes oubligé de prendre le financement des écoles car nous n'arrivons pas à payer les activités scolaire auquel nos enfants veulent participé. Ces activités sont une grande source de motivation chez mes garçons. Mais après avoir payer le Football et leurs études, je n'arrive pas à leur payer un voyage récompense qui les motives toutes l'année. Ils doivents le mérité en s'amiliorant à l'école. Donc, je n'ai pas le choix de prendre une source de financement de l'école pour m'aider à payer une partie du voyage. Les 289$ ne tomberons pas du ciel. Je n'ai pas le moyen de voyager. Pas plus pour moi que les enfants. De cette faÇon, ils peuvent en profiter pour faire un voyage. Mais quand les enfants sont trop jeune, je passe avec eux. Même maintenant qu'ils sont grands, je n'exige pas qu'ils vendent pour tout le montant du voyage mais qu'ils m'aident à le gagné! Ils apprènent qu'ont peux se fixer des buts dans la vie et les obtenir. Trouver des solutions aux obstacles pour pouvoir atteindre leurs rêves. Et je crois que les enfants n'ont pas le droit de vendre leurs création par les portes.

Partager