Malbouffe et allergies: on soupçonne un lien

Malbouffe et allergies: on soupçonne un lien
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste
20 août 2010

Nous sommes sur la route entre le parc national Yosémite et la vallée de Sonoma en Californie (il y a pire, je sais!).

- « Maman, j’ai besoin de dégourdir mes petites jambes. Il faudrait qu’on arrête dans un restaurant avec des jeux. Tu sais, maman, les enfants ont besoin de bouger. »

Quelle vérité sortie de la bouche de ma fille de 4 ans! Après 2 heures de route et plusieurs heures après notre dernier repas, il est temps de prendre une pause. Puisqu’on n’a pas de lunch à manger dans un parc, je sais qu’on atterrira dans un McDonald’s, un Carl’s junior, un Del Taco ou un autre fast food du genre. Quel autre restaurant leur permet de jouer? Je ne parle pas de dessiner avec des crayons de cire sur un napperon, je parle de bouger.

Un hamburger et quelques frites, on n’en mourra pas! Laura et Benjamin encore moins, trop occupés qu’ils sont à grimper, glisser et baragouiner en franglais avec les petits Américains.

Notre repas de malbouffe ne me donne même pas mauvaise conscience. Nous n’en mangeons pas assez souvent pour que ça menace la santé de mes enfants. Mais, semble-t-il que s’ils en mangeaient trop souvent, les enfants courraient plus de risques de souffrir d’allergies et d’autres maladies. Eh oui. En plus du lien avec l’obésité, voilà que la malbouffe pourrait être associée à l’asthme, aux maladies inflammatoires de l’intestin et aux allergies, notamment.

Une récente étude conduite par des chercheurs italiens suggère qu’une alimentation pauvre en fibres alimentaires et riche en sucre et en gras appauvrit la flore intestinale. Or, les bonnes bactéries dans nos intestins participent activement au fonctionnement du système immunitaire. Selon le principal auteur de l’article publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences, la malbouffe qui occupe beaucoup de place dans l’alimentation occidentale contribuerait à l’augmentation de la prévalence d’allergies et de maladies inflammatoires depuis 50 ans.

En comparaison aux enfants qui mangeaient beaucoup de malbouffe, le groupe d’enfants dont l’alimentation incluait surtout des légumineuses, des céréales, des légumes et des noix avaient une flore intestinale beaucoup plus saine. Et une meilleure santé sur plusieurs points. Bref, c’est la catégorie à viser pour nos enfants.

Le grand M jaune et ses semblables sont synonymes de jeux pour mes enfants. J’estime que le total des calories qu’ils y dépensent est largement supérieur au nombre de calories qu’ils y ingurgitent. À preuve, qu’entend-on aussitôt qu’on reprend la route? « J’ai faim! »

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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Commentaires (3)

  1. Anne-Marie 20 août 2010 à 19 h 27 min
    Ce que vous dites ne me surprend pas du tout. Parce que la malbouffe encrasse le système. Mais pourquoi est-elle si attirante? Personnellement, je pense qu'on ne peut remédier à une tentation qu'en y succombant! Pour ma part, c'est le gâteau au chocolat...mais je le fait maison, donc moins d'additifs. Et surtout, tel que le bon message que vous nous livrer ici, c'est OCCASIONNEL! Toutefois, je pense que même si on brûle toutes les calories du mcdo, cela n'enlèvera pas les résidus toxique de ce type d'alimentation (si consommé trop régulièrement).

    Ceci étant dit, j'ai une question pour vous: est-il vrai que les allergies alimentaires sont héréditaires? J'ai eu des opinions (de professionnels de la santé) complètement contradictoires en ce sens. Mon conjoint est (mortellement) allergique aux crustacés, alors est-ce vrai que mes enfants courent plus de risque de souffrir d'allergies? Pourrai-je donner du poisson à mon bébé de 8 mois? Merci pour vos articles!
  2. Stephanie Cote 24 août 2010 à 01 h 10 min
    Anne-Marie,
    les allergies alimentaires ont une composante héréditaire. C'est-à-dire que si un parent (ou les deux) a une allergie, l'enfant est plus susceptible de souffrir d'une allergie lui aussi. Dans ce cas, il peut être justifier d'attendre plus longtemps avant de donner certains aliments allergènes (comme le poisson) à votre enfant. Le fait de retarder l'introduction de cet aliment ne lui évitera sans doute pas l'allergie, mais elle sera plus facile à découvrir ou à gérer quand votre enfant sera un peu plus vieux. Voici un lien vers un billet dans lequel j'ai abordé ce sujet: http://naitreetgrandir.net/cs/blogs/dans-mon-assiette/archive/2009/05/22/Bientot-du-beurre-d-arachide.aspx

    Merci pour votre commentaire!
  3. Joëlle 18 septembre 2010 à 16 h 56 min
    Chez nous on est relativement grano depuis plusieurs années, les enfants déjà dans mon ventre sont très bien nourris! Et j'achète les ingrédients le moins transformé possible donc, je cuisine à peu près tout maison. Il y a juste pour les pesticides, on n'est pas encore passé au bio. Et mes 3 derniers enfants ont tous des intolérances et des allergies alimentaires. Le dernier, oeufs et arachide. Pourtant, enceinte, je consommais généralement du beurre de noix ou de graines de citrouilles!

    Par contre, on ne s'empêche une fois de tant à autres des petites gâteries, ça fait partie des plaisirs de l'enfance, depuis toujours!

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