Les enfants des autres: on intervient ou pas?

Les enfants des autres: on intervient ou pas?
20 juillet 2010

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais avec les « codes sociaux » d’aujourd’hui, les aires de jeu sont devenues des terrains minés. Difficile de trouver un code de conduite commun pour séparer deux enfants qui se chamaillent, ou de reprendre le bébé de l’autre qui lance du sable dans les yeux du nôtre.

Avant, on disait qu’il fallait un village pour élever un enfant. Maintenant, c’est l’extrême inverse. Cela prend - éventuellement - un parent pour intervenir, mais deux, ô grand jamais! Quant à mettre la main sur l’épaule d’un autre enfant? N’y pensez même pas!

Comme le dit une éducatrice, interrogée dans ce très bon billet, on dirait que les parents ont maintenant une tolérance zéro pour des choses que l’on considérait normales, voire rituelles, dans un terrain de jeu : s’éclabousser, s’attraper, se mettre à terre, jouer avec des bâtons, etc. 

Suite logique à cela : on n’a jamais vu autant de parents manquer de diplomatie entre eux, se jeter des regards glacials, ou même carrément s’engueuler, pour défendre leur rejeton devant un autre bambin.

Alors, comment intervenir? Selon « l’étiquette » actuelle, peut-on intervenir auprès d’un autre enfant ou au contraire se taire, en s’en remettant à son parent?

L’auteure de ce même billet suggère, d’abord, d’apprendre à son enfant à s’affirmer poliment, en disant ce qu’il n’aime pas qu’on lui fasse (ex. : « Je n’aime pas qu’on me pousse »).

Puis, si le mauvais comportement de l’autre enfant continue, on peut alors prendre la relève en disant, tout aussi poliment : « S’il te plaît, ne pousse pas les autres ».

Et si cela continue encore, on s’en remettra à l’autorité de l’autre parent, qui devrait en principe répondre : « Oups, désolé, je n’avais pas remarqué ».

Personnellement, je ne me suis jamais retenue d’intervenir auprès des autres enfants, quand leur comportement m’a gênée. Toujours avec politesse, bien sûr, mais sans aucune hésitation à le faire.

Après tout, les enfants ne recevront-ils pas d’instructions « étrangères » tout au long de leur enfance? Bien sûr! Ça commence en garderie, ça se poursuit à l’école, dans la rue, dans les épiceries ou les camps de vacances.

Autre contexte : quand on part avec des amis et leurs enfants en vacances. Alors là, la situation se corse. Si les styles éducatifs sont très différents, on se force à ne rien dire, la tension monte... et les vacances peuvent carrément déraper.

Dans cet article du Elle, on trouve des conseils rusés :

En premier, organiser une réunion de parents informelle pour faire le point sur les loisirs des enfants, mais aussi les règles de base du séjour : participation aux tâches ménagères, vie en communauté, discipline, heures de coucher, etc. À l’heure des repas, par exemple, la tension monte souvent d’un cran. Alors, on peut décider, dès le départ, de dîner avec les enfants le midi, mais le soir les faire manger avant les parents.

Ensuite, on choisit un « gardien de l’ordre » parmi les adultes. Celui qui prendra la grosse voix pour faire respecter les règles. Puis, on fait front uni derrière lui.

Enfin, on communique et on s’affirme. C’est-à-dire on communique avec l’autre parent sur ce qui nous irrite; ou on s’affirme directement devant l’enfant, s’il ne respecte pas des règles connues d’avance.

Et on n’oublie pas le miracle… du jeu! Car c’est encore lui qui met la meilleure ambiance et attire le dévouement des enfants : spectacle d’enfant à préparer pour la fin du séjour, concours de rangement de chambre, remises de prix symbolique…

Vous avez déjà vos trucs pour une cohabitation de rêve? Ou pour intervenir auprès des enfants des autres? Partagez-les!

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (3)

  1. Vanessa 31 juillet 2010 à 14 h 19 min
    Merci pour cet article. Je ne suis pas du genre à me retenir d'intervenir ! On ne m'a encore jamais fait de remarques ni de regards "glacials" (qui en passant s'écrie "glaciaux")
  2. Marie 24 septembre 2010 à 18 h 22 min
    Les 2 se disent !

    http://www.larousse.fr/

    glacial, glaciale, glacials
    ou glaciaux
    adjectif
    (latin glacialis)
  3. Anonyme 16 octobre 2010 à 18 h 51 min
    Je suis allée dans un parc avec mon grand de 2 ans à l'époque et un autre garçon d'un an son aîné le poussait en haut de la structure (sans barrières de protection d'un côté) ce qui aurait pu entraîner une chute d'une hauteur de plus de 5 pieds.

    Après avoir, à 3 reprises, poliment averti le jeune homme en question, il a poussé mon garçon assez fort pour qu'il perde pied et s'accroche après du filet pour ne pas tomber de trop haut. J'ai crié "Attention (X)!" et je suis partie à la rescousse de fiston.

    Sa maman m'a reprochée de ne pas me mêler de mes affaires, que je n'avais pas à crier après son enfant, qu'il était ici pour s'amuser et qu'il fallait que je lui fiche la paix. J'ai expliqué à fiston qu'il avait le droit de dire à l'autre de ne pas le pousser, et il a prit le temps de le faire devant moi. L'autre maman a tiré son garçon par le bras en me disant de laisser son garçon s'amuser, que ce n'était pas le temps de le discipliner et que je n'avais pas d'affaires à me mêler de leur "jeux". "Pauvre ti chou, n'écoute pas la madame... va jouer!"

    Je suis désolée de voir que les parents soient devenus aussi égoïstes et jaloux de leurs enfants au point d'empêcher les autres de leur dicter (dans des circonstances appropriées) une conduite équitable pour tous....

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