Un ami de garderie handicapé, et pourquoi pas?

Un ami de garderie handicapé, et pourquoi pas?
7 juin 2010

Quand j’ai annoncé à une amie que le nouveau CPE de mes enfants intégrait des enfants à besoins particuliers et handicapés, à raison d’un enfant par groupe, je l’ai sentie déstabilisée.

« Mais… tu n’as pas peur que cela les influence… ou que ça leur enlève de l’attention? », m’a-t-elle lancé, hésitante.

Sur le coup, cela m’a un peu contrariée. Je lui ai répondu non et expliqué pourquoi. Puis, j’ai réalisé que c’était sans doute l’appréhension de nombreux parents.

Côtoyer le handicap, ça fait peur. Au pire, on se comporte comme si c’était une maladie transmissible; au mieux, on a peur que cela perturbe les groupes et nos enfants.

Alors, en cette Semaine québécoise de la personne handicapée (du 7 au 11 juin), j’ai pensé qu’il était temps de démystifier tout cela!

D’abord, nos enfants ne portent pas du tout le même regard que nous sur le handicap. À la base (...avant que notre regard d’adulte « pollue » leur propre regard), ils n’ont aucun préjugé. Pour eux, un enfant est avant tout un enfant; qu’il soit en fauteuil roulant, surexcité, dans son monde, ou sourd et muet. C’est un enfant comme lui, et même un ami potentiel, qui aime observer, jouer, sourire, manger; tout comme lui.

Ensuite, le handicap et les besoins particuliers, cela ne se résume pas aux enfants en fauteuils roulants.  En fait, il est très possible que vous ne sachiez jamais quel est l’enfant différent, intégré dans le groupe de votre enfant.

Dans le CPE de Doris Bissonnette, une directrice à qui j’ai parlé récemment, il y a, par exemple, 7 enfants intégrés. Les handicaps vont du léger retard intellectuel, à la déficience motrice, à la maladie génétique rare ou encore au trouble envahissant du développement (autisme); tout comme ceux du CPE de mes enfants.

Or, dans le quotidien, comment ça se passe?

Les enfants handicapés sont super populaires! Dès que les autres réalisent leurs difficultés à accomplir certaines choses, ils veulent les aider, se mettre à leur niveau, même faire les choses à leur place. De temps à autre, ils leur apportent des jouets, veulent les nourrir, participer à leurs soins, etc.

Les éducatrices, de leur côté, sont magnifiquement douées pour mettre des mots sur les différences et répondre aux questions simples des enfants. Et quand le handicap nécessite une assistance particulière, des professionnels de la réadaptation la soutiennent, afin de lui permettre d’accomplir normalement son travail.

Bref, tout le monde y gagne. Les enfants handicapés font des progrès spectaculaires; tandis que les autres enfants apprennent l’esprit d’entraide, la coopération, l’ouverture à la différence, la tolérance.

« Depuis 27 ans que je suis directrice et que nous intégrons des enfants à besoins particuliers, il n’y a jamais eu une intégration défavorable, ni même une remarque de parents! », m’a affirmé Doris Bissonnette.

« C’est un grand bonheur pour tous : pour les parents, bien sûr, pour les autres enfants, mais aussi pour l’enfant handicapé lui-même. Par exemple, récemment, l’un d’eux revenait de 1 mois à l’hôpital. Juste le fait de retrouver ses amis et de se faire chatouiller le dos l’a remis d’aplomb et il a retrouvé sa bonne humeur! », a poursuivi la directrice.

Dans le groupe de mon fils, je crois que c’est un enfant autiste. Je ne sais même pas qui c’est, mais je suis heureuse pour lui. Et pour mon fils.

Car, c’est définitivement les enfants qui nous offrent les plus belles leçons d’amour et de tolérance! L’avez-vous remarqué?

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (3)

  1. Julie Philippon 8 juin 2010 à 03 h 07 min
    Encore une fois, merci!

    Merci de démystifier ce sujet. Ce qu'on ne connaît pas nous fait toujours un peu peur...

    Nous avons tous à gagner de côtoyer les différences, qu'elles soient au niveau des handicaps, des couleurs peaux ou des idées.

    Julie Philippon
    Maman de Camille qui fut intégrée, avec succès au CPE Aux petites Bulles.
  2. Marie Charbonniaud 8 juin 2010 à 14 h 56 min
    Bienvenue Julie! Au plaisir de se reparler ;-)
    Marie
  3. Mélanie Barry 11 juin 2010 à 01 h 12 min
    Wow !

    J'ai eu des frissons en vous lisant Mme Charbonniaud !

    Je suis éducatrice en CPE et j'accueille pour la deuxième fois un enfant a besoins particuliers dans mon groupe. Et vous savez quoi, c'est MERVEILLEUX !!! A tous les niveaux !

    La capacité d'accueil de la différence des enfants est vraiment surprenante, ils ont tellement a nous apprendre !

    Merci de mettre des mots sur cette belle réalité :)

    Mélanie, éducatrice au CPE Les Croquignoles de Blainville

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