Les papas aussi ont des baby-blues!

Les papas aussi ont des baby-blues!
24 mai 2010

Bientôt, il ne sera plus honteux de parler de post-partum pour l’homme. C’est prouvé : 1 père sur 10 serait concerné!

Une étude publiée mardi dernier, dans un numéro spécial du Journal of the American Medical Association consacré à la santé mentale, l’explique noir sur blanc. 

James Paulson, du service de pédiatrie de l’Eastern Virginia Medical School à Norfolk (Virginie), et ses collègues ont analysé 43 études internationales (dont 17 provenant des États-Unis) donnant des informations sur la dépression chez 28 000 futurs ou jeunes papas, de janvier 1980 à octobre 2009. Et c’est aux États-Unis que les pères seraient le plus fragilisés à l’arrivée d’un enfant (14,1 % contre 8,2 % à l’international).

Le moment le plus critique? De 3 mois à 6 mois après la naissance de l’enfant. À ce moment, 25 % des pères connaissent une période dépressive. 

Alors mesdames, soyez alertes, et messieurs, regardez-vous le nombril : si vous éprouvez un manque d’intérêt pour vos activités habituelles, de la difficulté à vous concentrer ou à prendre des décisions, si vous vous sentez bons à rien ou coupables, si vous éprouvez des variations d’appétit, de sommeil et de l’anxiété excessive à propos de la santé de votre bébé, il est fort possible que vous soyez en dépression. 

Les mamans, de leur côté, présentent 2 fois plus de risque (24 %) que les pères de souffrir d’une dépression post-partum. Et comme pour les pères, leur symptôme a tendance à survenir durant la période de 3 à 6 mois après la naissance, 42 % des femmes affirmant alors être déprimées.

Selon cette étude encore, il y aurait une corrélation entre la dépression de la maman et du papa. 

Les auteurs appellent donc à de plus grands efforts pour détecter ces périodes dépressives chez les pères, d’autant que l’on sait que cela a des conséquences émotionnelles et comportementales chez l’enfant, même tout petit.  

J’ajouterai que cela est d’autant plus important que les papas, contrairement aux mamans, sont peu portés à demander de l’aide. Ils gardent tout pour eux, endossent le rôle de l’homme fort et ravalent leur tristesse. 

Yvon Lemay, responsable de la seule maison d’hébergement pour pères en difficulté au Québec (la maison Oxygène, à Montréal) me l’avait bien expliqué. Cela m’avait beaucoup touchée. 

« Les hommes sont conditionnés, dès leur petite enfance, à régler leurs problèmes tout seuls. En général, ils ne demandent pas d’aide; et s’ils le font, ils attendent la dernière minute, en montent sur les ponts! », m’avait-il lancé, faisant volontairement référence au dernier papa en désespoir, qui s’était perché sur le pont Jacques-Cartier. 

Bien sûr, ce n’était pas le même contexte. Il ne s’agissait pas d’un post-partum, mais plutôt d’un contexte de séparation.  

Mais à bien y réfléchir, j’ai plusieurs fois croisé des papas tristes et un peu perdus. Aujourd’hui, j’ai donc une pensée pour eux. J’aurais bien dû leur dire : « Allez mon grand, avoir besoin d’aide n’est pas un signe de faiblesse ni d’échec : cela
arrive à tout le monde à un moment donné! »

Pensez-vous qu’ils le prendront bien?

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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