La meilleure recette pour prévenir l’obésité

La meilleure recette pour prévenir l’obésité
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste
21 mai 2010

Cent pour cent des enfants anciennement obèses préféreraient être sourds, dyslexiques, diabétiques, cardiaques ou atteints d’acné plutôt qu’être obèses de nouveau. Environ 90 % aimeraient mieux être amputés d’une jambe ou aveugles.

Ces chiffres me donnent froid dans le dos. En fait, plus que les chiffres, c’est la douleur exprimée par ces résultats d’une étude scientifique qui atteint mon coeur de maman. Je ne veux pas que mes enfants soient des souffre-douleur ou des « rejets » lorsqu’ils fréquenteront l’école, et qu’ils en reviennent en pleurant. Pire que de ne pas se faire aimer des autres enfants, s’ils ne s’aimaient pas eux-mêmes?

On protège nos enfants pour ne pas qu’ils se blessent. On peut aussi les protéger pour ne pas que les autres les blessent. On n’élimine peut-être pas toutes les causes de railleries, puisque les enfants trouvent toujours quelque chose. Mais en évitant l’obésité, on aide assurément leur cause.

Peut-on vraiment prévenir l’obésité? Oh que oui! Une récente étude publiée dans la revue Pediatrics conclut que la prévalence de l’obésité était réduite de 40 % chez les enfants d’âge préscolaire qui :

  • mangent régulièrement en famille (plus de 5 soupers par semaine);
  • dorment au moins 10,5 heures de sommeil chaque nuit;
  • passent un maximum de 2 heures par jour devant la télévision ou à jouer à des jeux vidéo.

Chacune de ces habitudes de vie contribue en soi à réduire le risque d’obésité, et c’est en les combinant que les effets bénéfiques sont les plus marqués. Et puis, ce n’est rien de très compliqué. Bien entendu, ces bonnes habitudes ne préviendront pas 100 % des problèmes de surplus de poids, mais 40 %, c’est énorme! Sans jeu de mots.

Puis, il reste plusieurs aspects des habitudes alimentaires de la famille à évaluer pour cerner tous les facteurs de risque. Le type d’aliments consommés, les formats achetés, les portions servies, les attitudes parentales (pression, restriction ou autre), etc. Je pense que ce qu’il faut retenir, c’est qu’au-delà des gènes transmis par les parents, les enfants héritent surtout d’habitudes de vie. Contrairement à la génétique, c’est un facteur entièrement manipulable!

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
Tous les billets de l'auteur

Billets sur le même sujet

Commentaires (2)

  1. Mélodie Damour 18 juin 2010 à 01 h 59 min
    Bonjour Stéphanie,

    Du point de vue des habitudes alimentaires, j'aimerais savoir ce que tu penses du Stevia pour aider les enfants à manger moins de sucre? Apparemment, on peut même l'utiliser dans les gâteaux et le cuire au four. Il n'est pas encore vendu au Canada, mais il paraît que ça s'en vient ? Est-ce que c'est quelquechose de réservé aux adultes ou alors c'est ok aussi pour les enfants et les femmes enceintes? Est-ce un produit que tu recommanderai aux enfants? Merci pour tes conseils.
  2. Stephanie Cote 23 juin 2010 à 14 h 50 min
    @Mélodie. J'écrirai bientôt un billet à ce sujet pour faire le tour de la question. En résumé, je ne conseille pas le stévia aux enfants (ni aux adultes). Premièrement,il n'est pas encore approuvé comme ingrédients ajoutés aux aliments au Canada. Et deuxièmement, il fait peut-être manger moins de sucre, mais il ne diminue pas l'attrait pour le sucre et c'est là que le vrai problème.

Partager