Listes d’attente en garderie: à quand la transparence?

Listes d’attente en garderie: à quand la transparence?
26 avril 2010

Cette semaine, le BILA de ma région a appelé. C’est le « Bureau d’inscription sur la liste d’attente centralisée » de la Montérégie. Une gentille dame voulait savoir si mes enfants étaient toujours en attente d’une place en garderie, à temps plein, à mi-temps, etc.

J’en ai déduit qu’en avril-mai, c’est effectivement le temps où toutes les garderies font leurs groupes de septembre, et ça s’active dans les bureaux...

En fait, depuis 2007, plusieurs régions offrent un service de gestion centralisée des listes d’attente. C’est fabuleux : on inscrit notre enfant sur une seule et unique liste, puis il se retrouve inscrit dans tous les services de garde à 7 $ du territoire souhaité, que ce soit en CPE, en garderie privée ou en milieu familial.

Non seulement cela nous fait gagner un temps fou, cela fournit aussi à l’administration un tableau au jour le jour des besoins de la population, selon les coins du territoire. Mais en plus, ça se gère en toute transparence. Les CPE ne se font plus agresser ou soudoyer par les parents frustrés, et les parents sont rassurés sur le fait que personne ne leur passera devant. C’est l’objectif de ces listes : efficacité et transparence. C’est la date d’inscription de l’enfant qui prime.

Le problème : l’adhésion des garderies à cette liste est facultative. Résultat, même si le ministre Tomassi a répété à plusieurs reprises souhaiter que tous les services de garde y adhèrent, nous n’en sommes qu’à un peu moins de la moitié, du moins en Montérégie (65 CPE sur 140).

J’en ai moi-même fait les frais. Quand le BILA m’a appelé il y a 3 jours, j’ai appris qu’il ne gérait pas la liste du CPE le plus proche de chez moi. Pourquoi? « Il n’a pas adhéré », m’a-t-on dit.

Alors ce matin, j’ai attrapé mon téléphone et j’ai appelé les responsables du BILA. « Pourquoi il y a en a qui ne veulent pas adhérer? » Éclats de rire au téléphone. « Viens ici, on pourra s’assoir et y réfléchir ensemble! », m’a lancé la responsable des communications. 

Certains disent que c’est trop cher. D’autres manquent d’informations avant de se lancer. D’autres, encore, disent que gérer leur liste n’est pas si compliqué. (Tu parles! Quand on reçoit 50 appels par jour de parents et qu’on en a 2 000 en attente, quelle simplicité!)

La responsable du BILA n’est pas dupe. « Le coût est un argument qui tient difficilement. Mille dollars par année, ou 87,50 $ par mois, c’est probablement moins que cela ne leur en coûte de gérer leur liste eux-mêmes. C’est ce que nous disent tous les services de garde qui ont adhéré. C’est tellement le bonheur qu’ils ne reviendraient jamais en arrière! », dit-elle.

Un des problèmes, que tout le monde connaît, mais que personne n’ose dire publiquement, est que les garderies veulent garder le contrôle sur leur liste. On ne veut pas que quelqu’un mette le nez dedans. On veut pouvoir continuer à respecter l’ordre chronologique ou faire passer dans l’urgence un ami ou un voisin, si nécessaire.

Vivement que cela devienne obligatoire. Il y a une liste centralisée par région. Et le ministre a dit à plusieurs reprises qu’il le ferait, s’il constatait qu’on y mettait de la mauvaise volonté.

J’ai donc poussé la curiosité jusqu’à appeler le ministère de la Famille. Quand j’ai parlé au chargé des relations avec les médias du Ministère, il y a quelques minutes, il m’a assuré qu’on en était encore à la phase « d’implantation » des listes centralisées. Il n’a pas voulu en dire plus. Alors, il faudra être patient... et, pourquoi pas, créer un groupe de soutien Facebook pour le succès de ces listes. Ou une manifestation devant les CPE qui ne veulent pas y adhérer, avec des étendards : « Transparence, pour l’enfance! Transparence, pour l’enfance! » (Blague).

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (6)

  1. souad 26 avril 2010 à 21 h 56 min
    Bonjour,
    Je suis ecoeuré moia aussi d'attendre une place qui ne viendra peut etre jamais, mon garçon a 3ans et demi et il est inscrit depuis 3ans dans presque touts les CPE de la ville de quebec!! et j'ai encore jamais reçu d'appel!! j'entends par la que certains cpe effectivement se basent sur d'autres critéres pour leurs choix et surement le BILA ne les arrange pas du tout...transparence, mon oeil!!
  2. Pascale 29 avril 2010 à 02 h 05 min
    Bonjour,

    Etant maman d'un garçon de 5 ans en CPE et d'un autre de 2 ans et demi qui n'a pas de place en CPE, je dois attendre comme de nombreux parents...

    Le CPE dans lequel va mon aîné n'a pas adhéré à Bila. Il est certain que c'est un bon service, et je ne crois pas que la qualité de Bila soit mise en cause.
    Par contre, le coût d'adhésion me semble être un argument important. Une dépense de 1000$ par an n'est pas négligeable pour un CPE, surtout lorsque celui-ci est petit et en prise avec des budgets serrés.

    Je suis persuadée que la gestion actuelle de la liste d'attente est honnête et transparente. Si le CPE avait voulu privilégier certaines familles, je suppose que nos excellents contacts actuels nous auraient aidés à faire passer mon fils plus jeune avant d'autres enfants. Mais ce n'est pas le cas (et heureusement!). Je pourrais probablement leur demander de me montrer la liste d'attente, je suis certaine qu'ils n'ont rien à cacher.

    Je ne sais pas combien leur coûte la gestion de la liste d'attente. Il me semble que ce ne doit pas être si dispendieux d'avoir une réponse et un formulaire-type à adresser aux parents. Il suffit d'archiver les demandes dans leur ordre d'arrivée puis de recontacter les premiers de la liste quand des places s'ouvrent.

    En conclusion, je suis pour Bila, qui est bien pratique pour les familles et les CPE qui y adhèrent, et je comprends la frustration de parents qui attendent une place et doivent multiplier les démarches (j'en fais partie), mais il me semble un peu rapide de jeter la pierre aux CPE qui n'y adhèrent pas, de les accuser de manquer de transparence, voire de les suspecter de malhonnêteté. C'est peut-être le cas pour certains, mais certainement pas pour tous...
  3. Genevieve 29 avril 2010 à 20 h 10 min
    Je parle pour les garderie en milieux familiaux ...
    les madames aiment mieux avoir le choix!!!
    autrement dit; que ça clique!!!
    elles peuvent choisir l'enfant (pas trop turbulant)
    et les parents (avec des beaux horaires de travail)
    c'est vraiment l'enfer à se trouver une place
  4. Melanie 30 avril 2010 à 05 h 43 min
    Je ne veux pas faire ma ''tannante'', mais bien que je sois moi-même dans la situation de parent qui attend sa place en garderie sunventionnée, je ne peux m'empecher de penser qu'il est légitime et normal pour quelqu'un ayant une garderie à la maison de vouloir ''choisir'' les enfants avec qui il ou elle passera presque 365 jours par année avec. Je pense qu'on a tandance à critiquer sévèrement car on est fachés de la situation, mais si on se met à leur place, en plus des couts engendrés, je trouve un peu gros de vouloir les obliger à adhérer au programme Bila...
  5. Christine 30 avril 2010 à 13 h 32 min
    Bonjour,
    Je suis conseillère pédagogique dans un CPE de Québec qui a adhéré à Bila depuis le tout début. Dans un premier temps, je dois témoigner en leur faveur puisqu’ils ont toujours été d’une très grande efficacité avec nous. Pour les coûts, j’avoue qu’ils se paient d’eux-mêmes… Dès qu’une place se libère, ils font les appels. Quand un parent veut réduire les jours de fréquentation de son enfant, il n’y a plus 60 appels à faire (et attendre les retours d’appel) pour trouver quelqu’un que du temps partiel intéresse. On ne fait donc plus visiter plusieurs parents qui choisissent en fin de compte de rester une année de plus à la maison ou garder leur enfant dans le CPE où il est déjà (car oui, nous avions beaucoup de gens qui restaient sur nos listes d’attente pour toujours avoir le choix de changer leur enfant quand ça leur plairait).

    Nous recevons vraiment de très nombreux téléphones au printemps et à l’été et ça demande énormément de temps et SURTOUT D’ÉNERGIE ÉMOTIVE. Les gens ne veulent pas uniquement savoir s’il reste des places disponibles, mais également comprendre comment se forment les groupes, pourquoi nous n’acceptons pas de placer un enfant de 14 mois hors d’une pouponnière, pourquoi nous ne pouvons pas placer un petit de 20 mois dans le groupe de 5 ans de sa sœur qui s’en occuperait… Ils veulent également nous raconter leur détresse devant un retour au travail ou aux études sans avoir trouvé de milieu de garde, devant une rsg qui n’offre pas la qualité de service à laquelle les parents s’attendent (ce n’est pas toutes les rsg!!!), devant une intervention chirurgicale qui doit être annulée faute d’avoir trouvé un service de garde pour les enfants. Et devant ces parents, on écoute, mais on se sent vraiment impuissant.
    Vous avez tout à fait raison quand vous dites de faire campagne auprès des CPE pour qu’ils adhèrent. Le succès d’une liste centralisée réside justement dans l’adhésion de TOUTES les parties en cause.
    Il est également prioritaire de faire des pressions sur le gouvernement pour développer d’autres places. Plusieurs CPE sont prêts et ne se voient pas octroyer de places supplémentaires. Dans notre cas, nous avons un local aménagé vide, pour lequel nous envoyons une demande d’ajout de place au permis depuis 5 ans… et les réponses sont négatives année après année… Mais ça, c’est une autre histoire!

    Les CPE adhérents ont la responsabilité de parler de leurs expériences positives avec Bila afin de convaincre le plus de service de garde possible. Les parents peuvent également dire leur avis aux CPE avec qui ils communiquent. Si tout le monde coopère, on peut espérer que les choses changent!
  6. Marie Charbonniaud 30 avril 2010 à 14 h 17 min
    Merci pour vos commentaires, et tout particulièrement à Sylvie, qui nous livre un bel exposé des enjeux au quotidien, vécu par les CPE! Je reste persuadée que c'est une très belle économie de temps et d'énergie pour les CPE d'adhérer à ces listes centralisées. C'est aussi très utile pour le recensement statistique des besoins, par territoire, et enfin pour la transparence. Concernant les milieux familiaux, je suis d'accord avec Mélanie et Geneviève, je comprends que les dames veuillent avoir le choix... C'est une question très délicate, d'un point de vue éthique... car leurs critères de choix ne sont pas très démocratiques...
    Merci à vous!
    Marie

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