Une semaine sans télé, seriez-vous capable?

Une semaine sans télé, seriez-vous capable?
19 avril 2010

Quand j’ai emménagé dans ma nouvelle maison, le débat sur la place de la télé a refait surface. Alors, cette fois-ci : on la montre, on la cache, ou on s’en débarrasse?

Parce que c’est vrai que, en dehors du Téléjournal (et encore...) et de quelques Toc-Toc-Toc, ici et là, on n’en fait pas grand usage.

Allez, on la garde. Les bons films, on aimait trop ça. Que ce soient les vieux Hitchcock, les bons vieux westerns de Clint ou même les classiques de Walt Disney. On ne peut pas complètement fermer la porte à cette culture, car il y a du beau.

Mais on l’a « camouflée » dans notre salon, derrière une armoire murale encastrée qui se ferme entièrement. Les portes sont blanches, comme mes murs. Et quand elles sont fermées, on oublie complètement tout le bazar derrière (jeux de société, livres, télé).

Cette semaine, l’idée de ne plus l’allumer refait surface, puisque c’est la « Semaine sans écrans ».

En fait, au départ, c’était la Semaine internationale sans télé, lancée par la revue canadienne Adbusters. Mais c’est devenu Semaine sans écran, chapeautée par le Center for SCREEN-TIME Awareness, un organisme de Washington.

C’est sûr que les Américains, ils nous battent. Pendant que les Québécois de 2 ans à 11 ans en consomment 20 h par semaine, les tout-petits américains (2-5 ans) passent en moyenne 32 h par semaine devant un écran (et plus précisément : 25 h devant la télévision, 6 h 45 devant des enregistrements et 1 h 15 devant des consoles de jeu).

À vrai dire, je n’ai pas d’idée catégorique sur le sujet. Chaque famille trouve son bon fonctionnement. Mais si ce type d’événement vient faire réaliser qu’elle n’est pas capable d’éteindre quelques jours ses écrans, alors c’est peut-être que trop d’heures sont passées devant.

Les émissions de télé, en fait, je n’aurais aucun mal à m’en passer. Par contre, j’utiliserais mon écran plat pour regarder des vidéos. Ça, oui. Et Internet, pour continuer à me relier au monde et à ceux que j’aime. 

Les DVD du type Baby Einstein, j’en ai utilisé aussi. Mais je n’ai jamais été dupe sur leur contenu éducatif. C’est joli à regarder, mais ce n’est clairement pas ça qui apprendra à notre bébé à parler. D’ailleurs, les études l’ont démontré : c’est beaucoup moins efficace que l’apprentissage par discussion. 

À ce titre, rappelons les dosages pour nos enfants. La Société canadienne de pédiatrie demande de limiter la télévision et autres écrans à 1 à 2 h par jour. Même chose pour l’American Pediatric Society : 1 à 2 h par jour maximum, pour les enfants de 2 ans à 5 ans. Par contre, celle-ci suggère une interdiction totale aux moins de 2 ans (on peut donc se demander pourquoi les Américains ont créé les Baby Einstein et en consomment autant!).

Une chose est certaine : plus les écrans seront éteints, plus les enfants seront portés vers les autres activités, mettant en jeu des apprentissages essentiels et de la socialisation.

Un autre défi, québécois cette fois-ci, l’a d’ailleurs prouvé. « Le défi 10 jours » a été proposé à des centaines d’écoles au Québec et appliqué par les familles. En 2007, il a été évalué dans une école primaire de la Rive-Sud de Montréal (auprès de 326 parents et 264 élèves, de 3e à 6e année).

On a découvert qu’il avait permis, notamment, de réduire les disputes à l’école et à la maison, d’améliorer les relations entre élèves à l’école et la concentration en classe, de favoriser les devoirs et leçons, d’améliorer la santé et le bien-être des enfants, de favoriser l’aide fournie à la maison par les enfants et de passer plus de temps en famille!

Ça vous parle, tout ça? Alors, on peut bien se demander ce qu’on attend pour la faire disparaitre, au moins en semaine! On est maso, paresseux, dépendant, ou... quoi d’autre?

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (3)

  1. Ève B. (via Facebook) 20 avril 2010 à 01 h 04 min
    Depuis que je n'ai plus le cable, je cours avec la poussette et mon enfant ne regarde que des DVD de passe-partout. C'est fou le temps que l'on a pour faire toute sortes de choses quand on ne regarde pas la télé.
  2. michele p 20 avril 2010 à 06 h 49 min
    Le pire dans cette "dépendance" ç'est quand elle coupe toute communication familiale ,que vos enfants vous disent de vous taire et que vous devenez "injoignable le soir au téléphone parce que "ils regardent la télé ...

    On a souvent dit que la tv avait pris la place de la cheminée qui pendant des siècles était le lieu privilégié des relations familiales ,la différence c'est que on parlait un peu ,beaucoup ou passionément , bref le dialogue et les confidences allaient bon train ! que reste t"il de ce temps là ????
  3. jean-claude 20 avril 2010 à 20 h 55 min
    depuis qu'on a plus la télé, avec une poignée d'ami(e)s, on a trouvé le temps d'organiser une semaine sans télé :) et d'ouvrir un lieu associatif... (en France, la moyenne de téléphagie quotidienne par habitant est de 3h30; sur une vie de 70 ans, cela représente 10 années 24h sur 24 devant la télé....ça fait peur non ?)

    Par chez nous on a décidé de conserver la semaine sans télé plutôt que la semaine sans écran car, même si nous sommes conscients des dangers des écrans toujours + nombreux qui s'interposent entre soi et la vie, il y a bien d'autres raisons qui nous font organiser la semaine sans télé...

    http://semainesanstele.over-blog.com

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