Quand les prothèses mammaires lâchent…

Quand les prothèses mammaires lâchent…
5 avril 2010

Se refaire les seins. Ça ne concerne pas seulement les « bimbos », avec la jupe ras-les-fesses et les seins en avant. Ça concerne aussi les femmes qui ont subi une mastectomie puis une reconstitution des seins, ou encore la maman qui en a allaité 4 et qui souhaite redonner un peu de tenue à sa poitrine.  Bref, ça pourrait presque toutes nous concerner, un jour.

Mais pour le moment, un incident concerne 30 000 Françaises et ce n’est pas drôle.

En fait, ça a commencé en 2009, quand l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a levé le nez sur un nombre suspicieux de remplacements de prothèses mammaires (pour motif de rupture), effectués par la société PIP (Poly Implant Prothèses).

Créé en 1991, Poly Implant Prothèse occupait jusqu’à présent le 4e rang mondial parmi les fabricants d’implants mammaires. Mais autant vous dire que, aujourd’hui, c’est bel et bien fini pour le groupe.

Quand l’Afssaps a demandé des explications sur ces remplacements au-dessus de la moyenne, les réponses n’étaient pas satisfaisantes. Alors, elle a organisé une inspection approfondie en mars 2010 et 3 experts ont découvert le pot aux roses.

Le gel de silicone utilisé dans les prothèses n’était pas celui qui avait été mentionné dans le dossier d’agrément soumis aux autorités sanitaires, et ce changement n’avait pas été déclaré. « C’est du jamais vu en 10 ans d’inspection à l’agence », commentait il y a quelques jours le directeur de l’évaluation des dispositifs médicaux de l’Afssaps, Jean-Claude Ghislain.

Immédiatement, évidemment, une campagne d’information a été mise en place, de même qu’un « numéro vert » pour appeler (0.800.636.636).

C’est que... 30 000 Françaises ont été implantées avec des prothèses PIP, sur les 500 000 Françaises qui portent des implants mammaires!

Je ne sais pas si ces prothèses étaient distribuées ici. Je sais simplement que ce n’est pas la première fois que les implants mammaires font les gros titres de l’actualité et que, même si les chirurgiens esthétiques vantent les implants d’aujourd’hui comme « les plus sécuritaires de tous les temps », cette actualité prouve exactement le contraire.

Quelles sont les conséquences d’une rupture d’implants?

D’abord, le sein va se déformer, avec un préjudice esthétique, ce qui nécessite obligatoirement une nouvelle opération.

Il peut ensuite y avoir des inflammations locales importantes.

Mais surtout, il y a toujours le risque que le silicone se répande à travers le corps, avec tous les effets secondaires encore inconnus que cela peut entraîner.

Cette affaire arrive tandis que la chirurgie esthétique mammaire n’a jamais eu autant d’adeptes.

Pensez-vous que cela va freiner un peu d’élans? Y’en a-t-il qui y songeait, parmi vous, et que ça refroidit un peu? La question peut se poser.

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (1)

  1. association de défense pour les porteuses de 13 avril 2010 à 06 h 35 min
    http://association-ppp.wifeo.com

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