Les Bougons partent en randonnée

Les Bougons partent en randonnée
29 mars 2010

Ça y est, c’est le printemps.

C’est le temps de laisser de côté nos bottes d’hiver et de rechausser nos bottes de randonnées, avec nos petits derrière nous (ou sur nous). 

À ce propos, j’ai parlé à un expert de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), l’organisme qui gère 80 000 km carrés de territoires naturels au Québec (parc et réserves). Je voulais savoir si les familles québécoises étaient plutôt du genre « surorganisées » ou « sous-organisées », côté randonnées. 

Eh bien, croyez-le ou non, nous sommes loin d’être des femmes et des hommes des bois, contrairement à notre réputation!

« Les gens qui fréquentent nos parcs sont de plus en plus urbains et ont donc besoin de références urbaines. Quand ils réalisent qu’ils n’ont plus de signalisation, cela les déstabilise. Ils ne savent plus s’orienter, trouver de l’eau, se vêtir correctement, ni évaluer les distances à parcourir », m’a affirmé le chargé de projet responsable des randonnées pédestres, Gilbert Rioux.

Leur premier problème est sans aucun doute d’évaluer correctement les distances à parcourir, en fonction du temps dont ils disposent, de la météo, mais aussi de leur condition physique. Par exemple, on dit qu’un groupe de marcheurs expérimentés progresse en moyenne à une vitesse de 2 km/h, ce qui inclut les pauses pipi, pauses dîner et pauses jasettes. Alors, pour une famille avec enfants, on dit plutôt 1 km/h.

Or combien d’entre nous partent pour une randonnée de 5 km en pensant la faire en 2 h, tout inclus? Beaucoup!

Problème numéro 2 : l’équipement. Souvent, on part sans imperméable et avec des chaussures pas toujours appropriées. « C’est l’élément le plus spectaculaire », assure mon bon monsieur de la Sépaq, en précisant que certains d’entre eux attaquent le Mont-Albert en sandales. 

« En pratique, cela va du soulier de ville de monsieur aux sandales à talon haut de madame. Résultat, les gens se blessent les pieds ou ralentissent leur progression et ce qui devait se faire en 1 h se fait en 3 h. Alors on a froid, on a faim et ce n’est pas drôle du tout », explique-t-il.

Vous voulez vous rafraîchir la mémoire au sujet des précautions à suivre? Allez voir leur petit prospectus, Prudent de nature, très bien fait. Et puis, celui concernant les randonnées d’été.

Personnellement, une de mes belles résolutions de cette année est justement d’habituer mes enfants aux randonnées. On va commencer par petit, puis augmenter graduellement. Peut-être pas de là à partir 3 jours en refuge, mais au moins, d’y passer une demi-journée!

J’ai demandé à mon interlocuteur si beaucoup de familles, avec jeunes enfants, partaient pour plusieurs jours de randonnées.

« Pas beaucoup », m’a-t-il dit. « Il y a pour cela une raison bien simple. Ce qui détermine la durée de la randonnée, c’est votre degré de tolérance à l’absence de douche! »

Ouais, vu comme ça, je crois que je vais m’en tenir à une journée. Mais s’il y en a qui ont vécu une telle expérience, je suis curieuse.

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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