Aller à pied à l’école: une folie?

Aller à pied à l’école: une folie?
2 novembre 2009

La garderie de mes enfants se trouve le long d’un grand boulevard montréalais : le boulevard Saint-Joseph. Et même si la circulation y est limitée à 50, la plupart des voitures y foncent comme si elles étaient sur une autoroute.

Lorsque j’en sors, vers 15 h 30 ou 16 h, je tiens donc fermement les mains de mon fils de 2 1/2 ans  et je m’engouffre dans la première rue adjacente qui suit, pour rejoindre notre maison par les petites rues tranquilles. Ma plus grande de 4 ans, quant à elle, n’a même plus besoin de consignes. Elle a tellement peur des voitures qu’elle se fige dès qu’elle en voit une à 100 mètres d’elle, et me rejoint en courant dès que j’approche une intersection, au cas où j’aurais la mauvaise idée de traverser avant elle…

Je ne suis pas la seule à être effrayée par ce boulevard Saint-Joseph. Tous les parents de la garderie ont signé une pétition destinée à régler ce problème. Proposée par le conseil d’administration du CPE (où je siège), elle a déjà recueilli 200 signatures et sera présentée au prochain conseil d’établissement.

En plus, les élections municipales arrivent. Cela a pour conséquence magique que tous les candidats viennent promettre haut et fort à notre directrice qu’ils feront tout pour réaménager le quartier, mettre des ralentisseurs, élargir les trottoirs…

Le Dr Patrick Morency, de la Direction de santé publique de Montréal, a étudié les données d’accidents nécessitant une intervention ambulancière. Résultat : entre 1998 et 2008, 3 771 piétons et cyclistes blessés âgés de 5 ans à 17 ans ont été fauchés par une voiture (mais pas tous tués, heureusement).

« Ça fait environ 8 enfants par semaine qui sont transportés en ambulance. Je crois que ces résultats parlent d’eux-mêmes », a déclaré le Dr Morency à la presse.

Autre organisme intéressé à ce que ça change : la Coalition québécoise sur la problématique du poids. Selon elle, plus les quartiers seront aménagés, avec de grands trottoirs et des pistes cyclables, plus les enfants se sentiront en sécurité pour se rendre à l’école à pied ou à vélo. Pas faux.

Combien d’entre nous envoient (ou enverront) leur enfant à pied à l’école? Certainement 10 fois moins qu’il y a 20 ans.

Je me souviens que je marchais 6 kilomètres au total, matin et midi, pour me rendre à mon collège et en revenir! Et c’est sûrement encore 2 fois moins que la génération d’avant...

Bref, comment obtenir un monde meilleur? Faire preuve d’un brin de confiance, pour laisser aller nos enfants (même si notre tension monte d’un cran juste à les imaginer aux intersections), mais surtout, bombarder de lettres nos élus. Faire signer une pétition sur notre rue, puis chercher à les rencontrer, pour obtenir un dos d’âne ici, une piste cyclable là.  Avant les élections, ça peut très bien fonctionner.

Sur le site de la Coalition Poids, par exemple, vous trouverez une compilation de ce que les candidats à la mairie de Montréal proposent, pour sécuriser les déplacements à pied ou à vélo.

Allez, il reste une semaine! Même un petit courriel à votre candidat, ça prend quelques minutes et ça met un peu de pression!

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (2)

  1. Mme Proulette 9 novembre 2009 à 13 h 11 min
    Mes enfants vont a pied a l'ecole, je n'ai pas de voiture (trop cher !!! ) ma fille a un velo Dora, et mon fils, un velo Superman, Ma fille a perdu une roulette T_T. Je ne dors plus la nuit,je vois des fantome avec la roulette de ma fille TT. Je suis terrifiée !!
    Je suis tellement contrariée que je vais appeler mon bébé : Roulette.
    Mon mari m'a quitté pour une vendeuse de roulette a Decathlon.
  2. Tina L 18 novembre 2009 à 23 h 53 min
    J'ai le meme problème dans ma rue, et plusieurs pédition on été signer sans aucun changement jusqu'a maintenant. Mon conjoint a contacter la SQ de la ville tellement souvent a propos de la vitesse, a chaque voiture qui passait il appelais. Maintenant, nous avons un policier attitré a ce probleme dans le quartier. Nous avons donc un peu moins peur, je dis bien un peu moins peur, de laisser notre enfant de 3 ans de rentre de l'auto a la porte d'entré. Je dois dire que les gens n'ont aucune considération pour les enfants tant que ce n'Est pas les leur. Lorsque quelques chose arriver a leur enfant, ils sont les premier a crier sur les toits que les gens roulent vite dans le quartier.

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