Attaque chimique généralisée

Attaque chimique généralisée
12 octobre 2009

Actuellement, nous nous faisons construire une belle petite maison. Toute neuve. Le bonheur.

Cela dit, assez rapidement, l’écolo que je suis a essayé de voir là où on pouvait faire « mieux », écologiquement parlant.

Une peinture sans COV (composés organiques volatiles)? Oui, ça je peux le faire. Un plancher de bambou sans COV aussi, habituellement contenu dans les vernis de planchers? Oui, je peux le faire aussi.

Côté chauffage, on s’installera un système de géothermie, permettant de nous réchauffer et de nous rafraîchir le plus naturellement possible, grâce à la température de la terre. Côté gestion des déchets, j’aurais très probablement un grand enclos à compost au fond du jardin.

Puis-je faire beaucoup plus? Ô que oui… dès qu’on se met à fouiller un peu.

Si je voulais une maison certifiée LEED, je devrais par exemple utiliser une majorité de matériaux recyclés, ce que l’on ne fera pas.

Dans mon mode de vie, aussi, je pourrais revoir tous mes comportements de consommatrice, à commencer par ce qu’absorbent mes enfants par la bouche, la peau, les cheveux. Je passerais donc au crible leurs crèmes, dentifrices, shampoings, savons, parfums, vêtements, lessives, adoucissants.

Et si je ne comprends pas la moitié des ingrédients? Je consulte les excellentes bases de données à notre disposition. Par exemple, celle-ci.

Vous trouvez cela exagéré? Si l’on écoute un peu Helen Lynn, chimiste canadienne et coordonnatrice pour le Women’s Environmental Network, il faut en passer par là. C’est presque la base, même. Selon cette scientifique, en plus de manger bio, on devrait éviter de boire dans des gobelets en plastique, ne jamais utiliser du plastique pour conserver et cuisiner, et encore moins faire chauffer du plastique au micro-ondes. Également, bien entendu, pas de parfum (sur nous) ni de brûle-parfum (dans notre salon) synthétiques, pas de déodorant ni de désodorisant chimiques.

J’vous l’dis, on n’est pas sortis du bois. L’horreur, c’est que ces produits chimiques, on les retrouve partout. J’aurais beau les éliminer de la majorité de mes produits de consommation, que j’en retrouverai quand même dans le lait de mes seins... Tout ça à cause des produits cachés qui m’entourent.

Savez-vous ce que contient un vulgaire t-shirt pour enfant avec des inscriptions? Entre autres, du cadmium, du plomb, mais aussi du formaldéhyde, qui permet d’adoucir le PVC utilisé pour les jolies inscriptions (... de Dora?). Si cela peut vous rassurer, c’est exactement le même formaldéhyde qu’on souhaite éviter lorsqu’on demande des planchers et des peintures sans COV. Fuyez-le dans votre plancher, il reviendra donc dans votre chandail...

Je terminerai en citant cette phrase rigolote d’Helen Lynn, tirée de son intervention lors d’une conférence en 2007. « Ironiquement, c’est en essayant de garder nos maisons et nous-mêmes les plus propres possible, avec les meilleures odeurs possible, que nous nous exposons encore plus aux produits chimiques les plus nocifs. Les produits que nous utilisons à la maison finissent dans notre poussière et dans les tissus de notre corps. Par exemple, un agent antibactérien connu, le Triclosan, a été retrouvé dans le lait maternel. » D’où vient-il? Pas besoin d’aller très loin. Regardez vos dentifrices, crèmes à raser, savons…

 

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
Tous les billets de l'auteur

Commentaires (1)

  1. sylvia L 13 octobre 2009 à 17 h 40 min
    que chacun d'entre nous essaye de consommer "bio" au maximum en achetant aux meilleurs prix- coopératives,magasins spécialisés et autres et la planète se portera mieux et nous aussi
    Oui ,notre parfum préféré ,hors de prix est un poison pour la couche d'ozone
    Une des actrices préférés en Europe et en Amérique, Marion Cotillard refuse de faire des pubs pour la cosméto chimique , jolie démarche!


Partager