«J’ai mal au ventre!»… juste avant l’école

«J’ai mal au ventre!»… juste avant l’école
27 septembre 2009

Le 23 septembre dernier, en France, c’était la Journée du refus de l’échec scolaire. Et un article rapportait la statistique suivante : 1 enfant sur 3 a régulièrement mal au ventre avant d’aller à l’école. À cause de la peur, du stress ou parce qu’il n’a pas envie d’y aller.

Le sondage a été mené auprès de 700 élèves par l’AFEV, une association française qui oeuvre dans le domaine de l’éducation et qui lutte contre l’échec scolaire. Mais le Québec ne fait certainement pas exception. Dans mon entourage, je connais déjà 2 enfants qui sont concernés par ces maux de ventre du matin.

Bien sûr, pas évident de reconnaître et d’assumer, en tant que parent, que notre petit trésor somatise ainsi!

Le premier réflexe est souvent d’incriminer des petits problèmes de digestion. « C’est le repas d’hier soir, ça va passer! Ou peut-être… le lait dans tes céréales? Demain, on te donnera du yogourt », s’entend-on lui dire.

Mais si ce petit mal de ventre revient 3 fois dans la semaine, juste au moment de partir pour l’école, plus de doute. Alors, est-ce sa peur de l’échec? De l’intimidation des copains? De sa nouvelle maîtresse qui semble l’aimer moins que d’autres amis? Il faut partir à la recherche de sa source de stress! Avec comme principal outil : la communication.

Pour résumer ce que j’ai lu là-dessus, il s’agit parfois d’un stress de la performance, mais seulement pour une minorité.

Bien souvent, il s’agit d’une forme d’insécurité affective. La peur de quitter son chez-soi, la peur d’être abandonné, rejeté ou en danger.

Selon Hubert Montagner, ancien professeur et directeur de recherche à l’INSERM,  cette insécurité affective se nourrit principalement de l’empilement des difficultés que vit l’enfant au quotidien. À la fois dans sa famille (problèmes de santé, chômage, pauvreté, rythmes de vie et de travail stressants, conflits récurrents ou permanents...), dans son groupe d’amis (il se sent exclu, humilié, bouc émissaire) et à l’école (il a l’impression de ne pas être aimé par le professeur, voire d’être rejeté).

Au contraire, quand l’enfant baigne dans la sécurité affective, il développe une confiance en soi et envers les autres. Cette estime de lui-même libère ses interactions avec les copains, ses émotions, et par voie de conséquence ses ressources intellectuelles, car il n’a pas peur d’aller de l’avant.

 Toutes ces questions vous intéressent? Alors, courez vous procurer l’excellent livre de Marie-Caude Béliveau, J’ai mal à l’école, Troubles affectifs et difficultés scolaires.

Elle décortique le comment du pourquoi, puis donne de bons conseils aux parents. J’en relève quelques-uns, quand l’enfant vit un stress de la performance (une peur de l’échec).

  • Donnez-lui l’occasion d’avoir des activités variées pour qu’il se sente compétent ailleurs qu’à l’école. 
  • Encouragez-le, le plus possible, à s’organiser seul pour étudier et pour réfléchir.
  • Donnez-lui des responsabilités pour qu’il comprenne qu’il est utile et capable dans différents domaines; puis valorisez ses démarches, ses initiatives et ses efforts, au même titre que les résultats scolaires. 
  • Aidez-le à prévoir des stratégies et des attitudes à utiliser dans les situations stressantes.
  • Ne le laissez pas consacrer plus de temps aux devoirs et aux leçons que le temps demandé par l’enseignant. Si cette durée n’est pas suffisante, ne l’obligez pas à travailler plus longtemps : cela risquerait de le braquer. Il vaut mieux faire autrement plutôt que de faire plus.
  • Discutez-en avec les personnes qui ont la charge de l’enfant à l’école pour essayer de trouver des solutions.
  • Utilisez l’humour pour désamorcer ou dédramatiser quand la tension devient trop forte. 

Je m’arrête là pour ne pas dévoiler tout son livre qui vous aidera à venir à bout des vilains stress de vos amours!

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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