Nos enfants, ces éponges!

Nos enfants, ces éponges!
24 août 2009

Nos enfants sont des éponges, et jamais je ne l’ai mieux réalisé qu’en ce moment. Ils apprennent tout dans notre ombre, bien plus par nos gestes que par nos mots. Ce qu’il est bon ou pas de manger, de dire, de faire. La façon dont il faut se brosser les dents, se comporter à table, s’adresser aux autres. Ils nous imitent sans cesse, pour le meilleur, mais aussi pour le pire...

Ça me revient presque tous les jours en pleine figure. Surtout avec ma fille de 4 ans, en fait. Par exemple, quand elle m’a vu m’impatienter, en voiture, derrière un automobiliste qui n’avançait pas, elle m’a dit l’autre jour : « Oh, mais qu’est-ce qu’il fiche, lui? Allez maman, dépasse-le! » J’ai beau lui dire que ce n’est pas la bonne façon d’agir, mes attitudes qu’elle a déjà observées 20 fois auparavant ont bien plus d’impact que mes mots.

Toujours à cause de leur immense qualité « d’éponge », parfois, on en apprend un peu sur les autres familles de la garderie. L’autre jour, elle m’a sortie : « Hum, c’était bon. J’ai tout bouffé. » Moi : « Pardon?? Où tu as entendu ce mot? » Elle, du tac au tac : « C’est mon amie M. qui dit ça. » Ahhh, je vois, je vois. Mais d’autres fois, c’est moi qui les lâche, les vilains mots. Elle me les répète tout de suite, tandis que j’aurais envie de me cacher sous le plancher... 

Pour en revenir à notre attitude au volant, les recherches ont maintes fois prouvé qu’elles étaient très vite intégrées par nos bouts de chou. Selon Jacques Bergeron, psychologue et directeur du Laboratoire de simulation de conduite à l’Université de Montréal, on sait que les styles de conduite se transmettent de génération en génération, particulièrement de père en fils et de mère en fille (zut!). 

Plus précisément? « Les styles de conduite, c’est la vitesse générale à laquelle on roule, le fait de suivre un véhicule de près, le fait de conduire de façon agressive, le niveau d’attention qu’on porte à la conduite, etc., explique-t-il. Mais ça va jusqu’au nombre d’accidents, et même aux types d’accidents et aux types de contraventions. » Et cela, en grande partie, à cause de leur apprentissage par imitation. 

C’est assez culpabilisant, n’est-ce pas? Je sais, je sais, y’en a marre de culpabiliser! Être un modèle de conduite, c’est un éternel défi...

Dans le même genre, allez voir cette annonce publicitaire. Ça en dit long sur tout ce que nos enfants peuvent (mal) faire en nous regardant faire. Peut-être l’avez-vous déjà vue, puisqu’elle a beaucoup circulé par courriel.

Au final, on ne sera jamais parfait. Le mieux est de reconnaître, avec le sourire, ses limites, en discutant avec son enfant. Quand on dit de gros mots, quand on conduit mal... ou quand on mange un carré de chocolat noir tous les soirs, mais qu’on lui refuse 9 fois sur 10!

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (1)

  1. Caroline - Nice 26 août 2009 à 13 h 34 min
    Bonjour,
    j'aimerais vous écrire en privé, ayant rencontré quelqu'un de votre famille à Nice, avec qui j'ai eu un long échange concernant la maternage, l'allaitement, les couches l'accouchement à la maison.

    je vous donne mon adresse mail: caroline.peillon@gmail.com


    d'autre part, je suis entièrement d'accord avec votre propos et la vidéo est édifiante.
    j'ai un certain nombre de lectures à recommander si cela intéresse quelqu'un, concernant l'esprit absorbant de l'enfant et le 'continuum', l'apprentissage de l'enfant au contact des parents.

    Cependant, je crois que vous êtes bien plus en avance qu'en France ou l'allaitement n'est pas vraiment aidé, ou l'on donne systématiquement des biberons de compléemnts dans les maternités la nuit parce que les bébés pleurent.

    Bref, je pourrai écrire un grand livre sur tout ça, mais d'autres l'ont déjà fait de belle manière.

    Bonjour de la France,

    Caroline

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