Couches lavables: refilons la facture!

Couches lavables: refilons la facture!
13 juillet 2009

Je ne suis pas une sectaire des couches lavables, ni même une militante; ici et là, quand j’emmène mon bébé pour la journée en vadrouille, il m’arrive bien d’emporter 1 ou 2 couches jetables... N’empêche que je suis « définitivement convaincue » des couches en coton!

Tous les 2 jours, elles virevoltent au gré du vent sur ma corde à linge et font sourire mes visiteurs. Ma végétarienne de mère les compare à des petits poulets suspendus, tandis que ma belle-soeur y voit des ratons laveurs. Chacun y va de son imagination. Quoi qu’il en soit, je les adore et mon bébé les a adoptées.

Chaque fois que je lui en mets une, j’éprouve une grande satisfaction, là où j’éprouvais une immense culpabilité autrefois, en jetant à la pelle des couches à peine remplies.

Aujourd’hui, chaque fois que je les mets en machine, je me remémore le triste palmarès des couches jetables et je m’autocongratule.

  • 600 millions de couches jetables produites par année au Québec, représentant 60 000 tonnes de déchets à enfouir.
  • 3,5 fois plus d’énergie, 2,3 fois plus d’eau et 90 fois plus de matières premières nécessaires pour fabriquer une couche jetable, plutôt qu’une couche lavable.
  • 5000 couches utilisées, par enfant, avant d’être propres.
  • de 1500 $ à 2000 $ de plus pour les couches jetables, de la naissance à la propreté.

Mais le pire du pire, c’est probablement les cochonneries mégadurables qui les composent. La couche jetable contient des produits chimiques tels que gels
absorbants, parfum, conservateurs, et des produits cancérigènes ont
même été montrés du doigt par diverses études (polychloroprène en 1967,
dioxine en 1989, benzol en 1988, TBT en 2000). Une seule couche jetable joue son rôle quelques heures puis subsiste 200 à 500 ans sous terre; tandis qu’une couche en coton s’utilise 200 fois, puis peut servir de chiffon et se décomposer totalement en 6 mois.

Heureusement, de plus en plus de municipalités subventionnent l’achat de couches en coton. Il y en a plus de 50 au Québec, dont la plus forte proportion se trouve en Estrie, Chaudière-Appalaches et en Montérégie. La plupart offrent 100 $ par enfant, pour un minimum de 20 couches; tandis que d’autres paient 50 % de l’achat total, jusqu’à concurrence de 100 ou 200 $.

Plusieurs sites recensent les municipalités qui ont fait ce choix. Parmi eux, celui de La Mère Hélène. Votre municipalité n’y apparaît pas? Vous pouvez signer la pétition produite par une Montréalaise, destinée à tous les paliers de gouvernement, qui incite à soutenir les municipalités, mais aussi les milieux de garde qui acceptent d’utiliser les couches lavables.

Puis, la dernière étape, ce serait d’apprendre à ne plus utiliser de couches... du tout, d’accord? C’est une blague! Enfin, presque... La méthode de « l’hygiène naturelle », ça vous dit quelque chose?

Débarquée tout droit des États-Unis, la méthode s’appelle « Elimination Communication (EC) ». Elle apprend comment amener son bébé à la propreté, dès les premiers mois de sa vie (5-6 mois).

Il suffirait d’apprendre à détecter les signaux émis par l’enfant dès qu’il ressent le besoin de faire pipi ou caca, et de réagir immédiatement en l’incitant à se soulager aux toilettes, en le tenant par les bras.

L’idée est séduisante, même les économies... Mais les résultats? Après plusieurs semaines d’entraînement, ça fonctionnerait.

Pour en savoir plus, les deux papesses américaines du mouvement ont écrit un livre : L’hygiène naturelle de l’enfant, la vie sans couche, par Ingrid Bauer et Laurie Boucke (Éditions Jouvence, 2005) et ont monté un site : www.diaperfreebaby.org.

Je vous laisse essayer et vous m’en donnerez des nouvelles! De mon côté, je continue d’amortir l’achat de mes couches en bambou. Avec mon 3e bébé, ça commence à être drôlement satisfaisant...

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (7)

  1. Pom 14 juillet 2009 à 11 h 30 min
    Certes, les couches jetables sont une calamité écologique ... mais comment faire autrement quand on a un accès à une machine à laver le linge qu'1 fois par semaine au maximum ??
  2. Amélia 15 juillet 2009 à 02 h 33 min
    J'ai vu ma belle-soeur faire faire ses besoins à son fiston sur la toilette avant un an. Je n'en croyais pas mes yeux. Le petit ne salissait donc pas beaucoup de couches durant la journée. J'ai remarqué que la couche de ma fille était toujours sèche après sa sieste de l'après-midi, j'ai donc essayé de lui faire faire son pipi dans le lavabo: ça marchait assez souvent, mais j'ai abandonné par la suite. Je suis persuadée que toutes les mamans connaissent assez bien le rythme d'évacuation (appelons ça comme ça!!) de leur enfant et que la méthode "diaper free" n'est pas si folle que ça, mais disons que cela demande tout de même une dose de patience considérable pour avoir envie de l'adopter!
  3. Marie Charbonniaud 15 juillet 2009 à 12 h 45 min
    Bonjour Pom! Vous avez raison, acheter des couches lavables quand on n'a accès qu'une fois par semaine à une machine, ce n'est pas gérable. Par contre, par contre...il reste le système des couches en location! L'entreprise vient chercher plusieurs fois par semaine les couches sales et vous en rapporte des propres. Par exemple, l'entreprise Lulu Nature le propose (www.lulu-nature.com). Il parait que c'est super!
  4. Marie Charbonniaud 15 juillet 2009 à 12 h 52 min
    Bonjour Amélia, Oui, cela demande une dose de patience considérable, mais surtout d'attention! Il suffit qu'on ait la tête tournée et hop! on loupe le popo! En fait, il parait que c'est une méthode "normale" dans les pays comme l'Afrique, où beaucoup de bébés restent fesses nues et collés à leurs mamans. Je n'ai pas de mal à croire que leur relation "fusionnelle" permette ces anticipations... Mais je me promets en tout cas d'essayer, au moins une fois!
  5. Isabelle 18 juillet 2009 à 13 h 19 min
    Et puis combien de litres d'eau utilisés et de savon pour nettoyer ces jolies couches lavables??
  6. Marie Charbonniaud 19 juillet 2009 à 01 h 27 min

    Bonjour Isabelle!


    Votre argument est bien connu mais aujourd'hui, on sait qu'il ne tient pas. Une seule étude a affirmé ce que vous dites. Elle avait été commandée par Procter&Ganble et avait prouvé que les couches lavables avaient un plus grave impact a cause de l'eau consommée. Mais l'association Women's Environmental Network (WEN) a demandé une autre étude, auprès d'un consultant (Landbank Consultancy), justement pour savoir laquelle des deux couches avait le plus grand impact environnemental, tout le cycle de production compris. En effet,  les recherches de P&G, loin d'être des analyses complète du cycle de vie, se concentraient uniquement sur l'étape "utilisation", qui est particulièrement défavorable aux lavables.


    La nouvelle étude, augmentée d'informations publiques courantes, a donné les résultats chiffrés suivants :


    Les couches jetables, par rapport aux couches lavables consomment :


    - 3,5 fois plus d'énergie


    - 2,3 fois plus d'eau


    - 8,3 fois plus de matières premières non renouvelables


    - 90 fois plus de matières premières renouvelables


    De plus, elles génèrent 60 fois plus de déchets solides.


    Si vous voulez mes sources, allez voir cette thèse: larbreabebes.free.fr/.../These-couches-lavables.pdf                              Bonne journée et merci de me lire!

  7. muriel 30 juillet 2009 à 09 h 30 min
    combien d'eau et de savon?? je pense que les couches lavable vont de pair avec un etat d'esprit donc a l'utilisation on n'ajoute pas de machines car elle passe avec le reste du linge (vous pensez "beurkkk" mais pas du tout!! sois elle ont trempé avec des huiles essentiel anti bacterrienne sois on ajoute un anti bacterrien bion a la machine et ca ne coute pas cher..)et surtout nous faison attention a la lessive,qu'elle ne pollue pas!!! de + rare sont les mamans qui utilise le seche linge pour les couches lavable....et qui dit couche lavable dit : bb!!! alors une seule machine par semaine je reste perplex....

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