Des chips pour dormir?

Des chips pour dormir?
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste
26 juin 2009

Le dimanche matin de la fête des Pères, je suis allée à notre boulangerie préférée en compagnie des enfants. Papa dormait encore; c’était son cadeau. Nous l’avons réveillé avec la bonne odeur de notre butin et des chatouilles. Soleil, bonne humeur, croissants, chocolatines, café au lait : tout était parfait. Cette recette de bonheur est au menu pour célébrer des dimanches bien ordinaires aussi. C’est notre petite gâterie de la semaine. Une de nos petites gâteries, devrais-je dire. Habituellement, elles sont réparties dans la semaine, mais en cette journée spéciale, il y en a eu quelques-unes…

Plus tard en après-midi, après le jardinage, le vélo, la sieste et la baignade, l’heure de la collation a sonné. Je prépare une bouteille d’eau à Benjamin, mon petit bonhomme de 14 mois et le confie à son père pendant que je coupe une pomme. Quand j’arrive dehors, mes deux « hommes » relaxent à l’ombre. Le petit sur les genoux du grand, chacun une bouteille à la main… et des chips dans la bouche. Ce sont les premières croustilles de Benjamin, et à en croire son enthousiasme, pas les dernières! C’est fou comme il y a des aliments que les enfants aiment du premier coup, n’est-ce pas?
Moi j’arrive avec des morceaux de pomme. Une bonne Cortland croquante et sucrée. Si Benjamin savait parler, il m’aurait sans doute dit : « Maman, t’es plate avec ta pomme. C’est bon, mais j’en ai déjà mangé. Papa lui, me donne des chips. Regarde! »
Je le revois étirer le bras vers moi, tenant fermement son chips pour me le montrer et surtout ne pas me le donner.
Bon, qu’est-ce que je peux faire contre ça? Allais-je gâcher cet instant privilégié entre un père et son fils au nom de quelques principes de nutrition? Bien sûr que non. J’ai mangé la pomme… et des chips, moi aussi.

L’équilibre alimentaire, ce n’est pas la droiture extrême. Et puis, l’équilibre ne se mesure pas sur une journée, mais plutôt sur quelques jours. En fait, il n’y a pas de règle écrite pour évaluer l’équilibre alimentaire. Le gros bon sens veut simplement que les aliments les plus nutritifs soient mangés en grande majorité, et les moins nutritifs, sur une base occasionnelle. On peut parler d’aliments « du quotidien », « d’occasions » et « d’exceptions ». De cette manière, on évite les interdits, et il n’y pas de « bons », ni de « mauvais » aliments. Tout est une affaire de calendrier!

Ce même soir de la fête des Pères, Benjamin a fait sa première nuit (enfin, à 14 mois). Je crois que c’était son cadeau pour son papa. Était-ce pour lui souhaiter bonne fête des Pères ou pour le remercier de ses chips de l’après-midi? À moins que les chips n’aident à dormir? Évidemment pas. Le titre avait pour but de piquer votre curiosité! Il n’y a certainement pas de relation de cause à effet entre des patates grasses et salées et le dodo des bébés. N’empêche, dans mes souvenirs, ces deux premières seront associées!

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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Commentaires (1)

  1. À Stéphanie CÔté 2 juillet 2009 à 14 h 07 min
    Quelle belle histoire !

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