Zizis et pollution environnementale

Zizis et pollution environnementale
22 juin 2009

Cela fait déjà longtemps qu’on s’inquiète des effets de la pollution environnementale sur notre équilibre hormonal.

Dès les années 1970, quelques médecins américains commençaient à remarquer une baisse de la qualité du sperme humain. Puis, une étude de 1992 a jeté un pavé dans la marre, en démontrant que de 1938 à 1990, la concentration de spermatozoïdes avait baissé de 1 % par an en moyenne. Elle était passée de 113 millions par ml, dans les années 1930, à 66 millions 50 ans plus tard. 

Pourquoi? À cause des perturbateurs endocriniens présents dans notre environnement, c’est-à-dire les produits chimiques capables d’imiter les hormones naturelles, notamment de diminuer l’action des hormones masculines. Les oestrogènes environnementaux, par exemple, seraient présents dans de nombreux plastiques comme les bouteilles d’eau, les films alimentaires et les emballages. 

Cette pollution, sournoise, atteint le foetus alors même qu’il est encore dans le ventre de sa maman. Des études ont déjà prouvé l’augmentation des malformations génitales chez les nouveau-nés de sexe masculin, comme des testicules non descendus. Mais ce n’est sûrement que la pointe de l’iceberg de tout ce que nous découvrirons bientôt.

Il restait à savoir, par exemple, si l’écart de poids entre les filles et les garçons à la naissance allait diminuer. Car il est connu que le poids des petits garçons est supérieur, en raison de l’action des hormones mâles sur le foetus masculin. Eh bien, voilà qui est fait.

Trois chercheurs canadiens ont analysé la base de données de l’Agence de santé publique du Canada, qui contient de l’information sur le poids à la naissance de plus de 5 millions d’enfants nés entre 1981 et 2003. Or il y a bel et bien une diminution soutenue de la différence de poids, à la naissance, entre garçons et filles. L’étude vient d’être publiée dans le numéro de juillet de la revue Epidemiology

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, ce genre de lecture me donne la chair de poule. Elle me fait d’abord sentir ridiculement impuissante à agir contre des phénomènes mondiaux, insaisissables, en proie à des intérêts économiques monstrueux. Puis, elle me conforte dans mes quelques choix de consommatrice responsable, même s’ils ne pèsent pas plus lourd qu’un battement d’ailes de papillon dans une tempête. J’ai envie plus que jamais d’acheter bio, en vrac, de cultiver un potager et de bannir définitivement de mon panier les produits suremballés. 

L’idée qu’un jour les zizis de nos petits garçons pourraient ressembler aux zézettes de nos petites filles vaut bien ce maigre effort, il me semble.

Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
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Commentaires (1)

  1. Pom 14 juillet 2009 à 11 h 38 min
    Peut-être faut-il aussi se poser d'autres questions que juste celle des produits de l'agriculture ... Par exemple, les médicaments que nous surconsommons, les pillules contraceptives pour les femmes, ... et encore bien d'autres produits qui font que nous rejettons une quantité impressionnante de perturbateurs endocriniens !

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