Cuisiner avec les enfants

Cuisiner avec les enfants
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste
1 mai 2009

Pour ma « grande » fille de 2 1/2 ans, cuisiner, c’est aussi amusant que bricoler. Elle brasse, elle verse – et renverse parfois –, elle casse même des oeufs et, bien sûr, elle goûte. Quand les muffins cuisent, elle colle son nez sur la vitre du four et les regarde lever et dorer.

C’est un moment mère-fille que j’affectionne particulièrement et durant lequel se dessinent plein de futurs souvenirs. Cuisiner avec les enfants, c’est davantage que partager un bon moment avec eux. C’est aussi préparer un autre bon moment : un repas en famille.

Faire la popote est agréable en soi, mais c’est encore plus agréable de réaliser les nombreux avantages qui s’y rattachent, à commencer par le contrôle de la qualité et de la quantité des ingrédients qui composent les plats. On le sait – ou on s’en doute –, les produits du commerce sont, pour la plupart, trop salés ou trop sucrés, et souvent riches en gras et sources de mauvais gras. Les recettes maison permettent de choisir de bonnes huiles, de mieux doser le sucre et le sel, de privilégier les grains entiers et de manger plus de légumes, notamment. Comment consommer moins d’agents de conservation, de colorants alimentaires, de saveurs artificielles et autres additifs? En cuisinant, évidemment!

Cuisiner avec les enfants – et pas seulement pour eux – permet en plus de leur transmettre tout un bagage de connaissances et de traditions. Cuisiner, ce n’est pas savoir peser sur les touches du four à micro-ondes pour réchauffer un mets congelé!

Il y a une différence entre manger et savoir s’alimenter. Savoir s’alimenter c’est, entre autres, être capable de choisir des aliments à l’épicerie, reconnaître tel ou tel légume au marché, savoir apprêter de la viande ou du poisson et pouvoir composer un repas avec divers ingrédients de base. Ce ne sont pas, ou plutôt ce ne sont plus, des notions qu’on enseigne à l’école. Si les jeunes ne les acquièrent pas non plus à la maison, où le feront-ils? Qui leur apprendra à se nourrir sainement? Qui leur enseignera à se débrouiller dans une cuisine et à survivre autrement qu’avec les mets préparés des épiceries ou les repas à emporter des restaurants? Où est la relève qui saura, dans 50 ans, faire une tourtière, du ragoût ou un bouilli? Notre identité culturelle est, elle aussi, en péril si on n’initie pas nos enfants à l’art culinaire…

Vos enfants sont difficiles? Faites-les participer à la préparation des repas et vous verrez qu’ils le seront moins. Un jeune qui met la main à la pâte risque beaucoup moins de lever le nez sur son assiette. Les enfants sont naturellement néophobes, c’est-à-dire qu’ils résistent à la nouveauté. Ils peuvent prendre des semaines ou des mois avant d’accepter et d’apprécier certains aliments. S’ils manipulent les aliments régulièrement, ils les apprivoiseront certainement plus aisément. Ils deviendront ainsi des adolescents et des adultes ouverts aux expériences gustatives. Leur alimentation et peut-être même leur vie sociale s’en trouveront enrichies.

Cuisiner pour, et surtout avec, les enfants, c’est joindre l’utile à l’agréable. Ce n’est pas qu’alimentaire, c’est élémentaire!

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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Commentaires (2)

  1. Sonia 6 mai 2009 à 23 h 11 min
    Je partage ce grand plaisir de cuisiner avec ma poulette. Je l'assois au fond du comptoir, la grande tasse en pyrex entre les jambes. Au début, sa tâche était de mélanger les ingrédients. Maintenant, je lui apprend à remplir correctement les tasses et cuillers à mesurer. Elle a même commencé à couper les champignons. J'estime que quand on court après ses minutes, faire contribuer notre petit à la préparation du repas est une belle manière de passer du temps avec lui, et de lui faire un formidable cadeau, celui d'apprendre à se popotter un bon repas. J'ai hâte de lui faire découvrir davantage les odeurs des fines herbes et des épices!
  2. Madeleine 8 mai 2009 à 19 h 03 min
    Ce que mon fils préfère, c'est de pouvoir goûter à différents aliments, même s'il les voit pour la première fois. Cuisiner, pour lui, relève de l'expérimentation et lui procure une grande fierté, surtout lorsqu'il goûte au résultat. Et il n'a que deux ans! Inclure les enfants dans la préparation des repas les responsabilise également. Ils se sentent impliqués et prennent toujours plaisir à ce genre d'activité. Les odeurs, les textures, les saveurs; les cuillers de bois, les gros bols métalliques; l'anticipation et l'attente sont tous des variables qui rendent l'expérience agréable pour les enfants. De plus, ces moments de complicité entre parents-enfants sont très précieux et uniques.

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