Faites ce que vous pouvez, pas nécessairement ce qu’on vous dit

Faites ce que vous pouvez, pas nécessairement ce qu’on vous dit
Par Dre Taz, Omnipraticienne
30 avril 2009

Je sais que vous êtes imparfait.

Je suis médecin de famille, dans la trentaine, en couple depuis plusieurs années. J’ai un fils de 3 ans qui grandit trop vite. Je sais que je travaille plus de 50 heures par semaine. Je sais que je fais moins de 90 minutes de sport par semaine. Je sais que je ne mange pas mes 5 à 12 portions de fruits et légumes par jour et que je bois trop de café. Je sais que mes amis se plaignent secrètement de mes éternels retards et absences. Et je sais que ça fait plus d’un an que je n’ai pas vu mon dentiste…

Je sais que votre réalité n’est pas très loin de la mienne. Je suis moi-même imparfaite. Il serait injuste, voire hypocrite, de vous submerger de conseils louables, mais difficiles à appliquer.

Par contre, je sais aussi ce qu’il faudrait faire et ce que je suis capable de faire. Et par ma profession, j’aimerais vous aider à faire la part des choses. Votre responsabilité devient donc aussi la mienne : initier un être humain à la vie le plus sécuritairement possible.

À ce jour, la médecine a occupé la moitié de ma vie. Je passe régulièrement de longues heures à décortiquer des études scientifiques sur ce qui est recommandé ou non. Allaitement, dodo sur le dos, la suce, les jouets sans plomb… Des choses qui peuvent sembler des évidences, accessibles à n’importe quel parent qui sait manier un ordinateur ou feuilleter un livre. Mais des faits sur lesquels nous reviendrons dans les prochaines semaines. Pourquoi?

Parce qu’il y a 30 ans, on privilégiait le biberon à l’allaitement.
Parce qu’il y a 20 ans, on recommandait de faire dormir les enfants sur le ventre.
Parce qu’il y a 5 ans, on déconseillait la suce.
Parce que tout comme moi, vous n’avez peut-être pas les moyens d’acheter des jouets pur bois biologique.

Je n’oublierai jamais cette jeune mère qui est venue me consulter à la clinique sans rendez-vous, 1 mois après son accouchement, incapable d’allaiter malgré toutes les techniques possibles et inimaginables. Insomniaque, sans appétit, épuisée et triste, elle présentait tous les stigmates d’une dépression post-partum. Elle était incapable de faire son deuil de l’allaitement : quel échec personnel! Pendant 9 mois, on lui avait tant souligné l’importance de l’allaitement! Pourtant, un seul de ses sourires avait beaucoup plus de bénéfices pour son enfant que tous les anticorps qui se trouvaient dans son lait maternel.

Ça, c’est mon travail. Revoir les priorités, relativiser, discerner le vrai du faux. Et vous faire part de mes conclusions.

Essayons de faire de notre mieux. Je vous conseillerai sans jamais oublier que votre vie est chaotique et que vous êtes un être humain avec ses qualités et ses contradictions. Et vous me lirez sans jamais oublier que la science, aussi, est imparfaite.

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
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Commentaires (8)

  1. Kim Huard 5 mai 2009 à 01 h 33 min
    Bonjour, je suis heureuse de voir que je ne suis pas la seule à faire " ce que je peux " !! Je vien de découvrir votre site et je le trouve très complet mais il me reste toujours un sujet sans réponse, je vous explique. J'ai un petit garçon de 1 an, Enzo et il vien tout juste de recevoir une petite soeur! Enzo était un enfant calme, indépendant et social, mais depuis l'arrivé de Mia sont comportement à changé radicalement. Maintenant il se mord les mains, se donne des claques dans le visage, se cogne la tête sur le plancher, hurle à réveiller les morts! Nous ne savons pas comment réagir, le laisser faire, ou intervenir? Et comment intervenir? Je me sens impuisante et mauvaise mère devant la peine d'Enzo. J'essais de passer le plus de temps possible seule avec lui, à lire des histoires, se coller, chanter des chansons ect... Jai fait plusieurs recherche sur internet et dans les librairies mais je ne trouve rien sur les enfants en bas âge. Suis-je la seule dans cette situation? J'espère trouver de l'aide.
  2. Virginie 5 mai 2009 à 15 h 09 min
    Arrivée de bébé: la jalousie entre enfant
    (ARTICLE TROUVÉ SUR CE SITE)
    Source: Investir dans l'enfance
    Comment aborder le problème
    L’arrivée d’un bébé dans une famille qui comprend déjà des enfants nécessite de grands ajustements de la part de tous. Un enfant peut se sentir rejeté en voyant son père ou sa mère consacrer beaucoup de temps au nouveau-né.

    Les tout-petits en âge de marcher et les enfants d’âge préscolaire peuvent réagir durement : ils peuvent souhaiter que le nouveau-né soit ramené à l’hôpital; ils peuvent même lui faire du mal par mégarde. Il arrive aussi qu’ils essaient d’attirer l’attention en adoptant un comportement infantile, par exemple en n’étant plus propres ou en demandant à être nourris au biberon.

    Les enfants de 1 an à 3 ans sont ceux qui risquent le plus d’être jaloux d’un petit frère ou d’une petite soeur. Ils ont du mal à accepter de partager l’attention de leurs parents. Ils peuvent passer très rapidement d’un état de grande excitation ou de fierté à de la jalousie, à de la tristesse ou à du ressentiment.

    Malheureusement, des enfants plus âgés risquent, par jalousie, de faire du mal à leur petit frère ou à leur petite soeur. Si vous pensez que cela peut se produire, ne les laissez jamais seuls ensemble.

    Les enfants de 5 ans ou plus peuvent manifester leurs sentiments de jalousie de façon un peu plus subtile. Ils peuvent, par exemple, serrer très fort dans leurs bras leur petit frère ou leur petite soeur, ou l’accuser à tort de certaines choses. Souvent, ils se mettent à agir comme un grand frère ou comme une grande soeur. Par exemple, ils se montrent possessifs envers le tout-petit et désirent changer ses couches ou le nourrir.

    Faites comprendre à votre enfant qu’il est normal qu’il ne ressente pas toujours de l’amour envers le nouveau-né. Laissez-le exprimer ses émotions de tristesse ou de colère, mais encouragez-le à coopérer et à se comporter comme un aîné attentif. Lisez-lui des histoires à propos de familles qui viennent d’accueillir un poupon, et parlez ensemble des sentiments que cette naissance éveille chez l’aîné. Et puis, essayez de passer du temps avec lui, en tête à tête.

    Soyez conscient du fait que la jalousie de l’aîné peut apparaître lorsque le bébé parvient à un nouveau stade de sa vie : par exemple, quand il apprend à marcher et qu’il se met à l’interrompre dans son jeu, à casser ses jouets, à les éparpiller, à partager ses amis... En apprenant à parler, le benjamin devient capable de défier son grand frère ou sa grande soeur, suscitant ainsi sa jalousie et créant un nouveau problème.

    _____________________________
  3. Virginie 5 mai 2009 à 15 h 15 min
    Bonjour KIM, J'ai trouvé sur ce site des articles qui t'aideraient certainement. En voici un plus haut, mais aussi d'autres sur l'adaptation des enfants au nouveau petit frère ou petite soeur. Regarde dans la section de A à Z du site et lis bine les sujets, plusieurs traitent de tes préoccupations. Sache que tu vis une situation très normale et qui passera avec le temps, même si ce n'est pas facile lorsqu'on la vit. Bonne chance!
  4. Nathalie 8 mai 2009 à 13 h 23 min
    J'aurais dû vous avoir dans ma vie après mon accouchement... cette philosophie de la maternité devrait être obligatoirement enseigné à toutes les mamans et apparaitre en gros plan partout...Faites ce que vous pouvez, pas nécessairement ce qu’on vous dit !!!
  5. racha 21 mai 2009 à 02 h 00 min
    Bonjour,j'ai une fille de trois ans, j'ai essayé d'etre la maman parfaite meme avant qu'elle naisse, je ne savais pas que je ne connaissais rien rien rien du monde des bébés, je l'ai allaité jusqu'à 13mois, j'ai fait beaucoup d'effort, car elle n'etait pas un gros bebe, tout le monde disait que mon lait etait pas bon, pour manger je suivais les directives de la dietetiste, pas de gras dans les aliments, en tout cas le temps d'apprendre comment m'y prendre avec elle, pour qu'elle puisse et aime manger, maintenant on dirait qu'elle ne me respecte plus, comment faire, aussi elle pleure la moindre remarque que je fais moi ou son pere, est ce un enfant gaté.
  6. Dre Tasnme Akbaraly 26 mai 2009 à 20 h 30 min
    Bonjour Racha, il n'est effectivement jamais facile d'être parent. Il s'agit d'un nouveau rôle qui implique beaucoup de responsabilités. La frontière entre responsabilité et culpabilité n'est pas toujours très claire! À trois ans, il serait prématuré de qualifier votre enfant de "gâté". Vous avez toujours agi pour son bien. C'est l'âge où nos petits commencent à s'affirmer. Ils tentent de se forger une certaine autonomie et un caractère. Pourtant, ils ont encore besoin d'aide dans plusieurs aspects de la vie quotidienne, ce qui peut engendrer une certaine frustration. Je vous suggère de ne pas percevoir les réactions de votre fille comme un manque de respect. Cela n'a rien à voir avec vous et vos capacités de mère. C'est tout "simplement" une phase du développement. Cela met votre patience à rude épreuve, je l'avoue, mais ce n'est probablement que passager. Bonne chance!
  7. France 5 octobre 2009 à 15 h 44 min
    j'adore vos blog et je les lis souvent Mais la je sais pas ou placé ma question alors voici:

    j'ai petit garcon de 9 mois qui est tout simplement formidable . Alors voici: il ne rampe pas a 4 patte et assois pas encore seul.

    Mais il a 5 dent et dit papa et maman alors on est tout ravis .

    Mais la les gens qui m'entour m'inquiete a me disant que c'est pas normal que mon enfant de s'assois pas encore seule et rampe pas
    meme qui disent qu'il a p-e une dificience . oufff je capote alors mais quand je le regarde pou moi il est tout simplement pas prete
    il se tourne les 2 coté voila je suis inquiete
    que faire merci

    une nouvelle maman !!
  8. Tasnime Akbaraly 6 octobre 2009 à 10 h 56 min
    Bonjour France,

    merci d'être une de mes lectrices et de contribuer à ce blogue!

    Il est déjà très insécurisant d'être une maman, et encore plus lorsque notre entourage émet des commentaires qui viennent ébranler notre confiance difficilement acquise!

    Il faut savoir que chaque enfant à son rythme. Ne tombez pas dans le piège de la comparaison avec des enfants d'amis ou de voisins. Allez chercher des sources fiables: je vous recommande chaudement la partie "développement" sur ce site, organisée selon les tranches d'âge, ou encore le livre très bien conçu "Vivre avec son enfant" qu'on vous a remis à la naissance de votre bébé.

    Mais encore là, retenez que ces faits sont basés sur des moyennes: peut-être votre enfant se développe-t-il plus lentement dans une certaine sphère (comme la motricité grossière) et plus rapidement dans une autre (comme le langage)?

    Il est difficile pour moi de me prononcer par courriel. Je vous suggère de parler de votre inquiétude à votre médecin de famille si vos doutes persistent. Bonne chance!

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