Mort subite du nourrisson: une anomalie dans le cerveau détectée

Mort subite du nourrisson: une anomalie dans le cerveau détectée
Le cerveau des bébés décédés du syndrome de la mort subite du nourrisson présenterait une anomalie du tronc cérébral, soutient une étude américaine.

9 novembre 2017 | Le cerveau des bébés décédés du syndrome de la mort subite du nourrisson présenterait une anomalie, qui pourrait expliquer pourquoi il ne faut pas coucher les bébés sur le ventre, soutient une étude américaine.

Depuis des années, les médecins recommandent aux parents de coucher les nourrissons sur le dos afin de prévenir le syndrome de la mort subite du nourrisson (SMSN). Survenant habituellement avant 1 an, ce syndrome est montré du doigt lorsqu’un bébé cesse de respirer dans son sommeil, sans cause médicale apparente.

Selon cette étude, les bébés décédés des suites du SMSN présenteraient une anomalie du tronc cérébral, une région du cerveau impliquée dans le contrôle de la respiration et des mouvements du cou et de la tête. Cette différence au niveau du cerveau perturberait le contrôle des fonctions respiratoire et cardiaque. Elle nuirait aussi à la façon dont le corps réagit à un manque d’oxygène au niveau cellulaire.

Concrètement, cette découverte signifie que si un bébé atteint de cette anomalie manquait d’oxygène durant son sommeil, son corps pourrait ne pas réagir adéquatement. Ainsi, s’il était couché sur le ventre, ce nourrisson risquerait de mourir parce qu’il est incapable de lever la tête pour respirer, comme le ferait un bébé ne présentant pas cette différence au cerveau.

Les chercheurs ont constaté que cette anomalie se retrouve plus souvent chez les nouveau-nés mâles et chez les prématurés, ce qui expliquerait le plus grand nombre de cas de SMSN dans ces deux groupes. Ces scientifiques espèrent que leur découverte permettra de développer un test pour repérer cette anomalie de façon précoce et ainsi sauver des vies. Au Canada, le SMSN est responsable du décès d’environ 1 nourrisson sur 1000.

Pour parvenir à ces résultats, les auteurs de l’étude ont analysé une section du cerveau de 55 bébés décédés des suites du SMSN et de 21 bébés dont le décès n’a pas été causé par le SMSN.


Marie-Claude Ouellet — Agence Science-Presse

Sources : Sciencedaily et PLOS

 

Photo : GettyImages/NataliaDeriabina

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