Réseaux sociaux: conseils de parents branchés

Réseaux sociaux: conseils de parents branchés
L’utilisation des réseaux sociaux comporte certains pièges. Nous en avons discuté avec quatre parents « branchés » qui ont réfléchi sur le sujet.

3 janvier 2017 | Les parents sont parmi les plus grands utilisateurs de réseaux sociaux. Ils y trouvent du soutien et d’autres parents avec qui échanger. Mais leur utilisation comporte certains pièges. Nous en avons discuté avec quatre parents « branchés » qui ont réfléchi sur le sujet.

Le danger de la pression — Mariève Paradis

C’est facile pour les parents qui vont sur les réseaux sociaux de ressentir de la pression. « On s’y compare beaucoup, indique Mariève Paradis, journaliste fondatrice du magazine web Planète F et maman de deux jeunes enfants. On voit, par exemple, la photo d’une famille super heureuse avec ses trois enfants et on se demande pourquoi on n’a pas l’air aussi bien qu’eux! »

La journaliste rappelle que c’est rarement la vraie vie qui est présentée, mais plutôt une mise en scène. « La famille qui pose tout sourire lors d’une sortie a peut-être dû gérer une grosse crise juste avant de partir, on ne le sait pas. » Mieux vaut donc garder son esprit critique et une certaine distance face aux réseaux sociaux. Pour sa part, elle ne va plus sur Pinterest pour trouver des idées. « J’aime mieux replonger dans mes souvenirs et trouver des idées qui ont un sens pour moi. Par exemple, en cuisinant un gâteau plein de bonbons que ma mère me faisait. »

Le partage de photos — Marie-Julie Gagnon

Les parents devraient avoir davantage conscience de la portée de leur geste avant de partager des photos de leur enfant, croit Marie-Julie Gagnon, maman d’une fille, blogueuse et chroniqueuse voyage. Selon elle, cela revient à exposer notre enfant à tout le monde, incluant des personnes qui pourraient avoir de mauvaises intentions. De plus, même s’ils sont petits, nos enfants ont aussi droit à leur vie privée. « Une photo de bébé tout nu dans le bain, c’est cute, mais qu’en pensera-t-il dans 10 ans? », se demande-t-elle.

Pour ces raisons, la blogueuse n’expose pas trop sa fille sur les réseaux sociaux. Et lorsqu’elle le fait, elle prend des précautions. « Sur Facebook, mes paramètres de confidentialité sont ajustés pour déterminer qui peut voir les photos que je partage, dit-elle. Sur mon blogue, il m’arrive de publier des photos de ma fille si c’est pertinent. Et sur Instagram, je choisis plutôt des photos prises de loin ou de dos. »

Mieux vaut éviter de publier des photos de notre enfant sur lesquelles on voit des éléments qui permettent de reconnaître notre quartier, comme un commerce, une école…

Des réseaux dévoreurs de temps — Nicolas Chevrier

« Je vois de plus en plus de parents qui sont concentrés sur leur appareil mobile, au lieu de parler avec leur enfant », note Nicolas Chevrier, psychologue et papa de trois enfants. Cette habitude pourrait avoir un impact sur la relation entre l’enfant et son parent, soutient-il. Un tout-petit qui cherche de l’attention peut se mettre à crier ou à taper, par exemple. Résultat : le parent s’impatiente et chicane son enfant.

Il est important de donner de l’attention positive à un enfant afin qu’il se sente aimé et qu’il développe une bonne estime de lui-même. Selon Nicolas Chevrier, être présent physiquement, ne suffit pas. « Il faut aussi être disponible mentalement lorsqu’on est avec nos enfants », dit-il.

L’utilité des réseaux sociaux — Julie Philippon

Les réseaux sociaux ont aussi de bons côtés. Ils sont, par exemple, utiles pour briser l’isolement, rappelle Julie Philippon, blogueuse et maman de deux enfants à besoins particuliers. Grâce aux réseaux sociaux, on constate qu’on n’est pas seuls à vivre certaines situations avec nos enfants et ça peut être rassurant. Lorsque Julie Philippon a commencé à bloguer, elle avait besoin de partager ce qu’elle vivait. « Je me suis rapidement créé une communauté avec qui échanger », dit-elle. À son avis, avoir plus d’information peut aussi aider les parents à faire de meilleurs choix, à condition de se renseigner auprès de sources fiables (ex. : blogues spécialisés, médias en ligne, sites d’organismes officiels).

Quand on échange sur les réseaux sociaux, il faut toutefois s’attendre à recevoir des commentaires négatifs, prévient la blogueuse. « Il ne faut pas oublier qu’on a peut-être reçu 30 commentaires positifs pour un commentaire négatif. » Elle conseille de prendre le temps de respirer avant de répondre. « Je pense qu’il vaut mieux ne pas alimenter un débat négatif », ajoute-t-elle.

 

Photos : Mariève Paradis et Nicolas Chevrier : Maxim Morin, Marie-Julie Gagnon : collection personnelle, Julie Philippon : Maude Chauvin

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