La circoncision

La circoncision
 


Qu’est-ce que la circoncision?

D’un point de vue médical, la circoncision est une intervention chirurgicale qui consiste à exciser (enlever) le prépuce. Très brève, cette opération ne dure en général que quelques minutes. De nos jours, les médecins considèrent généralement qu’elle doit être faite sous anesthésie, ce qui n’était pas toujours le cas dans le passé. Elle nécessite quelques jours de convalescence et donne lieu à des complications postopératoires dans environ 2 % des cas.

Bien que les médecins d’aujourd’hui ne voient guère de justifications médicales à la circoncision systématique des nourrissons mâles, certains parents continuent à demander que leur fils soit circoncis, le plus souvent pour des raisons religieuses ou culturelles.

D’où ça vient?

La circoncision est une pratique dont l’origine se perd dans la nuit des temps : il semble que les Égyptiens de la haute antiquité y recouraient déjà de manière rituelle. Elle était aussi pratiquée par les Juifs de l’Ancien Testament, de même que par les chrétiens et les musulmans, et par certaines civilisations animistes d’Afrique et d’Australie.

On ignore les raisons qui ont motivé son adoption dans ces temps reculés : s’agissait-il d’un rite initiatique, d’une marque d’appartenance au groupe, d’une offrande à une divinité? On a déjà prétendu qu’elle pouvait accroître la puissance mâle ou calmer les ardeurs du désir charnel...

Vers la fin du XIXe siècle, des médecins de Grande-Bretagne et d’Amérique du Nord ont vanté les mérites hygiéniques de la circoncision sur les plans physique et psychique : on lui a attribué diverses vertus, comme la protection des jeunes garçons contre certaines maladies et contre le manque de sens moral.

Est-ce répandu?

En 1970, on estimait qu’en moyenne plus de 83 % des Américains mâles avaient été circoncis, comparativement à 70 % en Australie, à 48 % au Canada et à 24 % au Royaume-Uni. La circoncision était rare dans les pays d’Europe du Nord, d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud et d’Asie.

Trente ans plus tard, on ne circoncisait plus que 65 % des nourrissons mâles aux États-Unis, 13 % en Australie et 35 % au Canada. Signalons qu’au Canada la circoncision est moins fréquente chez les francophones, particulièrement au Québec.

Est-ce utile?

Dès 1975, les autorités médicales américaines et canadiennes se sont prononcées contre la pratique de la circoncision systématique des bébés mâles. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime, toutefois, que l’intervention ne constitue pas une mutilation au même titre que l’excision (le fait d’enlever le clitoris et parfois les petites lèvres) parfois pratiquée chez les petites filles.

Il a été démontré que la circoncision diminuait de plus de 10 fois le risque de faire une infection urinaire chez le nourrisson. Cependant, ces infections sont rares à cet âge et il n’est pas justifié de pratiquer une circoncision pour une telle raison. Les maladies transmissibles sexuellement (incluant le sida) et le cancer du pénis seraient aussi moins fréquents chez les hommes circoncis.

Les risques liés à la circoncision sont généralement mineurs et liés aux saignements, à la douleur ou à l’infection de la plaie. La circoncision peut néanmoins avoir des conséquences plus graves, comme des déformations permanentes du pénis, des obstructions du méat urinaire et, parfois même, des infections généralisées pouvant causer la mort.

La position officielle de la Société canadienne de pédiatrie est que l’étude comparative des avantages et des inconvénients de la circoncision ne permet pas de soutenir cette pratique de façon systématique dans le cas des nouveau-nés.

Sans être interdite ni contre-indiquée, la circoncision systématique des bébés garçons n’est ni recommandée ni justifiée sur le plan médical, sauf dans les cas suivants :

  • Un phimosis : c’est un état où l’ouverture du prépuce (anneau préputial) est trop étroite pour laisser passer le gland. Une telle situation doit être considérée comme normale chez les garçons de moins de 5 ans et ne devrait pas justifier la circoncision, à moins que le phimosis empêche un bon jet urinaire. On peut essayer un traitement médical à base de crème stéroïde appliquée durant 6 semaines avant de se tourner vers la chirurgie.
  • Un paraphimosis : c’est un état où le prépuce est coincé derrière le gland, et où il ne peut reprendre sa position normale et le recouvrir. Une telle situation survient généralement lorsque le prépuce de l’enfant s’est rétracté prématurément. Diverses méthodes permettent d’y remédier. La circoncision peut être envisagée pour empêcher la récurrence du paraphimosis.
  • Des infections récurrentes du gland et du prépuce : la circoncision peut être envisagée quand les mesures ordinaires d’hygiène ne règlent pas le problème.

Développement normal du pénis

Le prépuce recouvre une muqueuse, au même titre que les lèvres recouvrent les gencives. Il a donc avant tout un rôle protecteur.

À la naissance du nourrisson, la peau du prépuce adhère au gland du pénis. Puis, le prépuce se décolle progressivement du gland et peut se rétracter complètement, vers l’âge de 5 ans en moyenne. Vers 10 ans, il n’est cependant pas rare que certains garçons ne puissent se décalotter (faire glisser la peau vers la base du pénis) complètement. Cela est dû à de petites adhérences qui se dégageront progressivement avant la puberté. Au risque de causer des déchirements ou des saignements, il est déconseillé de décalotter avec force le gland du pénis, pour libérer le prépuce durant la petite enfance.

Consultez la fiche sur les soins pour en savoir davantage sur ce qu’il faut faire et éviter de faire pour assurer une bonne hygiène du pénis et un développement naturel et sans entrave du prépuce du garçon.

Choisir la circoncision

Si vous optez pour la circoncision de votre fils, assurez-vous que l’intervention chirurgicale sera pratiquée par un professionnel de la santé compétent et qu’elle sera faite sous anesthésie afin d’éviter des douleurs inutiles à votre bébé.

Dans les jours qui suivent l’intervention, assurez-vous que :

  • il n’y a pas de rougeur, d’enflure et d’écoulement sur la plaie ou le pénis;
  • votre enfant ne fait pas de fièvre, c’est-à-dire que sa température buccale ne dépasse pas 38 °C (100,4 °F) ou que sa température rectale ne va pas au-delà de 38,5 °C (101,3 °F) pendant plus de 48 heures.

Si votre garçon présente ces signes, vous devez en aviser rapidement une infirmière de l’hôpital ou de la clinique où l’intervention a eu lieu. Elle vous donnera quelques directives ou contactera, au besoin, le chirurgien. Vous pouvez également appeler Info-Santé (8-1-1) pour tous renseignements complémentaires.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Jean Turgeon, pédiatre, CHU Sainte-Justine
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Mise à jour :
Septembre 2014

 

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • SOCIÉTÉ CANADIENNE DE PÉDIATRIE. Soins de nos enfants. « La circoncision : De l’information pour les parents ». www.soinsdenosenfants.cps.ca

 

À lire aussi