Tout ce qu'il faut savoir sur la vaccination

Tout ce qu'il faut savoir sur la vaccination
À quel âge dois-je faire vacciner mon enfant? Est-ce une protection toujours nécessaire?

Au Québec, les services de santé publique recommandent la vaccination de tous les enfants, suivant un calendrier établi, pour assurer la meilleure protection possible en fonction de l’âge. Les différents vaccins ne sont pas obligatoires, mais les professionnels de la santé les recommandent fortement.



Les vaccins offerts de façon universelle confèrent une immunité contre des maladies mortelles ou très graves, transmissibles ou non, soit parce qu’il n’existe pas de traitement ou que ce traitement n’est pas toujours pleinement efficace. Par exemple, le tétanos n’est pas contagieux, mais il est toujours potentiellement mortel. La diphtérie, fréquente chez les enfants, est également difficile à soigner.

La vaccination a aussi permis d’éradiquer des maladies pour lesquelles il n’existe pas de traitement. C’est le cas de la variole officiellement éradiquée de la planète en 1980. De même, on estime que la poliomyélite a officiellement disparu du Canada depuis 1994. Il y a 40 ans, cette maladie touchait annuellement près de 2 000 Canadiens.

Comment ça marche?

En injectant un vaccin, qui est un microbe (ou un antigène) tué ou atténué, notre organisme apprend à le reconnaître et produit des anticorps pour s’en défendre. Notre système immunitaire le garde en mémoire et, en cas d’exposition, il sait le combattre facilement. Parfois, il faut l’aider un peu à ne pas oublier le microbe : c’est le but des « rappels » de vaccin. Certains vaccins sont administrés à l’aide d’aiguilles (injection), d’autres le sont par voie orale (gouttes à avaler).

Comment le microbe contenu dans le vaccin est-il devenu inoffensif?
Au moment de la fabrication du vaccin, le virus a été soit :
  • inactivé (poliomyélite ou influenza);
  • fragmenté et ses composantes ont été purifiées individuellement (tétanos, Haemophilus influenzae de type b (Hib), coqueluche, pneumocoque, méningocoque);
  • atténué (rougeole, rubéole, oreillons, varicelle).
Dans les deux premiers cas, le système immunitaire est stimulé, mais aucune infection n’a lieu. Dans le dernier cas, le microbe est vivant et infecte bel et bien l’organisme, mais il est tellement atténué qu’il ne provoque jamais l’infection.

Une protection toujours nécessaire?

Si plusieurs des maladies visées par les vaccins ont pratiquement disparu, pourquoi est-il toujours important de se faire vacciner? En fait, ces maladies ont disparu précisément parce que la population est, toujours aujourd’hui, bien vaccinée. La preuve : dès que la vigilance d’une population baisse et qu’elle se vaccine moins, les maladies réapparaissent.

  • En Grande-Bretagne, une réduction de la vaccination contre la coqueluche en 1974 (en raison de craintes relayées par la presse) a provoqué une épidémie de plus de 100 000 cas de coqueluche, y compris 36 décès durant les quatre années suivantes.
  • Au Japon, à la même époque, une baisse des taux de vaccination de 70 % à 30 % s’est traduite par une explosion du nombre de cas de coqueluche, qui est passé de 383, sans décès, en 1974, à 13 000, avec 41 décès, en 1979.
  • Au début des années 1990, une épidémie de diphtérie a fait rage dans l’ancienne Union soviétique, en raison des faibles taux de vaccination et de rappels de vaccins. Le nombre de cas déclarés a grimpé en flèche, passant de 839 en 1989 à près de 50 000 en 1994, avec 1 700 décès.
  • En 2005, l’Ontario assistait à une explosion de rubéole : 214 cas, dans une communauté qui s’opposait à la vaccination.
  • Plusieurs épidémies de rougeole ont sévi au Québec, notamment en 2007, en 2011 et, plus récemment, en avril 2015, où plus de 150 cas ont été rapportés dans la région de Lanaudière depuis le début de l’année.

Calendrier de vaccination

Bébé (0 à 18 mois)

2 mois
4 mois
6 mois
12 mois
18 mois

Vaccin
DCaT-HB-VPI-Hib 

Vaccin (rappel)
DCaT-HB-VPI-Hib 

Vaccin (rappel)
DCaT-VPI-Hib 

Vaccin
RRO

Vaccin (rappel)
DCaT-HB-VPI-Hib 

Vaccin
Pneumocoque 

Vaccin (rappel)
Pneumocoque 

Vaccin (rappel)
Pneumocoque 

Vaccin
RRO-Varicelle

Vaccin
Gastro à rotavirus

Vaccin (rappel)
Gastro à rotavirus

Vaccin
Méningocoque 

Entre 6 et 23 mois

Vaccin Influenza

Enfant et adolescent

Entre 4 et 6 ans
4e année du primaire
3e année du secondaire

Vaccin (rappel)
dcaT-VPI

Vaccin* (pour enfants nés avant avril 2013)
Hépatite B

Vaccin (rappel)
dcaT

Vaccin (rappel)
Varicelle

Vaccin (filles et garçons)
VPH

Vaccin (rappel)
Méningocoque 

* Le vaccin utilisé depuis 2008 protège aussi contre l’hépatite A.

  • Le vaccin DCaT-HB-VPI-Hib : ce vaccin « 6 en 1 » protège à la fois contre la diphtérie (D), la coqueluche (Ca), le tétanos (T), l’hépatite B (HB), la poliomyélite (VPI) et les infections à Haemophilus influenzae de type B (Hib), comme la méningite, l’épiglottite et les infections touchant les os et les articulations.
  • Le vaccin pneumocoque : protège contre les infections à pneumocoque graves : méningite, bactériémie, pneumonie.
  • Le vaccin « RRO » : ce vaccin 3 en 1 protège contre la rougeole, la rubéole et les oreillons.
  • Le vaccin méningocoque de sérogroupe C : protège entre autres contre la méningite et la méningococcémie.

Où et quand faire vacciner son enfant?

Les premiers vaccins se donnent dès l’âge de 2 mois. Il est possible de faire vacciner son enfant au moment des visites chez le médecin ou le pédiatre, ou encore au CLSC. Il est recommandé de prendre rendez-vous le plus tôt possible afin de bien suivre le calendrier de vaccination et d’éviter les retards. Les vaccins prévus dans le calendrier de vaccination sont offerts gratuitement.

Carnet de vaccination
Il permet de prendre en note les doses et les dates des vaccins reçus. Il est important de l’apporter au moment des visites médicales puisque l’on y note aussi les mesures de croissance et toute information utile au sujet de la santé.

Il est possible que votre enfant reçoive plusieurs injections au cours d’une même visite. Cette méthode n’augmente pas la fréquence et la gravité des effets indésirables. Elle permet par ailleurs de diminuer le nombre de visites chez le médecin ou au CLSC.

Un rhume, une diarrhée ou une otite ne constituent pas un empêchement pour recevoir un vaccin, pas plus que le fait de prendre des antibiotiques au moment de l’injection. Toutefois, si votre enfant est malade au point d’être irritable, s’il pleure beaucoup ou fait de la fièvre (38 °C [100,4 °F] ou plus), il vaut mieux reporter le rendez-vous. Si vous avez des doutes, discutez-en avec votre médecin ou l’infirmière du CLSC.

Les réactions allergiques graves attribuables aux vaccins sont très rares. Lorsqu’elles surviennent, elles débutent dans les minutes suivant l’injection. C’est pourquoi on demande d’attendre 15 minutes à la clinique après avoir reçu un vaccin. En cas de réaction, le médecin ou l’infirmière pourra traiter la réaction sans délai.

Les mêmes vaccins pour tous, au même moment...
  • Pour être efficace, un programme de vaccination exige la coopération de tous. Cela permet d’établir autour de nous un « cordon de sécurité » qui nous protège et nous aide à protéger les autres.
  • En outre, il est important de respecter le calendrier de vaccination. Chaque vaccin est étudié pour offrir la meilleure protection possible, au meilleur moment possible.
  • Par exemple, on offre une première dose à 2 mois pour la coqueluche et le pneumocoque parce que c’est à ce moment que les bébés sont les plus vulnérables. Dans leurs minuscules voies respiratoires, avec les sécrétions qu’elle cause, une coqueluche peut être mortelle.

Réactions possibles aux vaccins

Les vaccins occasionnent parfois des réactions comme une rougeur, une sensibilité ou un gonflement à l’endroit de l’injection. Une compresse froide (débarbouillette, sac avec de la glace, bouteille froide) diminuera la réaction et la douleur. Une petite bosse apparaît occasionnellement, mais elle se résorbe par elle-même en quelques semaines. De même, un vaccin injecté dans un muscle (ex. cuisse) peut nuire au mouvement momentanément.

Il peut aussi arriver que votre enfant fasse un peu de fièvre après avoir reçu un vaccin (de 15 % à 20 % des cas). La plupart du temps, cette fièvre ne nécessite aucun traitement. Si la fièvre est plus soutenue et cause de l’inconfort à votre enfant, vous pouvez le soulager en lui donnant de l’acétaminophène ou de l’ibuprofène (s’il a plus de 6 mois) selon la formule et le dosage recommandés. Dans le cas du vaccin RRO, la fièvre peut survenir 5 à 12 jours après la vaccination. Si votre enfant fait de la fièvre pendant plus de 48 heures ou s’il pleure de façon anormale, consultez le médecin ou le pédiatre.

Pour que la piqûre lui fasse moins peur...

  • Si vous allaitez, offrez une tétée à votre bébé. Cela le détendra, et il réagira moins à la piqûre.
  • Offrez-lui de l’eau sucrée.
  • Appliquez un anesthésiant topique 30 à 60 minutes avant la vaccination.
  • Tenez votre bébé contre vous en position verticale.
  • Distrayez le bébé en lui parlant, en chantant ou avec un jouet.
  • À 12 mois, l’enfant doit recevoir 3 vaccins et il n’est pas mesure de comprendre ni d’être rassuré. Le mieux est d’agir vite et, si possible, avec 2 infirmières qui piquent en même temps.
  • À 18 mois et à 4 ans, vous pouvez mettre votre enfant debout ou assis à cheval, devant vous, tête appuyée contre votre épaule. Dites-lui que ça va ressembler à une piqûre de moustique. Vous pouvez aussi le distraire pendant la piqûre, puis le récompenser s’il a été courageux.
  • Demeurez calme et positif.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Dr Jean Turgeon, pédiatre
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Avril 2015

 

Références

Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • ENCYCLOPÉDIE SUR LE DÉVELOPPEMENT DES JEUNES ENFANTS. Coup d’œil sur la vaccination. Centres d’excellence pour le bien-être des enfants, 2010. www.enfant-encyclopedie.com
  • AGENCE DE LA SANTÉ PUBLIQUE DU CANADA. Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI). www.ccni.gc.ca
  • AGENCE DE LA SANTÉ PUBLIQUE DU CANADA. Guide canadien d’immunisation, 2015. www.phac-aspc.gc.ca
  • SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX. Programme d’indemnisation des victimes d’une vaccination. Les personnes qui sont victimes d’un dommage corporel à la suite d’une vaccination peuvent réclamer une indemnité. www.msss.gouv.qc.ca.
  • Passeport Santé. « Vaccination : idées et débats actuels ». www.passeportsante.net
  • IMMUNISATION CANADA. Site de la Coalition canadienne pour la sensibilisation et la promotion de la vaccination. www.immunize.cpha.ca

Livres généraux :

  • GOLD, Ronald, MD, MPH. Les vaccins : avoir la piqûre pour la santé de votre enfant. Société canadienne de pédiatrie, 2006.
  • LECLERC, Claude et Marie-Odile MONCHICOURT. Quel avenir pour les vaccins? Platypus Press, 2001.

Livres pour les enfants :

  • LEDU, Stéphanie. Chez le docteur. Milan jeunesse, 2006.
  • BENCHETRIT, André. Mon corps, comment se défend-il? Belin, 2006.
  • DE PETIGNY, Aline. Une piqûre pour Corentin. Chanteclerc, 2003.

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