Les maladies dont nous protègent les vaccins

Les maladies dont nous protègent les vaccins

La vaccination est le meilleur moyen de protéger son enfant contre de graves maladies. Au Québec, les services de santé publique assurent l’immunisation des enfants en offrant différents vaccins, seuls ou combinés, administrés en fonction de l’âge. Le calendrier de vaccination ainsi établi vise à prémunir les enfants contre ces maladies ou leurs complications.



Le vaccin DCaT-HB-Polio-Hib

Ce vaccin « 6 en 1 » immunise à la fois contre la diphtérie (D), la coqueluche (Ca), le tétanos (T), l’hépatite B (HB), la poliomyélite (Polio) et les infections à l’Haemophilus influenzae de type b (Hib). Il est offert à 2 mois, avec des rappels à 4 mois, 6 mois (sauf l’hépatite B) et 18 mois. Le DCAT nécessitera aussi à un rappel entre 4 ans et 6 ans et en 3e année du secondaire. Le vaccin contre la polio nécessitera un rappel supplémentaire entre 4 ans et 6 ans et celui contre l’hépatite B, en 4e année du primaire.

Maladies et complications :

  • Diphtérie (D) : De graves maux de gorge, des lésions nerveuses, une insuffisance cardiaque et un décès chez 1 personne sur 10. En 1924, on déclarait 9 000 cas au Canada. Aujourd’hui, il y a moins de 5 cas par année et aucun décès.
  • Coqueluche (Ca) : De graves quintes de toux pendant 3 à 6 semaines, une pneumonie et des convulsions. Environ 1 bébé sur 4 devra être hospitalisé; chez 1 nourrisson sur 400, elle provoque des lésions cérébrales ou le décès. Avant la vaccination (1943), on comptait plus de 30 000 cas par année, dont 50 à 100 décès. Actuellement, elle tue de 1 à 3 nourrissons par année au Canada.
  • Hépatite (B) : Cette maladie est causée par un virus qui infecte le foie. La moitié des gens infectés ne présentent pas de symptômes, mais les autres développeront de la fièvre, de la fatigue, une perte d’appétit et une jaunisse. La plupart des gens guérissent après quelques semaines ou quelques mois, mais les enfants infectés très jeunes courent davantage de risques que l’hépatite persiste pour la vie. Les individus porteurs ont également plus de risque de cirrhose, de mauvais fonctionnement du foie et de cancer du foie. Certains nécessiteront une greffe et d’autres en mourront. Au Canada, on diagnostique moins de 1 000 nouvelles infections par année.
  • Tétanos (T) : Les spores (bactéries protégées) du tétanos se retrouvent dans la poussière et dans la terre. S’ils pénètrent dans une plaie, la toxine atteint la moelle épinière, ce qui provoque des convulsions et des spasmes douloureux. Avant la vaccination en 1940, de 60 à 75 cas de tétanos se manifestaient chaque année au Canada, faisant de 40 à 50 morts. Aujourd’hui, on rapporte moins de 3 cas par année.
  • Poliomyélite (Polio) : cette maladie provoque la paralysie de diverses parties du corps, dont les centres nerveux qui contrôlent la respiration, la circulation, et d’autres fonctions vitales. On peut donc en mourir. Elle a disparu de l’Occident, mais existe toujours en Asie du Sud et dans certaines parties d’Afrique. Lors de la dernière épidémie au Canada, en 1959, on a dénombré 2 000 cas de poliomyélite. Il n’y a eu aucun cas depuis 1989.
  • Infections à Haemophilus influenzae de type b (Hib) : Ce bacille cause, entre autres, la méningite bactérienne : une infection des membranes et du fluide qui tapissent le cerveau et la moelle épinière. S’ils ne sont pas traités, tous les enfants qui contractent la méningite Hib en meurent. Même avec un traitement, la mort s’ensuit dans environ 1 cas sur 20 et le tiers des survivants présentent des lésions cérébrales. Avant le vaccin, le bacille causait ainsi 1 500 méningites et 1 500 infections (os, peau, articulations et poumons) par année. Depuis, on en compte une trentaine par année.
Effets secondaires possibles
Que faire à la maison
  • Apparition de rougeurs et de douleur locale (20 % des nourrissons)
  • Appliquer une compresse d’eau froide à l’endroit où l’enfant a été vacciné.
  • Fièvre (5 % des cas)
  • Pour soulager la fièvre, donnez de l’acétaminophène ou de l’ibuprofène (si l’enfant a plus de 6 mois) selon la formule et le dosage recommandés pour votre enfant.

Le vaccin pneumocoque

Approuvé au Canada depuis 2001, il est offert à tous les enfants à l’âge de 2 mois, avec deux rappels à 4 mois et 12 mois. Il existe plusieurs types de pneumocoques. Le vaccin conjugué protège contre 10 types (vaccin SynflorixMD). Une nouvelle version du vaccin (vaccin Prevnar-13MD) a été approuvée en décembre 2009. Elle offre une couverture vaccinale plus grande et protège contre les 13 types de pneumocoques les plus fréquents chez les enfants.

Maladies et complications :

Ses bactéries sont la principale cause de pneumonie bactérienne et d’otites chez les enfants. Elles causent aussi des méningites et des bactériémies (infection du sang). Ainsi, avant la vaccination, environ 500 000 maladies à pneumocoque se déclaraient chaque année au Canada. De ce nombre, 65 enfants de moins de 2 ans souffraient de méningite; 700, de bactériémie; 2 200, de pneumonie; et 200 000, d’otite. En 2004, le taux de graves infections à pneumocoque a diminué de 82 % chez les moins de 2 ans.

Effets secondaires possibles
Que faire à la maison
  • Apparition de rougeurs et de douleur locale (15 % des cas)
  • Appliquer une compresse d’eau froide à l’endroit où l’enfant a été vacciné.
  • Fièvre (5 % des cas)
  • Pour soulager la fièvre, donnez de l’acétaminophène ou de l’ibuprofène (si l’enfant a plus de 6 mois) selon la formule et le dosage recommandés pour votre enfant.

Le vaccin Méningocoque de sérogroupe C

Approuvé en 2001, ce vaccin est maintenant offert à tous les enfants de 12 mois.

Maladies et complications : Certaines personnes abritent ce germe dans leur gorge ou leur nez sans tomber malades. Mais dans de rares cas, le germe cause de graves maladies, y compris la méningite bactérienne et la méningococcémie (infection généralisée du sang et des autres organes). Avant la vaccination, on comptait ainsi de 200 à 400 cas par an, dont de 20 à 40 décès. Au Québec, la campagne de vaccination effectuée en 2001 a permis de mettre un terme à l’éclosion qui était survenue.

Effets secondaires possibles
Que faire à la maison
  • Apparition de rougeurs et de douleur locale (15 % des cas)
  • Appliquer une compresse d’eau froide à l’endroit où l’enfant a été vacciné.

Le vaccin contre la varicelle

Au Canada, il est disponible depuis 1998, mais offert gratuitement depuis janvier 2006. Bientôt, il sera aussi proposé en combinaison avec le RRO (le RRO-V). Il est offert à 18 mois.

Maladie et complications : Une fièvre, suivie d’une forte éruption cutanée accompagnée de démangeaisons. En tout, la varicelle peut durer de 7 à 10 jours. Les principales complications sont l’impétigo (surinfection bactérienne des lésions cutanées), la pneumonie, l’otite et l’encéphalite. Le virus se propage très facilement par contact personnel, par exemple lorsqu’on touche aux cloques, mais aussi par voie aérienne, en toussant ou en éternuant. Avant la vaccination, la varicelle entraînait 1 000 hospitalisations et 10 décès chaque année au Canada. Mais elle diminue et aux États-Unis, où le vaccin existe depuis 1995, la varicelle a connu une baisse de 87 %.

Effets secondaires possibles
Que faire à la maison
  • Apparition de rougeurs et de douleur locale (20 % des cas)
  • Appliquer une compresse d’eau froide à l’endroit où l’enfant a été vacciné.
  • Fièvre (15 % des cas)
  • Pour soulager la fièvre, donnez de l’acétaminophène ou de l’ibuprofène (si l’enfant a plus de 6 mois) selon la formule et le dosage recommandés pour votre enfant.

Le vaccin RRO

Ce vaccin « 3 en 1 » immunise contre la rougeole (R), la rubéole (R) et les oreillons (O). Il est offert à 12 mois avec un rappel à 18 mois.

Vaccin RRO et autisme : pas de preuves scientifiques

En 1998, la publication d’une petite étude menée par le Dr Andrew Wakefield a créé une controverse qui a fait couler beaucoup d’encre. Cette étude concluait que le vaccin RRO pourrait être associé à certains cas d’autisme. Bien que l’autisme soit le plus souvent diagnostiqué lorsque l’enfant a entre 18 mois et 30 mois, soit juste après avoir reçu la première dose du vaccin, des études menées dans plusieurs pays ont toutes conclu que rien ne permet d’établir une relation de cause à effet entre le vaccin et l’augmentation des cas d’autisme. Il n’existe, à l’heure actuelle, aucune preuve indiquant que le vaccin pourrait causer l’autisme.

En 2010, le Dr Wakefield a été radié à vie du collège des médecins britannique. Il a notamment été reconnu coupable, au terme de 148 journées d’audience, de malhonnêteté, d’irresponsabilité et de non-divulgation de conflits d’intérêts en lien avec cette étude controversée. Au cours de la même année, l’étude a été retirée des archives de la revue scientifique The Lancet.

Maladies et complications :

  • Rougeole : une bronchite grave, une forte fièvre, une éruption pendant 7 à 14 jours, et dans 1 cas sur 1 000, un décès ou une encéphalite (inflammation intense du cerveau). De 300 000 cas par année avant 1963, on recense en moyenne 20 cas par année depuis 2001, dont la plupart sont importés par des voyageurs.
  • Rubéole : Causée par un virus, elle provoque de la fièvre, un mal de gorge et une enflure glandulaire; mais elle est en général bénigne chez les enfants. Par contre, si une femme contracte la rubéole (ou roséole épidémique) pendant les 20 premières semaines de grossesse, le risque que le bébé meure ou présente de graves malformations est très élevé. La vaccination sert donc surtout à protéger ces derniers. Avant 1980, au Canada, environ 200 nouveau-nés étaient atteints chaque année de rubéole congénitale. Depuis 1980, on compte en moyenne 3 cas de rubéole congénitale par année.
  • Oreillons : De la fièvre, des maux de tête et l’enflure des glandes salivaires autour de la mâchoire et des joues. Environ 10 % des personnes qui contractent les oreillons contractent aussi la méningite, qui est alors bénigne. Par contre, les oreillons sont aussi la principale cause d’encéphalite chez l’enfant, provoquant des lésions cérébrales permanentes et des surdités. Avant le vaccin (1969), environ 30 000 cas étaient déclarés chaque année au Canada. Depuis 2001, on compte 90 cas par année.
Effets secondaires possibles
Que faire à la maison
  • Apparition de rougeurs et de douleur locale (2 % des cas)
  • Appliquer une compresse d’eau froide à l’endroit où l’enfant a été vacciné
  • Fièvre (5 % à 10 % des cas de 8 à 10 jours après la vaccination)
  • Pour soulager la fièvre, donnez de l’acétaminophène ou de l’ibuprofène (si l’enfant a plus de 6 mois) selon la formule et le dosage recommandés pour votre enfant.
  • Risque d’encéphalite (1 cas pour 1 million de doses)
  • Consultez le médecin

Le vaccin contre l’influenza

Puisque le virus de l’influenza A (la souche qui cause le plus d’infections) se modifie constamment, le vaccin doit être administré tous les ans, à l’automne. Il est recommandé chez tous les enfants de 6 mois à 23 mois.

Maladies et complications : Ce virus provoque des épidémies de grippe, de bronchite et de pneumonie, de l’automne à l’hiver. Proche du virus du rhume, l’influenza est beaucoup plus forte et grave. Tous les ans, elle infecte de 10 % à 20 % des Canadiens et entraîne le décès de 4 000 à 8 000 d’entre eux. Les études démontrent que le taux d’hospitalisations causées par l’influenza est aussi élevé chez les nourrissons que chez les personnes âgées.

Effets secondaires possibles
Que faire à la maison
  • Apparition de rougeurs et de douleur locale pendant 24 à 48 heures (60 % des nourrissons)
  • Appliquer une compresse d’eau froide à l’endroit où l’enfant a été vacciné.
  • Syndrome oculo-respiratoire (rougeur des yeux, toux ou maux de gorge, enflure du visage pendant 48 heures maximum). Présent dans moins de 10 % des cas.
  • Après 48 heures, consultez le médecin.

 

Naitre et grandir.com

      Source : Magazine Bien grandir, octobre 2007
      Rédaction : Marie Charbonniaud
      Adaptation web : Équipe Naître et grandir
      Mise à jour : Septembre 2014

 

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • Clinique Vaccins Express pour recevoir vos vaccins à domicile : www.vaccinsexpress.com
  • Comité consultatif national de l’immunisation : www.ccni.gc.ca
  • Dernière édition (2006) du Guide canadien d’immunisation, qui vous donnera la composition de tous les vaccins : www.phac-aspc.gc.ca/
  • Les personnes qui sont victimes d’un dommage corporel à la suite d’une vaccination peuvent réclamer une indemnité en vertu du programme d’Indemnisation des victimes d’une vaccination. Ministère de la Santé et des Services sociaux : www.msss.gouv.qc.ca.
  • PASSEPORT SANTÉ. « Vaccination : idées et débats actuels ». www.passeportsante.net
  • IMMUNISATION CANADA. Site de la Coalition canadienne pour la sensibilisation et la promotion de la vaccination : www.immunize.cpha.ca
  • Ministère de la santé et des services sociaux. Hépatite B. Québec, Ministère de la santé et des services sociaux, 2014, www.msss.gouv.qc.ca.
  • Société canadienne de pédiatrie. Le vaccin contre l’hépatite B. Ottawa, Soins de nos enfants, 2008, www.soinsdenosenfants.cps.ca.

Livres généraux :

  • GOLD, Ronald, MD, MPH. Les vaccins : Avoir la piqûre pour la santé de votre enfant. Société canadienne de pédiatrie, 2006.
  • MONCHICOURT, Marie-Odile. Quel avenir pour les vaccins? Platypus Press, 2001.

Livres pour les enfants :

  • LEDU, Stéphanie. Chez le docteur. Milan Jeunesse, 2006.
  • BENCHETRIT, André. Mon corps, comment se défend-il? Belin, 2006.
  • PETIGNY, Aline. Une piqûre pour Corentin. Chanteclerc, 2003.

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