Le rhume et la grippe chez l'enfant: reconnaître, soigner et prévenir

Le rhume et la grippe chez l'enfant: reconnaître, soigner et prévenir
Le rhume et la grippe chez l’enfant : les distinguer pour bien les soigner!

Les symptômes

Votre enfant souffre d’un rhume s’il :

Il souffre d’une grippe s’il :

  • est très fatigué;
  • a le nez qui coule;
  • a mal à la tête;
  • a mal à la poitrine;
  • tousse beaucoup;
  • souffre de douleurs musculaires, parfois aiguës;
  • a une fièvre allant de 38 °C (100 °F) à 40 °C (104 °F).

Consultez le médecin si votre enfant :

  • a une respiration sifflante;
  • a de la difficulté à respirer et tousse;
  • boit et urine très peu;
  • a mal à l’oreille ou a du pus qui s’écoule des oreilles;
  • vomit depuis plusieurs heures et a la diarrhée;
  • a des douleurs à la poitrine ou aux côtes.

Demandez une aide médicale d’urgence (9-1-1) si votre enfant :

  • présente des signes de détresse respiratoire (difficulté à respirer, lèvres bleues, etc.);
  • est léthargique ou confus;
  • a des raideurs anormales dans la région du cou.


Qu’est-ce que le rhume et la grippe?

Le rhume et la grippe sont des infections très contagieuses des voies respiratoires supérieures (nez, bouche, pharynx, larynx). On les appelle aussi IVRS. La grippe est causée par le virus de l’influenza, qui fait son apparition la plupart du temps entre la fin de décembre et le mois de février, selon les années. Quant au rhume, plus de 200 virus peuvent le causer! Les plus communs sont les rhinovirus.

Les IVRS entraînent parfois des complications : otite, bronchiolite, sinusite, conjonctivite, pneumonie, etc.

Âge : Les petits de moins de 4 ans sont particulièrement vulnérables aux IVRS, car leur système immunitaire n’est pas encore complètement formé. De plus, la fréquence des rhumes est élevée dans ce groupe d’âge. En particulier, les enfants qui fréquentent une garderie où il y a plus de 3 ou 4 petits peuvent être en contact presque continuel avec des camarades atteints du rhume. À 2 ans, un bébé peut donc contracter jusqu’à 10 rhumes par année. Cependant, la fréquence diminue avec le temps : les enfants d’âge scolaire attrapent le rhume environ 6 fois par an.
Durée de la maladie : Le rhume dure 3 à 5 jours alors que la grippe dure 1 à 2 semaines.
Période de contagion : Elle dure tant que les voies respiratoires produisent des sécrétions (toux, éternuements, écoulement nasal).
Mode de transmission : Le rhume et la grippe se propagent par contact direct ou indirect avec les sécrétions de la personne infectée (toux et éternuements, mains ou objets contaminés, etc.).
Période de retrait : Un enfant enrhumé peut continuer à fréquenter la garderie ou l’école s’il se sent assez bien pour participer aux activités. Cependant, s’il a la grippe ou un très gros rhume, il pourrait s’en sentir incapable. Dans ce cas, il est préférable de le garder à la maison tant que sa fièvre n’est pas tombée et qu’il ne se sent pas mieux.

Comment traiter?

La prescription du médecin

Comme le rhume et la grippe sont causés par des virus, les antibiotiques ne sont d’aucune utilité. Ces maladies doivent suivre leur cours. À moins de complications, les soins et conseils pratiques ci-dessous suffisent généralement, et la maladie se résorbe d’elle-même en quelques jours.

Par contre, vous pouvez donner à votre enfant des analgésiques oraux si sa fièvre dépasse 38,5 °C (101 °F) ou s’il se plaint de douleurs (mal de gorge, mal de tête, douleurs musculaires, etc.). Donnez-lui de l’acétaminophène (Tylenol®, Tempra®, Panadol®, etc.) ou de l’ibuprofène (Advil®, Motrin®, etc.) en vous conformant aux indications et en respectant les doses recommandées en fonction de l’âge. Ne donnez pas d’ibuprofène à un bébé de moins de 6 mois, et ne donnez jamais d’acide acétylsalicylique (AAS), comme l’Aspirine®, à un enfant ni à un adolescent.

Évitez de donner des médicaments contre la toux et le rhume aux enfants de moins de 6 ans, à moins d’un avis contraire du médecin : ils sont peu efficaces, quel que soit l’âge du malade.

Soins et conseils pratiques

  • Ne donnez pas de médicaments en vente libre contre la toux (sirops ou autres) à des bébés et à des enfants de moins de 6 ans, à moins d’un avis contraire du médecin. Ces médicaments causent des effets indésirables. De plus, en supprimant la toux, ils peuvent provoquer l’accumulation de sécrétions dans les bronches et dans les poumons. Ils aggraveront alors les problèmes respiratoires. En outre, leur taux d’efficacité est très faible et leur surutilisation peut entraîner des intoxications.
  • Maintenez la température ambiante autour de 20 °C.
  • Favorisez les activités calmes. S’il n’est pas nécessaire que votre enfant garde le lit toute la journée, il doit se reposer.
  • Donnez-lui souvent à boire : de l’eau, du jus, de la soupe... Le bouillon de poulet, qui a fait ses preuves dans le passé, est de nouveau conseillé aujourd’hui. Grâce à sa richesse en cystéine, il diminue l’écoulement nasal.
  • Si votre enfant a peu d’appétit, offrez-lui des aliments nutritifs en petites quantités, 5 ou 6 fois par jour.
  • Si votre enfant a 3 ans ou plus, vous pouvez lui donner des bonbons durs sans sucre et des pastilles qui renferment du miel, des herbes ou de la pectine; cela peut soulager son mal de gorge.
  • Vous pouvez aussi donner une cuillérée de miel à votre enfant avant le coucher. Des études, bien que modestes, laissent présager que le miel serait efficace pour apaiser le mal de gorge. Ne donnez cependant pas de miel à un enfant de moins de 1 an en raison du risque de botulisme infantile, une maladie rare, mais qui peut avoir de graves conséquences.
Le point sur les humidificateurs
Les humidificateurs ont longtemps été recommandés pour soulager les difficultés respiratoires chez les enfants. Toutefois, ces appareils sont maintenant déconseillés par plusieurs experts de la santé.
Lorsqu’ils ne sont pas bien nettoyés, les humidificateurs constituent des milieux propices au développement des bactéries et des moisissures, car l’eau qui s’y trouve demeure à la température ambiante pendant de longues périodes. Par ailleurs, très peu de gens respecteraient la routine d’entretien recommandée par les fabricants.
De plus, les humidificateurs seraient peu efficaces pour soulager les problèmes respiratoires chez les enfants. Il n’y a que le rhume pour lequel certains pédiatres continuent de recommander l’utilisation d’humidificateurs à vapeur froide dans le but d’améliorer le confort des enfants. Pour leur part, la Société canadienne de pédiatrie et le guide Mieux vivre avec son enfant de la grossesse à deux ans suggèrent d’éviter les humidificateurs.
Pour en savoir plus, consultez notre nouvelle sur les humidificateurs.

Soins du nez

Comment apprendre à un enfant à se moucher?
Cet apprentissage peut se faire en jouant : en faisant des bulles avec le nez dans la baignoire, en soufflant par le nez sur une boule de ouate de sorte à la faire avancer sur une table (mettre la main sur la bouche de l’enfant pour la maintenir fermée), etc.
  • Si votre enfant ne sait pas encore se moucher, aspirez les sécrétions qui gênent sa respiration à l’aide d’une poire nasale ou d’un « mouche-bébé » (en vente dans les pharmacies).
  • Qu’elle soit vendue en pharmacie ou faite maison, la solution saline liquéfie les sécrétions nasales épaisses. Mettez-en dans les narines de votre enfant à l’aide d’un compte-gouttes ou d’un vaporisateur. La solution saline soulage aussi le mal de gorge (en gargarisme).
  • À partir de 3 ans, il est aussi possible de faire à votre enfant un lavage du nez avec un dispositif de type Sinus Rinse, disponible dans les pharmacies. Il est alors important de suivre le mode d’emploi à la lettre. Cette technique a l’avantage de nettoyer les sécrétions qui se trouvent à l’arrière des voies nasales.
Solution saline maison
Dissoudre ½ c. à thé (2,5 ml) de sel de table dans 240 ml d’eau bouillie et refroidie. Bien respecter les proportions. Utiliser cette solution pour nettoyer le nez d’un jeune enfant qui a une infection accompagnée de congestion nasale. Répéter l’opération 3 ou 4 fois par jour en procédant de la manière suivante :
  • coucher l’enfant sur le dos;
  • mettre le contenu d’un compte-gouttes (1 ml) de solution saline dans chaque narine;
  • nettoyer le bord des narines à l’aide d’un mouchoir mouillé ou d’une débarbouillette;
  • mettre de nouveau 1 ml de solution saline dans chaque narine;
  • moucher l’enfant ou employer une poire nasale ou un « mouche-bébé » pour expulser le liquide qui reste dans ses narines.

Quand consulter?

Il est généralement inutile de consulter le médecin, à moins que la fièvre dure au-delà de 48 à 72 heures. Des complications (otite, sinusite, conjonctivite, pneumonie, etc.) peuvent toutefois nécessiter une intervention médicale. Elles surviennent le plus souvent 3 ou 4 jours après l’apparition des symptômes d’une IVRS, au moment où l’enfant devrait, normalement, commencer à se sentir mieux.

Comment prévenir?

Hygiène

Il est impossible d’éviter tout contact avec les virus causant une infection, car ils sont omniprésents d’octobre à avril. On peut, toutefois, diminuer les risques d’infection. Respectez les règles d’hygiène suivantes :

  • Le lavage des mains. Lavez-vous les mains avec du savon après avoir été en contact avec une personne infectée ou après avoir touché un objet manipulé par elle. Lavez souvent les mains des jeunes enfants et apprenez-leur à le faire eux-mêmes dès que possible, surtout après qu’ils aient toussé ou éternué, ou après qu’ils se soient mouchés.
  • L’utilisation du mouchoir. Apprenez à votre enfant à tousser ou à éternuer dans un mouchoir.
  • Le fait de tousser ou d’éternuer dans le creux du coude. Apprenez à votre enfant à tousser ou à éternuer dans le creux de son coude plutôt que dans sa main s’il n’a pas de mouchoir.
  • La désinfection des surfaces de transmission. Nettoyez soigneusement les jouets, les robinets et les poignées des portes, de préférence avec un nettoyant renfermant de l’alcool.

Vaccination

Il n’existe pas de vaccin contre les virus qui causent le rhume, parce qu’ils sont trop nombreux et que la maladie est, somme toute, sans danger dans la plupart des cas.

Comme la grippe est, par contre, une affection plus sérieuse, la Société canadienne de pédiatrie recommande l’administration annuelle du vaccin contre l’influenza à tous les enfants de plus de 6 mois, à l’exception des cas suivants (à moins que le vaccin soit donné sous une surveillance médicale étroite) :

  • L’enfant a déjà eu une grave réaction allergique (urticaire; enflure des yeux, du visage ou de la bouche) à l’occasion de l’administration d’une dose précédente du vaccin.
  • La plupart des enfants qui souffrent d’allergies aux œufs peuvent recevoir le vaccin contre l’influenza, mais il vaut mieux en parler à son médecin au préalable.

Au moment de la première vaccination d’un enfant, 2 doses sont administrées à un mois d’intervalle. Par la suite, une seule injection annuelle de rappel suffit, de préférence juste avant le début de la saison de la grippe (avant octobre).

Un nouveau vaccin administré par voie intranasale est maintenant disponible pour les enfants âgés de plus de 2 ans qui sont en bonne santé. Il a comme avantage d’être facile à administrer et a peu d’effets secondaires (congestion nasale, léger écoulement nasal et parfois un peu de fièvre).

Le vaccin contre la grippe est-il sécuritaire?
De nos jours, le vaccin contre la grippe est fabriqué à l’aide d’un virus influenza inactivé (tué). Il ne peut donc pas provoquer la grippe. Ses effets indésirables sont généralement légers. Ils se limitent à de légères douleurs à l’endroit où l’aiguille a pénétré dans la peau du bras, à un peu de fièvre ou à de légères douleurs le premier ou le deuxième jour suivant la vaccination, surtout après la première dose. On peut donner de l’acétaminophène pour soulager ces symptômes.

Dans de rares cas, l’enfant a les yeux qui deviennent rouges ou qui lui démangent, il se met à tousser et son visage enfle. Ces symptômes apparaissent quelques heures après la vaccination et disparaissent habituellement au bout de 48 heures. Pour plus de renseignements, voir la fiche vaccination.
Naitre et grandir.com

      Révision scientifique : Dr Jean Turgeon, pédiatre
      Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
      Mise à jour : Octobre 2014

 

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