Les effets des services de garde sur le développement des enfants

Les effets des services de garde sur le développement des enfants

Quels sont les effets de la fréquentation de la garderie sur le développement de nos jeunes enfants?

Au Québec, une majorité d’enfants de moins de 5 ans fréquente un service de garde. Après leur famille, c’est l’environnement ayant le plus d’influence sur leur développement.

Il existe plusieurs types de services de garde au Québec. Les services de garde subventionnés incluent les centres de la petite enfance (CPE), les garderies privées subventionnées et certains services de garde en milieu familial. Il y a aussi un réseau de garderies privées et communautaires, dont les prix varient d’une place à l’autre.



La qualité des services de garde

Plusieurs études ont démontré les bienfaits des services de garde sur le développement de l’enfant, en particulier pour les petits provenant de milieux défavorisés et pour ceux qui ont un tempérament difficile. Cependant, ces effets dépendent surtout de la qualité de la garderie. Au Québec, les enfants sont bien encadrés sur le plan de la santé et de la sécurité, mais il arrive que le programme éducatif soit peu développé.

Un service de garde devrait permettre à l’enfant d’entretenir des relations chaleureuses avec les autres, de développer ses habiletés et de stimuler son goût d’apprendre. Pour y parvenir, des experts recommandent de diminuer le roulement du personnel dans les services de garde, d’uniformiser la formation des éducatrices et de voir à ce que le programme éducatif soit appliqué.

Comment reconnaître un service de garde de qualité?

Les experts suggèrent de porter attention aux critères suivants :

  • le nombre d’enfants fréquentant la garderie (moins de 60 enfants);
  • le rapport éducatrice/enfant : 1 éducatrice pour 5 enfants avant 18 mois et 1 éducatrice pour 8 enfants pour les moins de 4 ans. Pour les 4 ans, le rapport est souvent de 10 enfants par groupe. En milieu familial, la norme est d’une éducatrice pour 6 bambins (2 poupons maximum) ou de 2 éducatrices pour 9 enfants (4 poupons maximum).
  • la présence d’éducatrices scolarisées et formées en éducation à la petite enfance;
  • la sensibilité des éducatrices aux besoins des enfants;
  • la stabilité du personnel;
  • la diversité des activités;
  • l’organisation d’activités à l’extérieur;
  • une faible utilisation de la télévision et des médias électroniques;
  • des repas riches en fruits et légumes et pauvres en sucreries.
Trop jeune pour la garderie?
Les experts ne s’entendent pas encore sur le meilleur moment pour commencer la garderie et ainsi agir rapidement sur le développement cognitif de l’enfant. Certains suggèrent de commencer dès l’âge de 10 à 12 mois tandis que d’autres croient qu’il est préférable d’attendre vers 2 ans ou 3 ans.

L’apprentissage à la garderie

Les services de garde de qualité ont un effet positif sur le développement cognitif de l’enfant puisqu’ils offrent une stimulation supplémentaire à celle déjà reçue à la maison. Des études ont ainsi démontré que les enfants qui fréquentent une garderie offrant un programme éducatif seraient mieux préparés lors de leur entrée à l’école et réussiraient généralement mieux que les autres.

Les élèves issus des services de garde de qualité auraient aussi de meilleures aptitudes en mathématiques, un risque moins élevé de devoir recommencer leur année scolaire et ils auraient moins souvent recours aux services en éducation spécialisée.

Le langage

Fréquenter une garderie offre plusieurs occasions de stimuler le langage surtout en permettant à l’enfant d’avoir des conversations avec les adultes en place. Une majorité d’experts croient que les services de garde éducatifs permettent :

  • d’augmenter le vocabulaire;
  • d’améliorer la production de phrases complexes;
  • de favoriser la connaissance des couleurs, des lettres et des formes;
  • de diminuer le retard de langage à la maternelle;
  • d’obtenir de meilleurs résultats scolaires dans la langue d’enseignement au primaire.

Toutefois, cette vision est parfois contestée par certains chercheurs. Ceux-ci croient que l’effet de la garderie sur le langage devient minime lorsqu’on tient compte de la stimulation déjà présente à la maison.

Apprendre à vivre en groupe

La fréquentation d’un service de garde éducatif de qualité permettrait l’acquisition de bons comportements sur le plan social. Elle offre en effet l’occasion d’interagir avec d’autres enfants au sein d’un groupe. Les enfants au tempérament difficile de même que ceux issus de milieux défavorisés en profiteraient plus particulièrement.

Quelques recherches ont toutefois permis d’observer une augmentation de l’agressivité en garderie, surtout lorsque l’enfant y passe plus de 40 heures par semaine. L’adaptation à la vie de groupe serait donc difficile pour certains enfants. Les services de garde jouent alors un rôle important pour prévenir et cerner rapidement les problèmes de comportement et mettre en place des mesures d’aide et d’encadrement.

Bouger à la garderie

Bien que cet aspect du développement de l’enfant ait été peu étudié, il semble que les enfants qui fréquentent les services de garde ne sont pas suffisamment actifs. Environ 89 % de leur temps est consacré à des activités en position assise et seulement 3 % à des activités physiques intenses.

Certaines caractéristiques du service de garde peuvent favoriser le développement physique des enfants :

  • la présence d’éducatrices et d’éducateurs eux-mêmes actifs;
  • l’aménagement de locaux destinés à l’activité physique;
  • un bon équipement disponible (vélos, trottinettes, ballons, etc.);
  • un total de 2 heures par jour consacrées à l’activité physique;
  • des activités calmes ne durant pas plus de 2 heures chacune (à l’exception des siestes).
Des hommes comme éducateurs
À peine 5 % des éducateurs dans les services de garde sont des hommes. Pourtant, les enfants qui ont la chance de côtoyer des éducatrices et des éducateurs ont un apprentissage plus riche puisqu’ils développent différentes habiletés. En effet, bien que les approches des éducateurs et des éducatrices soient en majorité semblables, certaines différences existent. Par exemple, les femmes supervisent davantage les enfants et cherchent à leur éviter des frustrations tandis que les hommes ont souvent une méthode plus directe pour apprendre aux tout-petits à gérer les contrariétés.

Les éducateurs interagiraient aussi davantage avec les enfants et organiseraient plus d’activités physiques. Enfin, les milieux mixtes permettraient de diminuer les problèmes de comportement.

L’attachement parent-enfant

Même chez les enfants en service de garde, l’attachement est d’abord influencé par la sensibilité et la rapidité du parent à répondre aux besoins de son enfant. Cependant, les tout-petits qui fréquentent des garderies de moindre qualité ou qui y passent plus de 20 heures par semaine avant l’âge de 1 an peuvent développer des troubles d’attachement. Pour protéger cette relation, plusieurs pratiques peuvent être instaurées dans les milieux de garde :

  • privilégier une entrée à la garderie progressive;
  • mettre en place un rituel de séparation et de retrouvailles parent-enfant;
  • en bas âge, venir nourrir l’enfant sur l’heure du dîner;
  • utiliser une doudou, comme un toutou, une couverture ou un objet personnel;
  • privilégier la stabilité pour que l’enfant ait la chance de passer plus de temps avec la même éducatrice;
  • favoriser une réponse rapide de l’éducatrice aux besoins de l’enfant.

 

Naitre et grandir.com

      Révision scientifique : Diane Dubeau, professeure au Département de       psychoéducation et psychologie, Université du Québec en Outaouais
      Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
      Mise à jour : Octobre 2013

 

Références et ressources

Il existe au Québec plusieurs types de services de garde (CPE, garderies privées subventionnées ou non, garde en milieu familial et halte-garderie). Dans le but d’alléger le texte, nous avons choisi de privilégier les termes « garderie » et « service de garde » pour représenter les différents milieux de garde québécois.
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Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • Guichet unique d’accès aux places subventionnées en services de garde www.laplace0-5.com
  • BIGRAS Nathalie et Lise LEMAY. Petite enfance, services de garde éducatifs et développement des enfants : État des connaissances. Presses de l’Université du Québec, Québec, 2012, 403p. Présentation PowerPoint : http://iss.uqam.ca.
  • CANTIN, Gilles. « Des hommes rares et appréciés ». Magazine Bien grandir, février 2010, p.10.
  • CLOUTIER, Richard et al. Psychologie de l’enfant. Gaëtan Morin éditeur, 2e éd. Montréal, 2005.
  • GIGUÈRE, Claudine et Hélène DESROSIERS. « Les milieux de garde de la naissance à 8 ans : utilisation et effets sur le développement des enfants ». Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ÉLDEQ 1998-2010) – De la naissance à 8 ans, Québec, Institut de la statistique du Québec, vol. 5, fascicule 1, juin 2010. www.stat.gouv.qc.ca.
  • INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC. Répartition des enfants de moins de 5 ans fréquentant un service de garde régulièrement ou irrégulièrement. Mise à jour : 22 octobre 2012. www.stat.gouv.qc.ca.
  • RENAUD Robin. La présence d’éducateurs masculins renforce l’adaptation sociale des enfants. Université de Sherbrooke, 2013, www.usherbrooke.ca [vidéo en ligne].

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