L'enfant solitaire

L'enfant solitaire

Certains enfants sont heureux de se livrer seuls à leurs activités, et ils peuvent s’absorber dans quelque chose qui les intéresse. Tant que votre petit semble heureux et satisfait, ce n’est pas un problème qu’il soit solitaire : chaque enfant est unique.

Cependant, d’autres petits ont peu d’amis et, s’ils passent beaucoup de temps seuls, ce n’est pas par choix : ils en sont malheureux.

Ces enfants n’ont peut-être pas acquis de bonnes habiletés relationnelles : ils ne savent pas comment se faire des amis et comment les conserver. Ils ont peut-être de la difficulté à retenir leur colère ou à partager leurs affaires. Ou peut-être qu’ils sont tout simplement timides.

Il est aussi possible que des déménagements fréquents ou des problèmes familiaux, tels qu’un divorce, soient en cause et fassent que l’enfant a du mal à avoir des amis.

Que faire?

Voici quelques conseils pour aider les enfants qui sont solitaires en dépit de leur désir de ne pas l’être :

  • Interrogez votre enfant sur ses sentiments et sur ses préoccupations. Écoutez attentivement ce qu’il a à dire.
  • Proposez-lui de trouver une solution à son problème, mais n’en faites pas une montagne. Traitez la situation de manière aussi positive et aussi normale que vous le pouvez. N’attirez pas l’attention sur le fait qu’il a peu d’amis, particulièrement en présence d’autres personnes. Et ne lui demandez pas tous les jours : « T’es-tu fait un ami aujourd’hui? » Ce serait comme si vous retourniez le couteau dans la plaie.
  • Essayez de ne pas rendre les autres enfants responsables de son problème ni de les critiquer parce qu’ils ne lui manifestent pas une grande amitié. Après tout, ce sont les enfants avec lesquels vous voulez qu’il devienne ami.
  • Favorisez les occasions qui lui permettront de rencontrer d’autres enfants dans le cadre d’activités structurées, particulièrement celles où il est bon. Il est plus facile pour les enfants d’apprendre à se connaître quand ils participent ensemble à une activité structurée.
  • Avec son accord, invitez un camarade de jeu qu’il aimerait mieux connaître à participer à une sortie avec vous.
  • Quand votre enfant joue avec un autre enfant, écoutez-les discrètement et essayez de voir si votre petit a besoin d’acquérir certaines habiletés sociales : par exemple, s’il faut qu’il apprenne à partager, à attendre son tour ou à contrôler ses émotions. Après le départ de son camarade, vous pourrez l’aider calmement et l’encourager à améliorer ces habiletés. Ne le critiquez pas : parlez simplement de certaines choses qu’il pourrait faire différemment pour rendre les relations amicales plus amusantes.
  • Si votre enfant passe une partie de la journée à la garderie ou à l’école, voyez avec son éducateur s’il peut vous suggérer des choses qui pourraient l’aider.
Un style de conversation sensible et attentif
Le « self-talk » (ou monologue) et le « parallel-talk » (description de l’action de l’enfant) sont 2 techniques d’intervention qui permettent d’entrer en relation avec un enfant qui a de la difficulté à communiquer.
  • Le « self-talk » consiste à décrire ses propres gestes et sa pensée à voix haute tout en se montrant disponible et intéressé à communiquer (sourire, regard, position à la hauteur de l’enfant). Par exemple, vous pouvez vous asseoir à côté de votre enfant pendant qu’il joue et commencer à construire une maison avec des cubes. Après un moment, commentez à voix haute, comme pour vous-même, ce que vous êtes en train de réaliser : « Ma maison avance bien. J’ai déjà placé 2 rangées de cubes... ». Faites des pauses entre vos phrases, afin de donner le temps à votre enfant de porter intérêt à ce que vous dites et faites.
    Si votre enfant semble manifester un intérêt pour ce que vous faites (regard en coin, rapprochement physique, etc.), dites par exemple : « Hum, il me manque un cube jaune. Je ne sais pas où je vais le trouver. » Si votre enfant vous tend un cube jaune, remerciez-le simplement. L’enfant plus « timide ou réticent » est, en effet, souvent mal à l’aise devant une réaction vive de l’adulte, même si elle vise à le féliciter.
  • Le « parallel-talk » consiste à décrire, sans jugement, les gestes de l’enfant. Par exemple en disant : « Je vois que tu as fait une piste pour tes voitures. Tu as mis des cubes jaunes et rouges. » Le but n’est surtout pas d’approuver ou de désapprouver ce que l’enfant fait, ou de tenter de l’influencer. Il s’agit simplement d’indiquer à votre enfant que vous êtes disponible et intéressé par ce qu’il fait.

    Le but de ces interventions est de créer des situations propices aux échanges, sans obliger l’enfant à répondre. Lorsque la pression disparaît, il est étonnant de constater que l’enfant retrouve plaisir à avoir une conversation. Il amorce alors plus souvent des échanges.

CANTIN, Gilles. « Le style sensible et attentif ». Magazine Bien grandir, vol.6, nº10, décembre 2011-janvier 2012.

 

Naitre et grandir.com

       Révision scientifique : Liane Comeau, Ph. D., consultante scientifique en petite enfance
      Traduction et adaptation : Équipe Naître et grandir
      Mise à jour : Septembre 2013

 

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