La dénonciation entre enfants

La dénonciation entre enfants

Le rapportage est monnaie courante, particulièrement chez les enfants de 4 ans. À cet âge, les tout-petits sont plus conscients des situations qui provoquent l’inquiétude, la peine, la joie ou la colère. Ils s’aperçoivent de vos réactions et peuvent les anticiper.

Écouter un rapporteur et donner suite à ses dénonciations n’est pas la bonne façon d’apprendre aux enfants à se parler directement et à développer leur autonomie. Vous aurez avantage à ne pas encourager ce comportement. Votre enfant doit comprendre que ce n’est pas en nuisant aux autres qu’il obtiendra l’attention qu’il recherche. Si vous demandez à votre enfant pourquoi il vient rapporter ce qu’a fait l’autre, vous découvrirez peut-être ses motivations.

Dénoncer l’autre pour…

Vérifier une règle

L’enfant rapporte le méfait de l’autre pour vérifier qu’il a bien compris une nouvelle règle et, ainsi, mieux l’intégrer. Votre réaction face à la transgression de cette règle vient confirmer au rapporteur qu’il avait raison. L’enfant a besoin d’être encouragé à agir de façon autonome : « Tu as raison, c’est défendu. Tu as fait le bon choix. »

Devenir l’allié de l’adulte

L’enfant moucharde pour devenir l’allié de l’adulte. Or, le rôle de l’enfant n’est pas d’être votre complice dans l’application de la discipline familiale. Si vous écoutez attentivement celui qui dénonce, le remerciez puis punissez le fautif, cela pourrait susciter de la jalousie et de la compétition entre vos enfants.

Pour satisfaire le besoin de l’enfant d’être votre allié, privilégier le partage d’une activité ou d’une tâche familiale que vous exécuterez ensemble.

Comment réagir

N’encouragez pas un enfant qui rapporte, si ses propos sont destinés à faire gronder l’autre.

Si l’action est sans conséquence

  • Vous pouvez lui dire « Chacun est son propre gardien. C’est aux parents de voir ce qui se passe. » ou encore « Ce n’est pas à toi de m’apprendre ce que fait ton frère ou ta soeur lorsque je ne suis pas là. »
  • Vous pouvez l’incitez à réfléchir « Est-ce que tu crois que c’est très grave? Tu ne crois pas qu’il y a des choses plus intéressantes »
  • Encouragez plutôt votre « porte-panier » à parler de lui plutôt que des autres. Vous pouvez lui dire : « J’aime quand tu me parles de toi et que tu me racontes ce que tu fais. »

Si le geste a des conséquences

  • Vous pouvez inviter le coupable à se dénoncer. « Je demande à celui qui a fait… de me le dire, afin qu’on puisse réparer le dégât. Je demande aux autres de ne rien dire. »
  • Si le geste porte préjudice à celui qui se plaint, commencer par le consoler, puis l’inviter à dire à l’autre en quoi ce geste lui a nui. Demandez au fautif de réparer, lorsque la situation s’y prête.
Attention danger!
Le seul rapportage digne d’être écouté est celui qui vise à protéger un enfant qui se met en danger. Vous pouvez commencer par intervenir et ajouter : « Il a eu de la chance. C’était dangereux. » Dans un tel cas, la dénonciation ne vise pas à faire punir : c’est un geste d’amour.

 

Naitre et grandir.com

      Source : Magazine Bien grandir, juillet-août 2009
      Rédaction : Sylvie Bourcier, intervenante en petite enfance
      Adaptation web : Équipe Naître et grandir

 

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

Pour parents :

  • BRUNET, Christine et Anne-Cécile SARFATI. Petits tracas et gros soucis de 1 à 7 ans. Quoi dire, quoi faire. Les éditions Albin Michel, 2002.
  • DOLTO, Françoise. Les chemins de l’éducation. Coll. Folio Essais. Gallimard, 1994.

Pour enfants :

  • DOLTO-TOLITCH, Catherine. Jaloux, pas jaloux. Gallimard Jeunesse, 1996.

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