Quand l'heure des repas est difficile

Quand l'heure des repas est difficile

«Pas bon! Veux pas!» Comment réagir lorsque votre enfant fait la fine bouche?

L’heure des repas avec de jeunes enfants peut être difficile. Vous vous faites peut-être du souci en pensant que votre petit ne mange pas suffisamment ou qu’il ne mange pas assez bien? Vous avez souvent l’impression qu’il n’y a rien qui va? Comment réagir?



Pourquoi les enfants ne mangent-ils pas comme on le souhaiterait?

Comment avoir des repas en famille agréables?
  • Les enfants sont différents les uns des autres pour ce qui est de la fréquence de leur envie de manger, du moment où ils veulent le faire et de ce qu’ils souhaitent mettre en bouche.
  • Certains ont en horreur des types d’aliments particuliers (en raison de leur odeur ou de leur texture). D’autres préfèrent manger un nombre très restreint d’aliments. Heureusement, la plupart cessent d’être aussi exigeants avec le temps et acquièrent des habitudes alimentaires saines et régulières.
  • Les enfants grandissent par poussées. Pendant ces poussées de croissance, ils mangent beaucoup. Le reste du temps, ils semblent ne pas avoir faim. Les enfants connaissent instinctivement quelle quantité de nourriture ils doivent manger en fonction de leurs besoins, car ils respectent naturellement leurs signaux de faim et de satiété.
  • Les enfants mangent moins lorsqu’ils sont fatigués. Si votre tout-petit est toujours fatigué au moment du souper, essayez de devancer l’heure du repas d’une quinzaine de minutes.
  • Le désir de votre tout-petit d’affirmer son indépendance, surtout de 1 an à 3 ans, peut influencer ses habitudes alimentaires. Évitez les luttes de pouvoir à l’heure des repas. Proposez-lui des choix raisonnables. Par exemple, dites-lui : « Veux-tu du lait ou de l’eau? »
  • Vers 2 ans, de nombreux enfants ne veulent plus goûter aux aliments qu’ils ne connaissent pas et ont tendance à trouver mauvais tout ce qu’ils acceptent de goûter. C’est ce que l’on appelle la néophobie alimentaire, c’est-à-dire la peur de tout nouvel aliment. Ce comportement est plus marqué vers 3 ans ou 4 ans, puis disparaît graduellement à partir de 8 ans. Évitez de dire à votre enfant qu’il est difficile, car il pourrait le devenir pour de bon. Une ambiance agréable à table aide à développer le plaisir de bien manger.

La meilleure chose que vous puissiez faire pour la santé de votre enfant, c’est lui offrir des aliments sains et variés à chaque repas et collation. Incluez des aliments qu’il apprécie et des aliments nouveaux ou qu’il apprend à connaître. Ainsi, il absorbera les nutriments dont il a besoin en fonction de sa faim et il développera ses goûts à son rythme. Soyez patient. Les goûts alimentaires de votre enfant changeront au fil du temps.

Si le poids de votre enfant diminue ou si vous croyez qu’il mange au-delà de sa faim, parlez-en à un médecin.

Des attentes irréalistes lors des repas?

Pour avoir des repas agréables, la première chose à faire est d’adapter vos attentes à l’âge de votre enfant. Si vos attentes sont trop élevées, vous risquez de ramener votre enfant à l’ordre constamment et d’exiger de lui des comportements qu’il n’est pas encore capable d’avoir. L’ambiance pendant les repas ne sera alors pas reposante et le plaisir de se réunir pour manger ne sera pas au rendez-vous.

Durée

Évitez de transformer l’heure des repas en champ de bataille en faisant constamment des remarques à votre enfant, en le menaçant ou en discutant de sa façon de manger.

Un enfant de 2 ans ou 3 ans peut rester assis pendant 10 à 15 minutes. À 5 ans, il peut difficilement demeurer plus de 20 minutes à table. En vieillissant, il sera capable de rester plus longtemps, mais pour le moment, l’important est de miser sur la qualité du temps passé à table plutôt que sur la durée.

Si votre enfant a fini de manger le plat principal, vous pourriez lui permettre de sortir de table et de revenir plus tard pour manger le dessert avec vous. Ne laissez toutefois pas votre tout-petit revenir prendre une bouchée de temps à autre et ensuite repartir jouer. Le repas devrait se prendre à table.

Comportement

Votre enfant peut mal se comporter à table parce qu’il recherche votre attention. Pour éviter d’avoir à le réprimander, donnez-lui de l’attention positive en discutant avec lui. Par exemple, demandez-lui avec quel ami il a joué à la garderie, quelle histoire son éducatrice a racontée, quel jeu il a fait dehors ou toute autre question en lien avec sa journée. Apprenez-lui toutefois aussi à s’intéresser aux autres et à les écouter. Pour occuper votre enfant à table, évitez de lui donner un jouet ou d’allumer la télévision.

Habileté à manger

L’heure des repas est un moment propice pour favoriser certains apprentissages.

Apprendre à manger proprement et sans dégâts prend du temps et de la pratique. Même si un enfant peut commencer à manger seul avec une cuillère dès 13 mois, il est normal que votre tout-petit utilise ses doigts pour se nourrir. Manger, pour lui, est une occasion de plus de développer ses habiletés motrices. Plus vous le laisserez se nourrir seul, plus il deviendra habile. Pour apprécier le moment des repas, vous devez donc accepter que votre tout-petit se salisse et qu’une partie du contenu de son assiette ou de son verre se retrouve, par accident, sur le plancher.

Ne laissez toutefois pas votre enfant jeter exprès de la nourriture par terre. Faites-lui clairement comprendre les règles en lui disant ce que vous attendez de lui. Par exemple, « Tu laisses les aliments sur la table », « Essuie tes doigts et ta bouche avec la débarbouillette », « Si tu n’as plus faim, dis-le-moi ».

Comment améliorer ses habitudes alimentaires

  • Établissez un horaire régulier pour les repas et les collations afin de ne pas nuire à son appétit.
  • Ne le forcez jamais à finir son assiette et ne le privez pas de dessert s’il n’a pas terminé son repas. Obliger un enfant à terminer son assiette l’empêche d’être à l’écoute des signaux de faim et de satiété que lui envoie son corps. Si votre tout-petit veut un dessert, offrez-lui-en une portion. S’il a encore faim par la suite, faites-lui comprendre qu’il ne peut pas se nourrir de desserts uniquement et qu’il doit aussi manger le plat principal.
  • Donnez l’exemple en ayant vous-même de bonnes habitudes alimentaires, notamment en prenant un bon petit-déjeuner. Si votre enfant refuse de manger le matin, assurez-vous de lui fournir une collation d’avant-midi nourrissante qui le soutiendra jusqu’au dîner.
  • Servez régulièrement de nouveaux aliments à votre enfant. Ne vous découragez pas s’il ne les aime pas du premier coup ou s’il refuse de les goûter. C’est normal. En fait, les recherches montrent qu’un enfant doit parfois être exposé de nombreuses fois à un nouvel aliment avant d’accepter d’y goûter. Pour l’aider à découvrir un nouvel aliment, servez-le accompagné d’au moins un autre qu’il aime déjà. Encouragez votre tout-petit à goûter ce nouvel aliment, mais sans le forcer. Si vous l’obligez, il risque de s’opposer ou d’y associer une émotion négative et, s’il vous obéit, il n’en retirera aucun plaisir et personne n’aura vraiment gagné.
  • Si votre enfant refuse de goûter à un aliment en vous disant qu’il l’a déjà essayé avant, répondez-lui qu’il l’aimera peut-être aujourd’hui, car les goûts changent. Donnez-lui des exemples concrets : « Quand tu étais petit, tu n’aimais vraiment pas le fromage et, aujourd’hui, tu adores cela! » ou « Quand j’étais enfant, je n’aimais pas du tout le poisson, mais j’y goûtais toujours un peu quand grand-maman en mettait dans mon assiette. C’est comme ça que je me suis habitué au goût. Et puis, maintenant, j’aime vraiment le poisson. »
  • Félicitez votre enfant lorsqu’il accepte de goûter à un nouvel aliment, même s’il ne l’a pas aimé. Pour l’encourager à continuer d’essayer différents aliments, dites-lui qu’il est un aventurier du goût.
  • Même si votre enfant n’aime pas un aliment ou croit qu’il ne va pas l’aimer, servez-lui-en une petite portion dans son assiette. C’est en le voyant régulièrement devant lui que votre tout-petit se familiarisera avec cet aliment et finira par l’aimer.
  • Mangez avec lui et soyez un modèle enthousiaste. S’il vous voit manger un aliment avec plaisir, il sera tenté de vous imiter. Des études ont d’ailleurs montré que l’enthousiasme était un ingrédient clé pour inciter les enfants à nous imiter. Ainsi, dites à voix haute que vous appréciez tel ou tel aliment et pourquoi, faites des « hummm » et des « miam » à l’occasion en mangeant.
  • Essayez de le faire participer à la planification des repas, à l’achat des ingrédients et à la préparation des mets. Puisqu’il sera fier d’avoir mis la main à la pâte, il sera plus porté à manger les plats qu’il aura aidé à préparer. Même les petits de 2 ans ou 3 ans peuvent donner un coup de main.
  • Faites preuve de créativité. Par exemple, si votre tout-petit n’aime pas les légumes, servez-les sous différentes formes : en potage ou en soupe, en purée, crus ou blanchis accompagnés d’une trempette, à la vapeur nappés d’une sauce au fromage, dans un chili ou une sauce pour pâtes, etc.
  • Éteignez les écrans (télévision, téléphone, tablette) pendant les repas. En plus de nuire aux discussions familiales, ils retiennent l’attention des enfants et des adultes, les empêchant ainsi de ressentir les signaux de satiété. Il est donc fréquent de manger au-delà de sa faim lorsque l’on est devant un écran.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Stéphanie Côté, M. Sc. nutritionniste
Traduction et adaptation : Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Juin 2016

 

Photo : iStock.com/kate_sept2004

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